
cosmologie,
branche de l'astronomie
qui étudie l'ensemble de l'Univers, sa structure et les lois qui
régissent son évolution. En particulier, la cosmogonie est
l'ensemble des théories qui tentent d'expliquer la formation de
l'Univers.
PREMIERES
THEORIES COSMOLOGIQUES
:
.
.
Les premières théories
cosmologiques apparaissent en
Mésopotamie vers 4000 av. J.-C. D'après ces théories,
étroitement liées aux croyances religieuses de l’époque, la
Terre est le centre de l'Univers et les autres astres se
déplacent autour d'elle. Cette théorie est reprise par
Aristote et par l'astronome grec
Ptolémée qui soutiennent que le mouvement des étoiles
dans le ciel résulte de leur fixation sur des sphères en
rotation autour de la Terre.
.
Dès 270 av. J.-C. cependant,
l'astronome grec
Aristarque de Samos suppose que la Terre tourne autour
du Soleil selon une orbite circulaire. Mais en raison de
l'autorité d'Aristote, le système géocentrique plaçant la
Terre au centre de l'Univers n’est pas remis en question à
l’époque et ne le sera pas avant plusieurs siècles.
.
En effet,
il faut
attendre l’année 1543, date de parution de l'ouvrage de
l'astronome polonais
Nicolas Copernic, De revolutionibus orbium
coelestium (Révolutions des sphères célestes),
pour assister à la première révolution cosmologique : la
révolution copernicienne. Dans son ouvrage, Copernic
propose notamment un nouveau système, le système
héliocentrique, dans lequel le Soleil est au centre de
l'Univers, les planètes décrivant des
orbites circulaires autour de lui.
.
Partisans du système
héliocentrique, les astronomes
Johannes Kepler et
Galilée approfondissent le système copernicien et
découvrent, au début du
XVIIe siècle, que les planètes se
déplacent sur des orbites non pas circulaires mais
elliptiques et à des vitesses variables, selon trois
lois empiriques appelées aujourd’hui
lois de Kepler.
.
.
En 1687, dans son
remarquable ouvrage Philosophiae naturalis
principia mathematica (Principes
mathématiques de la philosophie naturelle), le
mathématicien et physicien anglais
Isaac Newton justifie les lois de Kepler sur le
mouvement des planètes, en montrant que ces lois
peuvent être déduites des règles générales de la
mécanique et de la
gravitation. Newton montre ainsi que les lois de
Kepler s'appliquent dans tout l'Univers.
STRUCTURE DE
L'UNIVERS
:
.
Les techniques actuelles d’observation de l’Univers et les moyens considérables
investis dans l’exploration
de l’espace ont permis d’obtenir des
informations fondamentales sur la structure de
l’Univers. De nos jours, il est établi que la
Terre tourne autour du
Soleil, notre étoile, ainsi que huit autres
planètes et une grande quantité d’astéroïdes.
Le diamètre du
Système solaire est approximativement de
12 milliards de km, la Terre étant située à
environ 150 millions de km du Soleil — distance
définie comme étant l’unité
astronomique de distance (UA). L’étoile la
plus proche de notre Système solaire,
Proxima du Centaure, est située à 4,23 années-lumière
du Soleil (soit environ 266.490 UA, ou encore
40.000 milliards de km).
.
.
Les
étoiles se regroupent en d’immenses
ensembles : les
galaxies. Une galaxie contient plusieurs
dizaines voire centaines de milliards
d’étoiles, et de la
matière interstellaire sous forme de
nuages de gaz ou de poussières. Notre galaxie,
la
Voie lactée, comporte environ
200 milliards d’étoiles et son disque visible
s’étale sur environ 100.000 années-lumière ;
le Soleil est situé à près de
28.000 années-lumière du centre de la Voie
lactée.
.
.
Les galaxies
forment des groupes locaux de quelques
dizaines de galaxies qui s’organisent
eux-mêmes en amas de plusieurs centaines ou
milliers de galaxies. Notre Groupe local
contient une vingtaine de galaxies, dont la
galaxie d’Andromède
(la plus grande avec environ 370 milliards
d’étoiles) et les
Nuages de Magellan, ensemble de petites
galaxies de quelques dizaines de millions
d’étoiles. Le milieu intragalactique est
parsemé de gigantesques nuages de gaz : les
nébuleuses. Les amas de galaxies se
regroupent en superamas qui peuvent
s’étendre sur plus de 200 millions
d’années-lumière. Il semblerait que les
superamas dans l’Univers soient répartis
sous la forme d’un réseau de filaments et de
plans de matière, formant une sorte de toile
d’araignée cosmique, une structure similaire
à une éponge (ou de la mousse).
