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Blaise PASCAL
(1623 - 1662) |
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L'affection
ou la haine change la justice de face.
(Pensées, 82 [éd.
Brunschvicg])
Peu
de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige.
(Pensées, 136
[éd. Brunschvicg])
Qu'une
vie est heureuse quand elle commence par l'amour et qu'elle finit par
l'ambition.
(Discours sur les
passions de l'amour)
Dans
une grande âme, tout est grand.
(Discours sur les
passions de l'amour)
L'art
de persuader consiste autant en celui d'agréer qu'en celui de
convaincre.
(De l'esprit
géométrique)
L'homme
n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait
la bête.
(Pensées, 358
[éd. Brunschvicg])
Voulez-vous
qu'on croie du bien de vous ? N'en dites pas.
(Pensées, 44 [éd.
Brunschvicg])
D'où
vient qu'un boiteux ne nous irrite pas, et un esprit boiteux nous irrite
? A cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit
boiteux dit que c'est nous qui boitons.
(Pensées, 80 [éd.
Brunschvicg])
Etrange
zèle, qui s'irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques, et non
pas contre ceux qui les commettent !
(Les Provinciales)
Tout le malheur des hommes vient
d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos, dans une
chambre.
(Pensées, 139
[éd. Brunschvicg])
Les rivières sont des chemins qui marchent et qui
portent où l'on veut aller.
(Pensées, 17 [éd.
Brunschvicg])
(Dieu) Console-toi, tu ne me chercherais
pas si tu ne m'avais trouvé.
(Pensées, 553
[éd. Brunschvicg])
Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court,
toute la face de la terre aurait changé.
(Pensées, 162
[éd. Brunschvicg])
La multitude qui ne se réduit pas à
l'unité est confusion ; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est
tyrannie.
(Pensées, 871
[éd. Brunschvicg])
Qu'il y a loin de la connaissance de Dieu à l'aimer
!
(Pensées, 280
[éd. Brunschvicg])
Ni la contradiction n'est marque de
fausseté, ni l'incontradiction n'est marque de vérité.
(Pensées, 384
[éd. Brunschvicg])
C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison.
Voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au coeur, non à la raison.
(Pensées, 278
[éd. Brunschvicg])
Le coeur a ses raisons que la
raison ne connaît point ; on le sait en mille choses.
(Pensées, 277
[éd. Brunschvicg])
Que le coeur de l'homme est creux et plein d'ordure
!
(Pensées, 143
[éd. Brunschvicg])
Divertissement. Les hommes n'ayant
pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se
rendre heureux, de n'y point penser.
(Pensées, 168
[éd. Brunschvicg])
Qu'on laisse un roi tout seul, sans aucune
satisfaction des sens, sans aucun soin de l'esprit, sans compagnie,
penser à lui tout à loisir ; et l'on verra qu'un roi sans divertissement
est un homme plein de misères.
(Pensées, 142
[éd. Brunschvicg])
Personne ne parle en notre présence
comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes
n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie.
Les hommes ont mépris pour la religion. Ils ont
haine et peur qu'elle soit vraie.
(Pensées sur la
religion)
La connaissance de Dieu sans celle
de sa misère fait l'orgueil. La connaissance de sa misère sans celle de
Dieu fait le désespoir.
(Pensées, sur la
religion)
Il n'y a de bien en cette vie que l'espérance d'une
autre vie.
(Pensées)
Il est bien plus beau de savoir
quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette
universalité est la plus belle.
(Pensées, 37 [éd.
Brunschvicg])
Curiosité n'est que vanité. Le plus souvent, on ne
veut savoir que pour en parler.
(Pensées sur la
religion)
Qu'est-ce que l'homme dans la
nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un
milieu entre rien et tout.
(Pensées, 72 [éd.
Brunschvicg])
Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêchent
l'esprit.
Pensée fait la grandeur de l'homme.
(Pensées, 346
[éd. Brunschvicg])
Peu de gens parlent du doute en doutant.
(Pensées)
Il n'est pas honteux pour l'homme
de succomber sous la douleur et il est honteux de succomber sous le
plaisir.
(Pensées)
Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne
sont pas justes, car il n'y obéit qu'à cause qu'il les croit justes.
(Pensées)
La vraie et unique vertu est de se
haïr.
(Pensées)
Tout notre raisonnement se réduit à céder au
sentiment.
(Pensées)
Si tous les hommes savaient ce que
disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde.
(Pensées)
Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité
au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà.
(Pensées, 294
[éd. Brunschvicg])
L'éloquence continue ennuie.
(Pensées, 355
[éd. Brunschvicg])
La justice sans force est impuissante, la force
sans la justice est tyrannique.
(Pensées, 298
[éd. Brunschvicg])
La grandeur de l'homme est grande
en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
(Pensées, 397
[éd. Brunschvicg])
Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quel
nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel
prodige ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du
vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers.
