
islamisme,
mouvement religieux qui revendique, au sein du monde musulman, le
retour à une société gouvernée selon les règles du droit islamique (charia).
Depuis les années 1970, ce terme désigne surtout la tendance politique et
radicale du mouvement.
IDEOLOGIE ET
ACTION.
L’islamisme est un fondamentalisme religieux
en ce qu’il prône un retour à la lettre du Coran : les comportements
des musulmans doivent obéir aux préceptes établis par le livre sacré
ainsi que par la sunna (coutume établie au regard des actes
du Prophète) et les hadith (paroles et commentaires du
Prophète). Partisans d’une société égalitaire, les islamistes se
réfèrent à l’umma, la communauté des croyants..
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Durant les décennies 1980 et 1990, le retour à
l’islam et la tentation du repli identitaire ont été favorisés par
la crise socio-économique, l’occidentalisation des modes de vie dans
la plupart des pays musulmans et la mondialisation de l’économie. De
plus, en 1979, la révolution islamique en Iran offrit un
contre-modèle au schéma occidental dominant..
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Les islamistes cherchent à conquérir l’opinion
publique des pays musulmans par une action sociale. D’une efficacité
limitée, les réseaux d’entraide destinés à remédier au chômage et à
la pauvreté, ainsi qu’aux défaillances des services sociaux,
contribuent cependant à maintenir leur influence, notamment auprès
des jeunes, premières victimes de la crise économique.
RADICALISME.
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À l’exemple des kharijites et des ismaïliens,
certains islamistes justifient la violence pour soumettre l’État à un pouvoir
religieux. Les Frères musulmans, mouvement fondamentaliste fondé en 1928 en
Égypte par Hassan al-Banna, perpétrèrent les premiers attentats contre un
gouvernement arabe en 1945.
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Les groupes radicaux se multiplièrent dans les
années 1970. En Égypte, en Syrie et en Jordanie, leur action visait à ébranler
les régimes laïcs, représentants d’un nationalisme arabe qui avait subi la
défaite de 1967 contre Israël. .
En 1981, un militant du mouvement al-Jihad
(«la guerre sainte») assassina le président égyptien Anouar al-Sadate. En 1983,
le Djihad islamique, branche armée du mouvement chiite
Hezbollah (le «parti de Dieu»),
perpétra deux attentats-suicides contre les marines américains et les soldats
français de la Force d’interposition des Nations unies
au Liban. Depuis le début des années 1990, le terrorisme islamiste connaît une
résurgence : après la guerre du Golfe, plusieurs attentats ont frappé les
intérêts américains, aux États-Unis même (attentat du World Trade Center à
New York en 1993) ou dans les pays du golfe Persique. L’annulation des élections
législatives de 1992 en Algérie, afin d’empêcher l’arrivée au pouvoir du Front
islamique du salut (FIS), fut à l’origine d’une guerre civile opposant les
forces armées algériennes au Groupe islamique armé (GIA). Ceux-ci ont, à
plusieurs reprises en 1995 et 1996, commis des attentats sur le sol français..
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Sous la houlette du milliardaire d'origine
saoudienne, Oussama Ben Laden, le terrorisme
d'inspiration islamiste prit son ampleur maximale le
11 septembre 2001, lors d'une attaque
contre les Etats-Unis. Quatre avions de ligne détournés furent lancés contre les
tours jumelles du World Trade Center de New York, sur le bâtiment du
Pentagone tandis que le dernier (initialement
destiné au Capitole ou à la Maison Blanche) s'écrasait dans la campagne de
Pennsylvanie suite à la courageuse intervention des passagers. Ces attentats qui
marquèrent une date charnière de l'histoire contemporaine firent 2.986 morts. .
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Le 11 mars 2004, c'était au tour de l'Espagne
et des gares madrilènes (191 morts, plus de 1500 blessés) de subir les assauts
de kamikazes envoyés par al-Qaïda, tandis que le Royaume-Uni connaissait les
affres du terrorisme aveugle dans un bus et dans le métro de la City
londonienne, le 7 juillet 2005.