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Jean-Paul SARTRE
(1905 - 1980) |
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L'absence,
c'est Dieu. Dieu, c'est la solitude des hommes.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Serions-nous
muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une
action.
(Situations)
Il
faut affirmer si nous voulons comprendre, et nous donner si nous voulons
sentir.
(Situations)
Il
faut bien tuer ce qu'on aime.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Ceux
qu'on aime, on ne les juge pas.
(Les Séquestrés d'Altona)
L'argent
n'a pas d'idées.
(Nekrassov)
Toute
aventure humaine, quelque singulière qu'elle paraisse, engage l'humanité
entière.
(Saint Genet,
comédien et martyr)
Je
déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux.
(Les Séquestrés d'Altona)
Chaque
homme doit inventer son chemin.
(Les Mouches)
Il est toujours facile d'obéir, si
l'on rêve de commander.
(Situations)
La peur, la mauvaise conscience ont un fumet
délectable pour les narines des Dieux.
(Les Mouches)
La vie humaine commence de l'autre
côté du désespoir.
(Les Mouches)
Le désordre est le meilleur serviteur de l'ordre
établi.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Il n'y a que Dieu. L'homme, c'est
une illusion d'optique.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Quand une fois la liberté a explosé dans une âme
d'homme, les Dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là.
(Les Mouches)
Le geste du don nous sépare des
hommes ; il n'engendre pas la réciprocité.
(Saint Genet,
comédien et martyr)
Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.
(Les Mains sales)
Pas besoin de gril, l'enfer, c'est
les autres.
(Huis clos)
Un homme est toujours au-delà de ce qu'il fait.
(Situations)
L'important n'est pas ce qu'on fait
de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous.
(Saint Genet,
comédien et martyr)
Quand les riches se font la guerre, ce sont les
pauvres qui meurent.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Il suffit qu'un seul homme en
haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l'humanité
entière.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
L'homme est à inventer chaque jour.
(Situations)
La honte ça passe quand la vie est
longue.
(Morts sans
sépulture)
Un intellectuel, pour moi, c'est cela : quelqu'un
qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de
le contester.
(Propos recueilli par
le Nouvel Observateur, 19-25 juin 1968)
Le monde peut fort bien se passer
de la littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux.
(Situations)
On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.
(Les Mouches)
On ne forme pas impunément des
générations en leur enseignant des erreurs qui réussissent.
Qu'arrivera-t-il un jour, si le matérialisme étouffe le projet
révolutionnaire ?
(Situations)
La médiocrité ne s'imite pas.
(Nekrassov)
Un mystique, c'est toujours un
homme qui veut oublier quelque chose.
(Situations)
La vie, c'est une panique dans un théâtre en feu.
(Nekrassov)
Il faut faire en sorte que l'homme
puisse, en toute circonstance, choisir la vie.
(Situations)
Je ferai le bien : c'est encore la meilleure façon
d'être seul.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Le jardinier peut décider de ce qui
convient aux carottes, mais nul ne peut choisir le bien des autres à
leur place.
Plus absurde est la vie, moins supportable est la
mort.
(Les Mots)
La liberté, ce n'est pas de pouvoir
ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on peut.
Je préfère le désespoir à l'incertitude.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Aimer est, dans son essence, le
projet de se faire aimer.
Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses
morts pour de bon.
(Les Mots)
Il est beaucoup
plus facile pour un philosophe d'expliquer un nouveau concept à un autre
philosophe qu'à un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant pose les vraies
questions.
Ne pas choisir, c'est encore choisir.
Un droit n'est jamais que l'autre
aspect d'un devoir.
(La Nausée)
Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut
que je passe par l'autre.
La modestie est la vertu des
faibles.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Je ne connais qu'une Eglise : c'est la société des
hommes.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Dieu est mort, n'entendons pas par
là qu'il n'existe pas, ni même qu'il n'existe plus... Il nous parlait et
il se tait...
(Situations)
Le monde est iniquité ; si tu l'acceptes, tu es
complice, si tu le changes, tu es bourreau.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Le plus lâche des assassins, c'est
celui qui a des remords.
(Les Mouches)
Ceux qui me voient se fient rarement à ma parole :
je dois avoir l'air trop intelligent pour la tenir.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Quand Dieu se tait, on peut lui
faire dire ce que l'on veut.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
L'homme est une passion inutile.
(L'Etre et le néant)
L'intellectuel est quelqu'un qui se
mêle de ce qui ne le regarde pas.
(Plaidoyer pour les
intellectuels)
La possession est une amitié entre l'homme et les
choses.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Est-ce donc nuire aux gens que de
leur donner la liberté d'esprit ?
(Les Mouches)
On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé
quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.
(L'Âge de raison)
Le désir s'exprime par la caresse
comme la pensée par le langage.
(L'Être et le néant)
Quand beaucoup d'hommes sont ensemble, il faut les
séparer par des rites, ou bien ils se massacrent.
(Les Mots)
Un enfant, ce monstre que les
adultes fabriquent avec leurs regrets.
(Les Mots)
Si l'on se bat, on peut être battu.
(Le Diable et le Bon
Dieu)
Ce qui est terrible, ce n'est pas
de souffrir ni de mourir, mais de mourir en vain.
(Situations)
Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le
magique. (Esquisse
d'une théorie des émotions)