
nazisme,
national-socialisme ou nazisme,
doctrine prônée par le
Parti national-socialiste allemand des travailleurs, ou
parti nazi, (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei,
NSDAP). .
.
Parvenu au pouvoir sous la
houlette de son chef Adolf Hitler, il institua en
Allemagne un régime totalitaire et
raciste, le
Troisième Reich. L'idéologie nazie, prônant la
purification de la « race germanique » et la réunion de toutes
ses composantes au sein d'un même État, chercha à étendre sa
domination sur toute l'Europe centrale. Cette politique
militariste fut à l'origine de la Seconde Guerre mondiale, qui
ne prit fin qu'avec l'effondrement du nazisme et de
l'Allemagne face aux Alliés, en 1945.
ORIGINES DU
NAZISME.
.
Le national-socialisme,
associé au fascisme italien, était un mouvement enraciné dans la
tradition militaire prussienne d'autoritarisme et
d'expansionnisme, et puisant également ses sources dans la
tradition romantique allemande d'hostilité au
rationalisme, au libéralisme et à la
démocratie. Rompant avec la
République de Weimar, son idéologie s'inspirait de
certaines doctrines racistes selon lesquelles les peuples
germaniques, purs Aryens, étaient non
seulement physiquement supérieurs, mais également porteurs
d'une morale et d'une culture plus élevées que celles des
autres peuples. Opposé au libéralisme de la Révolution
française autant qu'aux théories
marxistes, le nazisme puisait dans certaines
traditions philosophiques une idéalisation de l'État.
L'individu n'existait plus en dehors du groupe fondamental
qu'était la communauté de sang..
.
Parmi les théoriciens et les
planificateurs du national-socialisme, le général Karl
Ernst Haushofer, un géographe, eut une grande influence
sur la politique étrangère allemande ;
Alfred Rosenberg formula les théories racistes
nazies dans le Mythe du
XXe siècle (1930) en s'inspirant
des œuvres de l'écrivain anglo-allemand
Houston Stewart Chamberlain ; le financier
Hjalmar Schacht fut le principal artisan de la
politique économique et financière du régime. L'idée du
« grand Reich » fut empruntée aux pangermanistes de
1848, celle de la supériorité de la race aryenne à
Gobineau (Essai sur l'inégalité des races humaines,
1853-1855). De Spengler, les nazis reprirent l'idée d'un
socialisme allemand, tandis que
Nietzsche inspira le mythe du surhomme..
.
Mais c'est surtout
Hitler qui définit dans Mein Kampf (« Mon
combat »), écrit pendant sa détention (1923-1924),
le
projet nazi. Nourri d'anti-égalitarisme et
d'antiparlementarisme, hostile à la démocratie, il
prônait la purification de la race aryenne et
l'élimination des
Juifs. Grand orateur, il allait élever cette
mystique obsessionnelle à la hauteur d'une mission
quasi sacrée. Profondément marqué par la défaite de
1918 et par le
traité de Versailles, vécus comme des
humiliations, il entendait redonner à l'Allemagne
toute sa grandeur et récupérer les territoires perdus..
.
Hitler imputa aux Juifs
la responsabilité du désastre économique et les
accusa d'être les propagateurs d'idéologies néfastes
comme le marxisme ou le libéralisme. Il inscrivit
ainsi l'extermination des Juifs dans le programme
politique national-socialiste, tout en affirmant
qu'une régénération du sang aryen du Reich devrait
comprendre l'exclusion des non-Allemands des
fonctions publiques, l'interdiction des mariages
mixtes et la stérilisation des malades incurables.
Lorsqu'il aurait atteint ces buts, le Reich pourrait
être guidé selon le Führerprinzip par le
Reichsführer qu'incarnerait Hitler, à qui les
Allemands seraient liés par un serment de fidélité
(institué par la loi du 26 janvier 1937). La
réalisation de ce programme incluait l'annexion des
territoires de langue germanique (notamment en
Pologne et en
Tchécoslovaquie), la création d'une « grande
Allemagne » et d'un « espace vital » (Lebensraum),
en Europe, zone d'influence économique et politique
destinée à l'expansion de la « race » allemande..
.
