
Ingénieur,
militant activiste et terroriste puis homme politique palestinien,
chef de l'OLP depuis 1969, Président de l'Autorité
Nationale Palestinienne depuis 1996,
Yasser
(ou Yasir) ARAFAT (de son vrai nom, Abel Rauf
Arafat al-Qudwa).
Né au Caire en 1929, décédé à Clamart (Paris) le
11 novembre 2004
(date officielle).
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Prix Nobel de la Paix en
1994, conjointement avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres.
Très tôt, il s'engage dans la
lutte armée contre l'Etat
d'Israël dont il poursuit la destruction. Il suit une formation
militaire et combat aux côtés des fedayin (mouvement
palestinien de guérilla qui harcèle l'Etat hébreu par des opérations
commandos).
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En Egypte, dès 1950, Arafat rejoint les
redoutables islamistes intégristes égyptiens des Frères Musulmans
(dont l'un des penseurs, le docteur et poète Ayman al-Zawahri,
deviendra plus tard l'éminence grise d'Oussama Ben Laden et
qui fourniront assistance, matériel et enseignement aux troupes d'Al-Qaïda
ou du Front Islamique du Salut algérien, notamment) .
Les Frères Musulmans
l'introduisent dans les milieux nationalistes de Gaza.
En 1957, il s'installe au Koweït
où, l'année suivante, il fonde le Mouvement de Libération
de la Palestine, renommé
al-Fatah en 1959. Un mouvement qui
deviendra partie intégrante de la naissante
OLP en 1965.
Au sein de l'OLP, Arafat
prend un nom de guerre (Abu Ammar) et incarne la
lutte contre Israël. Il mène personnellement de nombreux
raids commandos et attentats sur le territoire hébreu, dès
1967.
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Yasser Arafat prend la
tête de l'OLP en 1969.
En 1970, il engage le peuple
palestinien dans de sanglants combats contre les troupes
régulières de Jordanie lorsque le roi leur demande de quitter
son territoire. Les autorités jordaniennes ne veulent pas cautionner
le terrorisme de l'OLP et contraint les Palestiniens à l'exil ou à
l'emprisonnement. L'OLP est défaite, doit partir en exil et se réfugie
à Beyrouth, au Liban.
Arafat lance
alors le Fatah (sa mouvance personnelle au sein de
l'OLP) dans le terrorisme international aveugle,
notamment par l'entremise de son organisation secrète
Septembre Noir.
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Les attentats meurtriers
contre les intérêts juifs du monde entier se multiplient.
Avions d'El-Al (la compagnie nationale israélienne),
ambassades israéliennes, athlètes israéliens des Jeux
Olympique de Munich en 1972, communautés juives de pays
étrangers (groupe d'enfants juifs à Anvers, en
Belgique, par exemple), fusillades et lancé de grenades
contre des passagers juifs dans des aéroports internationaux et autres actes lâches et abjectes s'additionneront et
seront le fait de mouvements et commandos de l'OLP.
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Certains sont regrettés,
du bout des lèvres, par Yasser Arafat mais jamais fermement
condamnés, leurs auteurs ou commanditaires restant au
nombre de ses proches... A l'exception d'Abu Nidal qui quitta
l'OLP de son propre chef, en désaccord avec la politique
d'Arafat qu'il jugeait trop timorée.
En 1974, Arafat commence à revoir son
approche de la problématique de l'indépendance de la
Palestine. La
voie diplomatique prend, lentement, grâce à ses yeux. Fin
politicien, rusé comme un renard, il soigne son image et ses
contacts dans les milieux diplomatiques. La communauté
internationale lui accorde crédibilité et honorabilité, elle
l'intronise même en le conviant à la tribune de l'ONU. (Certains observateurs remarqueront et
souligneront, lors d'une autre visite à l'ONU en 1988, qu'Arafat a
pris place dans l'hémicycle et s'est adressé à l'Assemblée... une
arme à la ceinture !!! Jamais personne d'autre n'a bénéficié d'une
telle dérogation en un lieu pourtant intégralement dédié à la paix
et au désarmement...) La Ligue Arabe,
elle, intègre l'OLP au sein son organisation en 1976.
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Chassé du Liban, en 1982, par l'armée israélienne,
Arafat trouve refuge à Tunis. Si le combattant à gagné en
respectabilité dans le monde entier, il a par contre vu son étoile
pâlir aux yeux du peuple palestinien. L'OLP elle-même se
désagrège sous les dissensions internes et les luttes de palais.
L'organisation indépendantiste frôle l'implosion et la dislocation.
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Un mouvement populaire
spontané, dans les "territoires occupés", va lui sauver la
mise. Fin 1987, l'Intifada
vient d'éclater. Plus que jamais habile, Arafat récupère et
organise la révolte des palestiniens. Les médias occidentaux
s'emparent des images d'enfants lançant des cailloux contre des
soldats israéliens qui ripostent en tirant des balles en caoutchouc.
Le choc émotionnel est terrible au sein des opinions publiques
européennes. Le problème palestinien revient à la une des
préoccupations des chancelleries et des médias, Arafat retrouve une
tribune, l'OLP grâce aux yeux du peuple palestinien.
En 1988, Arafat admet
implicitement le droit à l'existence de l'Etat d'Israël en
qualifiant de "caduque" la charte de constitution de
l'OLP dont le point préliminaire était la destruction
d'Israël.
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Le leader palestinien commet
un impair diplomatique en 1990,
lorsqu'il soutient l'Irak de Saddam Hussein dans le cadre de
la guerre du Golfe, alors que la Ligue Arabe est elle-même
rangée aux côtés des Américains et des Européens pour contrer
l'invasion irakienne du Koweït. Ce choix nuit à l'image
internationale de Yasser Arafat... mais pas pour longtemps.
