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Pays
de l’Asie du Sud-Ouest, bordé par le Turkménistan, l’Ouzbékistan, et
le Tadjikistan au nord, la Chine à
l’extrême nord-est, le Pakistan à
l’est et au sud, et l’Iran à l’ouest. Sa
longueur maximale est d’environ 1.450 km et sa largeur d’environ
725 km. Sa superficie est de 652.225 km².
GEOGRAPHIE
:.
L’Afghanistan est
un pays essentiellement montagneux. Les basses terres ne dépassent
pas 10 % de sa superficie ; elles correspondent aux vallées
fluviales du Nord et à plusieurs plaines désertiques du Sud et du
Sud-Ouest. Le reste du pays est formé par la montagne, 40 % des
terres étant situées entre 1.500 et 2.000 m. d’altitude..
Le
principal massif montagneux du pays est l’Hindu Kush, qui s’étend
sur environ 965 km depuis le Pamir, au nord-est, jusqu’à la
frontière iranienne à l’ouest. L’altitude moyenne de l’Hindu Kush -
qui atteint 7.690 m au Tirich Mir - est d’environ 4.270 m..
Un relief tourmenté rend
les communications intérieures et les liaisons avec les pays voisins
difficiles. À partir de Kaboul, pour gagner le Harazajat, au centre
du pays, le voyageur doit franchir une quinzaine de cols - tous
situés à plus de 3.000 m d’altitude - ou le tunnel du col de Salang,
creusé en 1964..
Le pays s’étend sur une
zone tectonique encore instable, où l’activité sismique est
importante.
RESSOURCES :.
Le climat aride et
le terrain montagneux expliquent en majeure partie l’exploitation
très faible du sol : 75 % des terres d’Afghanistan sont
improductives. Les plus grandes étendues de
terres arables se trouvent dans les vallées fertiles et facilement
irrigables du Nord. Pourtant, les ressources naturelles de
l’Afghanistan sont avant tout agricoles. On trouve divers minerais,
en particulier du fer, des lapis-lazulis exploités dans la région du
Badakhshan, mais les difficultés de transport, la désorganisation
consécutive aux années de guerre et le manque de compétences et
d’équipements sont un obstacle à leur exploitation. Il existe aussi
un important gisement de gaz naturel dans le nord du pays.
DÉMOGRAPHIE :.
La population peut être divisée
en 4 principaux groupes
ethniques. Les
Pachtounes constituent
environ 40 % de la
population totale. Les
Tadjiks, de descendance
iranienne, représentent environ
25 % de la population; le
reste se
compose principalement d’Hazaras (15 %) et
d’Ouzbeks
(9 %)..
La population afghane était
estimée à 29,5 millions
d'habitants en 2004, environ
3 millions d’Afghans étant
toujours réfugiés au Pakistan et
en Iran.
.
Plus
de 80 % de la population vit et
travaille en milieu rural. Le
nomadisme est en voie de
disparition : il ne concerne
plus qu’environ
400.000 personnes. Le poids de
l’organisation sociale
traditionnelle en tribus et en
clans selon les communautés,
l’autorité du père dans la
famille et la sujétion des
femmes constituent encore
toutefois les traits dominants
de la société afghane.
DÉCOUPAGE ADMINISTRATIF :.
L’Afghanistan est divisé en
31 provinces dirigées chacune
par un gouverneur nommé par le
gouvernement central. Les
provinces sont divisées en
districts et sous-districts..
Kaboul, la
capitale, commande les
routes vitales qui
passent à travers les
défilés.
Herat (réputée
pour ses anciens
palais, mosquées et
autres ensembles
architecturaux) et
Kandahar sont les deux
autres villes les plus
importantes. Elles ont
énormément souffert de la guerre
et tous leurs monuments
historiques sont gravement
endommagés.
.LANGUES et RELIGIONS :.
Le pachto et le
persan, tous deux de la famille des langues iraniennes, sont
les langues officielles de l’Afghanistan. Bien qu’il existe une
littérature pachto assez riche pratiquée par plus de
50 % de la population, le persan reste la langue de
l’expression culturelle, des
affaires et du gouvernement..
Plus de 99 % de la population
afghane est de confession
musulmane. La plupart est
sunnite de rite hanéfite. Il existe aussi une importante
minorité chiite, représentant 20 % de la population.
HISTOIRE :.