.
.
Des systèmes
extragalactiques très petits mais
extrêmement lumineux ont été observés à
grande distance : les
quasars (acronyme de Quasi Stellar
Astronomical Radiosource : source
radioastronomique quasi stellaire). Leur
lumière ayant mis plusieurs milliards
d'années à atteindre la Terre, ils sont
donc les témoins d'un lointain passé. Ils
indiquent qu'il y a quelques milliards
d'années, l'Univers était très différent
de ce qu'il est aujourd'hui.
.
.
Par
ailleurs, les
astrophysiciens ont découvert des
zones dans l’Univers qui semblent être
dépourvues de galaxies, comme le Trou du
Bouvier, repéré dans la
constellation du Bouvier, qui
aurait un diamètre de 300 millions
d’années-lumière.
.
.
Dans
notre environnement proche (jusqu’à
quelques dizaines de millions
d’années-lumière), tout ce qui est
observable est relativement
représentatif de l’état actuel de
l’Univers. Plus on s’éloigne, plus
l’Univers observé est « jeune » ; des
événements violents s’y déroulent
(collisions de galaxies, naissances
massives d’étoiles, de quasars, etc.).
EVOLUTION DE
L'UNIVERS
MODELE DE L'UNIVERS STATIQUE
.
En 1917,
Albert Einstein propose un
modèle de l'Univers fondé sur sa
nouvelle théorie de la
relativité. Il considère le
temps comme une quatrième
dimension et montre que la
gravitation est en réalité
une force fictive provoquée par
la courbure de l'espace-temps.
Persuadé que l’Univers ne peut
être que statique, Einstein
suppose alors l'existence d'une
force de répulsion entre les
galaxies qui contrebalancerait
la force d'attraction
gravitationnelle. Il introduit
une « constante cosmologique »
dans ses équations — dont le
rôle est de s’opposer à
l’attraction gravitationnelle —
qui conduisent alors à un
Univers statique. Il confiera
plus tard que sa théorie
cosmologique a été la plus
grande erreur de sa vie. Les
observations les plus récentes
donnent en fait raison à
Einstein en ce qui concerne
l’existence d’une constante
cosmologique, mais pas d’un
Univers statique, qui est
définitivement exclu depuis
l’observation de l’expansion de
l’Univers par
Edwin Hubble en 1929.
EVOLUTION DE
L'UNIVERS
MODELE DE L'UNIVERS EN EXPANSION
.
Des modèles non statiques de
l'Univers sont introduits
successivement en 1917 par
l'astronome hollandais
Willem de Sitter, en 1922
par le mathématicien russe
Alexandre Friedmann, et en
1927
par l'abbé belge Georges
Lemaître. Le modèle de De Sitter
permet de résoudre les équations
relativistes d'Einstein pour un
Univers vide et sans tenir
compte des forces
gravitationnelles.
.
.
Lemaître, célèbre pour son
idée d'« atome originel »,
détermine également une
solution de l'équation
d'Einstein. Selon lui, les
galaxies sont des fragments
qui ont été projetés par
l'explosion de cet atome, d'où
l'expansion de l'Univers.
Ce
modèle est à l’origine de la
théorie du big bang sur
l’évolution de l'Univers, et
encore aujourd’hui, il en
constitue le cadre théorique
d’ensemble, dans lequel
prennent place tous les
événements de l’Univers.
.
.
La solution de Friedmann
dépend directement de la
densité de matière dans
l'Univers et constitue le
modèle actuellement accepté.
D'après Friedmann, si
l'Univers contient
relativement peu de matière,
l'attraction
gravitationnelle mutuelle
entre les galaxies ne
diminuera que légèrement les
vitesses d'éloignement et
l'Univers sera indéfiniment
en expansion. L'Univers
serait alors un Univers
ouvert de taille infinie.
Cependant, si la densité de
matière est supérieure à une
valeur critique,
actuellement estimée à
5 × 10-30 g/cm3,
l'attraction
gravitationnelle ralentira
l’expansion de l’Univers
jusqu'à l'arrêter et
l'inverser en contraction :
l'Univers s'effondrera
totalement. Il serait alors
« fermé », d'étendue
limitée. Le destin de
l'Univers effondré est
incertain ; selon une
théorie, dite de l’Univers
oscillant, il exploserait à
nouveau, engendrant un
nouvel Univers en expansion,
qui s'effondrerait à
nouveau, etc.