Le contexte
politico-économique de l'après-guerre favorisa
l'émergence du national-socialisme et l'adhésion
des Allemands au programme démagogique défendu
par Hitler. Selon les clauses du traité de
Versailles, l'Allemagne avait été reconnue seule
responsable de la première guerre mondiale. Elle
avait été privée de son
empire colonial et contrainte de payer de lourdes
réparations aux vainqueurs, ce qui avait
gravement perturbé son économie. L'inflation galopante, qui
culmina en 1923, affecta plus particulièrement la
classe moyenne, qu'elle ruina et laissa
désemparée. Effrayée par la perspective d'une
arrivée au pouvoir des communistes en Allemagne,
elle allait fournir les gros contingents des
groupes politiques radicaux qui fleurirent au
début des années 1920.
NSDAP - LE PARTI
NATIONAL-SOCIALISTE.
.
Lorsque Hitler
en devint membre, en septembre 1919, le Parti
ouvrier allemand (DAP, créé par le journaliste Karl Harrer et le
serrurier Anton Drexler en janvier 1919) ne comptait que vingt-cinq
membres environ, dont six seulement
participaient aux débats et aux conférences.
Hitler, grâce à ses talents d'orateur,
devint chef de la propagande dès janvier
1920.
.
.
Lors de la première grande réunion du
parti à Munich, le 24 février 1920, il
exposa un programme inspiré par les deux
premiers intellectuels du parti, le
journaliste Dietrich Eckart et l'ingénieur
Gottfried Feder. Ce programme, résumé plus
tard en vingt-cinq points, associait des
revendications nationalistes extrémistes et
des idées socialistes mal assimilées à des
doctrines racistes et antisémites.
L'article 25 proclamait : « Pour la société
moderne, un colosse aux pieds d'argile, nous
créerons un centralisme sans précédent qui
donnera tout pouvoir au gouvernement. Nous
établirons, au sein de la société, une
hiérarchie telle que n'importe quel
mouvement de n'importe quel individu sera
contrôlé. ».
.
Le 8 août 1920, le DAP fut
rebaptisé Parti national-socialiste allemand des
travailleurs (NSDAP). Hitler en prit la
tête le 29 juillet 1921, après avoir écarté Drexler. Le drapeau rouge avec un cercle
blanc contenant une croix gammée noire fut
adopté comme emblème cette année-là. Le
NSDAP prit peu à peu de l'importance,
surtout en
Bavière. Convaincu de la nécessité, et
même de la vertu, de la violence pour
arriver à ses fins, il créa (août 1921) les
Sturmabteilungen (« sections
d'assaut », ou
SA), sous couvert d'une association
sportive. Ces « chemises brunes » étaient
censées assurer la protection de ses
réunions politiques, mais s'ingénièrent à
perturber celles des adversaires (libéraux,
socialistes, communistes et syndicalistes)
et à persécuter les Juifs, surtout les
commerçants. Elles étaient pour une bonne
part composées d'anciens combattants,
d'officiers mécontents et de membres des
corps francs, placés sous l'autorité d'Ernst
Röhm. En 1923, l'organe du parti, le
Völkischer Beobachter (« l'Observateur
raciste »), fondé en décembre 1920, fut
transformé en quotidien.
LA MARCHE VERS LE POUVOIR.
.
Hitler,
voulant exploiter le mécontentement
suscité par l'occupation
de la Ruhr par les armées française
et belge, organisa avec le général
Erich Ludendorff un coup de force à
Munich, premier pas vers une prise du
pouvoir à Berlin. Le 8 novembre 1923, il
se rendit avec 600 membres des SA à la
brasserie Feldherrnhalle, où Gustav von
Kahr, le chef du gouvernement bavarois,
tenait une réunion. Von Kahr et ses
collaborateurs furent appréhendés et
contraints de proclamer la formation
d'un nouveau gouvernement national. À
peine relâché, il se retourna contre
Hitler et Ludendorff, qui durent
s'enfuir après une brève échauffourée
avec la police, le 9 novembre. Le
putsch de Munich avait échoué, et
Hitler fut condamné à cinq ans de prison
et son parti interdit. En prison, où il
ne resta que neuf mois, Hitler
commença à rédiger
Mein Kampf, qu'il
dicta à
Rudolf Hess. Dans cet ouvrage sont
clairement exposées les doctrines du
national-socialisme, les techniques de
propagande et la stratégie pour
conquérir l'Allemagne puis l'Europe..
