L'Organisation de
Libération de la Palestine (OLP) a pour objectif la création d'un
Etat palestinien indépendant.
Contestant la
création de l'Etat d'Israël (1948), le peuple palestinien revendique
le droit d'exercer sa totale souveraineté sur sa terre d'origine.
Récupérant le mécontentement, l'OLP est fondée en 1964. La nouvelle
organisation fédère des groupes de combattants organisés en
commandos, des groupements de réfugiés, des associations
professionnelles et étudiantes, des syndicats et des particuliers.
| Le fonctionnement
de l'OLP est organisé par trois instances : |
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Le Conseil Exécutif :
les représentants des
principaux groupes de combattants prennent les décisions. |
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Le Comité Central :
son implication se limite à un
rôle consultatif. |
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Le Conseil National Palestinien :
sorte de
parlement, il tient lieu d'assemblée représentative du peuple
palestinien. |
C'est en 1967,
lorsque la Jordanie, la Syrie et l'Egypte échouent dans leur
tentative d'isoler et affaiblir Israël (Guerre des Six Jours), que l'OLP s'affranchit de la
tutelle des pays arabes. Des mouvements nationalistes rejoignent
l'organisation. Parmi ceux-ci, le Fatah de
Yasser Arafat. Le
dirigeant du Fatah devient président de l'OLP.
En 1968, Yasser Arafat
initie une nouvelle ligne politique pour l'OLP. En modifiant sa charte
de création, il proclame que l'objectif de l'organisation n'est plus
seulement "la libération de la
Palestine", mais aussi la
"création d'un
Etat indépendant" sur les ruines de l'Etat d'Israël. Sous la conduite
d'Arafat, l'OLP s'engage dans la lutte armée visant à la préalable
"destruction d'Israël" avant l'établissement d'un Etat palestinien
indépendant. L'OLP revendique alors de nombreux attentats terroristes
commis en Israël et dans le reste du monde.
L'organisation terroriste étend son influence, tant
en Cisjordanie que parmi les réfugiés palestiniens des pays arabes
voisins d’Israël, dont l’OLP se sert comme points de repli. Des
tensions naissent avec la Jordanie et donnent lieu (1970) à des
combats sanglants entre les forces de l'ordre jordaniennes et les
groupes armés palestiniens. Les Palestiniens sont alors expulsés et
trouvent refuge au Liban.
Dans le même
temps, l’OLP acquiert la reconnaissance diplomatique. Un sommet des
pays arabes qui se tient à Rabat au Maroc, en 1974, reconnaît
l’organisation comme unique représentant légitime du peuple
palestinien, et Yasser Arafat peut prononcer un discours à la tribune
de l’Organisation des Nations unies (ONU),
où l’OLP dispose d’un statut d’observateur.
Lorsque
Tsahal, l'armée israélienne, déloge l'OLP de Beyrouth (1982), les
Palestiniens migrent vers la Syrie et d'autres pays arabes. Mais
l'organisation palestinienne se désunit. C'est un Arafat contesté et
ses derniers fidèles qui se réfugient à Tunis. L'OLP est proche de
l'implosion, elle se disloque peu à peu.
Un mouvement populaire
spontané va cependant sauver l'OLP de la disparition. La première
Intifada, dans les
territoires occupés par Israël, est rapidement récupérée et organisée
par Yasser Arafat qui retrouve alors toute sa légitimité auprès des
Palestiniens. Le vieux leader terroriste assied son pouvoir et
redevient le seul représentant officiel du peuple palestinien. Les
acteurs du concert diplomatique international l'adoubent et lui
offrent respectabilité et crédibilité.
En 1988, Yasser Arafat proclame
l’établissement d’un État palestinien ayant Jérusalem pour capitale.
Il fait, également, adopter par le Conseil national palestinien une
motion acceptant la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations
unies (1967) qui stipule la "reconnaissance de la souveraineté, de
l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État
de la région, de leur droit de vivre en paix à l’intérieur de
frontières sûres et reconnues". Amendant l’article de sa charte
proclamant la destruction d’Israël et renonçant à la lutte armée,
l’OLP reconnaît implicitement l’existence d’Israël et peut ainsi
ouvrir un dialogue diplomatique, auquel les États-Unis prennent une
part active. Malgré le soutien apporté à l’Irak par Yasser Arafat lors
de la guerre du Golfe,
le chef de l’OLP et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin signent un
accord de reconnaissance mutuelle ainsi qu’une déclaration ouvrant la
voie à une administration palestinienne dans les territoires occupés.
En mai 1994, Tsahal se retire de Jéricho et
de la bande de Gaza. Une autorité nationale palestinienne, compétente
en matière de fiscalité, de communications et de police, s’installe
dans les territoires occupés, sous la présidence de Yasser Arafat. Le
processus de paix suscite cependant l'opposition de certains
mouvements palestiniens opposés à tout compromis avec l’État hébreu,
tels le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) ou
les islamistes du Hamas et du Djihad islamique.
Le problème
du retour des réfugiés palestiniens en Cisjordanie et les difficultés
économiques aggravent les incertitudes qui planent sur le processus de
paix. Le blocage total du processus de paix, la dégradation de la
situation économique et la rivalité avec le Hamas contribuent à
affaiblir l’autorité de Yasser Arafat sur l’OLP. Incapable de
faire régner l'ordre, ne pouvant se heurter de front au Hamas et au
Djihad, Arafat feint d'ignorer les préparations d'actes terroristes
contre Israël. Il se discrédite aux yeux d'Israël et des Etats-Unis,
fragilisant d'autant sa position. Sa propre mouvance (le Fatah) mène
des attaques suicides contre les populations civiles israéliennes.
Soit l'homme ne contrôle plus rien, soit - plus florentin et
machiavélique que jamais - il mène une stratégie du chaos menant à une
inexorable épreuve de force avec Israël pour mieux se prévaloir du
rôle de victime... et s'attirer les sympathies occidentales.
11 novembre 2004,
date officielle du décès de Yasser Arafat dans une clinique militaire
parisienne.9 janvier 2005,
le nouveau leader de l'OLP, Mahmoud
Abbas, est élu président de l'autorité palestinienne.
Il imprime un revirement politique radical et spectaculaire
par rapport à son prédécesseur. Le nouveau chef palestinien contraint
le Fatah (Brigades des Martyres d'al-Aqsa) à la démilitarisation et
obtient une trêve de la part des autres groupes terroristes, tels que
le Hamas ou le Djihad. Le port d'armes est prohibé dans les
territoires et les forces de l'ordre régulières se déploient à Gaza
dont les Israéliens leur cède le contrôle.
.
Ariel Sharon et Israël se réjouissent et
se félicitent des efforts et des actes positifs posés par Mahmoud
Abbas. Les préalables à des pourparlers d'une paix véritable semblent
à présent réunis.