En 1973, le roi
Zaher Shah est détrôné et la république
proclamée. La Constitution promulguée en février
1977, donnant les pleins pouvoirs au président,
fait de l’Afghanistan un régime à parti unique,
avec l’islam pour religion d’État. Les pouvoirs
législatifs sont dévolus à un parlement (Shura),
comprenant deux chambres. Cette
Constitution est suspendue en
avril 1978 à la suite d’un coup
d’État, et le Conseil
révolutionnaire devient le
principal corps gouvernemental
du pays..
En 1987, le
gouvernement prosoviétique
rédige une nouvelle Constitution
prévoyant un président élu pour
une durée de sept ans. À la
suite du retrait des troupes
soviétiques en 1989 et de la
chute du régime en avril 1992,
un conseil intérimaire prend le
pouvoir. L’élection
présidentielle a lieu en
décembre 1992. Mais dans un
contexte de guerre civile, le
véritable pouvoir est détenu par
les chefs des bandes armées dans
les différentes régions, et le
fonctionnement du système
judiciaire et administratif
reste surtout théorique. Après
la prise de Kaboul par les
talibans en septembre 1996, la situation
institutionnelle demeure confuse. Les régions
du Hazarajat, du Panshir et du Nord sont
toujours sous l’autorité des opposants. L’ONU
n’accepte pas la mainmise des talibans sur la
majeure partie du pays et ne reconnaît que le
gouvernement mis en place le 28 juin 1992 par Burhanuddin
Rabbani..
Après l’effondrement du
régime des talibans en
décembre 2001, le pays entre
dans
une
phase de reconstruction
politique et institutionnelle.
En juin 2002, la Loya
Jirga, grand conseil de chefs tribaux
rassemblant plus de 1.500 délégués, élit
le leader royaliste pachtoune
Hamid Karzaï à la tête d’un
gouvernement de transition. De retour en
Afghanistan après vingt-neuf ans d’exil,
l’ancien roi, Zaher Shah, qui incarne
l’unité retrouvée du pays,
reçoit le titre honorifique et
symbolique de « Père de la
nation »..
Une
nouvelle Constitution est
adoptée en janvier 2004 par
la Loya Jirga. Elle proclame
la République islamique d’Afghanistan.
Affirmant que la religion de l’État est
l’islam, elle garantit toutefois la
liberté de culte pour les autres
religions. Elle ne proclame pas la
charia (loi coranique) mais précise
qu’aucune loi ne peut être
« contraire à la religion
sacrée », et instaure un système
judiciaire indépendant..
La
nouvelle Constitution entérine
un régime présidentiel fort,
dans lequel le président de la
République est assisté de deux
vice-présidents. Le pouvoir
législatif est exercé par un
Parlement bicaméral constitué de
la
Wolesi Jirga (Maison du peuple),
dont les membres sont élus au suffrage
universel direct, et de la Meshrano
Jirga (Maison des anciens), dont
les deux tiers des membres sont
élus parmi les conseils de
province et le tiers est nommé
par le président. L’égalité de
l’homme et de la femme devant la
loi est reconnue, tandis que des
quotas sont instaurés pour
assurer la représentation des
femmes au Parlement. Enfin, la
Constitution protège également
les droits linguistiques des
minorités.
.
Histoire : FONDATION DE L'ÉTAT
AFGHAN.
Nader Chah, en 1738, établit l’autorité
iranienne sur la quasi-totalité du territoire
afghan. Il est assassiné en 1747, et les chefs
afghans choisissent pour souverain un de ses
généraux,
Ahmad Chah Dorrani, membre de la tribu Abdali;
celui-ci est encore aujourd’hui considéré par les
Afghans comme le père de l’Afghanistan. Ahmad Chah
agrandit considérablement son royaume en
s’appropriant l’Est iranien, le
Baloutchistan, le
Cachemire, et une partie du
Pendjab. Il fonde la dynastie Dorrani, disparue
en 1818. En 1826, Dost Mohammad Khan, membre d’une
éminente famille afghane, s’empare de l’Est et s’attribue le titre
d’émir en 1835.
.
Histoire
: GUERRES ANGLO-AFGHANES.
Première guerre
Dost Mohammad
demande aux autorités coloniales britanniques de
l’Inde qu’elles soutiennent les revendications
territoriales de l’Afghanistan sur le
Pendjab. Après le refus des Britanniques, il se
tourne vers la Russie..
