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Le judaïsme
désigne la tradition et la culture religieuse des Juifs,
qui comprennent les descendants des Hébreux israélites de Judée et
ceux qui les ont rejoints par la conversion. Le judaïsme comporte
des éléments religieux mais ne s'y limite pas puisqu'il contient,
outre son code de conduite, une législation, des rites, et des
coutumes non spécifiquement religieuses.
Selon ses textes fondateurs, en particulier le Tanakh, la foi des
anciens Israélites et de leurs descendants les Juifs serait basée
sur une alliance contractée entre Elohim et Abraham, qui aurait
ensuite été renouvelée entre YHWH (nom hébreu de Dieu - Yahvé) et
Moïse.
Les juifs fondent le judaïsme sur la religion abrahamique qui
fleurira ensuite dans la Loi mosaïque (la
Torah), les écrits
prophétiques (des Neviim) et les autres Écrits (dits Ketouvim),
collectivement désignés par l'acronyme Tanakh,
dont le texte constitue la Miqra ou Bible hébraïque.
Cette religion se fonde sur le culte du Dieu d'Abraham,
d'Isaac et de Jacob, au Nom ineffable, qu'elle conçoit comme une
Essence éternelle (YHWH), qui détient tous les pouvoirs (Elohim),
transcendant Seigneur des seigneurs (Adonaï) qu'elle
considère Un et Unique et qu'elle qualifie ainsi : omnipotent,
omniscient, juste et miséricordieux. Cette religion professe aussi
que le rassemblement de toutes les puissances (Elohim)
manifesta le Créateur du monde qui continue de s'impliquer dans sa
destinée en faisant irruption dans son Histoire, comme lorsqu'il fit
sortir d'Égypte les enfants d'Israël. Les cohanim du Temple de
Jérusalem par deux fois détruit assuraient Son culte. Les rabbanim
ont transmis ensuite la tradition juive jusqu'à nos jours.
Le judaïsme est l'une des plus anciennes traditions religieuses
monothéistes encore pratiquées aujourd'hui. Les valeurs et
l'histoire du peuple juif sont à la source de la fondation d'autres
religions abrahamiques, tels le christianisme, l'islam
et le bahaïsme. Il n'est toutefois pas à la base du samaritanisme,
qui est une tradition abrahamique antérieure et concurrente.
FONDEMENTS
DU JUDAÏSME :.
Le
judaïsme révère l'Autorité suprême dans le respect de Sa Loi, révélée à Moïse
(la Torah), et non dans le chef d'un ou de plusieurs individus autocrates comme
en d'autres cultures. La tradition de cette Loi, d'abord orale, fut ensuite
couchée par écrit dans la Bible (le Tanakh), puis commentée au fil des siècles,
générant ainsi une grande diversité d'interprétations. Le judaïsme est moins une
orthodoxie constituée de dogmes qu'une orthopraxie visant à régler au mieux les
pratiques quotidiennes d'une existence sanctifiée par le respect
méticuleux de la Loi juive, conçue comme l'expression de la Volonté suprême de
Qui jugera les siens à l'aune de leur bonne conduite.
Tous les courants du judaïsme, anciens et modernes,
professent néanmoins quelques croyances communes :
- Toutes Ses puissances (Elohim) s'unifient en Un
Créateur de l'univers, Unique et sans pareil.
- Se souvenant de l'Alliance contractée avec Abraham, Isaac
et Jacob, l'Unique se révèle à Moïse comme l'Essence Éternelle (YHWH) et fit
sortir d'Égypte le peuple d'Israël après quatre siècles vécus en terre
idolâtre.
- les enfants d'Israël furent élus par YHWH pour être
Son peuple, Il attend d'eux qu'ils marchent dans Ses voies (halakha). La
Torah fut donnée à Moïse au sommet du mont aride, le Horeb, au désert du
Sinaï.
Cette volonté de marcher dans les voies de YHWH, cette halakha
qui permet d'accorder sa vie aux préceptes de la Torah dans des
conditions d'existence perpétuellement changeantes selon les lieux et les
époques, est l'origine des différents courants d'interprétation de
l'orthopraxie du judaïsme, moins sensible aux divergences d'orthodoxie
théologique. Qui pratique rigoureusement la Loi judaïque reste libre de penser
de façon originale, c'est pourquoi la kabbale prospéra parmi les juifs dans un
monde qui persécutait le gnosticisme, et les astuces de la guématrie
permettait les spéculations mentales les plus audacieuses.
Le premier courant juif, qui date de l'Exil à Babylone, fut
celui du judaïsme pharisien, qui lisait la « Torah écrite » à travers le prisme
de la « Torah orale » que la tradition pharisienne disait reçue de la bouche
même de Moïse lors du don de la Torah, et dont l'exégèse orale fut
transmise au judaïsme rabbinique, qui date de la destruction du Temple par les
romains, puis compilée par les « répétiteurs » Tannaïm de la
Mishna avant
d'être rédigée par les « prédicateurs » Amoraïm sous la forme des
Talmuds galiléen et babylonien.
L'autorité de cette Loi orale fut contestée à l'époque des Temples par les
Sadducéens, puis au
VIIIe siècle
de l'ère courante par un courant scripturaliste nommé karaïsme. La Torah
orale fut ignorée aussi des Samaritains, ainsi que des communautés juives trop
éloignées des centres d'enseignement et de diffusion de cette Loi, comme les
juifs de Chine et de l'Inde, et les falashas d'Éthiopie.
La foi juive
Insistant sur l'orthopraxie le judaïsme exige beaucoup d'actes
et peu de croyances (comme déjà référé, le juif croit que Un Créateur
Unique du monde libéra d'Égypte Son peuple et lui donna une Loi). Au temps
de Flavius Josèphe (de 37 à 100 EC), la bonne application des prescriptions de
la Loi (et principalement celle de la circoncision) était considérée comme plus
déterminante de l'identité juive que les conceptions religieuses professées.
Plus tard, devant l'augmentation du nombre de juifs adoptant des croyances
nouvelles, comme le dualisme, les penseurs du Talmud posent la question de
savoir qui, en fonction de ses idées, appartient vraiment au peuple d'Israël.
