
communisme,
doctrine politique et sociale, philosophie marxiste appliquée, qui
vise à instaurer une société sans classes dans laquelle le régime de la
propriété individuelle est aboli, garante d’une parfaite égalité entre citoyens.
Ses promoteurs ont présenté le communisme comme une alternative au modèle
capitaliste d’organisation des sociétés qui
n’aboutit qu’à la domination d’une classe (la bourgeoisie, propriétaire des
moyens de production) sur une autre classe (le prolétariat).
ORIGINES DU
COMMUNISME.
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Si l’on veut assimiler le communisme à un
courant philosophique qui aspire à l’édification d’une société dans
laquelle l’égalité servirait de fondement, on peut alors affirmer
que cette aspiration est historiquement ancienne. Déjà Platon, dans
la République, décrivait une société dans laquelle le
citoyen, homme libre, usait de cette liberté afin d’établir une
société égalitaire fondée sur la participation de tous aux affaires
de la cité..
Le thème d’une société idéale reposant sur
la liberté politique, mais surtout sur une mise en commun des biens
et des richesses, ne sera développé qu’au XVIe siècle
avec les utopistes. Thomas More, dans l’Utopie, et
Jean-Jacques Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les
fondements de l’inégalité parmi les hommes, voient tous deux
dans le régime de la propriété, notamment dans l’appropriation des
terres, le ferment de la constitution de sociétés inégalitaires, qui
prive le non possédant de son droit au bonheur..
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Alors que le premier partira de cette
constatation pour décrire le communisme idéal qui règne sur l’île
d’Utopie, le second se prononcera moins pour une abolition de la
propriété privée que pour une protection de celle-ci dès lors que
chacun se voit attribué un lopin de terre lui permettant d’assurer
sa subsistance. La constitution d’un prolétariat ouvrier et
urbain au XIXe siècle, avec l’industrialisation, marque l’apparition
d’un utopisme social.
LE
MARXISME.
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Le courant d’idées existe et servira de base
théorique à la constitution du communisme en tant que projet universaliste
visant à changer les bases de l’organisation des sociétés.
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Marx
édifie sa théorie à partir de l’observation des conditions économiques et
sociales de son temps. La misère des travailleurs, la dureté des conditions de
travail du monde ouvrier et la précarité des conditions d’existence des salariés
l’amènent à s’interroger sur la viabilité d’un régime économique qui engendre de
telles conséquences. L’économie libérale fondée sur l’initiative de
l’entrepreneur, la propriété privée et la concurrence est, pour lui, condamnée à
terme, car elle produit un ensemble de conséquences sociales qui ne peuvent que
mettre à bas le système. .
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Le marxisme, tel qu’il est formulé par son
auteur, constitue une doctrine sociale qui a vocation à s’édifier sur les ruines
du système capitaliste. Marx y ajoute en outre une
vision philosophique, dans la mesure où son projet social s’inscrit dans une
perspective historique. Marx observe que ce sont les rapports de production,
source d’inégalités, qui structurent la société en deux classes sociales
antagonistes. Ces classes sont caractérisées par leur opposition. Les
propriétaires des moyens de production forment une classe qui s’approprie le
travail du prolétariat. L’histoire des sociétés se résume alors à une lutte
entre classes sociales..
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Cette infrastructure productive explique que
l’existence des classes sociales est liée à des phases de développement
historique déterminé par la production : en ce sens, le marxisme est qualifié de
matérialisme historique. Marx poursuit sa démonstration en expliquant que le
régime capitaliste ne tire sa croissance que de l’exploitation des travailleurs.
C’est celle-ci qui engendre le profit : pour Marx, seul le facteur travail
produit de la valeur, or le travail est rémunéré à un coût inférieur à la
richesse qu’il produit. De cette différence naît le profit, qui ne vient
rémunérer que le seul capitaliste..
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Cette recherche du profit amène l’entrepreneur
à désirer sa maximisation. Celle-ci est recherchée au travers d’une amélioration
des techniques de production en vue d’accroître la productivité du travail :
elle s’incarne dans la mécanisation de plus en plus poussée des structures
industrielles. Or, dans la mesure où Marx affirme que seul le travail est
créateur de richesse, l’évolution du capitalisme tel qu’il le décrit conduit
nécessairement à long terme à une baisse du taux de profit. Le capitalisme se
voit en quelque sorte condamné par là ou il a pêché. Cette évolution liée aux
effets de la lutte des classes permettra d’instaurer une nouvelle forme
d’organisation sociale postérieure au capitalisme, qui est déjà condamné par
l’histoire. La contradiction interne au régime capitaliste réside alors en ce
que la production sociale s’oppose à la propriété privée des moyens de
production, contradiction qui ne peut être résolue que par la socialisation de
ces mêmes moyens de production.
