|
|
.
Pierre-Augustin Caron de
BEAUMARCHAIS
(1732 - 1799) |
Pierre-Augustin Caron de
Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 et mort le 18
mai 1799 à Paris, est un écrivain et dramaturge
français qui fut l’une des figures emblématiques du
siècle des Lumières.
Il se marie en 1756 avec Madame
Aubertin, de près de dix ans son aînée ; celle-ci
décède un an plus tard. On le soupçonne de l'avoir
tuée et c'est l'occasion du premier de la longue
suite de procès et de scandales qui marqueront son
existence. Son sens de l'intrigue et des affaires,
son fort pouvoir de séduction, lui permettent de
gagner les faveurs de la Cour. Il se lance dans les
spéculations commerciales qui vont très vite le
placer à la tête d'une grande fortune. Il commence
alors à écrire des petites parades pour des théâtres
privés. En 1768, il épouse Madame Wattebled qui
décède en 1770, à 39 ans, laissant une importante
fortune. Beaumarchais est accusé de détournement
d'héritage. En 1774, il fait la connaissance de
Marie-Thérèse Willermaulaz qui devient sa troisième
épouse en 1786.
Il se fait
progressivement une grande réputation par ses
malicieux mémoires judiciaires et par des pièces de
théâtre pleines de verve et d'originalité, mais
d'une hardiesse inouïe. Il finance la première
édition des œuvres de
Voltaire et dépense
dans cette entreprise des sommes considérables. Il
milite au sein de la
Société des auteurs et
compositeurs dramatiques
(SACD), fondée en 1777 à son initiative, et
obtient la reconnaissance des droits d'auteurs.
En 1790, il se rallie à
la Révolution française, et on le nomme membre
provisoire de la Commune de Paris. Mais il quitte
bientôt les affaires publiques pour se livrer à de
nouvelles spéculations qui le ruinent presque. Il
devient suspect lors de la Convention et est
emprisonné à l'Abbaye sous la Terreur. Il échappe à
l'échafaud et s'exile à Hambourg (Allemagne) puis
revient en France en 1796. Il écrit ses Mémoires,
chef-d'œuvre de pamphlet, et meurt à Paris le 18 mai
1799 d'apoplexie.
-
source
- |
|
|
Prouver que j'ai raison
serait accorder que je puis avoir tort.
De toutes
les choses sérieuses, le mariage est la plus bouffonne...
Je me presse de rire de
tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.
L'amour
n'est que le roman du coeur : c'est le plaisir qui en est
l'histoire.
Ce
qu'on nomme passion n'est autre chose qu'un désir irrité par
la contradiction.
L'ennui
n'engraisse que les sots.
Il est doux d'être aimé
pour soi-même.
Médiocre
et rampant, et l'on arrive à tout.
Boire sans soif et faire
l'amour en tout temps, madame, il n'y a que ça qui nous
distingue des autres bêtes.
Après le
bonheur de commander aux hommes, le plus grand honneur
n'est-il pas de les juger ?
Les femmes sont comme les
girouettes : quand elles se fixent, elles se rouillent.
Quel
diable d'homme, et qu'il est contrariant ! Il dit du bien de
tout le monde !
En occupant les autres de
leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt
d'autrui.
Sans la
liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur.
(Le Mariage de
Figaro, V, 3)
Ce que les femmes aiment
le plus, c'est d'être louées pour des talents qu'elles n'ont
pas.
La
sottise et la vanité sont compagnes inséparables.
Aujourd'hui, ce qui ne
vaut pas la peine d'être dit, on le chante.
Pour
obtenir une femme qui le veut bien, il faut la traiter comme
si elle ne le voulait pas.
Toute vérité n'est pas
bonne à croire.
Ne
pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant.
En fait d'amour, trop
n'est pas même assez.
Posséder
est peu de chose ; c'est jouir qui rend heureux.
Pour gagner du bien, le
savoir-faire vaut mieux que le savoir.
On ne
s'intéresse guère aux affaires des autres que lorsqu'on est
sans inquiétude pour les siennes.
On n'est compatissant que
pour les maux qu'on éprouve soi-même.
Quand le déshonneur est
public, il faut que la vengeance le soit aussi.
Les maximes constituent
la sagesse des nations.
Quand on
cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.
Feindre d'ignorer ce
qu'on sait, de savoir tout ce que l'on ignore... voilà toute
la politique.
La
difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité
d'entreprendre.
Fiez-vous à tout le
monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour
vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons
valets pour les y aider.
Une
bourse d'or me paraît toujours un argument sans réplique.
Dans le vaste champ de
l'intrigue, il faut savoir tout cultiver, jusqu'à la vanité
d'un sot.
La
colère, chez les bons coeurs, n'est qu'un besoin pressant de
pardonner.
Ambitieux par vanité,
laborieux par nécessité, mais paresseux... avec délices !
La
jalousie n'est qu'un sot enfant de l'orgueil, ou c'est la
maladie d'un fou.