Principale composante
de l'OLP, le Fatah
(ou al-Fath) est le parti de Yasser Arafat. Le
mouvement a été fondé le 1er janvier 1965,
sous l'égide de Salah Khalef (Abou Ayad), Khalil al-Wazir
(Abou Jihad) et Yasser Arafat (Abou Ammar).
Initialement milice
irrégulière de guérilla, al-Fatah s'est peu à peu organisé en
un mouvement politique disposant de ses propres troupes combattantes
et de son service secret. En 1968, il
rejoint l'OLP dont il prend le contrôle en faisant élire Arafat
(1969) à la tête de l'Organisation de Libération de la Palestine.
Al-Fatah
imprègne alors l'OLP de sa philosophie guerrière et de son
organisation politico-militaire. De nombreuses milices sont créées
par harceler l'Etat d'Israël
à ses frontières, des groupes terroristes constitués pour s'attaquer
aux personnes et aux intérêts juifs et américains de par le monde.
En 1970, alors essentiellement regroupés en Jordanie, les
réfugiés Palestiniens, le Fatah et l'OLP vont connaître un important
revers. Leur recours systématique à la violence aveugle incite les
autorités jordaniennes à leur demander de quitter le pays. Les
Palestiniens refusent et al-Fatah les engage dans d'âpres et sanglants
combats contre l'armée jordanienne (Septembre
Noir). La défaite sera cuisante. Ceux qui n'auront pas choisi
l'exil vers le Liban ou
qui n'auront pas été tués seront emprisonnés, jugés et condamnés.
Ainsi en ira-t-il de nombreux responsables de l'OLP.
Aujourd'hui,
al-Fatah constitue toujours le corps de l'OLP et leurs histoires
se confondent depuis 1970. L'appui populaire du Fatah se concentre
principalement dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et dans la diaspora
palestinienne.
Depuis l'instauration de l'Autorité Palestinienne, al-Fatah contrôle
tout. De l'OLP (et ses finances) à tous les postes clés de l'Autorité
dirigée par Arafat. Omnipotent, al-Fatah incarne toute la puissance
de l'OLP et des Palestiniens.
A
la mort de Yasser Arafat (novembre 2004), le Fatah passe sous l'autorité de
Mahmoud Abbas, un
homme modéré qui fait rapidement progresser les négociations pacificatrices avec
l'Israël d'Ariel Sharon. Tous les
espoirs sont désormais permis.
Hélas, le peuple palestinien
n'apprécie ni la modération de Mahmoud Abbas, ni la corruption et les
détournements de fonds aux profits personnels des caciques du
mouvement. Lors des élections législatives du
25 janvier 2006, il offre une plantureuse victoire au
parti islamiste radical Hamas
qui prône la destruction de l'Etat d'Israël. Les espoirs de paix
s'envolent et la promesse d'un chaos s'affirme.