Puis le temps passant, et sous l'influence gréco-musulmane, diverses
déclarations de foi sont rédigées, ayant pour but de définir les croyances qui
différencient les juifs des non-juifs. Ces axiomes sont souvent définis en
prenant le contre-pied des doctrines contestées. Une des listes d'articles de
foi les plus connues, celle de Moïse Maïmonide, comporte treize articles parmi
lesquels l'un s'oppose à la doctrine aristotélicienne de l'éternité du monde, un
autre à l'idée de « Nouvelle Torah » ou de changement de celle-ci. Le judaïsme
déborde progressivement de l'orthopraxie dans l'orthodoxie.
Si les articles de foi du Maïmonide sont aujourd'hui considérés obligatoires par
les tenants du judaïsme orthodoxe, les courants du judaïsme réformé et du
judaïsme conservateur se gardent d'imposer quelque formule à leurs fidèles, ils
diminuent le nombre d'articles de foi, et en autorisent de multiples
interprétations. Les courants les plus progressistes, comme celui du judaïsme
reconstructionniste, n'hésitent pas à remettre en cause certains principes parmi
les plus fondamentaux chez les juifs, comme la croyance en la Révélation de la
Torah, ou celle d'être un peuple élu, quelques juifs athées vont même
jusqu'à remettre en question l'existence de YHWH..
Le monothéisme
Les Juifs considèrent que le monothéisme fut la première
croyance humaine, dévoyée par la génération des petits-fils d'Adam, et retrouvée
par Abraham et sa descendance. Le « second commandement du
Décalogue » interdit
d'avoir « d'autres dieux devant Ma face ». Cette prohibition inclut le
syncrétisme, le culte de « divinités mineures », d'esprits, ou d'incarnations,
les doctrines de dualité (shtei reshouyot) ou de trinité, considérées
comme apparentées au polythéisme.
Le judaïsme a fait de la proclamation du monothéisme sa profession de foi
biquotidienne, à déclamer lors de son dernier souffle.
Pour les tenants de la critique biblique, le second commandement indique
l'existence d'un hénothéisme primitif originel. Le monothéisme se serait
développé par la suite en réaction aux Hellènes.
La Torah, « Loi de Dieu »
Le judaïsme enseigne que Dieu se révéla aux enfants d'Israël
(dans leur ensemble et non à une seule personne) sur le mont Sinaï, et leur
donna la Torah (la Loi). Celle-ci a un caractère saint, unique et
intouchable.
La Loi de Dieu consiste, outre les croyances, en prescriptions (mitzvot)
rituelles, notamment les rites sacerdotaux des sacrifices dans l'enceinte du
Temple de Jérusalem, ou éthiques, régissant chaque aspect du quotidien. Elle
comporte également des parties narratives et poétiques, retraçant le destin du
peuple d'Israël depuis la création du monde jusqu'à leur entrée en terre
d'Israël après la sortie d'Égypte et une traversée du désert de 40 années.
Cependant, si la Torah est une et unique, les interprétations qu'on en fait
divergent fortement entre groupes et personnes. Les Sadducéens, classe
sacerdotale du Second Temple de Jérusalem ne reconnaissent que son autorité,
alors que les autres courants considèrent les Neviim (Livres des
Prophètes) et les Ketouvim (Autres Écrits ou Hagiographes) comme
également inspirés par Dieu. Le canon biblique juif, appelé Bible hébraïque, ou
Tanakh est fixé aux alentours de 450 AEC. À partir du
Ier siècle,
le terme « Torah » désignera le Tanakh.
Le Tanakh reprend l'histoire du peuple d'Israël depuis la traversée du Jourdain
sous la conduite de Josué jusqu'à l'édification du Second Temple après un exil à
Babylone.
Après la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 EC et le second exil
des Juifs, l'interprétation prévalente de la Bible hébraïque a été celle de la
secte des Pharisiens, selon laquelle la Torah ne peut être correctement
interprétée qu'à travers le prisme d'une tradition d'exégèse orale initiée
conjointement au don de la Torah sur le Sinaï, appelée Torah orale. Seul le
karaïsme, un mouvement entré sur la scène de l'Histoire au
VIIIe siècle,
a contesté cette interprétation, bien que les mouvements progressifs du judaïsme
rabbinique nés du mouvement de la Haskala au
XIXe siècle
aient eux aussi jugé cette Torah orale en inadéquation avec l'époque moderne et
procédé à des aménagements abrogeant plus ou moins totalement ses décrets.
Sur le plan rituel, les Juifs lisent publiquement une section de la Torah lors
de chaque commémoration, et lors de l'office du sabbath. Cette lecture est
agrémentée d'une haftara tirée des Livres prophétiques. La Torah est lue
au cours d'un cycle annuel.
La centralité de la terre
d'Israël
Selon la Torah, Dieu promet à Abraham une terre peuplée par
sept nations canaanéennes, et réitère cette promesses à Moïse. Dans le
Deutéronome, Moïse revient sur la fertilité de cette terre et les bienfaits
qu'elle représente, précise que Dieu donne à Israël une terre habitée, et
surtout que c'est par Sa volonté qu'Israël l'acquiert, et non par le mérite du
peuple. Bien au contraire, le peuple démériterait-il que Dieu le chasserait de
Sa terre comme Il chasse devant eux les Canaanéens. Toutefois, leur exil ne
serait pas définitif, et au terme d'une pérégrination d'humiliations et de
souffrances, Dieu ramènerait Son peuple sur cette terre.
Des commandements spéciaux se rapportent à la terre d'Israël, tels que celui d'y
habiter. La législation doit y est conçue de façon à y vivre au rythme divin, en
respectant le repos du septième jour et le repos de la terre de la septième
année; l'année suivant sept cycles de sept ans, c'est-à-dire chaque cinquante
ans, est une année jubilaire au cours de laquelle les terrains doivent retourner
à leurs propriétaires et les serviteurs à la liberté.
Considérée comme propriété inaliénable du peuple d'Israël, cette terre sainte
comporte des villes saintes, dans l'enceinte desquelles il est interdit
d'enterrer les morts, et des lieux saints, centres importants de l'histoire
israélite et juive. Une ferveur particulière entoure Jérusalem, capitale fondée
par le roi David, où se situait le Temple de Salomon, sur le mont du Temple et
où siégeait le Sanhédrin.