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Après des négociations
secrètes, menées sous l'égide du gouvernement norvégien,
Yasser Arafat et Yitzhak Rabin signent, à Washington (septembre
1993), un accord de reconnaissance mutuelle et posent
le principe d'une autodétermination de la bande de Gaza et
de la ville de Jéricho, territoires
occupés par Israël depuis 1967.
Le traité d'autonomie est signé au Caire, le 4 mai 1994.
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Au retrait de l'armée
israélienne des deux territoires, Arafat y est accueilli en
grand triomphateur par une foule en délire. Il reçoit la
présidence de l'Autorité Palestinienne en juillet
1994 et est élu Président du Conseil de l'Autonomie
Palestinienne en 1996.
Tentant,
probablement, de concilier les inconciliables pour ne pas être
contesté et pour rester le fédérateur des Palestiniens, Yasser
Arafat manque ensuite de clairvoyance. Des attentats terroristes
meurtriers se multiplient contre les populations civiles en Israël. Ils sont le fait de groupes islamistes tels que le
Hamas ou le Hezbollah. Des
mouvements établis dans les territoires sous contrôle d'Arafat. Mais la police de l'Autorité Palestinienne ne fait rien pour les
arrêter ou les empêcher d'agir. S'attirer les foudres des
musulmans intégristes déforcerait la position de Yasser Arafat et il
doit penser qu'il ne peut se le permettre.
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En 2001, après une accalmie des
attentats en Israël, ceux-ci reprennent de plus belle peu
avant l'élection du premier ministre juif. Jusqu'alors au
coude à coude avec son adversaire travailliste (Barak),
Ariel Sharon s'envole alors dans les sondages. Faucon,
adepte de la manière forte, l'ancien général de Tsahal
se voit ouvrir une voie royale vers le poste de premier
ministre. Ce qu'il devient. Arafat et Sharon se haïssent
intimement depuis 1982 et l'espoir de poursuite du processus
de paix s'évanouit.
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Certains observateurs,
coutumiers des deux hommes et de leurs psychologies,
s'interrogent et se demandent si Yasser Arafat ne s'est pas lancé dans
une partie d'échecs extrêmement délicate. En tolérant (en incitant,
peut-être même), les activités terroristes à la veille du scrutin
israélien, il s'assurait l'élection triomphale d'un Sharon au discours
belliqueux.
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Arafat bénéficiant d'une image internationale "propre",
devenu un homme honorable qui fait son possible avec les moyens
dont il dispose, représentant d'un peuple historiquement malmené
et vivant dans le dénuement total, pouvait jouer la carte de la
victimisation. Le gentil petit David déforcé face au
méchant et puissant Goliath surarmé. De quoi s'attirer, à
coup presque sûr, la sympathie de la communauté internationale, des
médias et des opinions publiques occidentales émotives. De quoi, aussi et surtout,
discréditer la cause même d'Israël aux yeux de cette même
communauté. Un beau coup, mais un coup risqué.
En mars 2002, lassé de l'absence de
mesures répressives et préventives des Palestiniens à l'égard du
Hamas et du Hezbollah, Ariel Sharon décide de prendre les choses en
mains. Tsahal envahit les territoires palestiniens et les
chars israéliens assiègent le QG de Yasser Arafat à Ramallah. Le
leader palestinien et ses plus proches fidèles sont coupés du reste
du monde durant plusieurs semaines. Pendant ce temps, l'armée
israélienne chasse les terroristes dans les camps de réfugiés, en attrape et en
exécute de nombreux. Un certain nombre d'exactions semblent se
produire à l'abri de la curiosité des médias.
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La paix revient en Israël
quelques mois durant, avant que les attentats ne reprennent et
n'engagent une nouvelle intervention de Tsahal à Ramallah,
en octobre 2002. Plus violente,
celle-ci, puisque le QG d'Arafat est partiellement détruit.
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Dans sa partie d'échecs (ou
son coup de poker), ce que Yasser Arafat n'avait peut-être pas
prévu, c'est que les chars et les canons seraient plus puissants que
son QG de Ramallah et plus bruyants que les médias et opinions
publiques occidentaux.
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2003. L'homme a encore des
ressources mais sa position semble de plus en plus précaire et de
moins en moins d'observateurs croient encore en la pérennité de son
pouvoir...
Mai 2003, le pouvoir d'un seul homme
vacille : les intellectuels et politiciens
palestiniens commencent à comprendre qu'aucune paix avec Israël ne sera possible
tant qu'Arafat tiendra seul les commandes de l'Autorité. Le leader historique et
charismatique est soupçonné, par les plus modérés de son entourage, de n'avoir
aucune intention réelle de négocier une paix durable. Soumis à d'intenses
pressions internes (à l'Autorité Palestinienne et à son propre parti, le Fatah)
et internationales, Yasser Arafat finit par ployer sans rompre en acceptant la
désignation de Mahmoud Abbas (Abou Mazen) au poste de premier
ministre. Au grand dam d'Arafat, Abbas s'emploie immédiatement à
renouer le dialogue avec son homologue israélien (Ariel Sharon) et
négocie avec les ultras intégristes du Hamas et du Djihad Islamique
une cessation des attentats contre Israël. Négociation difficile
pour une aléatoire trêve. Mais, enfin, une négociation naît là où Arafat
avait toujours refusé de même l'envisager.
Décédé le 11 novembre 2004 (date officielle,
décès préalable de 1 à 7 jours), à Paris.
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Les langues se délient et même
ses plus ardents zélateurs occidentaux (à l'instar du
Commissaire européen
Louis Michel) confirment que Yasser
Arafat était un maître de duplicité. Une phrase revient
constamment à son sujet :
"En anglais, il parlait de
paix ; en arabe, de guerre !". |