
Parti Républicain
[États-Unis] (Republican Party),
l’un des deux principaux partis politiques des États-Unis,
appelé parfois Great Old Party, le « vieux grand parti »..
Le Parti républicain a été fondé en 1854, par une coalition
composée d’anciens membres des partis Whig, Free-Soil et Know-Nothing, auxquels se sont
ajoutés quelques démocrates du Nord, mécontents de l’attitude
conciliatrice de leur parti sur la question de l’esclavage.
Les premiers républicains sont réunis par leur refus de
l’extension de l’esclavage aux territoires de l’Ouest..
A la fin des années
1850, les républicains deviennent le second parti des États-Unis,
acquérant ainsi un équilibre avec les
démocrates. Leur ascension est favorisée par
l’inquiétude croissante que provoque, dans le Nord,
l’influence des États du Sud à Washington. En 1860, le
candidat républicain,
Abraham Lincoln, est élu à la présidence. Les États du Sud
réagissent à cette élection en faisant sécession de l’Union, ce qui
plonge le pays dans la guerre civile.
GUERRE DE
SECESSION ET CONSEQUENCES
:.
La
guerre de Sécession et la période de reconstruction qui
suit assurent la solidité et la pérennité de l’ancrage du Parti
républicain. Les républicains occupent la plupart des postes à
mandat électif pendant la guerre. Tout au long de la génération
suivante, ils font pleinement usage de leur ferveur patriotique pour
dénoncer les démocrates comme traîtres et partisans du Sud..
Dans les années 1860,
toutefois, républicains modérés et radicaux s’opposent violemment
sur leurs objectifs de guerre, bien qu’unis dans la lutte contre
leur adversaire commun démocrate. Les radicaux veulent utiliser la
guerre pour mettre un terme à l’esclavage et réformer la société et
les structures du pouvoir dans le Sud. Les modérés, de leur côté,
acquiescent à l’abolition de l’esclavage, mais rejettent
catégoriquement l’idée de réorganiser l’infrastructure
socio-économique du Sud. Le président Lincoln parvient habilement à
dresser les factions l’une contre l’autre. Il est assassiné en 1865,
mais la lutte pour le contrôle du parti se poursuivra jusqu’en 1868,
date à laquelle les radicaux échoueront à faire tomber le président
Andrew Johnson. À partir de ce moment, le parti
s’orientera de plus en plus vers des candidats modérés..
Les républicains tentent
de s’implanter dans le Sud en invitant les groupes conservateurs à
s’unir aux Noirs affranchis. Ils ne parviennent malheureusement pas
à contrebalancer les campagnes racistes menées par les démocrates
locaux. Le soutien des républicains aux revendications pour les
droits des Noirs commence à faiblir lorsqu’ils s’aperçoivent que ce
soutien coûte au parti des votes indispensables. Les Noirs n’ont pas
le droit de vote, tandis que les Blancs restent démocrates.
IMPACT DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE :.
À la fin du
xixe siècle, la révolution
industrielle commence à influer sur les républicains. Depuis ses
débuts, le Parti républicain incarne une certaine image de
l’Amérique, nationaliste, protestante et anglo-saxonne, et se
prononce en faveur d’un gouvernement fédéral fort. Dans la période
qui suit la guerre de Sécession, le parti commence également à
représenter une grande partie des forces industrielles montantes de
la société. Malgré les réticences de certains dirigeants
républicains, les orientations politiques du parti reflètent de plus
en plus les valeurs industrielles, et les actions des gouvernements
républicains encouragent l’émergence d’une économie industrielle
fortement centralisée. Dans le même temps, les républicains
manifestent souvent une hostilité ouverte à l’égard des vagues
d’immigrants d’Irlande et d’Europe orientale qui transforment peu à
peu la physionomie des grandes villes. Les programmes de campagne
républicains prônent, bien souvent, l’intervention de l’État pour
interdire ou limiter la consommation d’alcool et réformer les
programmes scolaires, en vue de promouvoir certaines valeurs
protestantes et américaines face aux menaces suscitées par les
nouveaux arrivants, qui se rapprochent du Parti démocrate..
Les républicains
remportent cinq des sept élections présidentielles qui ont lieu
entre 1868 et 1892, mais n’obtiennent une majorité populaire que
dans trois d’entre elles. La capacité des républicains à mobiliser
l’électorat rural — des petites villes et de l’Ouest —, qui garde en
mémoire les années de la guerre de Sécession, est largement
contrebalancée par le noyau dur de votes démocrates dans le Sud et
parmi les immigrants des grandes cités.
L'ÈRE PROGRESSISTE :.
À partir de 1896,
l’accroissement des forces électorales
renforce le Parti républicain et en fera
le parti majoritaire du pays pendant toute
une génération, ce qui n’empêche pas les
dissensions internes de continuer à ronger
le parti. Le président républicain sortant
Theodore Roosevelt, qui a mis en œuvre
quelques mesures progressistes pendant la
durée de son mandat (1901-1909), contribue
à la défaite du candidat républicain
William Howard Taft à l’élection
présidentielle de 1912. Les démocrates
occupent la présidence jusqu’en 1920,
lorsque les électeurs, soucieux d’un
retour à la normale après la Première
Guerre mondiale, ramènent les républicains
au pouvoir avec
Warren G. Harding et
Calvin Coolidge..
Protégeant
les valeurs économiques industrielles,
le Parti républicain domine la scène
politique tout au long des années vingt,
dans une époque marquée par une
extraordinaire prospérité.