EVOLUTION DE
L'UNIVERS
LOI DE HUBBLE, EXPANSION DE L'UNIVERS
.
.
En 1912, l'astronome
américain Vesto Melvin
Slipher, qui étudie le
spectre des
galaxies, remarque qu'à
l'exception de quelques
systèmes proches, comme
la galaxie d'Andromède,
les raies des spectres des corps astraux sont décalées vers les plus
grandes longueurs d'onde (le rouge).
Ce décalage des
longueurs d'onde, dû à
l'effet
Doppler, montre que
la plupart des galaxies
s'éloignent de la Voie
lactée.
.
.
En 1929,
Edwin Hubble
compare les distances
qu'il a estimées pour
différentes galaxies
avec les décalages
vers le rouge observés
par Slipher pour ces
galaxies. Il
montre
que plus une galaxie
est lointaine, plus sa
vitesse d'éloignement
est grande. Cette
importante relation
est à l’origine de la
loi des décalages vers
le rouge ou loi de
Hubble : la vitesse
d'éloignement d'une
galaxie est
proportionnelle à sa
distance. On estime
actuellement que le
rapport entre la
vitesse d'éloignement
d'une galaxie et sa
distance (constante de
Hubble) se situe entre
55 et 70 km.s-1.Mpc-1.
.
.
Comme toutes les
galaxies semblent
s'éloigner de la
Voie lactée,
celle-ci pourrait
apparaître comme le
centre de l'Univers.
Ce n'est cependant
pas le cas. On peut
imaginer un ballon
sur lequel sont
dessinés des points
régulièrement
espacés. Lorsque
l'on gonfle le
ballon, les points
s'éloignent les uns
des autres,
exactement comme les
observateurs voient
toutes les galaxies
s'éloigner de la
Voie lactée. Une
autre analogie est
donnée par le cake
aux raisins : lors
de la cuisson, le
cake gonfle sous
l’effet de la levure
et tous les raisins
s’éloignent les uns
des autres, sans
qu’un raisin
particulier ne soit
le centre de cette
expansion. Ces
analogies
fournissent ainsi
une explication
simple à la loi de
Hubble : l'Univers
est en expansion.
EVOLUTION DE
L'UNIVERS
MODELES DE L'UNIVERS STATIONNAIRE
.
.
En 1948, les
astronomes
anglais Hermann
Bondi, Thomas
Gold et
Fred Hoyle
présentent un
autre modèle de
l'Univers : le
modèle de
l’Univers
stationnaire.
Le fondement de
ce modèle est
d’abord
philosophique,
et postule que
l'Univers ne
peut être apparu
soudainement.
Leur modèle
constitue une
extension du
« principe
cosmologique »,
qui est
sous-jacent à
des théories
antérieures,
comme le modèle
de Friedmann.
D'après le
« principe
cosmologique
parfait » de
Bondi, Gold et
Hoyle, l'Univers
a le même aspect
à tout moment et
en n'importe
quel point. De
plus, la
diminution de
densité de
l'Univers due à
son expansion
est compensée
par la création
continuelle de
matière, qui se
condenserait en
nouvelles
galaxies,
prenant
progressivement
la place des
galaxies
éloignées de la
Voie lactée :
l'aspect actuel
de l'Univers est
ainsi conservé.
Sous cette
forme,
la
théorie du
modèle
stationnaire
n'est plus
acceptée par la
plupart des
cosmologistes,
en particulier
après la
découverte du
rayonnement de
fond du ciel
en 1965 et des
quasars.
.
.
Toutefois, en
1986, Hoyle
propose une
nouvelle
version de sa
théorie
stationnaire
qu’il baptise
théorie quasi
stationnaire.
Celle-ci admet
la possibilité
d’une création
de matière
discontinue en
supposant que
l’Univers est
en oscillation
perpétuelle
selon des
cycles de
contraction-expansion.
Cette théorie
originale,
radicalement
opposée à
celle du big bang,
reste
marginale aux
yeux de la
communauté
scientifique,
focalisée sur
la
vérification
du big bang.
EVOLUTION DE
L'UNIVERS
LA THEORIE DU BIG BANG
.
.