Craignant
de voir s’élargir la sphère d’influence russe jusqu’aux frontières
de l’Inde, l’Angleterre exige alors l’expulsion d’un représentant
russe à Kaboul. En mars 1839, des forces anglo-indiennes envahissent
l’Afghanistan, ce qui déclenche la première guerre anglo-afghane
(1839-1842). Les envahisseurs prennent
Kandahar en avril 1839 et Ghazni en juillet.
Quand Kaboul tombe en août, Chah Chuja, un
petit-fils d’Ahmad Chah, prend la place de
Dost Mohammad sur le trône d’Afghanistan..
Le 2 novembre
1841, Akbar Khan, un fils de Dost Mohammad,
mène une révolte victorieuse contre Chah
Chuja et les garnisons anglo-indiennes
stationnées dans le pays. Après l’échec
d’une expédition anglo-indienne en décembre
1842, les Britanniques quittent le pays.
Dost Mohammad remonte sur le trône. Ce n’est
qu’en 1855 qu’il conclut un accord de paix avec le gouvernement
indien...
Deuxième guerre
Après la mort de l’émir, en 1863, des luttes fratricides entre ses
fils laissent le pays dans un état d’agitation permanente pendant
plus d’une décennie. Shir Ali
Khan, son troisième fils et successeur,
ranime l’hostilité des Britanniques en
se tournant de nouveau vers la Russie en
1878. En novembre, les forces armées
anglo-indiennes envahissent une nouvelle
fois l’Afghanistan. La campagne
militaire britannique est couronnée de
succès et, par le traité de Gandarak
(26 mai 1879), le souverain afghan doit
accepter le protectorat anglais et
abandonner le contrôle de la passe de
Khyber, Kaboul étant occupée en octobre
1879. Yakoub Khan, fils de Shir Ali, qui
avait pris la succession, est contraint
d’abdiquer et, en 1880, Abd al-Rahman
Khan, petit-fils de Dost Mohammad, monte
sur le trône..
Troisième guerre
Le nouveau souverain
confirme la cession de la passe de Khyber et celle d’autres
territoires afghans aux Britanniques. Pendant son règne, qui dure
jusqu’en 1901, Abd
al-Rahman Khan règle des conflits
territoriaux avec l’Inde et la Russie, crée une armée de métier, et
s’applique à affaiblir les pouvoirs des chefs des principales tribus..
En
1907, sous le règne d’Habibollah
Khan, les gouvernements
britannique et russe concluent une
convention par laquelle ils
s’engagent à respecter
mutuellement l’intégrité
territoriale de l’Afghanistan.
Habibollah est assassiné en
février 1919. Son fils, Amanollah
Khan, déterminé à mettre son pays
à l’écart de la sphère d’influence
britannique, déclare la guerre au
Royaume-Uni en mai 1919. Les
Britanniques, confrontés au même
moment au mouvement grandissant de
libération indienne, négocient un
traité de paix et
reconnaissent la souveraineté et l’indépendance de la nation
afghane.
.
Histoire
: DE LA MODERNISATION A L'INVASION SOVIÉTIQUE.
A partir de 1959,
l’Afghanistan connaît une vague de modernisation se poursuivant sous
le règne de Zaher Chah, qui, en 1963, destitue le prince Mohammad Daoud Kahn.
L’abandon du voile et la mixité des universités sont décidés, une
nouvelle Constitution est promulguée en 1964 et les partis
politiques sont autorisés l’année suivante. Les premières
élections législatives ont lieu en septembre 1965 et aboutissent à
la formation d’un gouvernement sous l’égide d’un leader libéral,
Hashim Maïnandwal, qui est assassiné lors d'un coup d’État en 1973.
L’État devient progressivement laïc et tolérant. Les partis
politiques se développent.
.
À la fin des
années 1960, le pays connaît de graves sécheresses et une situation
économique instable..C’est
dans ce contexte que, en juillet 1973, Daoud, le « prince rouge »,
s’empare du pouvoir, destitue le roi, et proclame la première
République afghane. En 1977, il est élu président, puis renversé et
assassiné le 27 avril 1978. Les nouveaux dirigeants, organisés en un
Conseil révolutionnaire, suspendent la
Constitution et mettent en place un programme de
« socialisation ». Les dettes rurales et les hypothèques sur les
terres sont supprimées, l’école devient obligatoire; une
propagande anti-religieuse intensive aggrave les effets d’une
politique qui brise les cadres traditionnels de la société et
déclenche en retour la résistance armée des islamistes les plus
radicaux dans la région d’Azmar en juillet 1978..
