
Mussolini, Benito
(1883-1945), homme politique, dictateur
de l’Italie
(1922-1943), fondateur et dirigeant (Duce) du fascisme
italien.
MILITANT
SOCIALISTE.
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Né en Romagne d'un père
artisan forgeron et d'une mère institutrice, Benito Amilcare
Andrea Mussolini milite rapidement dans les rangs
socialistes et organise la propagande en Suisse de 1902 à
1904 chez les Italiens émigrés. Après deux ans de service
militaire, il devient instituteur, puis journaliste en 1909.
Il occupe le poste de secrétaire de la fédération socialiste
de Forli (Romagne) et, dans le même temps, dirige la
Lotta di classe. Il prend alors position contre la
guerre menée en Libye (1911-1912), ce qui lui vaut d'être
emprisonné pendant quelques semaines. Cet engagement lui
donne une stature nationale, et lui permet de devenir
rédacteur en chef du quotidien officiel du Parti socialiste,
l'Avanti !, à Milan..
Doté d'une forte stature,
d'une grande capacité de travail, Mussolini se forge une
culture d’autodidacte, lisant
Georges Sorel ou
Machiavel. Il ne dédaigne pas, jusqu'à la fin de sa
vie, la bonne chère et l'alcool ; il rencontre en 1910
Rachele Guidi, qui devient son épouse en 1925 et lui donne
cinq enfants, cependant, il s’affiche avec de très nombreuses
maîtresses qui l'accompagnent dans sa vie publique.
SON REFUS DE LA NEUTRALITE L'EXCLUT
DU PS.
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Lorsque la
Première Guerre mondiale éclate en 1914, Mussolini
suit tout d'abord la ligne de son parti qui préfère la
neutralité à la participation à la guerre
« impérialiste », puis il opte pour l'entrée de
l'Italie dans le conflit aux côtés des Alliés contre
les Empires centraux. Exclu du PS en 1914, il lance le
Popolo d'Italia, qui milite pour l'intervention
de l'Italie dans la guerre. Dès que la neutralité est
dénoncée, Mussolini s'engage dans l'armée en 1915.
Blessé en 1917 lors d'un exercice, il retourne à la
vie civile et au journalisme politique au sein du
Popolo d'Italia.
UN SOLDAT EN POLITIQUE.
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Alors que l'Italie
vit une difficile transition de la guerre à la
paix et que la négociation du Traité de Versailles ne lui donne pas pleine
satisfaction, Mussolini lance un appel dans le
Popolo d'Italia pour donner vie à une
organisation politique : les Faisceaux italiens de combat. La réunion fondatrice se tient le 23 mars 1919 à
Milan, dans un local de la place Saint-Sépulcre : 119 anciens
combattants, nationalistes, syndicalistes révolutionnaires et
futuristes répondent à l'appel, et 53 d'entre eux signent un programme
aux revendications irrédentistes réclamant Fiume et la Dalmatie
(terres de langue italienne mais qui n'appartiennent pas à l'Italie)
et d'inspiration socialiste (journée de huit heures de travail,
salaire minimum, gestion des entreprises et des services publics par
les syndicats, abaissement de l'âge de la retraite). Le ton est
anticlérical et antimonarchiste, proche des premières idées de
Mussolini. Mais en fait, ce programme de gauche déplaît à celui-ci,
aussi il ne le rend public qu'en juin, après l'avoir édulcoré pour ne
pas effrayer les industriels qui financent le mouvement avec l’espoir
de lutter contre les communistes..
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Sa stratégie ne se
traduit pas immédiatement par un succès : le
31 décembre 1919, les Faisceaux de combat
comptent 870 membres, vêtus de la chemise noire,
et sont présents dans 31 villes. Mussolini subit
alors la concurrence des groupes nationalistes
actifs, notamment celle du poète
Gabriele D'Annunzio qui s'empare de Fiume en
septembre 1919. Mussolini, qui ne joue aucun rôle dans cette affaire,
n'a pas le prestige de l'homme de lettres. D’autre part, le
programme des Faisceaux est toujours trop révolutionnaire, si bien que
le sénateur Agnelli, directeur de la FIAT, lui retire tout subside.
Candidat aux élections législatives en octobre 1919 sur une liste dans
la circonscription de Milan, Mussolini n'obtient que 5 000 voix et
n'est pas élu. Les événements permettent cependant au mouvement
fasciste de survivre : D'Annunzio échoue dans son entreprise à Fiume
et des grèves révolutionnaires éclatent pendant l'été 1920.
Mussolini capte alors la clientèle nationaliste, soutient les grèves
ouvrières tout en critiquant les socialistes qui deviennent les cibles
de violences fascistes dans la rue.
FONDATEUR DU FASCISME.
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Mussolini
fait de son mouvement l'auxiliaire de la
répression des propriétaires fonciers et des
capitaines d'entreprises qui craignent une
révolution communiste ; il devient l'homme
de la contre-révolution préventive que ses
hommes de main, les squadristes,
mènent sur le terrain contre tous les militants de gauche,
socialistes, communistes et syndicalistes. Cela lui permet,
cette fois, d'obtenir assez de voix aux élections législatives de mai 1921 pour envoyer 35 élus à la
Chambre des députés..
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Fort de cette
première victoire, il réunit en novembre 1921, un congrès des
Faisceaux de combat à Rome. Il obtient de l'assemblée la
décision de transformer le mouvement en véritable parti politique
dont il prend la direction en charge. Il imprime sa marque à son
programme, qui rompt définitivement avec les propositions de gauche.
