Le
christianisme
est une religion monothéiste, regroupant environ 2
milliards de croyants (appelés chrétiens), fondée sur la vie
et les enseignements de Jésus de Nazareth tels qu'ils sont présentés
dans le Nouveau Testament, et qui est apparue au
Ier siècle.
Le terme Christ vient du grec
Χριστός,
l'équivalent du terme hébraïque Messie (מָשִׁיחַ - mashia'h,
littéralement « celui qui est oint »), et de lui découle l'appellation
Jésus-Christ : les chrétiens croient, en effet, que Jésus de Nazareth est le
fils de Dieu et le Messie que prophétisait l'Ancien Testament. Les Actes des
Apôtres (un des livres du Nouveau Testament) indiquent que le nom de chrétien
(en grec Χριστιανός),
signifiant appartenant au Christ ou partisan du Christ, fut donné
aux disciples de Jésus de Nazareth à Antioche au milieu du
Ier siècle.
La référence la plus ancienne connue pour le terme christianisme (du grec
Χριστιανισμός) se
trouve dans la lettre d'Ignace d'Antioche aux Magnésiens à la fin du
Ier siècle.
Ayant profondément marqué et influencé différentes cultures et
civilisations au cours de l'Histoire, le christianisme est de nos jours la
religion la plus répandue dans le monde. Elle est présente sur tous les
continents, et plus particulièrement en Europe, en Amérique, en Afrique
sub-saharienne et en Océanie.
Le christianisme partage ses origines et nombre de ses textes
avec le judaïsme,
particulièrement la Bible Hébraïque, connue chez les chrétiens sous le nom
d'Ancien Testament ou de Premier Testament. Comme le judaïsme et l'islam,
le christianisme est généralement classé parmi les religions abrahamiques.
JESUS-CHRIST :.
Jésus-Christ en tant que figure centrale des croyances chrétiennes est un de ces
éléments d'homogénéité. En effet, sans oublier que des divergences très grandes
peuvent exister dans leurs interprétations de ses enseignements et de ceux à
tirer de son existence, les chrétiens ont tous pour point commun de prendre la
vie de Jésus et sa mort en exemple. Le fondement de la religion chrétienne est
la foi en la résurrection de Jésus-Christ, et ce même si tous les chrétiens ne
s'accordent pas sur une même signification du terme résurrection.
Ainsi que le proclame l'un des textes les plus anciens du
Nouveau Testament, le kerygme de la lettre de saint Paul aux Corinthiens : Si
Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi.
Les chrétiens ont peu à peu précisé cette foi en en réunissant les principaux
éléments dans le "Symbole des Apôtres" et dans le Credo de Nicée-Constantinople
qui ne vaut que pour les chrétiens chalcédoniens, c'est-à-dire trinitaires (la
seule prière qui fait l'unanimité de tous les chrétiens est le Notre Père).
Ces prières, appelées plus couramment le "Je crois en Dieu"
sont divisées en quatre parties :
- Il n'y a qu'un Dieu unique (monothéisme) et créateur ;
- Jésus-Christ est son Fils Unique, il a souffert, est mort
et ressuscité, il est monté aux cieux pour juger les vivants et les morts.
L'expression de "Fils Unique", exprimée à la lumière des
connaissances de l'époque, ne parle pas d'une filiation biologique, mais doit
être entendu dans la continuité de la tradition biblique (cf. Jésus affirmant :
"je ne suis pas venu abolir la Loi [divine] mais l'accomplir pleinement"). Les
chrétiens proclament que Dieu se révèle de façon unique en Jésus-Christ ;
- L'Esprit Saint intercède pour les hommes ;
- Jésus-Christ a institué une Église sur terre.
De là découle le dogme de la Trinité : le Dieu unique se
révèle en trois personnes, Père, Fils et Esprit Saint. La triple invocation du
baptême ("au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit", cf la fin de l'Évangile
de Matthieu, dont les exégètes soulignent qu'il s'agit d'une formule baptismale
en usage dès le
IIe siècle)
fut conceptualisée sous forme du dogme de la Trinité lors des grands Conciles du
IVe siècle.
Avec cette profession de foi, les premiers chrétiens
proclamèrent très tôt que Jésus était le Messie annoncé par les prophètes (cf
discours de Pierre dans Ac 2), d'où découle le terme Jésus-Christ (le messie,
ou christos en grec, est celui qui a reçu l'huile sainte ; de là vient la
dénomination de chrétien).