EXPANSION DU COMMUNISME.
Le communisme se comprend comme la traduction
politique de la doctrine sociale héritée du marxisme. Loin d’attendre que le
capitalisme se détruise lui-même, comme le prédit Marx, la lutte des classes,
par le biais de la révolution, est un moyen d’anticiper cette finalité
historique et d’instaurer une société communiste reposant sur la propriété
collective des moyens de production. Cette lutte passe alors par la
constitution d’une organisation politique qui doit conduire cette révolution au
nom des travailleurs, qui tous n’ont pas conscience de former une classe dominée
et exploitée par la bourgeoisie capitaliste. C’est alors au parti politique
qu’il revient de mener cette lutte. Par nature, celui-ci est nécessairement
unique, car il ne défend qu’un seul intérêt, même si celui-ci est collectif :
c’est l’intérêt de la société tout entière, qui doit s’organiser autrement.
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C’est la
révolution russe de 1917 qui marque le point de départ de l’édification
d’une autre forme d’organisation économique et sociale se réclamant du marxisme.
Au sortir de la guerre, les révolutionnaires bolcheviques, avec
Lénine à leur tête, prennent conscience que le
pays n’est pas encore prêt à réaliser la société sans classes. Sans renier leurs
idéaux, mais confrontés à la nécessité de s’adapter aux contraintes du moment
— la reconstruction de l’économie russe, puis soviétique —, ils font coexister
un secteur d’État avec un secteur privé. Cette période coïncide avec la nouvelle
politique économique (NEP) menée par Lénine. .
Ce n’est qu’avec l’éviction de Trotski par
Staline que l’édification du communisme
devient l’idéologie officielle de l’État-parti. Cette édification passe par
une planification impérative, au moyen de plans quinquennaux, servant à une
industrialisation intensive, et par une collectivisation des terres qui modifie
profondément les structures agricoles. Sur le plan politique, c’est le
parti, porte-parole et avant-garde du prolétariat, qui se confond avec l’État.
L’URSS devient alors la patrie du communisme
et doit le répandre hors de ses frontières. La structure internationale que se
donne la révolution soviétique avec la IIIe Internationale participe de cette
ambition. Il s’agit d’une part de favoriser la constitution de partis
d’obédience communiste dans les pays dans lesquels l’écho des
théories
socialistes est important, et d’autre part de soutenir les nations qui tentent
de s’affranchir de la domination coloniale en revendiquant leur indépendance.
DECLIN
DU COMMUNISME.
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En 1985, l’arrivée de
Mikhaïl Gorbatchev à la direction de l’Union
soviétique marque un tournant irréversible, car elle permet de prendre la
mesure de l’échec du communisme soviétique : à l’intérieur, une économie en
crise ne répondant pas aux besoins élémentaires de la population, à l’extérieur,
le coût démesuré du maintien d’une zone d’influence dans laquelle les
mécontentements et les revendications nationales vont croissants.
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Les causes de l’échec sont nombreuses. Une
pourtant est susceptible d’expliquer toutes les autres : le communisme tel qu’il
a été pratiqué s’est considérablement éloigné de la doctrine généreuse (le
bonheur et l’égalité pour tous) qui en constituait le fondement. Le parti, conçu
comme avant-garde du prolétariat, s’est comporté comme une organisation
totalitaire qui a failli tant au plan politique qu’au plan économique : la
dictature du prolétariat s’est transformée en simple dictature politique.
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Le processus de réforme et de démocratisation
mis en route à la fin des années quatre-vingt a abouti à la dissolution de
l’Union soviétique en décembre 1991. Depuis 1987, la Chine est également touchée
par une vague de libéralisation, essentiellement économique. Le Parti communiste
chinois, qui a reconnu la nécessité de cette évolution, conserve toutefois une
pratique politique autoritaire. À l’exception de la Chine, les régimes se
réclamant du communisme subsistent de façon marginale dans certains pays du
tiers-monde (Cuba, Corée du Nord, Viêt Nam)..