|
|
.
Louis de BONALD
(1754 - 1840) |
|
|
|
Il
y a des gens qui ne savent pas perdre leur temps tout seuls : ils sont
le fléau des gens occupés.
Les
hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs
pensées à l'avenir, trouvent difficilement place dans le présent.
(Lettre à Joseph
Maistre)
Toutes
les fois qu'on attend le retour de l'ordre, on ne peut se tromper que
sur la date.
Les
orgueils blessés sont plus dangereux que les intérêts lésés.
L'homme
est une intelligence servie par des organes.
Ce
ne sont pas les gens riches qui oppriment le peuple, mais ceux qui
veulent le devenir.
(Pensées)
On
a sans doute de bonnes raisons pour ne pas croire en Dieu ; mais il en
faut de meilleures pour le dire.
Dans
les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas
de faire son devoir, mais de le connaître.
(Considérations sur
la Révolution française)
Des
sottises faites par des gens habiles ; des extravagances dites par des
gens d'esprit ; des crimes commis par d'honnêtes gens... voilà les
révolutions.
(Pensées sur divers
sujets)
On peut être modéré avec des
opinions extrêmes.
Tout ce qui doit durer est lent à croître.
L'homme naît perfectible, l'animal
naît parfait.
Rapprocher les hommes n'est pas le plus sûr moyen
de les réunir.
L'homme a plus de prévoyance à
mesure qu'il a moins de mémoire.
La suffisance n'exclut pas le talent, mais elle le
compromet.
L'homme n'est riche que de la
modération de ses désirs.
(Pensées)
Dieu commande à l'homme de pardonner, mais en
prescrivant à la société de punir.
L'instruction des hommes a dû
commencer par des proverbes et doit finir par des pensées.
Premiers sentiments, secondes pensées, c'est, dans
les deux genres, ce qu'il y a de meilleur.
Un homme peut n'être pas l'égal
d'un autre homme, mais il est toujours son semblable.
L'homme désire plus vivement le pouvoir sur les
autres, à mesure qu'il en a moins sur lui-même.
Il faut, quand on gouverne, voir
les hommes tels qu'ils sont et les choses telles qu'elles devraient
être.
Dans une société bien réglée, les bons doivent
servir de modèle et les méchants d'exemple.
(Maximes et pensées)
Depuis l'Evangile jusqu'au Contrat
Social, ce sont les livres qui ont fait les révolutions.
(Mélanges
littéraires, politiques et philosophiques)
L'homme n'existe que par la société et la société
ne le forme que pour elle.
(Théorie du pouvoir
politique et religieux)
La révolution a commencé par la
déclaration des droits de l'homme : elle ne finira que par la
déclaration des droits de Dieu.
(Législation
primitive)