En 1973, la guerre du Kippour
(dénommée "guerre du Ramadan" par les Arabes) éclate suite au
durcissement de la politique des pays arabes à l'égard d'Israël.
Les pays arabes se
sont dotés de gouvernants autoritaires, inflexibles et viscéralement
anti-sionistes
(Kadhafi en Libye et Afez el-Assad en Syrie, par exemple). Si
bien que, en septembre 1973, une vaste
coalition des pays arabes se construit, incluant même la Jordanie et
l'OLP (pourtant frères ennemis
depuis l'expulsion des Palestiniens par le roi Hussein, en 1970).
Israël, soutenu par
les Américains, se trouve sous la menace constante de la coalition
hostile. Véritablement assiégé par les Arabes, militairement et
financièrement soutenus par l'URSS,
l'Etat hébreu dirigé par Golda Meir s'attend à une attaque imminente
mais s'y prépare mal.
Le 7 octobre 1973, les forces armées
conjuguées de l'Egypte et de la Syrie attaquent Israël sur deux
fronts, le Sinaï et le plateau du Golan.
Au nord (le
Golan), les Syriens, efficacement secondés par les irakiens et
les jordaniens, prennent rapidement l'ascendant. Les Israéliens se
rebiffent néanmoins et, le 8 octobre,
Tsahal stoppe la progression des envahisseurs et repousse
les Syriens jusqu'à l'intérieur de leurs frontières. Le 11 octobre, l'armée israélienne se
trouve à 30 km de Damas (capitale de la Syrie).
Au sud (le Sinaï),
les Égyptiens franchissent le canal de Suez et progressent de 10
km en territoire israélien, avant d'être freinés. Une gigantesque
bataille rangée de chars et de blindés s'engage. Les forces sont
équivalentes, les belligérants campent sur leurs positions. L'impasse
semble s'imposer lorsqu'une idée de génie amène le général
Sharon à tenter une manoeuvre courageuse
et audacieuse. Le 16 octobre, Ariel
Sharon contre-attaque avec ses blindés. Il se glisse entre deux
armées égyptiennes, franchit le canal de Suez et pénètre en Egypte ! Le 18 octobre, la Tsahal de Sharon
se trouve aux porte du Caire...
Dans le même temps, la
tension monte entre l'URSS et les USA. Les Soviétiques,
inquiets de la présence des israéliens en Syrie et en Egypte,
menacent d'entrer physiquement et directement dans le conflit.
Les Américains placent leur Sixième Flotte (qui navigue en
Méditerranée) en état d'alerte maximum. Beaucoup, en occident, redoutent de vivre là les prémices de la
troisième guerre mondiale.
Dépitée par la tournure
des événements, l'URSS de Brejnev fait pression sur ses amis arabes
pour qu'ils négocient un cessez-le-feu. Celui-ci sera
conclu, sous l'égide de l'ONU, le 22 octobre avec la Syrie, le 24 avec l'Egypte. Mais le
cessez-le-feu ne sera réellement effectif que
le 11 novembre, après que 2.300 casques bleus de
l'ONU aient pris position et "pacifié" la région.
Gagnée sur le terrain
par Israël, cette guerre permit cependant aux Arabes (grâce au
succès initial de leur offensive) de démontrer que les frontières
de l'Etat hébreu n'étaient pas imperméables et que Tsahal
n'était pas forcément invincible. A Tel-Aviv, les Israéliens
obtiennent la démission du gouvernement de Golda Meir et de Moshe
Dayan, jugés coupables d'impréparation face à une menace pourtant
perceptible et manifeste.
REMARQUE :
c'est lors de la guerre du Kippour que le
pétrole fut, pour la première fois, utilisé comme "arme".
D'octobre 1973 à mars 1974, un embargo pétrolier a été décrété par les
pays arabes producteurs à l'égard de toutes les nations amies
d'Israël. Période qui restera dans les mémoires comme celle du
"choc pétrolier de 73" qui généra la grande crise économique
traversée par l'occident jusqu'à la fin des années 80.