.
Quand
Hitler fut libéré, le Parti
national-socialiste avait disparu ; la
situation économique du pays, qui
s'était améliorée, était devenue
favorable aux partis politiques
modérés. Le 27 février 1925,
il recréa
le NSDAP, qui compta 27.000 membres
dès la fin de l'année. Il entreprit de
le réorganiser avec l'aide de quelques
fidèles et décida de prendre le
pouvoir par les voies légales plutôt
que par la force. En 1926, il se nomma
Führer (« guide ») du parti et
s'entoura d'une garde personnelle, les
Schutzstaffeln (« unités de
protection », ou
SS), qui allait devenir une sorte
de police militarisée. Les SS étaient
chargés de superviser et de surveiller
le parti et les SA, sa branche
paramilitaire..
.
La crise
économique mondiale de 1929
interrompit le flux de capitaux
étrangers vers l'Allemagne, ce qui
entraîna une baisse des exportations
et une chute de la production
industrielle. Le chômage augmenta
considérablement, tandis que les
prix agricoles s'effondraient. La
dépression fragilisa la
République de Weimar, soumise à des
attaques de plus en plus vives de la droite et de la gauche, et créa les
conditions favorables à une révolution.
L'ENTREE AU REICHSTAG.
.
Le mouvement prit rapidement de
l'ampleur, rejoint par des
milliers de fonctionnaires au
chômage, des commerçants et des
petits entrepreneurs ruinés, des
agriculteurs sans ressource et
des ouvriers déçus par les
partis socialiste et communiste.
Une foule d'adolescents issus de
toutes les classes sociales, qui
avaient grandi pendant les
années d'après-guerre et avaient
perdu l'espoir de connaître la
stabilité économique, adhérèrent
au mouvement. Les progrès furent
fulgurants. Le parti nazi, qui
avait obtenu 800.000 voix en
1928 (environ 2,5 %), en
obtint presque 6,5 millions
(plus de 18 %) aux
élections de septembre 1930.
Avec 107 sièges, il devint le
deuxième parti du Reichstag,
après les sociaux-démocrates
(143 sièges) et devant les
communistes, eux aussi en
progrès (77 sièges). Le nombre
de ses membres passa de 176.000
en 1929, à 806.000 en 1931 et à
4 millions en 1933. Malgré les
efforts du chancelier Heinrich
Brüning, qui tenta de sauver la
République de Weimar par des
mesures d'urgence, la hausse du
chômage ne fut pas enrayée.
L'inefficacité de son
gouvernement ébranla la
crédibilité de la
démocratie
parlementaire. Allié à la droite
conservatrice, qui pensait
pouvoir le contrôler, Hitler
obtint un bon score
(36,8 %) lors de l'élection
présidentielle d'avril 1932, qui
vit la victoire d'Hindenburg.
.
La
fulgurante
montée en puissance du parti hitlérien ne put être
stoppée par la dissolution des
SS, des SA et de la Hitler-Jugend
(Jeunesse Hitlérienne), prononcée par
le ministre de la Guerre, le
général Groener, le 13 avril
1932. Aux élections de juillet
1932, les nazis obtinrent 13,7 millions de voix et
devinrent le premier parti du
Reichstag avec 230 sièges sur
670. Le président Hindenburg
leur proposa de rentrer dans
le gouvernement de coalition
mais Hitler refusa, exigeant
les pleins pouvoirs. Le
Reichstag fut dissous et les
élections de novembre
marquèrent un recul du NSDAP,
qui remporta 11,7 millions de
voix (196 sièges) mais resta
le premier parti à
l'assemblée. À gauche, les
sociaux-démocrates et les
communistes obtinrent ensemble
plus de 13 millions de voix et
221 sièges, mais la lutte
acharnée qu'ils se livraient
interdisait toute perspective
d'alliance. Hitler refusa à
nouveau de participer à un
gouvernement de coalition, et,
après l'échec du chancelier
Kurt von Schleicher,
Hindenburg nomma Hitler
chancelier le 30 janvier 1933,
sur les conseils de l'ancien
chancelier conservateur
Franz von Papen.
ETABLISSEMENT DE LA DICTATURE.
.