Aujourd’hui,
c’est
d’après la
théorie du
big bang
que l’on
spécifie
les
éléments
constitutifs
de
l’Univers,
ainsi que
leurs
transformations
à partir
de
l’explosion
initiale.
Lorsque
Hubble
formule sa
loi des
décalages
vers le
rouge,
l’hypothèse
que toute
la matière
(ou toute
l’énergie)
qui
constitue
l’Univers
s’est
trouvée
rassemblée
à un
instant
donné
commence à
faire son
chemin
dans les
esprits.
.
.
La
théorie
du big bang
est
introduite
en 1948
par le
physicien
américain
d’origine
russe
George
Gamow,
qui
modifie
la
théorie
de
Lemaître
sur
l'atome
originel.
Gamow
suppose
que
l'Univers
est né
d'une
explosion
gigantesque
et que
les
différents
éléments
observés
aujourd'hui
ont été
générés
juste
après
cette
explosion
appelée big bang.
En
raison
de
l’expansion,
lorsque
la
température
et la
densité
extrêmement
élevées
ont
diminué
jusqu’à
passer
sous une
certaine
limite,
les
particules
subatomiques
ont pu
fusionner
pour
initier
la
création
des
éléments
chimiques
les plus
simples,
tels que
l’hélium,
le
deutérium
ou le
lithium.
Le
refroidissement
progressif
de
l’Univers,
dû à
l’expansion,
entraînant
la
formation
des
éléments
légers,
constitue
la base
de la
théorie
de Gamov.
.
.
Cependant,
au
tout
début
— c’est-à-dire
avant
l’explosion
initiale
précédant
l’expansion
de
l’Univers —
l’Univers
se
trouve
dans
un
« temps »
et un
« espace »
aux
dimensions
inférieures
à
celles
de
l’échelle
de
Planck
(échelle
spatio-temporelle
limite,
caractérisée
par la
longueur
de
Planck
de
l’ordre
de 10-33 cm
et le
temps
de
Planck
de 10-43 s),
donc dans des conditions que la physique actuelle n’est pas
encore en mesure de décrire. La question qui se pose est de
savoir si des phénomènes peuvent se produire en un temps plus court
que celui de Planck ou dans des dimensions inférieures à la longueur
de Planck.
Selon
le
principe
de la
relativité
générale
d’Einstein,
c’est
la
matière
et
l’énergie
qui
déterminent
la
géométrie
de l’espace-temps.
À
l’échelle
de
Planck,
la
courbure
du
temps
pourrait
se
réaliser
et
perdre
par
conséquent
la
linéarité
que
nous
connaissons,
en
effaçant
du
même
coup
le
principe
de
causalité.
Le
passé
et le
futur
deviendraient
alors
des
notions
vides
de
sens :
pour
que
l’Univers
naisse,
il
faut
qu’il
atteigne
des
dimensions
supérieures
à
celles
de
l’échelle
de
Planck.
.
.
Passé
ce
cap,
qui
reste
pour
l’instant
une
énigme,
la
théorie
du big bang
donne
un
cadre
satisfaisant
à
l’évolution
de
l'Univers.
On
parle
aujourd’hui
des
trois
piliers
observationnels
qui
soutiennent
le big bang :
le
rayonnement
de
fond
du
ciel
détecté
par
les
radioastronomes
en
1965,
l’abondance
des
éléments
légers
tels
que
deutérium,
hélium,
lithium,
et
l’expansion
de
l’Univers.
Le big bang
est
un
modèle
décrit
par
certains
paramètres
libres,
c’est-à-dire
qu’ils
ne
sont
pas
fixés
par
la
théorie,
mais
doivent
être
mesurés
pour
qu’une
valeur
leur
soit
assignée.
Parmi
ces
paramètres
figurent
notamment
la
densité
de
masse
de
l’Univers,
la
constante
cosmologique
et
le
taux
d’expansion
(lié
à
l’âge
de
l’Univers).
L'AGE DE L'UNIVERS
:
.
.
L’Univers ne peut pas être plus jeune que ses constituants. Ainsi, l'âge de la Terre, environ 5 milliards d'années, fixe une borne inférieure à l’âge de notre Univers.
.
.