La souveraineté juive sur la terre d'Israël est une constante de son histoire,
et les mouvements armés au cours de l'histoire n'eurent que sa restauration pour
but, y compris le mouvement sioniste en 1948.
Toutefois, le sionisme, mouvement politique, n'est pas unanimement accepté par
les Juifs, tant par des religieux qui le considèrent comme une tentative
d'outrepasser la volonté divine, qui peut seule mettre un terme à l'exil, que
par des non-religieux qui se sentent davantage intégrés à leur pays d'accueil,
et ne reconnaissent pas la légitimité de l'état
d'Israël.
Le messie et les temps
messianiques
Selon le judaïsme, le Messie est un homme, issu de la lignée
du roi David, qui amènera le monde à venir, une ère de paix et de bonheur,
éternelle et dont bénéficieront toutes les nations de la terre. Il n'est pas
encore venu : le fait d'avoir cru en la messianité de
Jésus a séparé les juifs
des premiers chrétiens, et certains Juifs hassidiques sont actuellement
soupçonnés d'hérésie pour avoir affirmé la messianité de Menachem Mendel
Schneerson.
D'ailleurs, un certain nombre de faux-messies ont été écartés tout au
long de l'histoire juive, à la lumière des critères cités plus haut.
Cependant, si les temps messianiques sont une croyance généralement partagée,
les avis sur le Messie divergent, et nombreux sont les Juifs, notamment les
Juifs réformés, qui estiment pouvoir s'en passer.
En ce qui concerne le monde à venir, plusieurs conceptions se côtoient dans le
judaïsme, et il n'y occupe en fin de compte qu'une place très accessoire.
Le culte
Le culte israélite originel s'appuie en grande partie sur des
offrandes de bétail, d'oiseaux ou de farine devant l'autel situé dans le
sanctuaire. Il est assuré par les cohanim descendants d'Aaron et extensivement
décrit dans le Livre du Lévitique (Vayiqra). Il comporte trois offrandes
quotidiennes, dont une oblation de farine, ainsi que des offrandes
supplémentaires lors de jours désignés comme convocation sainte, dont la
nouvelle lune, les jours d'assemblée et les fêtes. Ces jours sont chômés.
Cependant, les prophètes critiquent vivement ce culte purement rituel s'il ne
s'associe pas à des intentions véritables (Isaïe 1:11-18), et considèrent que la
prière peut remplir son rôle (Osée 14:2).
L'ordonnance du culte, et de l'impact de la Torah dans la vie quotidienne, font
ensuite l'objet de furieuses discussions entre prêtres sadducéens et sages, les
premiers s'appuyant sur une interprétation littérale de la Torah, alors que les
seconds se fient aux traditions reçues des ancêtres (qui les auraient reçues des
leurs, et ainsi de suite jusqu'à Moïse) et sur des méthodes d'exégèse
légalistique pour déterminer la halakha (conduite religieuse). Le point
de vue des sages l'a emporté après la destruction du Second Temple en 70 EC et,
à l'exception de la dissidence karaïte qui se fie uniquement à l'exégèse
personnelle, a imposé sa Halakha: celle-ci s'est développée dans la Mishna,
puis les Talmuds et la littérature rabbinique ultérieure. Divers codes
ont été rédigés pour déterminer les principes généraux ainsi que des responsa
pour des cas particuliers. L'ouvrage de référence en la matière est le Shoulhan
Aroukh, rédigé au seizième siècle. Toutefois, l'exégèse se poursuit jusqu'à nos
jours, la Halakha devant prendre en compte l'évolution de la société.
Offices de prières
Il y a trois offices dans une journée, correspondant aux trois
moments du service dans le Temple : Sha'harit (« Prière du matin »),
Min'ha (littéralement « oblation de farine ») et Ma'ariv (« prière du
soir »).
Le sabbath et les jours saints, un service supplémentaire, le Moussaf
(« Ajouté »), est intercalé après la Sha'ahrit.
Les services de prière orthodoxes sont conduits par un hazzan (chantre)
ou un shalia'h tzibbour (officiant) en hébreu, avec quelques passages en
judéo-araméen. Ils possèdent différentes parties, séparés entre eux par
différentes versions du Kaddish. L'Unité divine est proclamée soir et matin dans
le Shema Israël. La prière proprement dite, récitée debout d'où son nom
de 'Amida, est composée en semaine de dix-neuf bénédictions, de sept le
sabbath. Hommes et femmes sont séparés, et seule la voix des hommes se fait
entendre.
La tenue d'un office nécessite la tenue d'un quorum de dix hommes, le minyan
(prononcer « miniane »), car certaines prières nécessitent une réponse
collective.
Le culte est réalisé tête couverte. Le matin, l'orant se couvre d'un talit
(châle de prière) et noue à son bras ainsi qu'à sa tête les tefilin
(phylactères contenant 4 sections de la Torah), sauf le sabbath, où seul le
talit est de rigueur.
Chaque sabbath, une section de la Torah est lue en public, de façon à avoir lu
les 54 sections hebdomadaires de la Torah en une année juive. Une lecture
abrégée de la section est également effectuée le lundi et le jeudi précédant le
sabbath. Seuls les hommes sont appelés à lire la Torah.
Les Juifs non-orthodoxes ont institué diverses variantes en fonction de la
communauté. Parmi les plus fréquentes figurent l'abolition de la séparation
entre hommes et femmes, permettant à celles-ci de participer à l'office ou de le
diriger et l'invocation des matriarches (Sarah, Rébecca, Léah et Rachel, les
épouses des patriarches ; les femmes peuvent également lire la Torah, et porter
talit et tefilin. Le service réformé est sensiblement plus court
que celui des orthodoxes, et est parfois conduit dans la langue du pays de
résidence, bien que certains conservent l'hébreu.
Célébrations dans le judaïsme
Le calendrier juif est basé sur un cycle lunisolaire métonien,
selon une méthode de calcul instituée par le Sage Hillel II, la détermination du
mois à partir de l'observation de la nouvelle lune ayant été abolie à la
disparition du Sanhédrin.