Le 25 février, alors que
s'achevait la campagne
électorale pour le
renouvellement du
Parlement, le bâtiment du
Reichstag fut détruit par
un incendie, très
probablement déclenché à
l'instigation des nazis.
Des milliers de
communistes, accusés
d'être à l'origine de
l'attentat, furent
arrêtés.
.
Les élections du 5 mars
1933 ne donnèrent qu'une
majorité relative aux
nazis (43,9 %),
mais dès le 23 mars
Hitler obtint de
l'assemblée les pleins
pouvoirs pour quatre
ans. La République de
Weimar disparut sans
jamais avoir été
formellement abrogée. Le
procès des incendiaires
du Reichstag servit de
prétexte à
l'interdiction du Parti
communiste et du Parti
social-démocrate, ainsi
qu'à l'annulation des
droits civils et
constitutionnels et à
l'ouverture des premiers
camps de concentration
(Dachau fut construit en
mars). La Gestapo fut créée en
avril, les syndicats
furent dissous le mois
suivant. Devenu parti
unique en juillet, le
Parti
national-socialiste
obtint 92 % des
voix lors des élections
d'octobre 1933 et fut
déclaré
« indissolublement lié à
l'État » par une loi du
1er décembre
1933. L'opposition
interne et externe au
mouvement nazi fut
progressivement
éliminée. Le 30 juin
1934 (la « Nuit des
longs couteaux ») Hitler
fit exécuter Röhm, chef
des SA, ainsi que
plusieurs centaines de
membres du mouvement.
D'autres opposants
furent assassinés à
cette occasion, tels le
général Kurt von
Schleicher et des
monarchistes favorables
à la restauration de la
dynastie des
Hohenzollern.
.
Les lois de Nuremberg,
votées le
15 septembre
1935, concrétisèrent
la mise en place du
programme antisémite
défini dans Mein
Kampf, notamment
l'interdiction des
mariages mixtes entre
Allemands juifs et
non-juifs. En janvier
1938, les biens des
Juifs furent
confisqués et une
carte d'identité
spéciale fut instituée
pour eux au mois de
juillet suivant ;
victimes de
pogroms, de
déportations,
d'expulsions et exclus
de la vie économique,
ils émigrèrent en
masse.
.
De 1933 à 1935, le
régime démocratique
allemand fut
remplacé par un État
totalement
centralisé. Les
administrations
régionales,
héritières des
anciens États ayant
précédé l'unité
allemande (1871),
durent renoncer à
leur autonomie et
furent placées sous
le strict contrôle
du gouvernement
central. Le
Reichstag perdit sa
fonction
législative, ne
gardant qu'un rôle
cérémoniel.
ORGANISATION DU PARTI NATIONAL-SOCIALISTE.
.
Le parti et ses
organes
dirigeants
devinrent
l'instrument
principal du
contrôle
totalitaire de
l'État et de la
société
allemande. Fort
de
1.300.000 membres
en 1932, il en
comptait
8 millions en
1939 et
11 millions au
début de 1945.
Les nazis
dévoués
obtinrent des
postes dans les
gouvernements
national et
provinciaux,
ainsi que dans
l'administration.
Les membres du
parti de « pur »
sang allemand
âgés de dix-huit
ans ou plus
juraient
allégeance au
Führer et
n'avaient à
répondre de
leurs actes que
devant des
tribunaux
spéciaux du
parti.
L'adhésion était
en principe
volontaire et
des millions de
personnes
s'engagèrent de
plein gré, mais
beaucoup
d'autres furent
forcées
d'adhérer, en
particulier les
fonctionnaires
lors de la
grande promotion
du 1er mai
1937.
.
L'organisation
du parti fut
conçue de
manière à
doubler les
échelons de
l'administration.
Sa hiérarchie
comportait, de
bas en haut :
les chefs de
blocs (environ
500.000), les
chefs de
cellules, qui
commandaient
quatre à huit
blocs, les
chefs de
groupes (Ortsgruppenleiter),
les chefs de
cercle (Kreisleiter),
qui, outre
leurs
fonctions au
sein du parti,
contrôlaient
les
fonctionnaires
de l'État, et
enfin les
chefs
régionaux
(Gauleiter),
32 en 1933,
qui occupaient
souvent des
responsabilités
importantes au
sein de l'État
(Reichsstatthalter).