Pour connaître l’âge de
l’Univers plus précisément, il suffit de mesurer la distance
(grâce à des étalons de distance tels que les céphéides) et la
vitesse d’expansion des galaxies lointaines. On peut alors
remonter le temps par le calcul (suivant un certain modèle
d’expansion issue du big bang) et prédire l’instant où l’Univers
était aussi petit qu’un point (début du big bang). C’est le temps
écoulé depuis cet instant qui définit l’âge de l’Univers. On compare
ensuite l’âge calculé avec l’âge des plus vieux objets connus pour
tester la solidité du modèle théorique.
.
.
À l'heure actuelle,
les cosmologistes estiment que l'âge de l'Univers est compris
entre 10 et 15 milliards d'années — estimation réalisée à partir de l’âge des plus vieux amas d’étoiles (ou encore amas globulaires) et du temps de refroidissement des naines blanches.
AVENIR DE L'UNIVERS
:
.
Le modèle de l'Univers en
expansion pose une question à
propos de son avenir : est-il
ouvert ou fermé ? — c'est-à-dire
se dilatera-t-il indéfiniment ou
se contractera-t-il à nouveau
dans un futur plus ou moins
lointain ?
.
.
Pour donner une réponse, il
faut déterminer si la somme de
la densité de matière et
d’énergie dans l'Univers
n’excède pas la valeur
critique du modèle de
Friedmann. Au-delà de la
valeur critique de Friedman, l’Univers est
condamné à se contracter un
jour, ou à s’étendre
indéfiniment dans le cas
contraire. La densité
d’énergie est donnée par la
somme de la constante
cosmologique, introduite par
Einstein, et de l’énergie du
vide de la mécanique
quantique. Cependant, il est
impossible pour un observateur
de distinguer les effets d’une
constante cosmologique pure de
ceux de l’énergie du vide, et
les cosmologistes parlent de
constante cosmologique d’une
manière générique. Sa valeur
semble pouvoir atteindre
jusqu'à 70 % de la
densité critique. Quant à la
densité de matière, elle est
donnée par la somme de toute
la masse contenue dans
l’Univers.
.
.
La masse d'une galaxie peut
être mesurée en observant le
mouvement de ses étoiles :
celui-ci est dicté par les
lois de la mécanique et de
la gravitation. On calcule
la densité de matière de
l'Univers en multipliant la
masse moyenne des galaxies
par le nombre de galaxies.
On trouve alors une densité
de seulement 5 à 10 %
de la valeur critique. La
masse d'un amas de galaxies
peut être déterminée de
façon analogue en mesurant
le déplacement des galaxies
dans l'amas. La
multiplication de cette
masse par le nombre d'amas
de galaxies donne une
densité moyenne supérieure à
celle des galaxies, ce qui
suggère la présence d'une
matière invisible non
négligeable, la
matière noire, située à
l'intérieur de chaque amas
mais hors des galaxies
visibles. La proportion de
matière noire peut atteindre
90 % de la totalité de
la matière présente dans
l’Univers. L’évolution de
celui-ci serait donc dominée
avant tout par la matière
noire et la constante
cosmologique (parfois
appelée énergie noire),
puisque la quantité de
matière sous forme visible
dans les galaxies n’excède
pas quelques pour cent de la
densité critique.
MATIERE
NOIRE ET FORMATION DES STRUCTURES DE L'UNIVERS
:
.
.
La
matière noire a une
importance fondamentale
dans l’histoire de la
formation des galaxies
et des grandes
structures de l’Univers.
Deux théories ont été
proposées : la Cold
Dark Matter (CDM) ou
« matière noire froide »
et la Hot Dark Matter (HDM)
ou « matière noire
chaude ».
.
.
La théorie de la
matière noire froide (CDM)
fait appel à des
particules massives de
faible température
cinétique (d’où
l’adjectif
« froide »). Aucune de
ces hypothétiques
particules
élémentaires n’a
encore été observée,
bien que les
astrophysiciens leur
aient déjà attribué un
nom générique, celui
de WIMPs (Weakly
Interacting Massive
Particles :
particules massives de
faible interaction).
Par ailleurs, une
forme de matière
noire, alternative aux
WIMPs, pourrait être
composée de
naines brunes et
de planètes, objets
connus sous le nom de
MACHOs (Massive
Compact Halo Objects :
objets massifs et
compacts du halo),
mais les mesures les
plus récentes ne
montrent pas une
contribution des
MACHOs supérieure à 2
ou 3 % de la
densité critique.
.
.