Jésus est considéré comme vrai Dieu et vrai homme par la
plupart des chrétiens. Cette croyance ne caractérise pas tous les chrétiens et,
pour ceux qui y adhèrent, les modalités en sont différentes selon qu'ils se
revendiquent des Églises des deux conciles, des 3 conciles, des 7 conciles.
Cette doctrine mit du temps à s'imposer, d'où la subsistance de chrétiens
antitrinitaires appelés unitariens répartis au sein de diverses Églises qui ne
croient pas en la Trinité.
ANCIEN
ET NOUVEAU TESTAMENTS :.
Aux
Écritures issues du judaïsme, qui correspondent à ce que les chrétiens nomment
l'Ancien
Testament, la tradition des premiers siècles du christianisme a adjoint
le
Nouveau Testament. On emploie souvent l'appellation « Premier »
Testament au lieu d'Ancien, pour signifier que le Nouveau Testament ne vient pas
remplacer l' « Ancien » mais l'accomplir. L'Ancien et le Nouveau Testament sont
réunis dans la Bible chrétienne.
Le Nouveau Testament est composé de quatre évangiles (selon
Matthieu, Marc, Luc et Jean), des Actes des Apôtres, des Épîtres et de
l'Apocalypse. On considère que la rédaction de ces textes s'étend de la seconde
moitié du Ier siècle
jusqu'au début du IIe. Les manuscrits les plus
anciens remontent au
IVe siècle
de notre ère.
On appelle « évangiles synoptiques » les évangiles de
Matthieu, Marc et Luc, qui sont construits sur le même plan ; l'évangile de Jean
reste à part.
Les épîtres de Paul de Tarse semblent être les plus anciennes
(on date la première d'entre elles, l'épître aux Thessaloniciens, de l'année 50
environ) ; cette antériorité donne à Paul une place particulière dans le
christianisme, certains le considérant comme le véritable fondateur de la
religion et mettant en exergue sa rivalité avec Pierre.
L'évangile de Marc est généralement considéré comme celui qui
a été rédigé en premier (vers l'an 65 ?), et constituerait une des sources ayant
servi à rédiger les deux autres synoptiques. Viendraient ensuite les autres
évangiles (Matthieu, vers l'an 70 ; Luc peut-être dans les années 80 ; Jean
après 90). Les évangiles ont été rédigés sur la base de traditions et de
documents plus anciens, sans doute circulant sous forme orale. Leur rédaction
est contemporaine de la disparition des témoins directs de la vie de Jésus, et
manifeste la volonté de conserver l'essentiel de leur prédication.
Les Actes des Apôtres sont la deuxième partie de l'évangile de
Luc. L'Apocalypse et la Lettre aux Hébreux semblent être les textes les plus
récents (toute fin du
Ier siècle).
D´après son style, on suppose que l´apôtre Paul serait l´auteur de l´épître aux
Hébreux.
Le canon ainsi constitué (ensemble des textes reconnus
officiellement) écarte les textes dits apocryphes (dont l'authenticité n'est pas
établie). L'existence des apocryphes révèle que le Nouveau Testament, tel que
nous le connaissons aujourd'hui, est le fruit d'un choix parmi une multiplicité
de documents témoignant de la vie et de la prédication de Jésus, ainsi que de la
vie de l'Église primitive. Ce choix a été effectué au cours de l'histoire, en
fonction de ce qui a paru alors vraisemblable, en fonction de l'ancienneté de la
tradition à laquelle ces textes étaient rattachés, mais aussi en fonction des
convictions des communautés chrétiennes. Le Nouveau Testament, comme ensemble de
la Bible, est donc un témoignage de la foi de ces communautés avant d'être un
récit historique.
HISTOIRE
DU CHRISTIANISME
:.
Une religion issue du judaïsme ?
D'après les évangiles, Jésus « n'est pas venu abolir, mais
accomplir » les Écritures. La perspective jésuanienne est donc celle d'un
accomplissement de la foi juive, dans une interprétation particulière à Jésus
lui-même, et non la création d'une nouvelle religion : Jésus, les apôtres, Marie
la mère de Jésus, tout le groupe primitif était juif. Cette perspective se
retrouve dans de nombreuses phrases de Jésus rapportées par les évangiles ;
ainsi, les consignes données aux disciples de s'adresser "aux brebis perdues
d'Israël", et non aux païens.