.
Autour
d'Hitler,
l'état-major
du parti
comprenait
près de
vingt
Reichsleiter
disposant
chacun d'une
fonction
définie. Les
principaux
étaient
Rudolf Hess,
dauphin
d'Hitler
jusqu'à sa
fuite en
Angleterre
en 1941,
Martin
Bormann,
qui le
remplaça à
la tête du
parti,
Heinrich
Himmler,
chef de la
SS et de
tout
l'appareil
répressif,
Joseph
Goebbels,
responsable
de la
propagande,
Hermann
Göring,
chef de la
Luftwaffe,
Alfred
Rosenberg,
théoricien
du racisme,
et
Joachim von
Ribbentrop,
ministre des
Affaires
étrangères
du Reich.
.
La
propagande
nazie
était
entretenue
de manière
omniprésente
par
différents
organes,
en
particulier
les
organisations
de
jeunesse.
Elle
culminait
lors des
congrès
organisés
à
Nuremberg,
qui
donnaient
lieu à
d'impressionnantes
parades et
fêtes
liturgiques
célébrant
la nation
allemande
rassemblée
autour du
Führer.
.
Les
principaux
auxiliaires
du parti
nazi
étaient
les SA,
officiellement
reconnus
comme
« les
garants
de la
révolution
nationale-socialiste ».
Cette
organisation
formée
d'escouades
en
chemises
brunes
extorqua
d'importantes
sommes
d'argent
aux
ouvriers
et aux
agriculteurs
— par le
biais
d'une
collecte
destinée
aux
pauvres —
et
dirigea
l'endoctrinement
des
jeunes
Allemands
jusqu'à
l'âge de
dix-sept
ans. Ses
méthodes
d'intimidation
et de
terreur
contribuèrent
largement
à
l'ascension
d'Hitler.
Après
l'accession
de
celui-ci
au
pouvoir,
Röhm, le
chef des
SA,
réclama
une
« seconde
révolution »,
qui
aurait
affirmé
le
caractère
populiste
du
régime,
et
chercha
à
substituer
ses
troupes
à
l'armée
traditionnelle
(la
Reichswehr).
Poussé
par
Himmler,
chef des
SS et
jaloux
du
pouvoir
de Röhm,
par
Göring,
porte-parole
des
conservateurs,
et par
les
généraux
de
l'armée,
Hitler
fit
éliminer
leurs
chefs le
30 juin
1934, au
cours de
la
« Nuit
des
longs
couteaux ».
.
Les
SS,
créées
en
1926,
restèrent
une
branche
des SA
jusqu'en
1934,
puis
elles
devinrent
la
principale
force
d'intervention
et
l'élite
du
mouvement
hitlérien.
Elles
organisèrent
un
important
pogrom
contre
les
Juifs
en
1938
(la « Nuit
de
cristal »).
Pendant
la
Seconde
Guerre
mondiale,
elles
surveillèrent
les
territoires
occupés
et les
camps
de
concentration,
en
collaboration
avec
la
Gestapo.
Elles
fournirent
les
responsables
de la
propagande
attachés
aux
armées
allemandes
et
dirigèrent
les
forces
de
défense
territoriale
du
Reich.
À
partir
de
1942,
les SS
furent
étroitement
associées
à
l'extermination
des
Juifs
dans
les
camps
spéciaux.
Des
divisions
d'élite,
les Waffen-SS,
comprenant
parfois
des
éléments
étrangers,
furent
créées
pour
soutenir
l'armée
régulière
à des
moments
critiques.
.
La
Gestapo,
Geheime
Staatspolizei
(« police
secrète
d'État »),
fut
créée
en
avril
1933
par
Göring,
puis
réorganisée
par
Heinrich
Himmler
en
1936.
Chargée
de
l'élimination
de
toute
opposition
au
régime
hitlérien,
elle
disposait
de
pouvoirs
illimités,
recourant
à
la
torture,
aux
exécutions
sommaires
ainsi
qu'à
la
déportation.
En
1936,
lorsqu'elle
fut
incorporée
à
l'État,
la
Gestapo
fut
déclarée
libre
de
toute
restriction
légale
et
responsable
seulement
devant
son
chef,
Himmler,
et
devant
Hitler.
