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Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
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Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dit
TALLEYRAND
   (1754 - 1838)
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Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément nommé Talleyrand, est un homme politique et un diplomate français, né le 2 février 1754 et mort le 17 mai 1838, à Paris.

Agissant la plupart du temps comme un homme d'influence, diplomate ou conseiller, il est réputé pour son esprit et son intelligence, menant une vie entre l'Ancien Régime et le XIXe siècle. Décrit comme le « diable boiteux », un traître plein de vices et de corruption, ou comme un homme des Lumières fidèle à la France, soucieux d'harmonie et de raison, admiré ou détesté par ses contemporains, il suscite de nombreux portraits et commentaires posthumes.

 

Biographie

Sa famille, les Talleyrand-Périgord, est issue de la haute noblesse. Ses parents, Charles-Daniel, comte de Talleyrand-Périgord, et Alexandrine de Damas d'Autigny, occupent des charges importantes durant le règne de Louis XV, mais sont peu argentés au vu de leur rang. Charles-Maurice est le neveu d'Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord (1736-1821), archevêque de Reims, cardinal et archevêque de Paris.

Dès sa naissance, Talleyrand est remis à une nourrice qui le garde quatre ans chez elle, contrairement à ses frères. Vers l'âge de quatre ans, un mauvaise chute lui occasionne un handicap à la jambe (des historiens contestent cette affirmation de Talleyrand, affirmant qu'il était pied bot de naissance), ce qui lui interdit l'accès aux fonctions militaires et incite ses parents à le priver de son droit d'aînesse et à le destiner plutôt à une carrière ecclésiastique.

Sa relégation au profit de son frère — Archambault,  qui effectue un splendide mariage avec une riche héritière issue de la noblesse de robe — peut expliquer pourquoi Talleyrand milita plus tard pour l'égalité de répartition des patrimoines et, donc, la suppression du droit d'aînesse.

A huit ans, il est envoyé au collège d'Harcourt (futur Lycée Saint-Louis) puis chez son oncle archevêque, qui l'incite à embrasser la carrière ecclésiastique. Il obtempère.

En 1769, âgé de quinze ans, il entre au séminaire Saint-Sulpice, où, selon ses mémoires, il fait preuve de mauvaise humeur et se retranche dans la solitude.

Le 28 mai 1774, il reçoit les ordres mineurs. Le 22 septembre 1774, il obtient un baccalauréat en théologie à la Sorbonne, acquis grâce à sa naissance plutôt qu'à son travail, puisque son directeur de thèse, Charles Mannay, rédige sa thèse. À 21 ans, le 1er avril 1775, il reçoit les premiers ordres, en dépit de ses avertissements : « On me force à être ecclésiastique, on s'en repentira ». Le 3 mai, il devient chanoine de la cathédrale de Reims, puis le 3 octobre abbé commendataire de Saint-Denis de Reims, ce qui lui assure un revenu confortable.

Le 11 juin 1775, il assiste au sacre de Louis XVI. Le 18 décembre 1779, aucun membre de sa famille n'est présent pour son ordination, il a 26 ans.

L'année suivante, au printemps 1780, il devient, grâce à son oncle, agent général du clergé de France ; il est chargé de défendre les biens de l'Église face aux besoins d'argent de Louis XVI. Grâce à cette fonction, il s'initie aux affaires et à la diplomatie, prend connaissance de l'étendue de la richesse du clergé et noue de nombreuses relations parmi les hommes d'influence de l'époque.

Il fréquente et anime les salons libéraux proches des Orléans et noue de nombreuses relations. Installé rue de Bellechasse, il a pour voisin Mirabeau : les deux hommes se lient d'amitié, de politique et d'affaires.

À cause de sa vie dissolue (son goût pour le jeu et le luxe, ses maîtresses) qui choque le roi ou à cause de ses amitiés orléanistes, il est déçu dans ses espoirs d'obtenir un évêché alors que croissent ses besoins d'argent.

Le 2 novembre 1788, il est nommé évêque d'Autun, grâce à la requête que son père mourant a adressée à Louis XVI. Il est sacré le 14 janvier 1789.

Trois semaines plus tard, élu député du clergé aux états généraux de 1789, Talleyrand quitte définitivement la ville d'Autun.
 

La Révolution

Durant les états généraux, il se rallie au tiers état. Le 14 juillet 1789, Talleyrand est le premier membre nommé au comité de constitution de l'Assemblée nationale, où il joue un rôle très important. Il est d'ailleurs signataire de la Constitution présentée au roi et acceptée par celui-ci le 14 septembre 1791 ; il est l'auteur de l'article VI de la déclaration des droits de l'Homme, qui lui sert de préambule :

« La loi est l'expression de la volonté générale. […] Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.  »
    — Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

Le 10 octobre 1789, il propose à l'Assemblée constituante d'utiliser « les grands moyens » pour renflouer les caisses de l'État : la confiscation des biens de l'Église

Le projet est voté le 2 novembre. Talleyrand devient pour une partie du clergé celui qui a trahi son ordre. Le 4 décembre 1789, il propose d'accorder le statut de citoyen aux juifs. Le 16 février 1790, il est élu président de l'Assemblée. Alors que la Constitution va être adoptée, Talleyrand et les royalistes constitutionnels sont alors à l'apogée de leur influence sur la Révolution.