- Le sabbath est un jour d'abstention hebdomadaire, réservé à
l'étude et à la prière. Il est inauguré par le kiddoush peu avant le
coucher de soleil du vendredi soir et conclu par la havdala à la sortie
des étoiles du samedi soir.
Il joue un rôle majeur, tant dans la vie que dans la pratique religieuse, et
s'accompagne d'un important corpus de rites et de lois. Trente-neuf catégories
de travaux y sont interdits, parmi lesquels on compte l'écriture, l'allumage
d'un feu (et donc de courant électrique), la coupure, l'essorage, la conduite
d'un véhicule etc.
Son caractère joyeux empêche toute manifestation de deuil en ce jour (c'est
afin de ne pas transgresser le sabbath que Jésus fut enterré un vendredi
après-midi).
- Les Sheloshet Haregalim sont trois fêtes de pèlerinage au
Temple de Jérusalem instituées par la Bible. Elles correspondent également à
des moments-clés de l'année agricole:
- Pessa'h, la « Pâque juive », commémore l'Exode, et
coïncide avec la moisson de l'orge.
C'est la seule fête à se focaliser sur un office au foyer, le Seder.
Les produits au levain sont retirés de la maison avant la fête et interdits
de consommation pendant sa durée. Le pain est remplacé par la Matza, pain
azyme.
- Shavouot, la Pentecôte juive, célèbre le don par
Moïse des Dix Commandements aux enfants d'Israël rassemblés aux pieds du
mont Sinaï et le passage de la récolte de l'orge à celle du froment. La
période de 7 semaines (soit 50 jours et 49 nuits) entre Pessa'h et Shavouot
est appelée 'Omer et est elle-même soumise à des rites particuliers.
- Soukkot, la « Fête des Cabanes » commémore les errances
des enfants d'Israël dans le désert pendant quarante ans et marque la fin du
cycle agricole. Chaque famille doit construire pour l'occasion une cabane
temporaire (soucca), en souvenir des habitations temporaires
utilisées par les Israélites durant leurs pérégrinations. Les hommes ont
pour prescription d'y demeurer le temps de Souccot, d'y manger et d'y
dormir.
Souccot se conclut par Chemini Atseret, la mise en jachère de la
terre, et Sim'hat Torah, la « (fête de) la Joie de la Torah », où le cycle
annuel de lecture la Torah est conclu pour recommencer immédiatement après.
- Les Yamim Noraïm (« Jours de Crainte » ou « Jours
Redoutables ») désignent la période de 10 jours entre Rosh Hashana, Nouvel An
juif, tombant le 1er Tishri, et Yom Kippour, le
Jour de l'Expiation, qui tombe le 10 Tishri:
- Rosh Hashana, appelée Yom Terou'ah dans la Bible,
est le début de l'année civile juive (l'année ecclésiastique commence au
mois de Nissan).
Elle marque aussi l'entrée dans la période de repentance, qui finit dix
jours plus tard à Yom Kippour.
- Yom Kippour, Jour du Pardon, le jour le plus saint du
calendrier juif selon la tradition, est célébré le 10 Tishri. Jour chômé
encore plus absolu que le Sabbath (il est pour cette raison appelé
Shabbat Shabbaton, Sabbath des Sabbaths), il est consacré à l'expiation,
à la prière et au jeûne.
Quatre autres jeûnes ont été institués par les prophètes, en
souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem. La fête de Pourim a été
instituée à la suite des évènements décrits dans le livre d'Esther. La fête de
Hanoukka a quant à elle été proclamée par les Macchabées. Ses rites ont été
déterminés par les rabbins, ainsi que deux rites mentionnés dans le Talmud: Tou
Bishvat, fête des arbres et Tou BeAv, fête de l'amour et des amoureux.
Les lois alimentaires : la
cacheroute
Kasher (ou cacher, ou cachère,
etc.) signifie propre à la consommation. Cependant, ce terme très général
s'entend généralement dans le sens de lois alimentaires juives. Un mets
non kasher est taref (fém. treifa), qui signifie littéralement
« déchiré », consommé à partir d'un membre déchiré à l'animal (mort ou encore
vivant), manger comme une bête, et non comme un homme, qui doit être saint comme
Dieu est Saint. La cacheroute peut donc se définir comme la
sanctification de l'alimentation.
Les lois de la cacheroute sont enseignées dans le Lévitique. On apprend de ce
contexte qu'elles concernent tant la pureté rituelle et la sainteté que la
santé. Parmi les lois de la cacheroute figure l'interdiction de consommer le
sang, les animaux qui se nourrissent d'autres animaux, ce qui exclut les animaux
de proie comme les lions, le requin, l'aigle ou le brochet (parmi d'autres),
ceux qui parcourent les fonds des mers à la recherche des déchets laissés par
les autres, comme les fruits de mer, etc.
De même, c'est la restriction la plus célèbre, le lait et la viande ne
peuvent être consommés au cours d'un même repas, car tu ne cuiras pas le
chevreau dans le lait de sa mère (à propos du plat de venaison accompagné de
crème qu'Abraham offre aux trois anges, le Midrash enseigne que les laitages
furent servis avant la viande, ce qui est permis, et que, de toutes façons, les
lois alimentaires n'avaient pas encore été édictées).
Bien que beaucoup n'y voient qu'une règle d'hygiène diététique ritualisée, le
but avoué de la cacheroute est de faire prendre conscience que les seuls
aliments autorisés sont ceux qui proviennent de sources dont les aspects
« spirituellement négatifs » comme la douleur, la maladie ou la malpropreté sont
absents, et dont la préparation ne s'est pas assortie de pratiques comme la
chasse, la torture….
Pureté familiale
Les lois de la nidda (« éloignement ») se
rapportent à l'éloignement obligatoire de la femme durant sa période
menstruelle, (le mari et son épouse ne dorment pas dans le même lit) et sont
appelées « lois de la pureté familiale », les rapports avant mariage étant
prohibés, et le mariage survenant vers l'époque de la puberté (au temps
bibliques). Il a d'ailleurs été constaté que le cancer de l'utérus était
beaucoup moins fréquent en Israël, es scientifiques se seraient rendu compte que
des rapports pendant ou juste après la période menstruelle étaient très négatifs
chez la femme car pendant une dizaine de jour l'utérus se reforme.