Le christianisme a repris, de façon plus ou moins importante
selon ses courants, plusieurs éléments présents dans le judaïsme de la période
suivant la destruction du second Temple, tels que :
- l'adaptation de la forme du culte synagogal aux églises de
paroisses, (le culte synagogal était déjà présent en Galilée) ;
- l'utilisation de l'ensemble des textes bibliques, au
premier rang desquels les psaumes juifs, issus du livre des Louanges ; ces
textes peuvent être lus sur des cycles variables, pouvant atteindre jusqu’à
trois ans pour l'Église catholique ;
- un calendrier religieux, partiellement mobile, dans lequel
certains évènements notables ou certains points de foi donnent lieu à des
célébrations annuelles ;
- l'utilisation de chants et d'hymnes dans la prière ;
- dans les célébrations et les réunions communautaires,
l'utilisation de certains mots venant de l'hébreu biblique (par exemple :
amen, hosanna, alléluia).
Pour certains chrétiens, la ligne de partage entre les
chrétiens et les juifs passe par la reconnaissance ou non du Messie en la
personne de Jésus. Cette divergence de vue trouve son origine dans des
interprétations différentes de divers passages de l'Ancien Testament ou Tanakh.
D'un point de vue juif en revanche, le christianisme s'écarte du judaïsme -
il ne "l'accomplit" donc pas- en rejetant à la fois le "joug du royaume des
cieux" (transcendance absolue) et le "joug de la Torah et des mitsvot". Telle
était également la posture de Marcion, un père de l'Église qui fut qualifié
d'hérétique pour avoir contesté la prétendue filiation judaïsme-christianisme et
souligné l'origine autonome du christianisme vis-à-vis du judaïsme.
Christianisme primitif
Le christianisme s'est développé à partir du
Ier siècle
dans le contexte des communautés juives du Moyen-Orient et en particulier les
communautés juives hellénisées. Le nom « christianisme » vient du mot grec
Christos, qui traduit l'hébreu Messie (« celui qui a reçu
l'onction »). Ce mot, originellement appliqué à différents personnages de la
Bible (prophètes et rois), désigne dans le judaïsme tardif un personnage qui
viendra à la fin des temps restaurer la royauté de Dieu en Israël. Il est,
depuis, quasi-exclusivement réservé à Jésus.
Jésus est le fondement du christianisme, mais il n'en est pas
nécessairement le fondateur au sens historique : le débat est encore ouvert sur
le fondateur du christianisme "Paul ou Jésus", d'un point de vue théologique ;
mais surtout, d'un point de vue historique, le christianisme ne naît pas du
vivant de Jésus. Deux écoles se partagent chacune un consensus : le
christianisme naît avec l'introduction de la Birkat-ha-Minim dans la Amida
(bénédiction 12). Pour d'autres, le christianisme commence avec le tournant du
IIe siècle :
établissement d'un canon du Nouveau Testament, pères apologètes, début d'une
théologie chrétienne (rencontre entre le mythe chrétien et la philosophie
grecque).
L´expansion du christianisme
primitif
Les chrétiens, d'abord petite minorité de disciples de Jésus,
se répandirent surtout à l'ouest de l´Empire romain en occident, en s'appuyant
sur les colonies juives préexistantes de l'Empire. Au
Ier siècle,
les chrétiens sont très peu nombreux en occident. Ils grossissent la communauté
d'Alexandrie déjà importante, et s'installent en Afrique du nord, jusqu'en
Espagne et en Gaule.
Dans l'Empire romain, les autorités ne font pas une différence
très nette entre juifs et chrétiens, ces derniers n'étant perçus que comme une
secte juive.
La
conversion de Constantin et la christianisation de l'Empire romain :
avec l'édit de Milan en 313, les persécutions contre les
chrétiens s´arrêtèrent. Vers la fin du
IVe siècle,
le catholicisme devient la religion officielle de l'Empire romain, remplaçant
ainsi le culte romain antique et retournant la persécution. Cette date marque
symboliquement le début de la chrétienté : période de l'histoire de
l'Europe où le christianisme est la seule religion admise dans la mesure où il
persécute les autres (depuis Justinien), et d'abord ses propres dissidents puis
le judaïsme.
