
L'autonomie palestinienne (dont la déclaration de principe a été
signée le 13 septembre 1993 à
Washington) consacre le premier volet des accords d'Oslo.
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PREMIÈRE PHASE :
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Objectif :
"Établir une Autorité intérimaire palestinienne de l'autonomie, le
Conseil élu, pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, pour
une période transitoire de cinq ans menant à un arrangement
permanent fondé sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de
Sécurité de l'ONU".
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Effets : l'armée
israélienne se retire de Gaza et de Jéricho en
mai 1994; une autonomie limitée est accordée à ces zones.
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Le pouvoir : l'autorité
politique est immédiatement confiée à l'OLP,
incarnée par la personne de Yasser Arafat.
Le leader palestinien historique s'installe à Gaza le
1er juillet 1994. Sa sphère d'influence ne concerne
encore qu'une minorité de Palestiniens.
DEUXIÈME PHASE :
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Institutions :
élection du Conseil législatif et de son président, le
20 janvier 1996. D'abord désignée par
le Conseil, l'Autorité Nationale Palestinienne disposera de
la crédibilité du suffrage universel.
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Extension : la majorité
de la population palestinienne passe sous le contrôle de l'Autorité
Nationale Palestinienne.
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Compétences de l'Autorité
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Incluses : |
politique;
administration;
police
et justice;
économie & fiscalité;
ensemble des compétences ministérielles traditionnelles à
l'exception de la défense et de l'armée. |
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Exclues : |
colonies;
installations militaires;
Israéliens. |
Organigramme : Yasser
Arafat installe, dès son entrée en fonction, 24 ministères confiés à
des amis (tous plus ou moins redevables à l'homme au célèbre
keffieh), issus de l'exil ou de l'intérieur.
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Dérapages : dérive
absolutiste d'un pouvoir qui, en réalité, concentre la plupart
des décisions entre les mains d'un seul homme (Arafat) qui contrôle
nominations et finances; tendance récurrente au clientélisme, au
favoritisme; multiplication des services secrets et des pouvoirs de
la police.
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Difficultés : ni le
retour à l'équilibre budgétaire (1997),
ni l'aide internationale (plus de 2,5 milliards de dollars),
ni les nombreux accords d'échanges et de commerce internationaux, ni
le développement du secteur privé, ne permettent à la Palestine de
rencontrer la stabilité salutaire et nécessaire à toute nation
naissante.
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Enrichissements suspects
: une nouvelle classe sociale voit le jour. Elle est composée de
nombreuses personnes, appartenant à l'entourage immédiat de Yasser
Arafat, qui deviennent subitement extrêmement riches. Le peuple
palestinien, dans le même temps, continue de connaître la misère des
camps et un alimentation succincte garantie par les seules
organisations humanitaires occidentales.
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Régime policier : plus
de 30% du budget annuel de l'Autorité palestinienne est consacré aux
diverses formes prises par la police et ses services secrets. Aucune
législation ne limite leur pouvoir ou leur action. L'impunité
des forces de l'ordre est manifeste. Arrestations arbitraires,
tortures, exécutions sommaires, sont monnaie courante. Pourtant,
l'Autorité ne parvient pas à juguler la puissance des islamistes
terroristes du Hamas et du
Hezbollah qui envoient régulièrement leurs "bombes humaines"
contre la population israélienne. L'Autorité veut-elle seulement
endiguer le terrorisme anti-juif ?
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Ébauche de totalitarisme
: la police consacre beaucoup de son "efficacité" à
l'intimidation de l'opposition et de toute velléité de critique du
pouvoir et de la personne de Yasser Arafat. Les élections du
20 janvier 1996 (Arafat obtient 88%
des voix, tandis que le Fatah rafle 58% des sièges du Conseil), sont
marquées par de nombreuses irrégularités constatées par 1500
observateurs internationaux. Pressions directes et indirectes
dans les bureaux de vote, trucages d'urnes ou de décompte...