Diverses autres lois régissant les rapports entre hommes et femmes s'y
rattachent, comme la tsniout (la « pudeur », c'est-à-dire la modestie
dans l'habillement), et sont perçues comme des facteurs vitaux de la vie juive,
en particulier chez les Orthodoxes, mais ils sont rarement suivis chez les
autres.
Les lois de la nidda proprement dites édictent que les rapports sexuels
ne peuvent avoir lieu tant que dure le flux menstruel. La femme doit ensuite
vérifier ses pertes jusqu'à totaliser sept jours « propres », après quoi elle se
rend au mikvé pour se purifier. En suivant ce rite, la femme n'est permise à son
mari qu'à partir environ du douzième jour de son cycle et jusqu'à que son
prochain cycle survienne..
Événements au cours de la vie
d'une personne Juive
Il s'agit d'événements survenant au cours de la vie d'une
personne, et qui la lient à la communauté.
- la Brith milah, circoncision, c'est-à-dire ablation du
prépuce des garçons au huitième jour de leur naissance, en référence à l’Alliance
d'Abraham (Genèse 17, 11). Ce rite célèbre l'entrée des mâles dans
l'Alliance, et peut se faire au cours d'une cérémonie, mais aussi dans un
hôpital sous anesthésie, tant qu'un spécialiste, le mohel est présent, et
récite une bénédiction en présence d'un miniane lors de la coupure de la
chair.
- Zeved habat - Accueil des petites filles dans l'Alliance au
cours d'une cérémonie de nomination. Cette coutume, très en vogue chez les
Sépharades, est de plus en plus pratiquée par les Ashkénazes.
- Upsherin - Coupe des cheveux chez les garçons, réalisée à 3
ans, accompagnant le don du Talit Katan et de la première kippa, symbolisant
donc le passage de yonek (nourrisson, un peu l'équivalent du toddler
anglo-saxon) à yeled (enfant).
- Bar et Bat mitzva - Passage à la majorité religieuse, de
na'ar (na'ara) à mevougar (mevouguerette) à l'âge de 13 ans pour
les garçons, 12 ans chez les filles, correspondant à la majorité juive. La Bat
Mitzva fut introduite par Mordekhaï Kaplan, et ne s'accompagne généralement
pas de rite particulier. En revanche, le (garçon) Bar Mitzva est honoré en
conduisant l'office et en lisant la section hebdomadaire de la Torah. La
préparation peut prendre entre quelques mois et deux ans.
- Mariage - Le mariage est un moment d'une grande importance
dans la vie. Les deux cérémonies qui le composent, les kiddoushin
(consécrations) et les nissouïn (noces), étaient originellement
célébrées à un an d'intervalle au cours duquel la jeune femme (kala),
interdite à son époux tant que les nissouïn n'avaient pas été prononcés,
vivait chez ses parents pour se préparer à la vie de couple. Actuellement,
elles sont célébrées au cours de la même journée, en présence d'un miniane,
sous un dais nuptial, la houppa, qui symbolise une maison
heureuse. À la fin de la cérémonie, le marié ('hatan) brise un verre
avec son pied. Il ne s'agit pas d'une tradition, mais d'une coutume (minhag)
visant à remémorer que la joie ne peut être complète tant que le Temple n'aura
pas été reconstruit.
- Décès et deuil - Le deuil tient une place excessivement
importante dans le judaïsme, et suit un rite très hiérarchisé.
- Au moment même du décès, les parents au premier degré,
conjoint inclus, reçoivent le statut d’onène. Les lois du deuil ne
s'appliquent pas encore à eux, mais toutes leurs activités doivent tendre à
inhumer le plus rapidement et le plus saintement le défunt, si la situation
s'applique (cf. disparition en mer).
- Lors de l'enterrement, les parents au premier degré,
conjoint inclus, déchirent leur chemise (qéri'a). Les parents
masculins au premier degré et le conjoint lisent le Kaddish des endeuillés.
-
Pendant les sept jours suivant l'enterrement,
la Shiv'ah, les endeuillés restent assis à même le sol. Ils ne se
lavent plus (sauf raison de santé), ne coupent pas leurs ongles, ne portent
pas de chaussures, et ne préparent pas à manger (c'est le rôle de la
communauté d'assurer leur subsistance) : toutes leurs pensées convergent
vers la personne décédée, qu'ils pleurent pendant trois jours, et dont ils
rappellent les mérites pendant quatre. Chaque soir se tient un service
qu'ils dirigent, et qui se conclut par le Kaddish des endeuillés.
- Le mois suivant l'enterrement est la période des
shloshim (trente), où l'agrément comme la musique, le mariage (avec
fête)… sont prohibés.
- La période d'un an, avelut youd bet 'hodesh (deuil
de douze mois), est observé pendant onze mois supplémentaires par ceux qui
ont perdu leur parent. Passée cette période, le deuil s'achève par une
visite au cimetière, et la récitation du Kaddish des endeuillés sur la tombe
de la personne défunte.
Question de Halakha : Quelles sont
les conditions pour dire qu'une personne est juive ?
Traditionnellement, est considérée juive la personne née de
mère juive ou convertie en accord avec la Loi juive.
Les sources en sont :
- un passage du Deutéronome (7:3-4) sur les dangers des
mariages mixtes : « ne t'allie avec aucun d'eux : ta fille ne la donne pas à
son fils et sa fille n'en fais pas l'épouse du tien ! car il détacherait ton
(petit) fils de Moi et ils adoreraient des divinités étrangères… »
Le Talmud (Kiddoushin 68b) s'interroge pourquoi on ne parle
pas du « cas inverse », où la mère non-Juive détournerait son enfant de la
religion de son père. Réponse : parce que l'enfant d'une non-Juive n'est pas
Juif.
- un passage d'Ezra (10:3-5), où le scribe prescrit de
répudier les femmes cananéennes « et les enfants nés d'elles ».
Pourquoi les enfants ?