Pendant
la
guerre,
la
Gestapo
fit
régner
la
terreur
dans
toute
l'Europe
et,
à
partir
de
1944,
elle
prit
le
contrôle
des
services
de
contre-espionnage,
l'Abwehr.
.
Le parti possédait une autre formation auxiliaire, les Hitler-Jugend (Jeunesse hitlérienne), qui préparait les garçons âgés de quatorze à dix-sept ans à devenir membres des SA, des SS et du parti. La Auslandsorganisation (« Organisation étrangère ») dirigeait la propagande national-socialiste, elle créait, finançait et dirigeait les organisations nazies pour les Allemands et les personnes d'origine allemande vivant à l'étranger.
L'ORDRE NOUVEAU.
Dès son arrivée au pouvoir, la direction du parti fut confrontée au problème crucial du chômage. Les industries allemandes ne tournaient qu'à 58 % environ de leur capacité et le pays comptait entre 6 et 7 millions de chômeurs. Nombre d'entre eux, inscrits au parti, attendaient d'Hitler qu'il mette en place le programme anticapitaliste promis par la propagande national-socialiste : suppression des cartels et relance de l'industrie par la stimulation des petites entreprises. La base du parti et les SA attendaient une « seconde révolution ». Hitler dut choisir entre un régime national-socialiste « plébéien » et une alliance avec les industriels et les officiers supérieurs de la Reichswehr. Il opta pour la seconde solution.
.
Pour supprimer le chômage et relancer l'industrie allemande, Hitler instaura « l'Ordre nouveau ». La pleine utilisation de la machine industrielle allemande exigeait que le pays occupât une position dominante dans le commerce mondial, l'industrie et la finance ; les ressources en matières premières dont l'Allemagne avait été privée devaient être récupérées et le contrôle de toute autre ressource nécessaire devait être réalisé ; une flotte marchande adéquate et une infrastructure routière, ferroviaire et aérienne devaient être construites ; enfin, cette industrie devait être réorganisée de façon à être la plus efficace possible.
.
Ce programme impliquait la suppression des restrictions économiques et politiques imposées par le
Traité de Versailles et la réorganisation de l'économie en une économie de guerre. Le développement de l'industrie d'armement offrait en effet la possibilité de résorber le chômage et de répondre aux projets expansionnistes hitlériens. L'Allemagne devait devenir autosuffisante en matières premières, grâce à la mise au point de substituts artificiels, fruits de la recherche scientifique. Enfin, des réserves alimentaires suffisantes devaient être assurées par un développement contrôlé de l'agriculture. La réorganisation du monde du travail fut également une cause directe de la mise en place de l'Ordre nouveau.
ENCADREMENT DE LA POPULATION.
.
Outre les organisations nazies, qui exigeaient de leurs membres une adhésion totale aux objectifs et aux moyens de l'idéologie, un très grand nombre de groupements fut créé. Leur objectif principal était le contrôle de tous les domaines de la vie civile (professionnel, caritatif, sportif, des loisirs) afin de détecter et d'éliminer les sujets nuisibles à l'État et d'adapter la population civile allemande à la doctrine nationale-socialiste.
.
Par un processus de « mise au pas » (Gleichschaltung), tous les domaines de la vie publique : sociétés, organismes professionnels ouvriers et agricoles, éducation et culture, furent assujettis au parti. L'Église elle-même fut placée sous contrôle. Chaque groupe de population (femmes, jeunes, anciens combattants), chaque activité (loisirs, travail) servirent de prétexte à la mise en place d'organismes contrôlés par les nazis. Les syndicats libres furent interdits, remplacés par un syndicat unique, et les différents métiers furent organisés de manière corporatiste (professeurs, juristes, médecins, fonctionnaires, techniciens, etc.).
.
L'Ordre nouveau exigeait l'abolition des syndicats et des coopératives, la confiscation de leurs ressources, l'abrogation des conventions collectives entre les travailleurs et leurs employeurs, l'interdiction du droit de grève, et l'obligation légale pour tous les travailleurs allemands d'adhérer au syndicat contrôlé par l'État, le Deutsche Arbeitsfront
(« Front allemand du travail »). Les salaires étaient fixés par le ministère de l'Économie nationale. Des fonctionnaires du gouvernement, hommes de confiance nommés par le ministère de l'Économie nationale, s'occupaient des questions concernant les salaires et la durée et les conditions de travail.