Le
rejet moral du discours communiste, l’expansion rapide de la
rébellion et les désertions dans l’armée afghane empêchent le Parti
démocratique du peuple afghan (PDPA) de juguler
les troubles malgré une aide matérielle soviétique
considérable. Les dirigeants (Taraki et Amin) sollicitent
alors une intervention directe de l’URSS. Traditionnellement
présents en Afghanistan depuis le traité d’amitié et de coopération
du 21 février 1921, les Soviétiques équipent et entraînent l’armée.
Le 27 décembre 1979, le président Amin est renversé lors d’un
coup d’État, l’Afghanistan est envahi par les troupes soviétiques. Babrak Karmal, l’ancien vice-président qui
a été écarté et exilé en 1978, est installé à la présidence.
L’insurrection se transforme en une guerre sainte (le
djihad) contre l’envahisseur étranger et infidèle. Plus de
3 millions de personnes passent la frontière pour se réfugier au
Pakistan et en Iran..
Au
milieu des années 1980, les forces gouvernementales et
200.000 militaires soviétiques contrôlent les villes et les
principaux axes de communication (20 % du pays). En mai 1986, sur
l’initiative des Soviétiques, Karmal est remplacé par Mohammad
Najibullah, chef de la police
d’État, le Khad. Au même moment, la fourniture massive
d’armes américaines (missiles anti-aériens Stinger) à la
résistance afghane et l’aide pakistanaise modifient les
données du conflit qui se transforme en une guerre classique
avec l’usage d’armes lourdes, de blindés et d’artillerie des
deux côtés. Les pertes de plus en plus sévères et l’effet
désastreux en URSS d’une « sale guerre » sans issue
militaire convainquent Mikhaïl Gorbatchev de
retirer les troupes soviétiques.
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Histoire : RETRAIT
SOVIÉTIQUE ET GUERRE CIVILE.
Entre
mai 1988 et février 1989, l’URSS
retire toutes ses troupes. En
raison du maintien du pouvoir
appuyé par les actions du Khad
en milieu urbain, la guerre
civile se poursuit jusqu’en
avril 1992, jusqu’à la chute de
Kaboul, prise par les troupes
islamistes.
.
Les
combats reprennent, cette fois
entre les partis de la
résistance, divisée entre
musulmans radicaux et modérés,
sunnites et chiites, et entre
certaines communautés pour le
partage du pouvoir (Pachtounes,
Tadjiks,
Ouzbeks ou Hazaras). En 1992, les factions rivales
acceptent la mise en place d’un conseil intérimaire
pour gouverner l’Afghanistan, avec comme président Burhanuddin Rabbani du Jamiat-i Islami (Tadjiks du
commandant Ahmed Shah Massoud et musulmans modérés). En juin
1993, Gulbuddin Hekmatyar, le leader du Hezb-i-Islami
(Pachtounes et islamistes),
devient Premier ministre. En
septembre 1993, les dirigeants
des factions de la guérilla
approuvent une constitution
provisoire en préalable à des
élections prévues pour 1994..
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Histoire : AVÈNEMENT DES
TALIBANS.
Le
1er janvier
1994, les combats reprennent à Kaboul entre les
troupes fidèles au président Rabbani et celles du
Premier ministre Hekmatyar et de son allié,
l’ancien général communiste, Rashid Dostom,
dirigeant du Front national (Ouzbeks et laïques).
Un nouvel accord de paix, conclu en janvier 1995,
est immédiatement rompu sous la poussée militaire
d’un nouveau mouvement armé apparu à l’été 1994,
celui des talibans. Dirigé par le mollah Mohammed Omar,
il est constitué par des « étudiants » en religion
de l’ethnie pachtoune issus des madrasas
(écoles coraniques), encadrés par des oulémas,
avec l’appui direct des services secrets et de
l’armée du Pakistan. Les talibans triomphent sans
réels combats des troupes de Hekmatyar et menacent
Kaboul, mais ils sont repoussés de justesse par
une coalition des autres factions. Les talibans
reprennent Kaboul en septembre 1996 aux troupes du
commandant Massoud. En mars 1997, les talibans
contrôlent les deux tiers du pays. Ils continuent
leur offensive dans la vallée du Panshir, le fief
de Massoud. Massoud contient
l’offensive des religieux.
.
Les
talibans instaurent dans les
territoires qu’ils contrôlent le
droit coranique
(charia) et restaurent la paix civile.
