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Ambrose BIERCE
(1842 - 1914) |
Ambrose Gwinnet Bierce est un
écrivain et journaliste américain, né le 24 juin
1842 et décédé aux environs de 1914. Il est
essentiellement connu comme l'auteur du
"Dictionnaire du Diable"
et de nouvelles désespérées.
Il est âgé de 19 ans
lorsque la Guerre de Sécession éclate. Il s'engage
dans le neuvième régiment de volontaires d'Indiana
et devient officier dans le camp des
anti-esclavagistes. Il est promu lieutenant en 1863
et démobilisé en 1865, à la fin de la guerre. Son
expérience des combats et les images de carnages
influenceront tous ses futurs écrits.
Il émigre vers l'Ouest
et travaille au News-Letter & California
Advertiser de San Francisco où il tient une
rubrique satirique. Il acquiert une solide
réputation de plume acerbe et devient rédacteur en
chef à 26 ans. Il se marie en 1871, et publie sa
première nouvelle la même année, puis part chercher
fortune en Angleterre. Son séjour frise l'échec et
il rentre amer aux États-Unis en 1875. Rédacteur au
journal Wasp à partir du 1881, il y publie
ses premières définitions qui vont constituer son
futur Dictionnaire du Diable, publié en 1906.
Il est moins heureux
dans sa vie privée : son premier fils se suicide en
1889, il quitte sa femme en 1891 et son deuxième
fils décède en 1901 des suites de son alcoolisme.
On ne connaît pas avec
précision la date ni les circonstances de sa mort.
Il était allé rejoindre les rangs de la révolution
mexicaine à 71 ans et n'a jamais été revu.
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source
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Patience. Forme mineure
de désespoir, déguisée en vertu.
(Le dictionnaire du
Diable)
Bruit.
Puanteur dans l'oreille. Musique non domestiquée. Produit
principal et signe authentique de civilisation.
(Le dictionnaire du
Diable)
Destinée. Justification du Tyran pour ses crimes, excuse de
l'imbécile pour ses échecs.
(Le dictionnaire du
Diable)
La recrue
est celui qui se distingue d'un civil par son uniforme et du
soldat par sa démarche.
Vénération. Attitude spirituelle d'un homme à l'égard de Dieu,
et d'un chien à l'égard de l'homme.
(Le dictionnaire du
Diable)
Le
mariage est une communauté composée d'un maître, d'une
maîtresse et de deux esclaves, ce qui fait en tout deux
personnes.
Les calamités sont de
deux ordres : le malheur qui nous atteint et le coup de chance
qui arrive aux autres.
Bigamie.
Faute de goût pour laquelle il sera infligé une punition
future appelée trigamie.
(Le dictionnaire du
Diable)
Débauché. Personne qui
s'est mise de si bonne heure à la poursuite du plaisir qu'elle
a eu l'infortune de le rattraper.
(Le dictionnaire du
Diable)
Education.
Ce qui révèle aux sages et dissimule aux sots leur manque de
compréhension.
(Le dictionnaire du
Diable)
Qu'est-ce qu'un abstinent
après tout ? Un faible qui cède à la tentation de se refuser
au plaisir.
Longévité. Prolongation peu commune de la crainte de la mort.
(Le dictionnaire du
Diable)
Ce qui vaut la peine
d'être fait vaut la peine qu'on demande à quelqu'un d'autre de
le faire.
La
persévérance est une vertu obscure qui permet à la médiocrité
d'obtenir un succès sans gloire.
Le mouchoir est utile aux
enterrements pour cacher l'absence de larmes.
En
diplomatie, l'ultimatum est la dernière exigence avant les
concessions.
Imagination. Entrepôt
d'idées dont le poète et le menteur sont copropriétaires.
(Le dictionnaire du
Diable)
Bravos.
Monnaie avec laquelle la populace paie ceux qui flattent et la
dévore. (Le
dictionnaire du Diable)
Savoir. Forme d'ignorance
qui distingue les studieux.
(Le dictionnaire du
Diable)
Félicitations. Politesse de la jalousie.
(Le dictionnaire du
Diable)
Logique. Art de penser et
de raisonner en strict accord avec les limitations et les
incapacités de l'humaine incompréhension.
(Le dictionnaire du
Diable)
Ruse. Ce
qui tient lieu de cervelle aux imbéciles.
(Le dictionnaire du
Diable)
Respectabilité. Fruit des
amours entre un crâne dégarni et une bonne situation
financière.
(Le dictionnaire du
Diable)
Médire.
Faire le portrait d'un homme comme il est, quand il n'est pas
là. (Le
dictionnaire du Diable)
Un spécialiste, c'est
quelqu'un qui sait tout sur quelque chose et rien sur tout le
reste. (Le
dictionnaire du Diable)
Cerveau.
Appareil avec lequel nous pensons que nous pensons.
(Le dictionnaire du
Diable)
Consolation. Lorsque l'on
constate qu'un homme meilleur est plus infortuné que soi.
(Le dictionnaire du
Diable)
Impiété.
Votre irrévérence envers mon dieu.
(Le dictionnaire du
Diable)
Immigrant. Individu mal
informé qui pense qu'un pays est meilleur qu'un autre.
(Le dictionnaire du
Diable)
Plébiscite. Vote populaire destiné à bien établir l'autorité
du souverain.
(Le dictionnaire du
Diable)
Amitié : bateau
suffisamment grand pour transporter deux personnes quand il
fait beau, mais une seule en cas de mauvais temps.
(Le dictionnaire du
Diable)
Bonheur.
Agréable sensation qui naît de la contemplation de la misère
d'autrui.
(Le dictionnaire du
Diable)
Paresse. Suspension
d'activité tout à fait injustifiée chez un subalterne.
(Le dictionnaire du
Diable)
Politique. Lutte d'intérêts déguisés en débat de grands
principes. Conduite d'affaires publiques pour un avantage
privé. (Le
dictionnaire du Diable)
Egoïste. Dénué de respect
pour l'égoïsme des autres.
(Le dictionnaire du
Diable)
Imposteur. Candidat rival à des honneurs publics.
(Le dictionnaire du
Diable)
Jeunesse. L'âge du
possible. (Le
dictionnaire du Diable)
Pauvre.
Individu qui avait mis sa confiance dans le soutien de ses
amis. (Le
dictionnaire du Diable)
Vanité. L'hommage d'un
imbécile aux qualités d'un âne très intime.
(Le dictionnaire du
Diable)