Cette victoire sur le "paganisme" antique s'accompagna d'une
réinterprétation de la philosophie, notamment celle de Platon, dans le sens de
la nouvelle religion, et de l'utilisation de nombreux motifs mythiques du monde
ancien pour l'inculturation du christianisme dans le respect de la tradition
apostolique.
L'expansion du christianisme
dans le monde
À partir de la découverte de l'Amérique par les Européens en
1492, l'expansion du christianisme a été parallèle à l'expansion coloniale.
L'activité de mission a souvent été considérée par les puissances coloniales
comme un instrument permettant d'introduire les intérêts occidentaux, voire de
légitimer des interventions politiques ou militaires. Mais cette cohabitation
n'alla pas sans heurts, l'Église heurtant directement de front les intérêts
coloniaux quand elle affirme que la dignité de l'homme doit être défendue (comme
dans la célèbre controverse de Valladolid). En Martinique, les âmes pieuses
durent se battre pour obtenir que les secours de la religion soient apportés aux
esclaves.
Les rites indiens ou africains ne furent plus officiellement
tolérés, mais le candomblé et nombre de cultes vaudous témoignent d'un
syncrétisme et de la perduration des cultes africains ou amérindiens.
Spécifiquement, les christologies amérindiennes témoignent que ces cultes n'ont
jamais disparu. Aujourd'hui la religion chrétienne est la religion la plus
répandue dans le monde.
Recul du christianisme dans
les pays occidentaux
Depuis une cinquantaine d'années, de nombreuses études
statistiques ont démontré un recul progressif du christianisme dans les pays
occidentaux. La croyance active dans les préceptes et rites du christianisme
s'est largement effondrée, et le nombre de pratiquants et la fréquentation des
lieux de cultes a décru de manière conséquente. Ce recul est cependant moins net
dans ce que l'on peut appeler la croyance passive : de nombreuses personnes se
déclarant toujours chrétiennes par tradition familiale. La progression de
religions concurrentes, de croyances nostalgiques du paganisme et surtout de
l'athéisme, voire de l'antithéisme militant, contribuent à expliquer cette perte
d'influence du christianisme en occident.
Les scandales de certains prêtres pédophiles, l'Histoire
parfois sanglante associée à cette religion et à l'Église qui la diffuse
(intolérance à l'égard des polythéistes durant l'Antiquité romaine, inquisition,
conversions forcées des indigènes en Amérique Latine, soutien à des régimes
dictatoriaux), les décisions discutables des papes et le caractère parfois jugé
trop conservateur du christianisme sont également des facteurs jouant en la
défaveur de la popularité de cette religion. Le christianisme se retrouve
relégué d'une position dominante où il exerçait le monopole de la morale à une
religion devenue secondaire dans certains pays occidentaux où les antiques
critiques de cette religion reviennent au goût du jour, à l'instar du
Discours Véritable du philosophe Celse et des écrits de l'empereur romain
Julien.
LES
EGLISES CHRETIENNES :.
Il
existe trois grands groupes d'Églises chrétiennes : les catholiques, les
orthodoxes et les protestants. Le mot "chrétien" n'est pas le mot utilisé
habituellement par le Nouveau Testament pour désigner les disciples de Jésus.
Ceux-ci s'appellent, ou sont appelés, "la Voie", "l'Église", "les Églises" ou
"les Nazaréens" (du nom de Nazareth, la ville d'origine de Jésus). Le livre des
Actes des Apôtres nous apprend que c'est à Antioche, donc dans une ville de
langue grecque, que l'on donna pour la première fois aux disciples le nom de
"chrétiens". Sans doute ce nom n'a-t-il servi à l'origine que pour désigner ceux
des disciples de Jésus qui étaient de langue grecque ("chrétien" signifie
"disciple du christos", terme grec équivalent à messie).
Dans le premier siècle du christianisme, la prédication de
Jésus a été reçue de manière sensiblement différente selon les cultures et les
communautés. Un écho de ces différences se perçoit dans les textes du Nouveau
Testament et la diversité de leurs présentations de cette prédication. Les
divergences sont plus importantes encore quand on prend en considération
l'abondante littérature dite apocryphe, dans laquelle se reflètent les
convictions d'Églises dont on a aujourd'hui perdu le souvenir.