Ils procèdent à la confiscation
des armes et proposent une
amnistie générale à tous ceux qui se rallient à
leur mouvement. Leur rigidité et leur austérité,
l’obligation pour les femmes de porter la burqa
(voile qui les recouvre de la
tête aux pieds), l’interdiction
pour les filles d’aller à
l’école et pour les femmes de
travailler, l’interdiction des
jeux traditionnels, d’écouter de
la musique, de porter des
costumes occidentaux ne font pas
l’unanimité, surtout dans les
villes. Mais la discipline de
leurs troupes, le rétablissement
d’un minimum d’ordre dans une
société en proie au chaos les
rend alors populaires..
En
août 1998, les talibans sont
maîtres de la plus grande partie
du pays, les chiites
pro-iraniens s’étant repliés au
centre et Massoud dans le Panshir.
Une vive tension s’installe
entre l’Afghanistan et l’Iran. Le
20 août 1998, les États-Unis bombardent un
centre d’entraînement du terroriste présumé
d’origine saoudienne
Oussama Ben Laden, en représailles aux
attentats perpétrés quelques semaines plus
tôt contre les ambassades américaines du
Kenya et de la Tanzanie. En novembre 1999,
devant le refus des talibans d’extrader
Oussama Ben Laden, le Conseil de sécurité de
l’ONU
impose des sanctions financières
et commerciales à l’Afghanistan..
Après
avoir conquis, le 6 septembre
2000, Taloqan,
capitale de la province de Takhar au
nord-est du pays, les talibans prennent le
contrôle des principaux points de passage
vers le Tadjikistan, à partir duquel les
opposants au régime des talibans reçoivent
de l'aide. La province du Badakhshan est
également attaquée par l'est. Les troupes
du commandant Massoud sont contraintes de
se replier dans la vallée du Panshir où le
ravitaillement devient difficile
pendant la période hivernale. De
plus, le commandant Massoud ne
peut plus compter sur ses
traditionnels soutiens
politiques, l'Iran et la Russie
assouplissent leur position
vis-à-vis du régime des talibans..
Maîtres
de la quasi-totalité du
territoire de l'Afghanistan, les
talibans entreprennent de
renforcer leur régime islamiste,
y compris sur le plan
symbolique. Ainsi, en mars 2001,
leur chef suprême, Mollah
Mohammed Omar, publie un décret
ordonnant la destruction de
toutes les statues bouddhiques
(dont les deux bouddhas géants
de
Bamyan, vieux de 1.400 ans) ainsi
que des peintures dans les grottes et
monastères rupestres excavés dans les
falaises de l’ancienne région du
Gandhara et datant de la période ayant
précédé l'arrivée de l'islam
dans la région..
Sur
le plan économique,
l’exceptionnelle sécheresse de
l’été 2000, qui entraîne la
disparition de nombreuses
cultures et troupeaux, provoque
l’exode de milliers de réfugiés
dans les camps de l’ONU dans
l’ouest du pays ainsi qu’au
Pakistan, où vivent déjà
plus de 2 millions d’Afghans.
Histoire : LA CHUTE DU
RÉGIME TALIBAN.
Le 9 septembre 2001, le
commandant
Massoud est victime d’un
attentat-suicide meurtrier. Le
11 septembre 2001, quatre avions de ligne
détournés s’écrasent aux
États-Unis, sur le World Trade
Center, sur le Pentagone et en
Pennsylvanie, causant la mort de
plus de 3.000 personnes. Les
soupçons se portent rapidement sur
le milliardaire islamiste
Oussama
Ben Laden. Les talibans,
qui l’abritent en Afghanistan,
refusent de le livrer.
George W. Bush, considérant
ces attentats comme un acte de
guerre, appelle à la mise en
place d’une coalition
internationale contre le
terrorisme. Les Émirats arabes
unis et l'Arabie saoudite
rompent leurs relations avec les
talibans, bientôt suivis par le
Pakistan..
Les premières
frappes aériennes
américano-britanniques sur
l’Afghanistan ont lieu le
7 octobre. Elles visent les
installations de l'organisation
Al Qaida de Ben Laden ainsi que
les aéroports contrôlés par les
talibans. Les villes de Kaboul,
Kandahar (qui abrite le chef des
talibans, le mollah Mohammed
Omar), Djalālābād et Herat sont
touchées. Les avions américains
pilonnent également les
positions des talibans sur les
lignes de front afin de
permettre la progression de
l’Alliance du Nord vers la
capitale et vers Mazar-é Charif..
