
capitalisme,
système tout autant économique que politique et social dans lequel
des agents économiques (les entrepreneurs), détenteurs des moyens de
production permettent que cette production soit échangée sur un
marché, où les transactions sont de nature monétaire..
Cette définition courante suggère que le
capitalisme s’identifie à l’organisation du mode de production.
Serait capitaliste un système dans lequel la figure de
l’entrepreneur est à l’origine de la production. Quelle est la
nature de cet entrepreneur ? Est-ce nécessairement une personne
privée, comme le suggèrent les nombreuses définitions qui ont tenté
de caractériser la nature du capitalisme ? Quelle place réserver
alors aux économies dans lesquelles l’État se comporte comme un
entrepreneur ? En fait, au-delà de son identité, et de son activité
qui consiste à produire des biens et des services, c’est la finalité
de son action qui semble constituer la marque de l’entrepreneur
capitaliste. L’échange marchand associé au gain monétaire qui en est
le résultat expliquerait la logique de production de ce système.
L'ENTREPRENEUR.
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La définition la plus couramment attachée à la
notion de capitalisme fait explicitement référence à l’identité des
détenteurs des moyens de production. Elle oppose — et permet ainsi
de distinguer — le système dans lequel les moyens de production sont
la propriété d’agents économiques privés, avec des systèmes dans
lesquels ces mêmes moyens appartiennent à une collectivité d’essence
étatique. L’entrepreneur capitaliste est nécessairement une
personne privée, dont la qualité première réside dans son statut de
propriétaire. Cette caractéristique dérive essentiellement d’une
définition négative de l’entrepreneur. C’est en réaction à la
théorie marxiste que les économistes libéraux souligneront les
qualités qui forment l’identité de l’entrepreneur capitaliste.
Celles-ci servant moins à identifier cet entrepreneur qu’à opposer
initiative privée et contrôle étatique..
.
Cependant, cette distinction ne consiste pas à
opposer personne privée et personne publique. Les économies
modernes des nations capitalistes contemporaines, y compris celles
qui se réclament du libéralisme le plus orthodoxe, laissent à l’État
un large champ d’intervention dans la sphère économique. L’État
organise certains marchés, agit comme un entrepreneur privé en
devenant l’actionnaire de certaines entreprises, et possède lui-même
un appareil de production. Il faut distinguer État capitaliste
et capitalisme d’État. Alors que le premier désigne
l’intervention de la puissance publique, convertie aux règles de
fonctionnement du marché, dans les affaires économiques, le second
désigne un système dans lequel l’État fixe les règles du jeu
économique..
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L’entrepreneur capitaliste, personne privée,
ne constitue donc pas un modèle exclusif de toute intervention de
l’État dans l’organisation du système de production. Au-delà de
son identité, c’est l'activité de l'entrepreneur et la finalité de
celle-ci qui le caractérise. La finalité du capitalisme consiste à
produire des biens et des services en vue de les échanger contre
d’autres marchandises. .
Pour que l’échange puisse exister, cela
suppose, à l’origine, une formation du capital. Pour qu’un bien
puisse s’échanger sur un marché et rencontrer une demande solvable,
il est nécessaire que l’offre préexiste à la demande. La primauté de
l’offre consacre donc le rôle de celui qui en a l’initiative. .
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L'épargne permet la constitution du capital
de base. L’échange autorise ensuite le renouvellement et
l’accroissement du capital. Il permet d’acquérir d’autres biens,
leur accumulation suscitant la création de richesses
supplémentaires. .
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Si l’échange permet au capitalisme de
prospérer, il apparaît que c’est la motivation de l’entrepreneur qui
caractérise le capitalisme : l’accumulation du capital n’est
possible que dans la mesure où l’échange engendre un gain qui permet
cet enrichissement. Ce gain, que l’on appelle le profit,
définit l’essence du système capitaliste.
LE
PROFIT.
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Si tout échange ne se solde pas
obligatoirement par un gain, donc par un profit, il est clair, en revanche, que
sans échange le profit ne peut exister
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Le profit résulte de la différence entre la
valeur de la production qui est vendue, donc qui est échangée, et le coût
nécessaire à la création et à la valorisation de cette même production. En ce
sens, intuitivement, il est possible d’assimiler le profit à des notions,
économiques ou purement comptables, qui lui sont proches. Le profit peut donc se
comparer au bénéfice ou à l’excédent brut d’exploitation. .
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Tout bien s’échangeant sur un marché, c’est la
rencontre de l’offre et de la demande qui permet d’établir le prix de vente de
ce bien. La théorie économique classique enseigne que le niveau de ce prix
(qualifié de prix d’équilibre) constitue la variable d’ajustement entre l’offre
et la demande. Ce sont les conditions d’exploitation des facteurs de production
(le capital et le travail) qui déterminent le coût de production assumé par
l’entrepreneur. Dès lors que celui-ci est inférieur au prix de vente qui
s’établit sur le marché, il y a gain, et donc profit. Si le coût de production
est supérieur à la valeur de cette production, il n’y a pas de profit, bien
qu’il y ait échange..
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C’est la permanence de cette proposition qui
définit la nature du régime de production capitaliste. S’il est toujours
marchand, le capitalisme a d’abord été commercial, puis industriel et
manufacturier, avant de devenir bancaire et plus largement financier..