Les idées nationalistes et conservatrices sont entérinées :
renforcement de l'armée, interdiction du droit de grève dans les
services publics. La défense de l'État, garant de la paix sociale
et de la cohésion nationale, est célébrée. La protection des intérêts
suprêmes de la Nation et l'expansion territoriale sont ratifiées,
tandis que le parlementarisme bourgeois est condamné. Le
libéralisme économique est adopté : l'État doit renoncer à toute
intervention et à toute nationalisation.
Au printemps 1922, le Parti national fasciste rassemble
720 000 adhérents.
LA MARCHE SUR ROME.
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Possédant l'outil de la conquête du
pouvoir, Mussolini et les
quadriumvirs du parti (Italo
Balbo, Michele Bianchi, Cesare De Vecchi
et le général Emilio De Bono) décident
de montrer la force fasciste en
organisant une Marche sur Rome en partant de
différentes régions italiennes. 26 000 hommes mal armés arrivent le 27 octobre 1922 devant la capitale.
Ils n'ont pas les moyens de prendre le
pouvoir, mais le souverain, Victor-Emmanuel III
décide, le 29 octobre, de charger Mussolini de former le gouvernement.
Pour Mussolini, la marche sur Rome devient l'acte fondateur de la
prise du pouvoir fasciste, alors que la règle constitutionnelle est
respectée, et c'est en civil que Mussolini rencontre le roi, et non en
uniforme fasciste. En réalité, Mussolini se montre un habile
propagandiste, toujours apte à glorifier ses actions, et il n’entend
pas s’arrêter dans sa conquête du pouvoir.
IL DUCE.
De
1922 à 1926, Mussolini met en
place une dictature légale : il
obtient du Parlement les pleins
pouvoirs pour un an, après le
discours d’intimidation dit « du
bivouac » (novembre 1922), et
utilisant en même temps violence
« squadriste » et mesures
gouvernementales, il marginalise
ses adversaires, transforme la loi
électorale à son profit, couvre de
son autorité la mort d'adversaires
politiques (comme celle du député
Giacomo Matteotti). Il prend
ainsi le titre de Duce.
Puis, en novembre 1926, utilisant
habilement une tentative
d'attentat contre lui, il
promulgue les lois pour la
défense de l'État, dites
lois fascistissimes : tous les
partis, associations et
organisations opposés au
fascisme sont dissous, un tribunal
spécial est constitué pour les délits politiques, les passeports sont
annulés, les exilés perdent leur nationalité et leurs biens, tous les
députés de l'opposition sont déchus de leur mandat et les opposants
politiques peuvent être incarcérés pour une durée de trois à dix ans.
Mussolini vient d’organiser l’amorce d’un État fasciste.
UNE DICTATURE... "POPULAIRE".
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Habile politique, Mussolini
construit un État totalitaire
en ralliant les catholiques
italiens grâce à la signature
des Accords du Latran (1929) ;
par la constitution
d'organisations spécialisées,
il encadre toutes les
activités de la population :
loisirs, sports, travail. Le
fascisme est partout. Une
habile propagande célèbre un
véritable culte de la
personnalité mussolinienne.
Les murs s'ornent de slogans
qui proclament que « Mussolini
a toujours raison ». Chef d'un
peuple en lutte, Mussolini
transforme la politique en
combat : la politique agricole
devient la bataille pour le
grain ; la politique
économique, la bataille de la
lire et de l'autarcie ; la
politique culturelle, la
bataille de la culture. Le
Duce apparaît systématiquement
à la tête de ces combats,
immortalisé par des
photographies qui le montrent
en plein effort. Travailleur
infatigable selon la
propagande (la lumière de son
bureau est allumée jour et
nuit), il a toutes les
qualités : paysan, il
participe aux récoltes de
blé ; bâtisseur, il manie la
pelle et la pioche ;
intellectuel, il rédige avec
Giovanni Gentile l'article
« Fascisme » de l'Enciclopedia
italiana qui précise que
« le fascisme est une
conception religieuse de la
vie »… Enfin, il militarise la
société, et l'entrée en
guerre, d'abord en
Espagne aux côtés de
Franco, puis en
Éthiopie en 1936, n'est
que le prolongement d’une
idéologie fondamentalement
guerrière qui mobilise
l'Italie derrière son chef
pour construire un nouvel
Empire. En 1936 se met en
place l’Axe
Rome-Berlin, et Mussolini
se rapproche d’Hitler..
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À partir de 1936, Mussolini
radicalise encore le régime
et accentue son aspect
totalitaire en proclamant
des lois raciales — tout
d'abord à l'encontre des
Noirs et des Métis, puis des
Italiens juifs, mis au ban
de la société.
LA DEBACLE MILITAIRE.
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Chef
militaire, Mussolini ne déclare la guerre à la France qu'après son
invasion par les nazis. Mais il n'a pas doté son pays d'une armée
efficace, aussi les victoires, peu nombreuses dans les Balkans, sont
rapidement suivies de défaites, qui conduisent à son renversement
par le Grand Conseil du fascisme le 25 juillet
1943..
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Incarcéré par ordre du
roi, Mussolini est
délivré par un
commando allemand qui
lui permet de créer
dans le nord du pays
la
République de Salò,
ultime avatar du
fascisme italien
dirigé par Mussolini
qui radicalise encore
le régime, avant son
effondrement devant
les victoires
militaires des Alliés.
Il fait alors fusiller
plusieurs membres du
Grand Conseil — dont
son gendre le comte
Ciano — qui ont voté
contre lui.
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Le 28 avril 1945,
alors que les Alliés
triomphent
militairement,
Mussolini en fuite
est intercepté par
les résistants
italiens. Ils
l'exécutent, ainsi
que sa maîtresse
Clara Petacci, à
Giulino di Mezzegra
(à proximité du lac
de Côme) et exposent
leur dépouille,
pendues par les pieds, sur
la piazza Loreto de
Milan.