
Ariel SHARON,
Général et
homme politique israélien (né à Kfar Malal, en 1929).
Cofondateur
(avec Menahem Begin,
e.a.) du grand parti de droite conservatrice et nationaliste d'Israël,
le Likoud (unité, en hébreu) en 1973,
fondateur du parti de centre-droit Kadima (en
avant, en hébreu) en 2005, Ariel Sharon a d'abord été un
militaire. A ce titre, il a participé à toutes les guerres
israélo-arabes de 1948 à 1973.
En 1953, il dirige la légendaire
"Unité 101" créée pour conduire les opérations de
représailles contre les Arabes. En 1973,
c'est lors de la guerre
du Kippour qu'il se distingue par une audacieuse et judicieuse
tactique de percée sur l'ouest du canal de Suez.
Ariel Sharon quitte
l'armée en 1973 pour faire son entrée
sur la scène politique. Il participe à la création du Likoud
(mouvement qui unifie les partis de droite) et devient conseiller
à la Défense Nationale en 1975 et 1976.
Bien qu'impliqué dans
la création du Likoud, Sharon devient président,
en 1977, d'un parti de droite indépendant, le Shlomzion.
Ce parti remporte deux sièges à la Knesset et fusionne avec le
Likoud qui nomme Ariel Sharon au poste de ministre de l'Agriculture.
En 1981, après une nouvelle victoire électorale du Likoud,
Sharon prend en charge le portefeuille de ministre de la Défense
Nationale. A ce titre, il joue un rôle déterminant dans
l'opération "Paix en Galilée" de 1982, chargée de nettoyer
Beyrouth et le Liban du commandement, des terroristes et des
sympathisants de l'OLP.
La réussite est au rendez-vous, l'OLP implose et c'est un
Arafat politiquement
affaibli qui se réfugie - avec un dernier quarteron de fidèles - à
Tunis.
Durant l'opération, le 16 septembre 1982, des massacres de
civils palestiniens ont été perpétrés dans les camps de réfugiés de
Sabra et de Chatila. L'armée israélienne occupait Beyrouth et
avait donc la responsabilité de l'ordre à faire régner. Les auteurs
des massacres furent des phalangistes libanais, mais les soldats de
Tsahal ont fermé les yeux et laissé faire. Ministre de l'armée,
Ariel Sharon porta la responsabilité indirecte de cette terrible
bavure. Il en assuma les conséquences et démissionna de son ministère.
En 1984, le Parti Travailliste et le Likoud forment un
gouvernement d'union nationale. Ariel Sharon en est nommé ministre
du Commerce et de l'Industrie. De 1990 à
1992, il est encore ministre de l'Habitat dans un
gouvernement de droite.
Le retour aux affaires
du Likoud, en 1996, offre à Sharon le
ministère de l'Infrastructure. En 1998,
il endosse les responsabilités de ministre des Affaires Étrangères.
La défaite électorale
du Likoud, en mai 1999, incite son président Benyamin
Netanyahou à démissionner de son poste. Ariel Sharon lui succède le
2 septembre.
Ariel Sharon est élu
(triomphalement) premier ministre, le 7 février
2001, avec près de 63% des voix. Il forme un gouvernement
d'union nationale le 7 mars.
Dès lors, la
politique israélienne à l'égard de l'Autorité
Palestinienne de Yasser Arafat se muscle considérablement.
La police palestinienne ne faisant manifestement rien pour
arrêter les responsables du Hamas et du
Hezbollah
- qui envoient régulièrement leurs kamikazes bardés d'explosifs
contre les populations civiles de l'Etat hébreu -, Ariel Sharon charge son armée de faire le travail.
Tsahal pénètre dans les territoires autonomes,
pourchasse les terroristes dans les camps et assiége le quartier
général d'Arafat en mars 2002. En
septembre, l'armée israélienne réédite l'action en se concentrant
sur l'unique QG d'Arafat.
Le discours d'Ariel Sharon devient simple et clair : il
n'y aura plus d'espoirs pour le processus de paix tant que Yasser
Arafat dirigera l'Autorité Palestinienne et qu'il couvrira les
attaques terroristes contre Israël. La problématique se résume
dorénavant à une
question de personnes. Arafat doit partir en exil ou mourir.
Les USA de George W.
Bush, début octobre 2002, réussissent à tempérer le premier
ministre israélien et obtiennent le retrait de Tsahal des
territoires palestiniens.
2003, réélection triomphale d'Ariel Sharon.
11 novembre 2004,
décès de Yasser Arafat. Les Palestiniens élisent une nouveau
président de l'Autorité,
Mahmoud Abbas.
L'homme est un modéré et privilégie la négociation et la normalisation
des relations avec Israël. Des souhaits et objectifs favorisés par
l'intervention de Condoleezza Rice, ministre des Affaires Etrangères de la seconde
législature de George W. Bush.
2005. Désireux de prouver et
de démontrer sa bonne volonté et sa foi dans un processus de paix avec
la nouvelle
Autorité
Palestinienne de Mahmoud Abbas, Ariel Sharon ordonne le démantèlement des
colonies établies dans la bande de Gaza. La droite ultra et
religieuse ne lui pardonne pas ce qu'elle considère comme une
trahison. Son principal soutien parlementaire lui vient à présent de
l'opposition travailliste tandis que certains de ses amis influents le
lâchent. Les tensions et dissensions à droite se multiplient.
Novembre 2005.
Ariel Sharon décide de quitter le Likoud (parti de droite
conservatrice dont il était cofondateur) pour fonder une nouvelle
formation politique de centre-droit, Kadima. Le
gouvernement est démissionnaire, la Knesset (parlement)
dissoute et de nouvelles élections sont fixées au 28 mars 2006. Les
premiers sondages donnent le nouveau parti Kadima grand
favori.
4 janvier 2006. Ariel Sharon
est victime d'une deuxième attaque cérébrale en l'espace de quinze
jours. Si la première s'était avérée légère, la seconde est une
hémorragie cérébrale massive. Le premier ministre israélien subit
plusieurs longues opérations avant d'être plongé dans un coma
artificiel. Une semaine plus tard, les chirurgiens décident de le
ramener progressivement à la conscience. S'il récupère rapidement la
sensibilité nerveuse des membres et réagit aux sollicitations
externes, Ariel Sharon ne sortira cependant pas du coma.