Ces différences de compréhension de la prédication et de la
personne de Jésus ont été à l'origine de conflits internes au christianisme et à
la création de nombreuses hérésies, chaque Église locale considérant comme
hérétiques les traditions et les dogmes retenus par les autres mais qu'elle
rejetait. La nécessité de s'entendre sur un langage commun sur Dieu et sur Jésus
est donc apparue très tôt, d'où la pratique des "lettres de communion", lettres
délivrées par une Église pour s'assurer qu'un de ses membres en voyage est bien
dans la communion de toute l'Église.
Le dialogue entre chrétiens
et juifs
Le premier schisme chrétien est en un sens la séparation avec
le judaïsme, au concile de Jérusalem, vers l'an 50.
Dans la perspective catholique depuis Vatican II, qui s'appuie
sur la littérature néo-testamentaire (comme par exemple la Lettre aux Romains),
la première Alliance reste valable.
Cette attitude est celle de la plupart des Églises issues de
la Réforme. Certaines dénominations protestantes, parmi les plus
fondamentalistes, envisagent encore la nécessité de convertir les juifs.
Les Églises
pré-chalcédoniennes
Avec la paix constantinienne et l'accès au culte chrétien
parmi les cultes reconnus de l'Empire, le pouvoir politique a pris l'initiative
de réunir des assemblées d'évêques (conciles) pour régler les différends.
Lorsque la majorité des évêques s'accordait sur un point, les évêques
minoritaires ne choisissaient pas forcément d'adopter la formulation retenue.
C'est ainsi que sont nées, après le Concile de Chalcédoine (451) (voir l'article
christologie), les Églises dites pré-chalcédoniennes ou monophysites ; parmi
elles : les Chaldéens, les Syro-Malabars de l'Inde, les Nestoriens.
La séparation de l'Orient et
de l'Occident
La chute de l'Empire romain d'Occident, puis la conquête
progressive de la partie orientale de l'Empire par les musulmans, ont eu pour
résultat de diviser les deux parties du bassin méditerranéen. On retient souvent
la date de 1054 comme celle de la séparation des Églises ; la réalité a été plus
nuancée, l'excommunication réciproque lancée alors par le pape de Rome et le
patriarche de Constantinople s'inscrivant dans une longue suite de conflits. La
rupture a en fait été consommée au
XIIIe siècle
lorsque les Croisés "latins" ont pillé Constantinople et déposé le patriarche
lors de la Quatrième croisade. Une tentative d'union au Concile de Florence au
XVe siècle
n'a pas eu de résultat. L'occupation de Constantinople par les Turcs a aggravé
le fossé culturel qui s'était installé entre les Églises, catholiques d'un côté,
orthodoxes de l'autre.
La différence entre catholiques et orthodoxes concerne surtout
l'organisation de l'Église, les orthodoxes ne reconnaissant pas l'autorité du
pape sur l'ensemble de l'Église.
Les Églises issues de la
Réforme
Le courant protestant a son origine dans la Réforme instaurée
par Martin Luther au début du
XVIe siècle.
Martin Luther était un moine révolté par les abus de l'Église et proposant une
réinterprétation de la foi chrétienne. Ce courant a donné naissance à de
nombreuses Églises.
Le dialogue œcuménique
La version unioniste de l'œcuménisme est la volonté de bâtir
une Église unique. Ce fut un temps la pensée de l'archevêque d'Uppsala Nathan
Söderblom, prix Nobel de la Paix en 1929]. Mais ce fut d'abord la nécessité
d'une meilleure coopération entre les sociétés bibliques protestantes qui amena,
à la fin du
XIXe siècle, les premières tentatives de
dialogue inter-confessionnel. En 1948, ces dialogues ont donné naissance au
Conseil œcuménique des Églises (COE).
Dès 1927, plusieurs Églises orthodoxes ont participé au
travail œcuménique de la conférence mondiale Foi et Constitution. Elles
ont rejoint en 1961 le COE.
Avec le Concile de Vatican II, en 1962, l'Église catholique
s'est engagée dans le dialogue œcuménique. Elle n'est pas membre du COE pour des
raisons doctrinales (par exemple, depuis la déclaration Dominus Jesus l'Église
catholique ne parle plus d'"Églises" pour les protestants mais parle de
"communautés ecclésiales") et de volonté de primauté. Cela ne l'empêche pas de
participer à divers travaux de dialogue œcuménique, quoique depuis l'élection de
Benoît XVI, elle se situe dans la perspective de Mortalium Animos, encyclique de
1928.