
Bush, George Walker
(1946- ),
homme d’État américain, 43e président des États-Unis
(2001- ), deuxième président américain de père en fils.
Né
à New Haven (Connecticut), George Walker
Bush est l'un des fils de George Herbert Walker Bush, 41e président des États-Unis,
et de Barbara Bush. Il grandit au Texas, avant de gagner en 1961 le
Massachusetts et la Phillips Academy d’Andover, l’une des meilleures
écoles privées du pays, déjà fréquentée par son père. Il poursuit ses
études à l'université de Yale, où il obtient une licence d’histoire (1968)
avant de devenir pilote d'un avion de chasse dans la Garde nationale
aérienne du Texas. En 1975, il obtient une maîtrise de gestion des
entreprises de la Harvard Business School.
PARCOURS
PROFESSIONNEL
:.
De
retour au Texas, il brigue sans succès un siège à la Chambre des
représentants (1978) et commence une carrière dans l'industrie
pétrolière et gazière à Midland, en fondant sa propre compagnie,
Arbusto Energy Inc. Mais ses activités industrielles se révèlent
infructueuses et il fait faillite en 1986. Cette année marque un
tournant dans son existence : confronté à des problèmes d’alcoolisme,
il change radicalement de vie en devenant un Born Again Christian (un
mouvement fondamentaliste appartenant à l’Église évangélique)..
Il participe activement à
la campagne électorale de son père, élu président des États-Unis en
1988. Il remplit de nouveau ce rôle lors de l’élection
présidentielle de 1992 et, à la suite de la défaite de son père
contre
Bill Clinton, décide de donner libre cours à ses propres ambitions
politiques.
CONQUÊTE DU TEXAS :.
Les ambitions de
George W. Bush se portent sur l’État du Texas, dont il est élu
gouverneur en 1994. À ce poste, il met en œuvre son programme
électoral, axé sur l’éducation, les réformes sociales et la
réduction de la criminalité. De nouveau candidat en 1998, il se
présente lui-même devant les électeurs comme un « conservateur
compatissant », partisan des traditionnelles politiques de réduction
des impôts et de limitation de l’action publique, tout en promouvant
l’initiative du secteur privé et associatif dans le domaine social.
Réélu avec 69 % des suffrages, il apparaît comme l’un des futurs
présidentiables du Parti républicain..
2000, ÉLU PRÉSIDENT DES
ÉTATS-UNIS :.
En juillet 2000, George W. Bush
sort vainqueur de la rude
bataille menée pour
l’investiture dans le camp
républicain. Lors de l’élection
présidentielle du 7 novembre
suivant, il est opposé au
candidat démocrate Al Gore. À
l’issue d’un véritable
feuilleton judiciaire
aboutissant à un décompte manuel
des voix en Floride puis à la
saisie de la Cour suprême par
les républicains, il est
désigné, par cinq juges contre
quatre, 43e président
des États-Unis..
GRANDS AXES DE SA PREMIÈRE PRÉSIDENCE :.
Promotion du "conservatisme
compatissant".
Dans les premiers mois de sa
présidence, George W. Bush — entouré de conseillers
expérimentés tels que Dick Cheney, au poste de vice-président, et
Colin Powell, secrétaire d’État — s’efforce d’appliquer ses
priorités de campagne, tout en recherchant le consensus :
l’éducation, avec un plan visant à augmenter les dépenses fédérales
et à améliorer les mécanismes d’évaluation des établissements; et la
fiscalité, avec un plan historique de baisse des impôts sur dix ans.
Élu sur un programme conservateur (notamment au sujet de la peine de
mort qu’il a appliquée lorsqu’il était gouverneur), il prend
également des mesures visant à rassurer l’aile droite républicaine,
telles que la suppression des crédits accordés à des organisations
de planning familial qui opèrent à l’étranger et favorisent
l’avortement..
Dans le but de réduire le
poids des dépenses sociales dans le budget de l’État fédéral, il
instaure un Bureau des initiatives religieuses et communautaires (Office of
Faith-Based and Community Initiatives),
directement dépendant de la Maison-Blanche et chargé d’allouer des
subventions à des organisations caritatives afin qu’elles prennent
en charge le traitement des grands fléaux sociaux du pays
(toxicomanie, violence, pauvreté, etc.)..
Une politique étrangère aux forts
accents nationalistes.
Sur le plan des
affaires étrangères, George W. Bush renoue avec la
politique nationaliste de
Ronald Reagan par une série de décisions
inaugurant mal des relations qu’il entend
instaurer avec le reste du monde. Entourés
d’idéologues néoconservateurs — Donald Rumsfeld à
la Défense, et son adjoint Paul Wolfowitz, la
conseillère du président à la sécurité,
Condoleeza
Rice —, il annonce notamment son refus de ratifier
le
protocole de Kyoto et son intention de
relancer le projet de bouclier antimissiles,
tandis qu’il entend désengager les États-Unis du
processus de paix du
conflit israélo-palestinien..