Les mouvements libéraux, comme le judaïsme reconstructionniste,
déclarent également Juifs les personnes nées de mère non-Juive si le père est
juif et si l'enfant a été élevé dans la pratique du judaïsme. Toutefois, ces
personnes ne sont pas considérées juives par les mouvements orthodoxes ou
conservateurs, pas plus que ne le sont des personnes converties par un beth din
(tribunal rabbinique) non orthodoxe.
Un Juif cessant de pratiquer, de croire, fût-ce aux principes fondamentaux,
reste juif (sauf si, selon certains, il transgresse le Chabat). Il en va de même
pour un Juif converti à une autre religion.Par conséquent, un converti au
judaïsme qui se reconvertit, reste juif halakhiquement.
Cependant, dans ce dernier cas, la personne perd le statut de membre de la
communauté juive, et ne peut compter dans un miniane (cf. infra).
Dans le passé, la famille et les amis du converti faisaient son deuil, comme
s'il était mort (Les Mitnagdim le faisaient également pour leur fille qui avait
épousé un Hassid, vice-versa, mais cela ne se fait plus de nos jours.
La question reçut un nouveau retentissement lorsque, dans les années 1950,
David Ben Gourion,
en vue de former un État juif laïc, demanda plusieurs opinions, dans le monde
religieux mais aussi dans la communauté intellectuelle internationale, quant à
savoir qui peut, étant considéré Juif, bénéficier de la « loi du retour »
(octroi automatique de la nationalité israélienne à qui en fait la demande, pour
autant qu'il soit Juif).
La sentence, connue sous le nom de loi Mihou Yehoudi (« Qui est Juif »)
ne satisfait pas à l'opinion orthodoxe, puisqu'on peut remonter à un (seul)
grand-parent juif pour se considérer juif et prétendre à la loi du retour. C'est
pourquoi la question n'a pas été totalement résolue et refait surface dans les
débats politiques israéliens de temps à autre.
SYMBOLES
DU JUDAÏSME :.
Depuis
le treizième siècle à peu près, le symbole du judaïsme est l'Étoile de David
qui, selon la tradition, était l'emblème du roi David. Le plus ancien symbole du
judaïsme est la Ménorah, chandelier à sept branches, qui se trouvait dans
le Temple de Jérusalem.
Au fronton des synagogues sont également figurées les Tables de la Loi.
LIEUX DE CULTE
:.
Le terme
Synagogue (Grec, "sunagôgon", lieu de rassemblement, traduction du terme
hébraïque beit knesset) désigne des lieux de culte et d'étude juifs. Ce
dernier rôle a si bien caractérisé les synagogues du monde ashkénaze qu'on les
appelle en Yiddish shul (prononcer "shoule", cf. allemand "Schule",
école).
Les synagogues comportent habituellement des pièces séparées pour la prière (le
sanctuaire principal), de plus petites pièces pour l'étude, et souvent une pièce
destinée au rassemblement communautaire (d'où leur nom) ou aux tâches
éducatives.
Il n'y a pas de plan préétabli, et l'architecture, tant d'extérieur que
d'intérieur, varie grandement. Toutefois, on retrouve généralement les éléments
suivants :
- une arche, l’Aron haKodesh pour les Ashkénazes, l’eikhal
pour les Sépharades, où l'on garde les rouleaux de la Torah ; l'arche est
souvent fermée par un rideau orné (parokhet) à l'intérieur ou à
l'extérieur des portes de l'Arche ;
- une plate-forme de lecture surélevée, la bimah pour
les Ashkénazes, la tébah pour les Sépharades, où la Torah est lue.
Dans les synagogues sépharades, c'est également de là qu'on dirige l'office.
Tout le monde se trouve donc à égale distance de l'officiant. Les synagogues
ashkénazes ressemblent davantage à un oratoire, et l'officiant se place
derrière un pupitre, "amoud" (Hébreu, pilier) faisant face à l'Arche,
au-devant des fidèles. Ceci crée une "hiérarchisation" des rangs, les
premiers, les plus proches de l'officiant, revenant aux plus riches ;
- une Chandelle Éternelle (ner tamid), une lampe,
lanterne ou chandelier, maintenue allumée en permanence, en souvenir de la
Menorah qui brûlait continuellement dans le Temple à Jérusalem.
D'autres bâtiments d'importance sont les yeshivot,
Institutions d'études des textes du judaïsme, ou les mikvé, où se trouvent les
bains rituels.
TEXTE ET TEXTES
JUIFS :.
La
"littérature juive" est généralement divisée en :
- littérature biblique, c'est-à-dire le canon juif des
Écritures, le TaNaKh (Torah, Neviim, Ketouvim)
- littérature talmudique, c'est-à-dire de l'époque
talmudique, ne se limitant pas au Talmud :
- littérature rabbinique, des sages post-talmudiques jusqu'à
nos jours.
Littérature biblique
Le Tanakh est le livre le plus saint pour le peuple juif, et
la Torah est la partie la plus sainte du Tanakh. Elle a été dictée, selon la
tradition, à Moïse par Dieu.
La fixation du canon biblique a été réalisée à l'époque de la Grande Assemblée :
y figurent les livres inspirés par Dieu, en sont exclus ceux qui ne proviennent
que de la sagesse humaine. La Torah n'a fait l'objet d'aucune discussion quant à
son caractère divin, alors que les livres des Prophètes ainsi que les Autres
Écrits faisaient l'objet de débats intenses.
La cantillation de la Torah a été fixée par les Massorètes.
Littérature talmudique
Selon le Rav Adin Steinsalz, la Torah a été soumis à une
continuelle exégèse depuis qu'elle fut donnée aux enfants d'Israël (on peut
considérer les Neviim comme le premier jalon de celle-ci). Le gros de l'exégèse
fut cependant oral, avant d'être codifié. Il s'agit de :
- La Mishna et ses commentaires.
- La Tosefta et les traités mineurs.
- Le Talmud :
- Le Talmud de Jérusalem, et ses commentaires.
- Le Talmud de Babylone, et ses commentaires.
La Mishna est la première compilation, suivie de la Tossefta,
qui s'en veut déjà commentaire. Laconique et sans références, elle nécessite
cependant sa propre exégèse afin de relier Lois orale et écrite. Celle-ci fut
réalisée en deux centres séparés de la vie spirituelle juive, Babylone et la
Galilée, pour donner le Talmud de Babylone et le Talmud de Galilée, improprement
appelé "Talmud de Jérusalem", moins étudié que le premier.