La seconde théorie,
la matière noire
chaude (HDM), met en
jeu des particules
massives de
température
cinétique élevée
(d’où l’adjectif
« chaude »). Les
neutrinos
pourraient
appartenir à cette
catégorie de
matière, puisque
d’après les
dernières mesures
d’observatoires à
neutrinos solaires,
ceux-ci semblent
posséder une masse
non nulle, bien que
trop faible pour
avoir un effet
cosmologique
important.
.
.
Dans le cadre de
la théorie CDM,
les galaxies se
forment
initialement à
partir de petits
nuages de gaz,
puis se
rassemblent pour
constituer des
amas de galaxies ;
en revanche, dans
la théorie HDM, ce
sont les grandes
structures (amas
et superamas de
galaxies) qui se
forment en
premier, puis se
fragmentent pour
donner les
galaxies
individuelles.
Ainsi, le modèle CDM
implique la
propagation
d’instabilités des
petites échelles
vers les
structures à
grande échelle,
alors que le
processus est
inverse dans le
cadre de la
théorie HDM.
Des
supercalculateurs
sont nécessaires
pour obtenir,
selon ces deux
théories, des
modèles de la
formation des
galaxies.
.
.
En ce début de
XXIe siècle,
le modèle CDM
paraît nettement
privilégié par
rapport au
modèle HDM, les
neutrinos ne
pouvant pas
contribuer à
plus de 1 %
de la masse de
l’Univers. En
outre, la
constante
cosmologique,
après avoir été
délaissée
pendant presque
soixante-dix
ans, semble
revenir comme
associée de
choix à la
théorie CDM,
puisque les
observations les
plus récentes
sont en meilleur
accord avec la
théorie si la
constante
cosmologique est
non nulle.
Ainsi, il semble
aujourd’hui que
seulement 5 à
10 % de la
masse de
l’Univers soit
sous forme
connue
(galaxies), 20 à
30 % soit
sous forme de
matière noire
inconnue, et
environ
70 % sous
forme d’une
énergie inconnue
(la constante
cosmologique,
encore appelée
énergie noire).
Il semble donc
que 90 % du
contenu de
l’Univers soit
sous forme
encore inconnue,
bien que l’on
puisse en
observer les
effets
indirects.
DECOUVERTES
COSMOLOGIQUES RECENTES
:
.
.
Les
années 2000
à 2002 ont
vu
l’émergence
de progrès
considérables
en
cosmologie,
et ce, sur
plusieurs
fronts en
parallèle.
On commence
même à
parler de
cosmologie
de
« précision »,
indiquant
que cette
science
devient mûre
et
réellement
quantitative.
.
.
D’une
part, le
fond
diffus
cosmologique
a été
mesuré
avec
grande
précision
pour la
première
fois en
2000,
offrant
une image
de
l’Univers
lorsqu’il
était âgé
de
300.000 ans
avec des
détails
plus
petits que
le
diamètre
lunaire
(en
comparaison,
les
structures
observées
par le
satellite
COBE en
1992
étaient
supérieures
à quatorze
diamètres
lunaires).
L’analyse
de cette
carte
apporte la
preuve de
l’existence
d’ondes
acoustiques
dans
l’Univers
primordial,
telles que
prédites
par le big bang.
La
fréquence
et
l’amplitude
de ces
ondes,
toujours
en accord
avec la
théorie,
nous
renseignent
précisément
sur la
géométrie
de
l’Univers
et ses
constituants.
On sait
aujourd’hui
que la
densité de
l’Univers
avoisine
la densité
critique à
5 %
près
(somme de
toute
forme de
matière et
d’énergie).
Cette
mesure
suggère un
Univers en
expansion
éternelle,
bien que
l’on ne
puisse
encore en
être
totalement
certain.
On sait
également
qu’il n’y
a pas, ou
très peu,
de
constituants
très
exotiques
comme des
cordes
cosmiques
(fluctuations
monodimensionnelles
dans la
structure
de
l'espace-temps),
qui ont
longtemps
été
invoquées
comme
source
possible
des
grandes
structures
de
l’Univers.
.
.
Il y a,
à
présent,
un large
faisceau
de
preuves
tendant
à
démontrer
l’existence
de
matière
noire,
rendant
la
survie
des
théories
alternatives
difficile.
Une de
ces
preuves
utilise
l’effet
de
lentille
gravitationnelle,
qui
permet
de
« voir »
toute la
masse
dans
l’Univers
directement
sans
faire
d’hypothèses
sur la
quantité
relative
entre
matière
lumineuse
(les
galaxies)
et
matière
noire
(tout le
reste
qu’on ne
voit
pas).