Les attaques d'Al Qaïda bouleversent
sa perception de la politique internationale.
Les attentats dévastateurs
perpétrés sur le territoire américain le
11 septembre 2001 par
des terroristes
islamistes, faisant plus de 3.000 morts, provoquent un tournant dans la
politique de George W. Bush. Considérant ces
attentats comme un « acte de guerre », le
président américain trouve auprès d’une
communauté internationale solidaire un soutien
actif pour mettre sur pied une coalition contre
le terrorisme, dirigée en premier lieu contre
Oussama Ben Laden et le réseau terroriste
Al Qaida. Lancée dès le mois
d’octobre contre le régime des
talibans en
Afghanistan, soupçonnés de
protéger Oussama Ben Laden, l’opération
« Liberté immuable » aboutit à la chute des talibans en novembre,
sans pour autant permettre de capturer l’ennemi numéro un des
États-Unis..
Désignation de l'"axe du mal" et volonté de promouvoir la
démocratie, par la force si nécessaire.
En janvier 2002, lors
de son discours sur l’état de l’Union, George W. Bush désigne l’Irak,
l’Iran
et la
Corée du Nord comme un « axe du mal, armé
pour menacer la paix du monde ». S’attaquant
d’abord à
Saddam Hussein,
qu’il accuse de parrainer le terrorisme et de posséder des armes de
destruction massive, il demande aux Nations unies de formuler une
nouvelle résolution sur le désarmement de l’Irak, dont le
non-respect cautionnerait une intervention militaire américaine.
Dans sa volonté de mener au plus vite une guerre contre l’Irak afin
de renverser le régime de Saddam Hussein, même sans l’aval de l’ONU,
le président apparaît isolé sur la scène internationale. S’il
bénéficie de l’appui du Premier ministre britannique Tony Blair et
de l’Espagnol José Maria Aznar, il doit en effet faire face à
l’opposition de nombreux pays (dont la France, l'Allemagne, la
Belgique, la Russie et la Chine) qui préconisent au contraire la
poursuite et le renforcement des inspections pour mettre fin à la
crise irakienne..
Opération militaire contre l'Irak et
destitution de Saddam Hussein.
Le
18 mars, face à un Conseil de sécurité en grande partie opposé à une
intervention militaire immédiate en Irak, George W. Bush lance un
ultimatum de 48 heures à Saddam Hussein pour qu’il quitte le
pouvoir; les premiers bombardements américano-britanniques de Bagdad
ont lieu le 20 mars. Après un peu plus d’un mois d’opérations
militaires et l’effondrement du régime de Saddam Hussein, George W.
Bush annonce la fin des « opérations de combat majeures » dans son
discours du 1er mai 2003, à bord
du porte-avions Abraham-Lincoln...
La présence américaine en Irak est
la cible privilégiée d'activistes et terroristes minoritaires qui
rendent le pays instable.
En dépit de cette victoire
éclair, la restauration de la stabilité et de la sécurité en Irak
s’avère plus difficile que prévu pour l’administration Bush, alors
que les forces d’occupation sont soumises à une résistance armée
multiforme. À l’approche de la fin de son premier mandat, la
politique étrangère de George W. Bush essuie des critiques
croissantes quant à l’enlisement des troupes américaines et la
gestion de l’après-guerre..
2004, REELECTION INCONTESTABLE :.
George
W. Bush affronte le scrutin présidentiel du 2 novembre 2004 en se
posant en chef de guerre ferme et résolu, contre un adversaire
démocrate, John Kerry, qui axe sa campagne sur les préoccupations
politiques et économiques. Outre les thèmes de la sécurité et de la
lutte contre le terrorisme, George W. Bush fait des questions de
morale et de société ses principaux chevaux de bataille, en
défendant les valeurs familiales traditionnelles et en s’opposant en
particulier à l’avortement, au mariage homosexuel et à la recherche
sur les cellules souches embryonnaires, des positions qui lui valent
le soutien des électeurs chrétiens conservateurs. Dans un pays en
guerre et qui se sent menacé, il apparaît proche et rassurant à une
majorité d’Américains de la classe moyenne, face à un John Kerry
jugé indécis et par trop libéral (ce qui correspond à l’aile gauche
du Parti démocrate)..
A
l’issue d’un scrutin marqué par un taux de participation
relativement élevé (plus de 56 %), George W. Bush est réélu avec une
avance incontestable sur son rival démocrate, en remportant la
majorité absolue du suffrage populaire (un écart de près de
3,5 millions de voix), et 274 voix au collège électoral (contre
252). Ses principaux projets pour son second mandat sont la
poursuite de la refonte du système fiscal, la privatisation du
système de retraite par répartition, l’accroissement du rôle des
organismes privés d’assurance maladie et de soins, l’amélioration du
système éducatif, et la défense des « valeurs les plus profondes de
la famille et de la foi »..