Au mois de novembre, avec l’aide
de l’aviation américaine,
l’Alliance du Nord se rend
maître
de
la majeure partie de
l’Afghanistan, les talibans ne
résistant plus que dans leur
fief de Kandahar. Des Marines
américains débarquent sur le sol
afghan pour traquer sur le
terrain les membres et le chef
du réseau Al Qaida. Après
38 jours de frappes aériennes,
la prise de Kaboul par les
soldats de l’Alliance du Nord
est accompagnée de
manifestations de liesse et du
retour de la musique dans la
ville, interdite par les
talibans. L’Alliance du Nord
annonce que les femmes pourront
recommencer à travailler et les
jeunes filles à aller à l’école..
L’avenir
politique du pays fait l’objet
d’une conférence interafghane
organisée sous l’égide de
l’ONU à Bonn (Allemagne) à
la fin du mois de décembre.
Les délégués parviennent à
un accord prévoyant la mise
en place d’une
administration intérimaire
composée de 30 membres
représentant les différentes
ethnies pour une durée de
six mois, la période
transitoire devant au total
durer deux ans. Présidé par
le leader royaliste
pachtoune Hamid Karzaï, le
gouvernement comprend des
membres de l’Alliance du
Nord aux postes-clés
(Défense, Affaires
étrangères et Intérieur).
Conformément à cet accord,
une Force internationale
d'assistance à la sécurité
en Afghanistan (ISAF),
mandatée par le Conseil de
sécurité de l’ONU, est déployée
à partir du mois de janvier 2002
afin de contribuer à la
stabilité du pays au sortir de
vingt-trois ans de guerre..
Histoire : HAMID KARZAÏ
GERE LA TRANSITION DEMOCRATIQUE.
Au
mois d’avril 2002,
Zaher Chah rentre en
Afghanistan après
vingt-neuf ans d’exil en
Italie. Même s’il exclut
le retour à la
monarchie, l’ancien roi
se déclare prêt à
assumer la fonction de
chef de l’État.
Conformément aux accords
de Bonn, il inaugure à
Kaboul, au mois de juin,
la Loya Jirga.
Instituée au
XVIIIe siècle,
cette grande assemblée
traditionnelle réunit
plus de
1.500 délégués
— dont 200 femmes —
représentant les
différentes autorités
ethniques,
politiques et
militaires du pays, afin
d’élire le président du
futur gouvernement de
transition chargé
d’élaborer une nouvelle
Constitution et
d’organiser les
élections de 2004. Le
14 juin, le chef de
l’autorité intérimaire
Hamid Karzaï,
soutenu par les
États-Unis, est élu chef
de l’État avec un peu
plus de 80 p. 100 des
suffrages. Écarté du jeu
politique sous les
pressions des Tadjiks et
des États-Unis, Zaher
Chah n’est pas en lice, mais il
reçoit le titre symbolique de
« père de la nation »..
La composition du
nouveau gouvernement témoigne du
souci de Hamid Karzaï de tenter
d’équilibrer le pouvoir en
intégrant des membres de
l’ethnie pachtoune, pénalisée en
raison de ses liens avec le
régime taliban.
.
Le nouveau pouvoir est cependant
fortement déstabilisé par
plusieurs assassinats commis
contre des membres du
gouvernement transitoire — le
président Hamid
Karzaï lui-même
échappe à un
attentat en
septembre 2002.
.
Parallèlement,
le pays poursuit sa transition
démocratique. Une nouvelle
Constitution est adoptée en
janvier 2004. Elle met en place
un régime présidentiel fort,
avec un Parlement bicaméral et
un système judiciaire
indépendant. Elle reconnaît
l’islam comme religion d’État
tout en garantissant la liberté
de religion. Les droits de la
femme sont protégés ainsi que
les droits linguistiques des
minorités..
Le
9 octobre 2004, l’Afghanistan
organise la première élection
présidentielle de son histoire.
Huit millions d’électeurs sont
appelés à choisir leur président
parmi dix-huit candidats lors
d’un scrutin réalisé sous le
contrôle d’une commission
électorale réunissant les
représentants de l’État afghan
et des experts de l’ONU.
L’élection, qui se déroule dans
un climat relativement calme, se
caractérise par une
participation massive (environ
83 %). Elle consacre la victoire
d’Hamid
Karzaï, qui
obtient
55,4 %.
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