.
.
Une
version
améliorée
de
mesure
des
distances
dans
l’Univers
a
permis
de
prouver
que la
constante
cosmologique
(ou
énergie
noire)
ne
peut
pas
être
nulle.
La
méthode
utilise
des
supernovae
de
type Ia
comme
étalons
de
distance,
objets
dont
on
connaît
très
bien
la
luminosité
intrinsèque,
car on
pense
très
bien
connaître
leur
physique
(il
s’agit
d’un
mécanisme
d’accrétion
violente
de
matière
par
une
étoile
de
type
naine
blanche).
Ces
objets
permettent
de
mesurer
les
distances
jusqu'à
un
décalage
vers
le
rouge
(redshift)
où
l’on
peut
voir
la
géométrie
de
l’Univers,
et
mesurer
ainsi
la
constante
cosmologique.
Cette
méthode
est
identique
à
celle
utilisant
les
céphéides,
mais
elle
est
plus
robuste
d’un
point
de vue
de la
physique
mise
en
jeu,
et les
distances
explorées
sont
bien
plus
grandes.
.
.
Enfin,
des
mesures
très
précises
de
la
distribution
des
galaxies
ont
révélé
en
détail
ce à
quoi
les
cosmologistes
s’attendaient
depuis
longtemps,
à
savoir
que
les
galaxies
sont,
à
grande
échelle,
distribuées
dans
une
structure
de
type
mousse
de
savon
ou
éponge.
.
.
Ces
différentes
observations
peuvent
êtres
rassemblées
afin
d’en
vérifier
la
cohérence
face
au
modèle
du
big bang.
Bien
que
les
méthodes
utilisées
soient
profondément
différentes
et
fondées
sur
des
phénomènes
physiques
indépendants
les
uns
des
autres,
le
modèle
résiste
toujours
à
l’épreuve
des
observations.
Cette
congruence
de
résultats
est
tout
simplement
remarquable,
et
seulement
les
valeurs
de
quelques
paramètres
du big bang
ont
dû
subir
de
faibles
ajustements
pour
que
le
modèle
dans
son
ensemble
s’ajuste
parfaitement
avec
les
observations.
.
.
Actuellement, le travail de routine du cosmologiste est d’établir le portrait-robot de l’Univers avec une précision toujours meilleure, afin de pousser le modèle du big bang dans ses derniers retranchements. Les cosmologistes semblent entrés dans la phase finale d’exploration du paradigme « big bang », un passage obligé pour toute théorie, tel que décrit par le philosophe et historien des sciences Thomas Kuhn.
COSMOLOGIE
ET PHYSIQUE DES PARTICULES
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Si la majorité des cosmologistes paraissent aujourd’hui satisfaits de la théorie du big bang, celle-ci est encore bien loin d’avoir trouvé une possible origine physique à l’Univers. C’est pourquoi les cosmologistes s'attachent aujourd’hui à mieux comprendre le processus du big bang dans une perspective de physicien des particules, ce qui ouvre de nouvelles questions sur l’origine de l’Univers. Par exemple, la théorie de l’inflation, formulée au début des années 1980, résout les principales difficultés de la formulation originelle de Gamow, grâce à la physique des particules élémentaires.
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Cependant, de nombreuses difficultés s’opposent encore à une vision cohérente de l’origine de l’Univers. Il existe, en particulier, un problème majeur entre cosmologie et physique des particules qui est loin de passer inaperçu : la constante cosmologique possède une valeur — mesurée — environ 1060 fois plus petite que la valeur de l’énergie du vide prédite par le modèle standard de physique des particules. Or, il y a de très bonnes raisons de penser que ces deux quantités sont plus ou moins la même chose, mesurées à deux échelles différentes, et elles devraient donc être du même ordre de grandeur dans le cadre physique que nous connaissons. En fait, si la constante cosmologique avait une valeur proche de celle de l’énergie du vide, l’Univers se serait dilaté quasiment instantanément après sa formation, empêchant la formation d’étoiles, donc de la vie. Un tel écart entre théorie et observation est qualifié par certains de crise majeure de la physique du XXe siècle. Pour beaucoup de cosmologistes, la solution à cette difficulté se trouverait dans l’incomplétude des modèles de particules élémentaires, et devrait, une fois résolue, nous faire franchir un pas considérable dans la compréhension de l’origine de notre Univers et de la physique fondamentale.