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Jean ROSTAND
(1894 - 1977) |
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Qu'il
faut donc aimer quelqu'un pour le préférer à son absence !
(Pensées d'un
biologiste)
Le
coeur ne mène pas si vite à l'absurde que la raison à l'odieux.
(Julien ou Une
conscience)
De
ce que rien n'est intelligible, il ne s'ensuit pas le droit de
conjecturer l'absurde.
(Pensées d'un
biologiste)
Etre
adulte, c'est être seul.
(Pensées d'un
biologiste)
Attendre
d'en savoir assez pour agir en toute lumière, c'est se condamner à
l'inaction.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Aimer
une idée, c'est l'aimer un plus qu'on ne devrait.
(Carnet d'un
biologiste)
La
beauté, en art, n'est souvent que de la laideur matée.
(Pensées d'un
biologiste)
On
tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est
un conquérant. On les tue tous, on est un dieu.
(Pensées d'un
biologiste)
Pour
ceux qui ont l'austérité trop facile, le devoir peut être dans le
plaisir.
(Carnet d'un
biologiste)
Il est affreux de voir revenir avec
des couleurs d'avenir tout ce qu'on détestait dans le passé.
(Carnet d'un
biologiste)
L'odieux de la mauvaise foi, c'est qu'elle finit
par donner mauvaise conscience à la bonne foi.
(Carnet d'un
biologiste)
Certitude, servitude.
(Carnet d'un
biologiste)
On n'est pas vieux tant que l'on cherche.
(Carnet d'un
biologiste)
Chaque fois que nous entendrons
dire : de deux choses l'une, empressons-nous de penser que, de deux
choses, c'est vraisemblablement une troisième.
(Esquisse d'une
histoire de la biologie)
J'essaie de donner mauvaise conscience à mon
désespoir.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Les injustes dédains nous poussent
à briguer d'indignes estimes.
(Pensées d'un
biologiste)
La faiblesse des démocraties, c'est qu'il leur
faille, trop souvent, se renier pour survivre.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Dieu, ce dépotoir de nos rêves.
(Carnet d'un
biologiste)
J'ai fini par acquérir durablement le sentiment de
l'éphémère.
(Carnet d'un
biologiste)
Il m'arrive de me demander si deux
erreurs qui se combattent ne sont pas plus fécondes qu'une vérité qui
régnât sans conteste.
(Pensées d'un
biologiste)
L'homme, ce singe dénaturé.
(Pensées d'un
biologiste)
Il est des écrivains si suspects
qu'ils arriveraient à nous faire prendre des lanternes pour des vessies.
(Pensées d'un
biologiste)
Je demande à un livre de créer en moi le besoin de
ce qu'il m'apporte.
(Carnet d'un
biologiste)
Ce que tu redoutes n'arrivera pas,
il arrivera pire.
(Pensées d'un
biologiste)
Un mensonge peut être moins mensonger qu'une vérité
bien choisie.
(Pensées d'un
biologiste)
Bon gré mal gré, l'on vit de ce que
l'on nie.
(Pensées d'un
biologiste)
Je me sens très optimiste quant à l'avenir du
pessimisme.
(Carnet d'un
biologiste)
Réfléchir, c'est déranger ses
pensées.
(Pensées d'un
biologiste)
Il est dans la tolérance un degré qui confine à
l'injure.
(Pensées d'un
biologiste)
Sortant de certaines bouches, la
vérité elle-même a mauvaise odeur.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
La seule chose qu'on ne peut embellir sans qu'elle
en périsse, c'est la vérité.
(Pensées d'un
biologiste)
Ce qui ôte au vice un peu de sa
dignité, c'est qu'il est toujours, par quelque endroit, le parasite de
la vertu.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Deux époux doivent se garder de se quereller quand
ils ne s'aiment plus assez pour les réconciliations.
(Pages d'un
moraliste)
A ceux qui manquent d'opinion
profonde, il est aisé de se choisir, à tout moment, la mieux accordée au
réel.
La science fait de nous des dieux avant même que
nous méritions d'être des hommes.
Ambition : une bulle de savon qui
voudrait être un peu plus grosse au moment où elle crèvera.
La seule liberté que nous concède la vie, c'est de
choisir nos remords.