Herbert Hoover, d’abord en tant que
ministre du Commerce, puis en
tant que président de 1929 à
1933, symbolise l’engagement
républicain envers une
prospérité nationale sans limite
qui s’enracine dans une vaste
expansion industrielle.
LE NEW DEAL, DÉBUT DE LA TRAVERSÉE DU
DÉSERT :.
La grande
crise économique de 1929, qui
débute sous l’administration Hoover,
anéantit la croyance de l’Amérique
en ce rêve de prospérité illimitée
et sa confiance dans le Parti
républicain.
La réponse à la fois
lente et timide de l’administration
Hoover s’avère totalement
inefficace. Les démocrates
exploitent la crise comme thème de
campagne et remportent l’élection
présidentielle de 1932, avant d’être
à nouveau portés à la présidence en
1936 par l’un des plus importants
raz-de-marée électoraux de
l’histoire américaine : la coalition
du
New Deal. Coalition qui reste aux
commandes du pays pendant vingt ans, infligeant cinq défaites
consécutives aux républicains.
La réaction populaire à la crise est si intense que le Parti
républicain ne contrôle la majorité au Congrès que quatre années sur
les quarante-huit qui séparent 1932 de 1980.
Les républicains accéderont quatre fois à la présidence pendant
cette même période, en 1952, 1956, 1968 et 1972, lorsque des
dissensions divisent le Parti démocrate ou lors de concours de
circonstances inhabituels.
Des années trente à la fin des années soixante-dix, le pays demeure
profondément démocrate. Pour toute réponse à cette situation
nouvelle, les républicains n’opposent que confusion, colère et
querelles internes, en cherchant un moyen de reconquérir leur
électorat.
L'APRES-GUERRE DES REPUBLICAINS :.
Tout au long des années quarante
et cinquante, ce sont les
modérés qui dominent le parti à
l’échelle nationale, orientation
incarnée par
Dwight Eisenhower, candidat
modéré qui est élu à la présidence en 1952 et en 1956..
Cherchant un moyen de limiter
l’impact des questions
économiques et leur effet
désastreux sur le sort du
parti, les républicains se
tournent vers les problèmes
sociaux. Les dirigeants du
parti réaffirment leur
attachement à un certain type
de société américaine, dont
ils souhaitent refléter les
aspirations : une Amérique
traditionnelle, défendant les
valeurs familiales, implantée
dans les petites villes. Cette
vision joue un rôle non
négligeable dans la popularité
du sénateur républicain
Joseph R. McCarthy et sa
croisade contre la subversion communiste au début des années
cinquante, et dans les attaques que portent les républicains
conservateurs aux valeurs prônées alors par l’establishment de la
côte Est, jugées cosmopolites et strictement urbaines. Dans les
années soixante, cette approche gagne du terrain. Le parti se
présente de plus en plus comme le mouvement d’une Amérique
meilleure : plus homogène, plus simple, plus heureuse et demeurée
intacte malgré la politique ruineuse des démocrates du New Deal.
L'ANCRAGE CONSERVATEUR :.
Le républicanisme conservateur devient prééminent dans les instances
du parti au début des années soixante. La tendance conservatrice
contrôle les rouages du parti et imprime de plus en plus sa marque
sur ses principes et ses actions, tandis que le contrecoup provoqué
par le mouvement pour l’égalité des races et l’activisme de la
Nouvelle Gauche des années soixante et soixante-dix rapproche
certains groupes de population du Parti républicain..
Le développement de ces thèmes
isole peu à peu les républicains modérés au sein du parti. Certaines
figures du courant modéré quittent le parti, laissant ainsi toute
latitude au noyau dur conservateur pour influer sur les orientations
et l’image des républicains..
On voit parfois la nomination
d’un candidat modéré, mais cette tendance perd peu à peu de son
importance. La présidence de
Richard Nixon
(1969-1974) est
entachée, à partir de
1972, par l’affaire
du Watergate. Ce
scandale conduit à la
démission de Nixon,
menacé de la procédure
d’impeachment
(destitution par le
Congrès), et se solde
par les tentatives
infructueuses menées par
l’administration de
Gerald R. Ford
(1974-1977) de retrouver
la confiance de la
nation..
Malgré une
résurgence démocrate,
marquée par l’élection
de
Jimmy Carter en
1976, la vague
conservatrice s’abat à
nouveau avec la victoire
écrasante du candidat
républicain
Ronald Reagan sur
Carter en 1980..
Reagan
président, soutenu par
une coalition de
républicains et de
démocrates conservateurs
au Congrès, se lance
dans un ambitieux
programme visant à
renforcer la puissance
militaire américaine et
à réduire de façon
drastique les programmes
d’aide sociale engagés
par ses prédécesseurs
démocrates. Il est réélu
triomphalement en 1984..
En 1988, la
puissance du Parti
républicain aide le
candidat à l’élection
présidentielle,
George Bush, à
surmonter les effets
désastreux de l’affaire
de l’Irangate..
La perte de la
Maison-Blanche, en 1992,
marque la fin de l’ère Reagan-Bush et
l’éclatement de la base
conservatrice du Parti
républicain. La réaction
contre Bill Clinton et son
administration démocrate, en 1994, rend aux républicains le contrôle
des deux chambres du Congrès..
La nouvelle droite du parti
républicain reconquiert le pouvoir par l'entremise de
George Walker Bush qui enchaîne deux
mandats présidentiels, en 2000 et en 2004.