
Ahmed Shah MASSOUD
(1953-2001),
chef militaire et homme
politique afghan, figure de proue de la lutte contre
l’occupation soviétique pendant la
guerre d'Afghanistan (1979-1988), puis de l’opposition au
régime taliban
(1996-2001)..
Ahmed Shah Massoud est originaire de Bazarak, village de la vallée du Panshir, au
nord de la capitale afghane. Fils de colonel, il fréquente
le lycée français de
Kaboul, puis entreprend des études d’ingénieur. Musulman
fervent, il intègre la mouvance islamiste alors en plein
essor parmi la jeunesse lettrée de Kaboul, et s’engage très
tôt dans les rangs des combattants anti-communistes. En
1975, sa participation à l’une des premières insurrections
islamistes le contraint à fuir au
Pakistan. Il revient en Afghanistan après le coup d’État
communiste du 27 avril 1978 puis, à la suite de l’invasion
soviétique (fin décembre 1979), il rejoint les
Moudjahiddines
et entame une guerre sans merci contre l’occupant. Stratège
hors pair et chef de guerre charismatique, il acquiert le
surnom de « lion du Panshir » pour ses faits d’armes
contre l’Armée rouge.
GUERRE
CIVILE ET RÉSISTANCE AU RÉGIME TALIBAN
:.
Après le retrait des troupes soviétiques, en 1989, Massoud
s’engage dans la guerre civile qui éclate entre les milices de la
guérilla et le gouvernement central (dominé par l’ethnie
majoritaire
pachtoune). En avril 1992, lorsque les Moudjahiddines
s’emparent de Kaboul, il se voit confier le poste de
ministre de la Défense dans un gouvernement rassemblant
les différentes ethnies minoritaires afghanes (Tadjiks
— ethnie dont il est issu —,
Ouzbeks, Hazaras). Mais les divisions
ethno religieuses entre les différentes factions rendent
l’entente impossible; Kaboul devient le théâtre d’un
conflit fratricide sanglant. Le 27 septembre 1996, la
capitale afghane tombe entre les mains des
talibans. Massoud se réfugie avec ses hommes dans
son fief du Panshir. Il n’a dès lors de cesse
d’organiser la résistance militaire contre le régime fondamentaliste
des talibans, mais au prix de pertes importantes parmi la
population civile.
Massoud s’efforce
parallèlement de coordonner l’action politique du gouvernement
déchu. Alors qu’il a toujours limité ses déplacements au Panshir, au Pakistan et au
Tadjikistan, il se rend en Occident, pour la
première fois, en avril 2001. À la tête d’une
délégation de chefs de clans de toutes les ethnies
afghanes, il est reçu à Paris, puis au Parlement de
Strasbourg et à Bruxelles. Au cours de ce voyage
très remarqué, il appelle la communauté
internationale à le soutenir dans sa lutte et à
faire pression sur le Pakistan pour que cesse le
soutien militaire et financier aux talibans. Mais
ses exhortations restent vaines. Cependant,
l’intérêt que les médias occidentaux manifestent
pour cet homme qui incarne la résistance afghane
contribue à forger en Occident la légende du « lion
du Panshir »..
MORT D'UNE
FIGURE EMBLÉMATIQUE
:.
Le 9 septembre 2001, Massoud est victime de l’explosion d’une
bombe, attentat-suicide perpétré par deux kamikazes arabes qui
s’étaient fait passer pour des journalistes. Pendant une
semaine, les proches de Massoud entretiennent des doutes sur son
état de santé, probablement afin de limiter les conséquences
désastreuses que n’a pas manqué d’entraîner la nouvelle de sa mort
— officiellement annoncée le 15 septembre — sur l’opposition
afghane, et plus précisément sur l’alliance fragile que Massoud
avait réussi à instaurer avec les autres chefs de l’opposition.
Après cet
assassinat, qui s’inscrit par ailleurs dans un contexte politique
bouleversé par la vague d’attentats terroristes menés aux États-Unis
le 11 septembre 2001, c’est Mohammed Fahim
qui prend la difficile succession de Massoud..