(Pensées, 434
[éd. Brunschvicg])
Il n'y a que deux sortes d'hommes :
les uns justes, qui se croient pécheurs ; les autres pécheurs, qui se
croient justes.
(Pensées, 534
[éd. Brunschvicg])
Le moi est haïssable.
(Pensées, 455
[éd. Brunschvicg])
Travaillons donc à bien penser :
voilà le principe de la morale.
(Pensées, 347
[éd. Brunschvicg])
La vraie éloquence se moque de l'éloquence, la
vraie morale se moque de la morale.
(Pensées, 4 [éd.
Brunschvicg])
Diseur de bons mots, mauvais
caractère.
(Pensées, 46 [éd.
Brunschvicg])
Se moquer de la philosophie, c'est vraiment
philosopher.
(Pensées, 4 [éd.
Brunschvicg])
Nous courons sans souci dans le
précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous
empêcher de le voir.
(Pensées, 183
[éd. Brunschvicg])
Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la
raison.
(Pensées, 253
[éd. Brunschvicg])
La dernière démarche de la raison
est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent.
(Pensées, 267
[éd. Brunschvicg])
On se persuade mieux, pour l'ordinaire, par les
raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans
l'esprit des autres.
(Pensées, 10 [éd.
Brunschvicg])
Combien de royaumes nous ignorent !
(Pensées, 207
[éd. Brunschvicg])
Cromwell allait ravager toute la chrétienté ; la
famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un
petit grain de sable qui se mit dans son uretère.
(Pensées, 176
[éd. Brunschvicg])
Ce que peut la vertu d'un homme ne
se doit pas mesurer par ses efforts, mais par son ordinaire.
(Pensées, 352
[éd. Brunschvicg])
Quelle religion nous enseignera donc à guérir
l'orgueil et la concupiscence ?
(Pensées sur le
religion)
C'est être malheureux que de
vouloir et ne pouvoir.
(Pensées sur la
religion)
Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne
servirait pas à trouver le vrai cela au moins sert à régler sa vie, et
il n'y a rien de plus juste.
(Pensées sur la
religion)
Il ne faut pas moins de capacité
pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout.
(Pensées sur la
religion)
Nous disposant toujours à être heureux, il est
inévitable que nous ne le soyons jamais.
(Pensées sur la
religion)
Comme la mode fait l'agrément aussi
fait-elle la justice.
(Pensées sur la
religion)
Deux choses instruisent l'homme de toute sa nature
: l'instinct et l'expérience.
(Pensées)
Il n'est pas bon d'être trop libre.
(Pensées)
Les belles actions cachées sont les plus
estimables.
(Pensées)
L'extrême esprit est accusé de
folie, comme l'extrême défaut... C'est sortir de l'humanité que de
sortir du milieu.
(Pensées)
Les hommes se gouvernent plus par caprice que par
raison.
(Pensées)
C'est une maladie naturelle à
l'homme de croire qu'il possède la vérité.
(Pensées)
La seule chose qui nous console de nos misères est
le divertissement et c'est pourtant la plus grande de nos misères.
(Pensées)
La force est la reine du monde et
non pas l'opinion, mais l'opinion est celle qui use de la force.
(Pensées)
Notre raison est toujours déçue par l'inconstance
des apparences.
(Pensées)
La raison nous commande bien plus
impérieusement qu'un maître ; car en désobéissant à l'un on est
malheureux, et en désobéissant à l'autre on est sot.
(Pensées)
Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai
mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.
(Pensées)
Le plaisir des grands est de
pouvoir faire des heureux.
(Pensées)
Douter de Dieu, c'est y croire.
(Pensées)
Dieu. Les uns craignent de le
perdre, les autres craignent de le trouver.
(Pensées)
L'éloquence est une peinture de la pensée ; ceux
qui après avoir peint, ajoutent encore, font un tableau au lieu d'un
portrait.
(Discours sur les
passions de l'amour)
L'homme qui n'aime que soi ne hait
rien tant que d'être seul.
(Pensées)
L'amour n'a point d'âge : il est toujours naissant.
(Discours sur les
passions de l'amour)
Quand on aime, il semble que l'on
ait une toute autre âme que quand on n'aime pas !
(Pensées)
L'homme est né pour le plaisir : il le sent, il
n'en faut point d'autre preuve.
(Discours sur les
passions de l'amour)
On aime mieux la chasse que la
prise.
(Pensées)
S'ils sont plus grands que nous... ils ont les
pieds aussi bas que les nôtres.
(Pensées)
Dieu est une sphère infinie, dont
le centre est partout et la circonférence nulle part.
(Pensées)
La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur
l'autre.
(Pensées)
L'homme est un roseau, le plus
faible de la nature, mais c'est un roseau pensant.
(Pensées)