Des ouvrages de cette époque non intégrés dans le Talmud ont été regroupés sous
le terme de "Traités mineurs", non du fait de leur importance mais de leur peu
de volume.
C'est autour de la Mishna et du Talmud que repose essentiellement l'enseignement
dans les instituts talmudiques de nos jours.
Une littérature exégétique se développe parallèlement au Talmud : le Midrash,
dont il existe de nombreuses déclinaisons. Le Talmud y fait parfois allusion et
que certains enseignements se retrouvent dans l'un et l'autre.
Les Sages du Midrash sont généralement ceux du Talmud : *
Littérature midrashique :
- Midrash Halakha
- Midrash Aggada
Le Midrash Halakha est un exégèse légalistique. Il se fonde
sur des principes herméneutiques pour en déduire (lehidaresh) la
substance légale.
Le Midrash Aggada est un ensemble de récits non-normatifs, dont le but est
d'explorer les parties non-législatives de la Torah ou de faciliter son
apprentissage, y compris dans la partie légale. C'est dans cette catégorie qu'on
range certains ouvrages pseudépigraphiques postérieurs, comme les Pirqei de
Rabbi Eliezer.
Littérature rabbinique
Si elle s'occupe essentiellement de codifier les lois
dispersées dans le Talmud sans organisation apparente, la littérature rabbinique
se diversifie, traitant de poésie, de philosophie, de théologie ou d'ésotérisme.
Une partie importante est également consacrée à la littérature polémiste, afin
de pourvoir aux besoins des Juifs pris dans une disputation publique (dont
l'esprit est rarement ouvert).
- Littérature halakhique :
- Les grands Codes de conduite à tenir en ce qui concerne
l'application des préceptes énoncés dans la Bible et les rituels
- Le Mishné Torah et ses commentaires.
- L'Arbaa Tourim et ses commentaires.
- Le Shoulhan Aroukh et ses commentaires.
- Autres ouvrages halakhiques
- Les Responsa
- Diverses monographies (sur la vérification des poumons
des bêtes abattues, p.e)
- Pensée et éthique juives
- La philosophie juive classique, avant la Renaissance,
dont les grands noms sont, entre autres, Salomon ibn Gabirol, Saadia Gaon,
Maïmonide ou Gersonide. La philosophie marrane, bien qu'à l'aube de la
pensée moderne, fait souvent office de brûlot contre la tradition juive.
Quant à la philosophie de l'époque des Lumières, elle est beaucoup plus
proche de la philosophie que du judaïsme, bien qu'elle y retourne au
XXe siècle
sous la plume de Martin Buber, Franz Rosenzweig, Emmanuel Levinas, ou pour
les éléments plus religieux, Abraham Joshua Heschel, Will Herberg, Richard
Rubensteinou Joseph Soloveitchik.
De nouvelles approches du judaïsme se sont également fait jour, comme celle
de Mordekhaï Kaplan ou d'Emil Fackenheim.
Il s'est également récemment développé une théologie post-Holocauste,
interrogeant le "silence de Dieu", avant de s'intéresser à la place du Juif
dans le monde, l'histoire et la politique.
- La Kabbale, pensée juive mystique puise ses sources dans
l'étude de l’Acte de Création et de l’Acte du Char,
dont quelques passages ont été retranscrits dans certains traités du Talmud.
Elle s'entoure de secrets et de mystère, prône une lecture ésotérique, voire
des méthodes totalement originales d'interprétation de la Bible, comme l'isophépie
ou la permutation de caractères.
Elle propose une vision téléologique de l'histoire, comme étant liée au
peuple juif.
La pièce maîtresse de cette littérature est le Zohar, attribué
à Rabbi Shimon bar Yohaï, mais d'autres œuvres, comme le Bahir ou l'Iggeret
haKodesh ne doivent pas être oubliées. L'œuvre de nombreux maîtres, comme
Rav Yehouda Löw ou le Ramhal en sont teintés.
- L'éthique juive, développée par le mouvement du Moussar,
s'inspirera des œuvres du Ramhal, notamment son Messilat Yesharim.
FONCTIONS
RELIGIEUSES DANS LE JUDAÏSME :.
Clergé
Il existe dans la Bible une caste sacerdotale, les cohanim,
composée des descendants israélites mâles d'Aaron ben Amram le Lévite, eux-mêmes
distingués parmi le peuple d'Israël pour avoir rallié Moïse lors de l'épisode du
Veau d'or. Toutefois, Lévites et Cohanim ne sont plus en activité depuis la
destruction du Second Temple.
Les Cohanim s'occupaient principalement des sacrifices, les Leviim de la
manutention du Temple (portiers, chantres, etc.). Ils pouvaient être déchus de
leur rang, en s'adonnant à des rites païens, en contrevenant à leurs
obligations, etc. Ces règles sont toujours en vigueur dans le judaïsme
orthodoxe, dans l'espoir que les Cohanim reprendraient leurs fonctions lors de
la reconstruction du Temple.
Bien que ne pouvant plus assurer le service du Temple, les cohanim sont toujours
tenus à certaines prérogatives comme le rachat du premier-né, la bénédiction
sacerdotale… Les Lévites ont un rôle plus modeste.
Rabbinat
Aux temps de la Mishna, le Rabbi était un érudit
occupant une position officielle au sein de la législation judéenne religieuse.
Après la dissolution du Sanhédrin, il n'était plus possible d'ordonner les
rabbanim, et ceux dont l'érudition permettait de statuer sur des questions
d'observance de la Loi, justifiant un titre recevaient désormais celui de Rav(hébreu,
רב beaucoup ou grand).
Rav désigne donc les grands parmi le peuple d'Israël, reconnus (nismakhim)
parmi leurs pairs, indifféremment de leur origine (c'est-à-dire Cohen, Lévi ou
Israël). Dans les pays musulmans, Al-Rabb étant l'un des 99 noms d'Allah, les
Sages étaient appelés hakhamim.