.
Les syndicats professionnels de commerçants et d'industriels de la République de Weimar furent transformés en organes de contrôle d'État. L'adhésion était obligatoire pour les employeurs. La surveillance de ces organismes fut confiée au ministère de l'Économie nationale, qui avait le pouvoir d'attribuer le monopole de représentativité des organisations syndicales dans leurs branches industrielles respectives, de créer de nouvelles associations, de dissoudre ou de fusionner celles qui existaient déjà et de nommer ou de renvoyer les dirigeants de ces associations.
.
Par l'exercice de ces pouvoirs et conformément à la loi, le ministère de l'Économie développa les cartels existants et en forma de nouveaux. Les banques étaient « coordonnées » de façon similaire. Les droits à la propriété privée furent sauvegardés et les entreprises qui avaient été nationalisées furent reprivatisées, mais tous les propriétaires furent étroitement surveillés par l'État. Ces pratiques permirent au régime hitlérien d'éliminer la concurrence. L'Ordre nouveau finit par être dominé par quatre banques et un nombre relativement restreint de puissants conglomérats, notamment celui de la famille Krupp pour l'armement et la sidérurgie, et la célèbre Interessengemeinschaft Farbenindustrie (IG Farben), qui produisait des colorants, du caoutchouc synthétique, de l'essence et d'autres produits et participait ou dirigeait près de 400 entreprises.
.
L'Ordre nouveau permit aux nazis d'enrayer le chômage, d'offrir aux travailleurs et aux agriculteurs allemands un niveau de vie acceptable, d'enrichir l'élite dirigeante de l'État, de l'industrie et du secteur financier et de créer un prodigieux instrument de guerre. Certaines entreprises eurent recours à la main-d'œuvre des prisonniers de guerre, des camps de concentration et des habitants des pays conquis, qui furent traités comme des esclaves. Les cartels fournirent également du matériel pour l'extermination systématique de millions de Juifs, Tziganes et autres groupes de populations par le gouvernement hitlérien.
LA SECONDE GUERRE MONDIALE : APOGEE ET
EFFONDREMENT DU NAZISME.
La remilitarisation de l'Allemagne
et son projet de regrouper tous les peuples de langue allemande au
sein d'une même nation, au cœur du projet nazi, conduisirent
inéluctablement l'Allemagne vers une politique expansionniste qui
devait déclencher la Seconde Guerre mondiale.
.
Les nazis s'activèrent politiquement
et diplomatiquement à la création de la « grande Allemagne », au
besoin par la force. Les principales étapes furent la
remilitarisation de la
Rhénanie (1936), la formation de l'axe italo-allemand
(1936), l'intervention dans la
guerre civile espagnole (1936-1939) en faveur des
nationalistes de
Franco, l'Anschluss
(en fait une annexion) avec l'Autriche (1938), le démantèlement
de l'État tchécoslovaque (1939), la signature d'un pacte de
non-agression avec l'Union soviétique, prévoyant le partage de
la
Pologne. L'invasion de la Pologne le 1er septembre
1939 déclencha la
Seconde Guerre mondiale.
.
Hitler affirmait que le IIIe Reich
durerait mille ans du fait que, selon lui, il était parvenu à
dépasser les contradictions du capitalisme et du marxisme.
Apparu dans une période de trouble international marquée par
l'émergence de régimes fascistes ou de dictatures militaires
classiques dans de nombreux pays d'Europe (Espagne, Italie,
Portugal, Hongrie, Pologne), le nazisme prétendait être la
solution à la crise économique et sociale des années 1930.
.
La conquête territoriale et la
domination des peuples au nom de la prétendue supériorité de
la « race aryenne » étant inhérentes à ce projet, l'Europe
fut mise à feu et à sang comme jamais dans l'histoire.
La
Seconde Guerre mondiale fit 50 millions de victimes.
La
« solution finale » mise en œuvre par les nazis pour
exterminer les juifs aboutit à un véritable génocide (plus
de 6 millions de morts). Les procès de
Nuremberg, en 1945, révélèrent les crimes contre l'humanité commis par le régime
nazi et ses collaborateurs.