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Christian BOBIN
(1951 - ) |
Christian Bobin, écrivain et poète
français, est né d'un père dessinateur à l’usine
Schneider et d'une mère calqueuse, le 24 avril 1951
au Creusot en Bourgogne, Saône-et-Loire, où il
demeure.
Enfant, il était
solitaire et aimait la compagnie des livres. Son
cursus, ses goûts et dispositions le mèneront à
étudier la philosophie. Ses premiers textes,
caractérisés par leur brièveté et se situant entre
l'essai et la poésie, datent des années 1980.
Christian Bobin est à
l'aise dans ce qu'il appelle le «fragment»,
ses ouvrages tenant à la fois ou séparément du
roman, du journal et de la poésie en prose. C'est
une écriture minimaliste, faite de petits tableaux
représentatifs d’un moment. Il parvient à toucher le
lecteur avec des mots simples, parmi lesquels celui
de lumière revient souvent, pour instaurer un
climat apaisé et serein loin de la violence du
quotidien.
Connaissant un large
succès à partir, notamment, d' Une petite robe de
fête (1991), il reste un auteur assez discret, «amoureux
du silence et des roses», fuyant volontiers le
milieu littéraire. En 1992, il publie Le Très-Bas,
consacré à saint François d’Assise, suivi en 1996 de
La plus que vive, un hommage à son amie
Ghislaine, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme.
Il a publié en 2007 La Dame blanche, chez
Gallimard.
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source
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Qui
n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour.
(Une petite robe de
fête)
Désespoir,
amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la
jeunesse pour lui, avec lui.
(La plus que vive)
Peu
de livres changent une vie. Quand il la changent c'est pour toujours.
(La plus que vive)
Un
livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute
cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître.
L'humour,
à l'inverse de l'ironie, est une manifestation de la générosité :
sourire de ce qu'on aime c'est l'aimer deux fois plus.
La
maladie est une réponse, une pauvre réponse que l'on invente à une
souffrance.
(La plus que vive)
Vous
reconnaissez vos amis à ce qu'ils vous empêchent d'être seul, à ce
qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre.
(L'Inespérée)
Impossible
de parler de Dieu sans prononcer aussitôt une quantité invraisemblable
de bêtises. On ne peut rien dire de Dieu, seulement parler avec lui, en
lui.
(Autoportrait au
radiateur)
Le
renoncement est le fruit de tout apprentissage.
(Lettres d'or)
Rien n'est plus contagieux que la
liberté.
(Tout le monde est
occupé)
Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître.
(Le Très-Bas)
La joie est la matière la plus rare
en ce monde.
(La plus que vive)
N'importe quoi peut servir de Dieu quand Dieu
manque.
(Le Très-Bas)
Il est parfois nécessaire de se
taire pour délivrer une parole juste.
(L'Inespérée)
Les hommes c'est comme tout le monde, les femmes
c'est comme personne.
(L'Inespérée)
Le génie est composé d'amour,
d'enfance et encore d'amour.
(La plus que vive)
Les enfants, ce n'est pas sorcier, ça pousse à
travers nos erreurs.
(La plus que vive)
Plus on s'approche de la lumière,
plus on se connaît plein d'ombres.
(La plus que vive)
Les livres, pour les effacer, il suffit de ne
jamais les ouvrir.
(Tout le monde est
occupé)
Dans le monde de l'esprit, c'est en
faisant faillite que l'on fait fortune.
(Le Très-Bas)
L'enfance est une chose étrange, à la fois adorable
et exténuante, un trésor et un chaos.
(Geai)
Est beau tout ce qui s'éloigne de
nous, après nous avoir frôlés.
(Le huitième jour de
la semaine)
Voir, entendre, aimer. La vie est un cadeau dont je
défais les ficelles chaque matin, au réveil.
(Geai)
Le besoin de créer est dans l'âme
comme le besoin de manger est dans le corps.
(La folle allure)
L'enfance est ce que le monde abandonne pour
continuer d'être monde.
(Mozart et la pluie)
Nous sommes faits de cela, nous ne
sommes faits que de ceux que nous aimons et de rien d'autre.
(L'Inespérée)
Les secrets sont des piments sur le bout de la
langue. Tôt ou tard ils mettent la bouche en feu.
(Geai)
Le bout du monde et le fond du
jardin contiennent la même quantité de merveilles.
(Tout le monde est
occupé)
Quand on aime quelqu'un, on a toujours quelque
chose à lui dire ou à lui écrire, jusqu'à la fin des temps.
(Geai)
On peut se laisser dépérir dans le
manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie.
(La plus que vive)
Ceux qui ne lisent pas forment un peuple taciturne.
Les objets leur tiennent lieu de mots.
(Une petite robe de
fête)
Il y a quelque chose de calmant
dans la philosophie, une manière de parler du vivant comme si on était
mort.
(La plus que vive)
Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons
même pas la terre. Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie
demeure.
(La plus que vive)