Nous réservons notre indulgence aux
vices qui ne nous tentent pas.
(Journal d'un
caractère)
L'enfer, c'est quand tout sera parfait.
Je vois beaucoup de gens qui ont la
maturité politique, j'en vois moins qui ont la maturité humaine.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Le fanatisme, toujours serviteur du faux. Même au
service du vrai, il serait haïssable.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Pour frayer une sentier nouveau, il
faut être capable de s'égarer.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
On gagne plus à avoir aimé qu'à avoir compris.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Le bonheur est moins absorbant que
la plus petite des souffrances.
(Pages d'un
moraliste)
Tout ce que nous pouvons pour nos enfants, c'est de
bien choisir leur mère.
(Pensées d'un
biologiste)
Il est odieux de défendre et
risible de critiquer une société dont on profite.
(Pages d'un
moraliste)
Le véritable travail, c'est de savoir attendre.
(Pages d'un
moraliste)
Mieux vaut obéir sciemment à ses
passions qu'avilir sa raison à les justifier.
(Pages d'un
moraliste)
On peut choisir son régiment, mais partout il faut
marcher au pas.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
L'écrivain souhaite des lecteur qui
lui ressemblent et lui soient tout juste inférieurs : à son image, mais
plus naïfs.
(De la vanité)
Ceux qui prétendent que l'injustice est inévitable
oublient qu'elle ne l'est que parce que trop de gens leur ressemblent.
(Julien ou Une
conscience)
Il suffit parfois d'aimer un peu
moins ce qu'on aime pour éviter de le haïr.
(Deux angoisses)
Il y a des chefs-d'oeuvre si fastidieux qu'on
admire qu'il se soit trouvé quelqu'un pour les écrire.
(Pensées d'un
biologiste)
Il est plus facile de mourir pour
ce qu'on croit que d'y croire un peu moins.
(Pensées d'un
biologiste)
Un ami, c'est quelqu'un qui a plus de crédit que
personne quand il dit du mal de nous.
(Journal d'un
caractère)
On ment dès qu'on élève la voix.
(Pages d'un
moraliste)
C'est encore croire en soi que de douter de soi.
(De la vanité)
Qui ne demande rien, c'est qu'il
attend tout.
(Pages d'un
moraliste)
Qui ne s'élève contre toutes les guerres ne
s'élèvera jamais contre aucune.
(Pages d'un
moraliste)
Ce n'est pas le goût du luxe qui
est condamnable, mais le sentiment d'y avoir droit.
(De la vanité)
Le génie artistique peut consister à faire accepter
l'inacceptable.
(Carnet d'un
biologiste)
Tant qu'on entend gémir la liberté,
c'est qu'on n'a pas trop à s'alarmer pour elle.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Nous nous sentons haussé par la louange, d'aussi
bas qu'elle vienne.
(De la vanité)
Il ne faut pas oublier que le
premier devoir, dans le mariage, est de se faire pardonner d'être là.
(Pages d'un
moraliste)
Plus on aime, plus on aurait besoin d'être celui
des deux qui aime le moins.
(Pages d'un
moraliste)
On ne peut jamais se reposer sur
l'amour - et c'est pourtant sur lui que tout repose.
(Carnet d'un
biologiste)
Le coeur réclame une femme ; les sens plusieurs ;
l'orgueil toutes.
(Pages d'un
moraliste)
L'homme est devenu trop puissant
pour se permettre de jouer avec le mal. L'excès de sa force le condamne
à la vertu.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Avoir l'esprit ouvert n'est pas l'avoir béant à
toutes les sottises.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Un bon mariage serait celui où l'on
oublierait, le jour, qu'on est amants, la nuit, qu'on est époux.
(Pages d'un
moraliste)
Moins on croit en Dieu, plus on comprend que
d'autres y croient.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Tant qu'il y aura des dictatures,
je n'aurai pas le coeur à critiquer une démocratie.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Le masculin est mêlé de féminité, le féminin est
pur.
(Inquiétudes d'un
biologiste)
Tous les espoirs sont permis à
l'homme, même celui de disparaître.
(Pensées d'un
biologiste)
Il n'y a pas de bonheur intelligent.
(Pensées d'un
biologiste)