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Mai 2003, le pouvoir d'un seul homme
vacille : les intellectuels et politiciens
palestiniens commencent à comprendre qu'aucune paix avec Israël ne
sera possible tant qu'Arafat tiendra seul les commandes de
l'Autorité. Le leader historique et charismatique est soupçonné, par
les plus modérés de son entourage, de n'avoir aucune intention
réelle de négocier une paix durable. Soumis à d'intenses pressions
internes (à l'Autorité Palestinienne et à son propre parti, le
Fatah) et internationales, Yasser Arafat finit par ployer sans
rompre en acceptant la désignation de Mahmoud Abbas (Abou Mazen),
personnalité modérée, au poste de premier ministre, le 29 avril
2003. Au grand dam d'Arafat, Abbas s'emploie immédiatement à renouer
le dialogue avec son homologue israélien (Ariel
Sharon) et négocie avec les ultras intégristes du
Hamas et du Djihad Islamique
une cessation des attentats contre Israël. Négociation difficile
pour une aléatoire trêve. Mais, enfin, une négociation là où Arafat
avait toujours refusé de même l'envisager..
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Arafat, profondément indisposé par les options pacificatrices et
l'image positive de Mahmoud Abbas, ne lui laissera pas le temps de
trop s'attirer les bonnes grâces d'Israël et de se positionner en
successeur évident du vieux chef de guerre politiquement affaibli.
Après quelques mois, le 7 septembre 2003, Arafat décharge Abbas de
ses fonctions et le remplace par un Ahmed Koreï nettement plus
soumis et obéissant. Les espoirs de paix se fragilisent de nouveau.
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11 novembre 2004 : Décès officiel de Yasser Arafat, dans
une clinique militaire parisienne.
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9 janvier 2005 :
Election, au suffrage universel, du successeur d'Arafat. Il s'agit
de Mahmoud Abbas (nom de guerre :
Abou Mazen). L'homme entreprend rapidement un
changement
de politique radical, en vue de normaliser les relations avec
Israël. Il obtient du Fatah et des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa
qu'ils cessent leurs actes terroristes contre l'Etat hébreu. Même le
Hamas, le Hezbollah et le Djiad acceptent l'idée d'une trêve. Le
port d'armes est désormais prohibé dans les territoires
palestiniens, sauf pour les autorités militaires et policières. Ces
dernières sont d'ailleurs déployées, avec l'accord d'Ariel Sharon,
dans la bande de Gaza d'où se retire Tsahal, l'armée israélienne.
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8 février 2005 : premier sommet de la paix
entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas. S'ensuivent de nombreux
gestes pacificateurs de part et d'autre. Ariel Sharon, par exemple,
ordonne la décolonisation de la bande de Gaza et la restitution du
territoire aux Palestiniens.
4 janvier 2006 : Le
premier ministre israélien,
Ariel Sharon, allié incontournable des efforts de paix entrepris
par Mahmoud Abbas est victime d'une hémorragie cérébrale massive et
plonge dans le coma.
L'Autorité palestinienne n'a plus d'interlocuteur privilégié et
les espoirs de paix se fragilisent.
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25 janvier 2006 : Les
élections législatives sont marquées par une victoire plantureuse du
Hamas qui obtient la majorité absolue. Le Fatah, parti de
Mahmoud Abbas, est désavoué. Les Palestiniens ont ainsi signifié
leur défiance à l'égard des élus et dirigeants du Fatah, accusés de
corruption, d'enrichissement personnel et de mollesse à l'égard
d'Israël. Les terroristes du
Hamas (qui poursuivent officiellement et prioritairement la
destruction de l'Etat d'Israël) accèdent donc au pouvoir par la voie
la plus légale et démocratique qui soit (le
NSDAP d'Adolf Hitler n'avait pas connu une autre destin en
juillet 1932). Le premier ministre Ahmed Quorei (Fatah) démissionne
et le président de l'Autorité, Mahmoud Abbas, se retrouve fragilisé. Les perspectives de paix entre Palestiniens et Israéliens
s'évanouissent.