
Staline, Joseph
(Iossif Vissarionovitch
Djougachvili, - Gori, Géorgie 1879 - Moscou 1953)
Homme
politique soviétique qui incarna, pendant plus de trente ans,
l'histoire de l’Union des Républiques socialistes soviétiques
(URSS).
.
Par son poids politique et militaire, il fit de l’URSS
la seconde puissance mondiale et son action eut une influence
déterminante sur l’expansion territoriale du modèle communiste, en
particulier en Europe de l’Est.
.
Il développa un système totalitaire rigoureusement
bureaucratique, instaura la terreur d’État et le conformisme
idéologique. Il opta pour un modèle économique basé sur le
productivisme industriel et la centralisation des décisions
économiques.
.
Staline reste dans l’histoire une figure très contestée,
dont les erreurs ont largement contribué au discrédit ultérieur du
modèle communiste dans le monde.
Issu d'un milieu
très modeste, Iossif Djougachvili fut envoyé au séminaire orthodoxe
de Tbilissi (Tiflis, à l'époque). Séduit par les idées
marxistes, il adhéra au parti social-démocrate géorgien en 1898.
Expulsé du séminaire, Staline s'engagea, avec fougue et passion,
dans l'action révolutionnaire des
bolcheviks
dès l'année suivante.
Il poursuivit son action en Géorgie, puis en
Russie : arrêté et déporté par la police du tsar à plusieurs
reprises, chaque fois libéré ou évadé, il entra en 1904 au Parti
social-démocrate russe, puis participa à la révolution de 1905.
.
Au cours des années qui suivirent, il poursuivit son
action de militant dans le Caucase, et notamment dans le grand
centre industriel de Bakou (Azerbaïdjan), toujours dans la
clandestinité et sous différents pseudonymes, comme Koba (l’"indomptable"),
puis à partir de 1913, Staline (l’"homme d’acier").
.
En 1912, Lénine l’appela au Comité central du parti
bolchevique qu’il venait de créer et lui confia la direction du
journal du parti, la Pravda (la "Vérité"). À la
demande de Lénine, Staline écrivit à cette époque une importante
œuvre théorique, le Marxisme et le Problème national.
.
En 1917, Lénine exilé en Finlande. Staline assure
avec Sverdlov la direction du parti. Partisan d’une politique
intransigeante, d’une rupture avec le gouvernement provisoire et
avec les mencheviks, jugés trop modérés, il prit part à la
révolution d’Octobre.
.
Commissaire du peuple aux Nationalités (1917-1922) dans
le premier gouvernement formé par Lénine. Il organise une politique
de centralisation à l'égard des autres républiques soviétiques.
Membre du Conseil du travail et de la défense et du Politburo
(bureau politique du parti), Staline participa activement à la
guerre civile, en inspectant les fronts et en organisant en 1918 la
défense de Tsaritsyne (rebaptisée Stalingrad de 1925 à 1961), puis
en 1919 celle de Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg).
.
En 1922, Staline
devient secrétaire général du Comité central. À la fin de sa vie,
Lénine tenta de s’opposer à l'ascension de Staline qui lui semblait
dangereuse pour la révolution; sa mort en 1924 ouvrit une guerre
de succession au sein des instances dirigeantes du Parti.
.
De 1924 à 1929, Staline élimine les autres candidats à
la succession de Lénine. Il utilise Kamenev et Zinoviev pour
marginaliser, exclure puis bannir Trotski... avant de les évincer à
leur tour en 1927. Il élimine encore Boukharine et Rykov en 1929.
L'ensemble des anciens compagnons de route de Lénine se verront,
dans la foulée, éliminés par Staline.
L'opposition
muselée quand elle n'était pas physiquement anéantie ou déportée,
Staline s'appuya alors sur une bureaucratie comblée de privilèges
et sur une police politique omniprésente (le NKVD) pour régner
en maître absolu sur le pays.
En 1929 et 1930,
Staline engage l'URSS dans une politique de collectivisation totale
des terres et des moyens de production. Il lance le premier plan
quinquennal et développe l'industrie lourde. Le travail forcé
devient la règle dans les camps de travail du
goulag et
Staline initie des purges massives à l'occasion de procès truqués
(de 1934 à 1938). Près de 10 millions de soviétiques furent
déportés dans les goulags avant la fin des années 1930. Les
camps de concentrations de Staline précédèrent, historiquement, ceux
d'Hitler.
En 1939, Staline
conclut le Pacte Germano-Soviétique (traité
de non-agression et de coopération entre l'Allemagne et l'URSS, signé
à Moscou, aux premières heures du 23 août 1939, par le ministre des
Affaires étrangères du IIIe Reich,
Joachim von Ribbentrop, et le commissaire soviétique aux Affaires
étrangères, Viatcheslav Molotov) avec le régime
nazi d'Adolf
Hitler.
Pourtant, sans
déclaration préalable, les troupes allemandes envahissent l'URSS en
juin 1941. Staline parvient à redresser une situation gravement
compromise en exaltant le sentiment patriotique russe.
A l'issue de la
guerre, les pays libérés par l'Armée Rouge passent sous
l'influence, le diktat même, de l'Union Soviétique. L'ensemble des
nations concernées formera ce que l'on baptisera le "bloc de l'Est".
Staline engage contre l'Occident la "guerre froide".
Adulé de tous les
communistes du monde, Staline crée le Kominform (organisation qui
regroupa, de 1947 à 1956, les partis communistes des pays de l'Europe
de l'Est, de France et d'Italie). Il fait encore procéder à de
nouvelles purges avant de mourir en mars 1953.
En 1956, le vingtième
Congrès du Parti Communiste amorcera la "déstalinisation" et, en 1961,
le corps de Joseph Staline (qui s'était fait appeler, à l'apogée de
son pouvoir, "le petit père des peuples") sera retiré du mausolée de Lénine dans
lequel il avait été placé.