Bien que détenteurs d'une autorité spirituelle de plus en plus grande dans le
judaïsme, cumulant les fonctions d'arbitre en matière d'observance religieuse,
de maillon dans la chaîne de transmission du savoir, d'autorité morale,
d'exemple, d'officiants, les rabbins ne furent pour autant jamais considérés
comme des intermédiaires entre Dieu et les hommes, ce rôle n'étant tenu que
par les prophètes.
Le rabbinat devint une profession officielle en France sous Napoléon, les
rabbins devenant ministres du culte, soumis à une hiérarchie (rabbin,
grand rabbin, etc.) et rémunérés pour cette fonction spécifique.
L'accès des femmes au rabbinat fut un sujet polémique, au sein du judaïsme
orthodoxe comme du judaïsme réformé, où quelques femmes, comme Pauline Bebe en
France, deviennent rabbin. Il reste toutefois exceptionnel en Europe que les
femmes tiennent un rôle majeur dans l'organisation des offices ou deviennent
rabbin. En revanche, aux États-Unis d'Amérique et au Canada où les formes
libérales du judaïsme sont majoritaires, les femmes rabbins sont plus
nombreuses.
Officiants
- L'officiant (shalia'h tsibbour ou sha"ts) est
souvent un rabbin. Toutefois, ce rôle peut échoir à n'importe quel membre de
la communauté que l'on souhaite honorer, pour autant qu'il ait atteint la
majorité religieuse. La connaissance des prières est hautement souhaitée mais
non impérative : lors des offices suivant le décès d'un proche, c'est souvent
un endeuillé lui-même (ou un proche masculin de l'endeuillée) qui dirige
l'office, qu'il le connaisse ou non. Le rôle de l'officiant n'est pas d'être
un "intermédiaire" entre la communauté et Dieu, mais de faciliter la prière
collective, en permettant par exemple à ceux qui ne savent pas prier de
répondre en public, ce qui leur est compté comme s'ils avaient fait toute la
prière.
Les Réformés autorisent les femmes à diriger la prière, ce rôle étant
exclusivement dévolu aux hommes chez les Orthodoxes et Massortim "plus
traditionnels".
- Le hazzan (chantre) est un vocaliste tenant le rôle
d'officiant de ba'al korè (lecteur de la Torah), ou, plus rarement, de
"choriste". Choisi pour sa belle voix, sa connaissance de la liturgie et de la
cantillation, ainsi que sa connaissance du sens de la prière et la sincérité
de son interprétation, il s'agit parfois d'un virtuose du chant choral, voire
de l'opéra. Toute communauté n'a pas son hazzan attitré.
- Le Baal korè (maître de la Lecture) est la personne lisant
la section hebdomadaire de la Torah, rôle que tout homme (ou femme dans les
formes libérales du judaïsme) ayant atteint sa majorité religieuse et capable
de lire la section hebdomadaire peut remplir.
Il est fréquent qu'une même personne cumule ces différentes
fonctions, ou que plusieurs personnes capables d'assumer ces fonctions se
"relaient" au cours des différents offices.
Le Gabbaï ou
Chamach
Le Gabbaï assume les fonctions du bedeau, appelant les
différentes personnes à lire la Torah, désignant l'officiant, s'occupant de
l'entretien de la synagogue et s'assurant de sa fréquentation.
Autres positions religieuses
spécifiques
- Le Dayan est un juge rabbinique, c'est-à-dire un
rabbin expert en législation juive ; il dirige un beth din (tribunal
rabbinique), tranchant dans les litiges financiers, matrimoniaux, ou des
conversions au judaïsme, chargé de la remise du guett (acte de
divorce').
- Le mohel est un expert en matière de circoncision,
appliquant la prescription de la brith milah dans le respect des rites.
- Le shohet est un abatteur rituel, chargé d'abattre
les bêtes de façon à ce qu'elles soient cachères. Expert en lois et prières
d'abattage, il doit avoir été formé par un autre shohet, être en
contact régulier avec un rabbin, afin de se tenir informé des normes
actuelles, et abattre la bête avec l'intention de le faire selon les rites
prescrits dans la Torah.
- Le Mashgia'h (superviseur) en cacheroute doit
surveiller la fabrication de marchandises et aliments afin d'établir leur
cacheroute et la certifier. Il doit également superviser le sho'het. Il peut
s'agir d'un expert en ces lois, ou d'une personne sous la supervision d'un
rabbin expert en ces lois.
- Le sofer est un scribe, écrivant les rouleaux de la
Torah, des téfiline (phylactères) et des mezouzot (parchemins
appliqués aux linteaux des portes), les ketoubot et les guittin
(actes de mariage et de divorce, respectivement) selon la calligraphie
traditionnelle en suivant un schéma très précis.
- Le Rosh yeshiva ou "Gaon" - est un directeur
d'académie talmudique, versé dans le Talmud, et titulaire des années
supérieures de la yeshiva.
- Le Mashgia'h dans une yeshiva est un expert du
Moussar (éthique juive), et professeur des cours en cette matière,
veillant au bien-être spirituel et émotionnel des étudiants de la Yeshiva.
CONVERSION AU JUDAÏSME :.
Le judaïsme ne manifeste aucune
velléité de prosélytisme. Il peut accueillir l'individu adulte qui
demande à se convertir après avoir longuement examiné ses
motivations, mais ne va en aucun cas le solliciter. Les rabbins
exigent une forte motivation et une adhésion sincère à la Torah chez
ceux qui désirent se convertir. Ainsi la conversion ne peut avoir
pour seuls motifs la satisfaction d'un conjoint juif et de sa
famille.
Quelques conversions de groupe, plus ou moins spontanées, jalonnent
apparemment l'histoire mais elles peuvent correspondre, à l'inverse,
à l'assimilation partielle aux populations environnantes de groupes
juifs coupés de leurs traditions (légendes des "Dix Tribus"
disparues) :
- la conversion des Jébuséens, sous David,
- celle de la tribu iduméenne des Hérode, sous les
Hasmonéens,
- celle de peuples ouralo-altaïques comme les Khazars de
Russie.
- après la fin de l'Empire romain, celle d'une partie des
Francs ripuaires et des Souabes,
- celle de Berbères (Djeraouas de l'Aurès et Nefoussas de
Tripolitaine),
- celle des Falashas d'Éthiopie, …
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