Talleyrand propose à l'Assemblée constituante le 7 juin 1790 le principe d'une fête célébrant l'unanimité des Français. Le roi le nomme, et, le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ de Mars pour la fête de la Fédération. La cérémonie se déroule devant 300 000 personnes.

Le 28 décembre 1790, il prête serment à la constitution civile du clergé puis démissionne de sa charge épiscopale. Il est chargé de sacrer les deux premiers évêques constitutionnels puis quatorze autres, aussi appelés « talleyrandistes ». Le 10 mars, le pape Pie VI exprime sa douleur devant cet acte schismatique et prend en compte la démission de Talleyrand de sa charge.

Durant l'année 1791, il participe à la rédaction d'un important rapport sur l'instruction publique, qui doit profiter de « la plus entière gratuité parce qu'elle est nécessaire à tous ». L'une des conséquence de ce rapport est la création de l'Institut de France, embryon de l'Éducation nationale.

En 1792, Talleyrand est envoyé en mission diplomatique à Londres. En dépit de l'atmosphère hostile, ils obtient la neutralité des Britanniques le 25 mai.
 

L'Exil

Anticipant la Terreur, il repart rapidement pour Londres muni d'un ordre de mission arraché le 7 septembre à Danton, ce qui lui permet de prétendre qu'il n'a pas émigré : « Mon véritable but était de sortir de France, où il me paraissait inutile et même dangereux pour moi de rester, mais d'où je ne voulais sortir qu'avec un passeport régulier, de manière à ne m'en pas fermer les portes pour toujours ».

Le 5 décembre, un décret d'accusation est porté contre lui après la révélation de ses liens avec Mirabeau et la famille royale. Talleyrand se garde bien de revenir en France et est porté sur la liste des émigrés.

Expulsé de Grande-Bretagne en 1794, il se réfugie aux États-Unis, où il exerce les métiers de prospecteur immobilier dans les forêts du Massachusetts, puis de courtier en marchandises.

Il rentre en septembre 1796 à la suite de la levée du décret d'accusation de la Convention à son encontre. Il est rayé de la liste des émigrés et retrouve la France du tout jeune Directoire.
 

Directoire

Peu après son arrivée, Talleyrand entre à l'Institut de France et publie deux essais sur la nouvelle situation internationale, fondés sur ses voyages hors de France. Il entre au Cercle constitutionnel, républicain, en dépit de ses amitiés orléanistes et de l'hostilité des conventionnels, qui voient en lui un contre-révolutionnaire.

Le 17 juillet 1797, son amie Mme de Staël, qui veut lui trouver une position, fait le siège de Barras, le plus influent des Directeurs, pour qu’il soit nommé ministre des Relations extérieures. Ce qu'il lui accorde.

Lors de sa nomination, Talleyrand aurait dit à Benjamin Constant : « Nous tenons la place, il faut y faire une fortune immense, une immense fortune ». De fait, et dès cet instant, il prend l'habitude de recevoir d'importantes sommes d'argent de l'ensemble des États étrangers avec lesquels il traite.

A force de flagornerie, Talleyrand séduit Bonaparte et bénéficie de sa puissante protection. Il prend possession de l'administration des Affaires étrangères, qu'il garnit d'hommes travailleurs, discrets et fidèles, même si c'est le Directoire qui choisit les ambassadeurs.

Le 13 juillet 1799, suite à plusieurs scandales, il démissionne du ministère. Il se consacre à la préparation du coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799) en conspirant contre le Directoire avec Napoléon Bonaparte.
 

Sous Napoléon

Après le coup d'État, il retrouve son rôle de ministre. Bonaparte et Talleyrand s'accordent sur le fait que les affaires étrangères relèvent du domaine exclusif du Premier Consul : le ministre ne rend compte qu'à Bonaparte. Ce dernier accède aux vues de Talleyrand.

Il achète le château de Valençay, sur injonction de Bonaparte, et avec son aide financière. Le domaine s'étend sur environ 120 km2, ce qui en fait l'une des plus grandes propriétés privées de l'époque. Talleyrand y séjourne régulièrement.

En 1804, face à l'augmentation du nombre d'attentats perpétrés par des royalistes contre Bonaparte, Talleyrand joue un rôle dans l'exécution du duc d'Enghien. Dans ses mémoires, Bonaparte indique que « c'est Talleyrand qui [l]'a décidé à arrêter le duc d'Enghien ». Bonaparte revendique cependant l'exécution comme sa décision personnelle. À la Restauration, en 1814, Talleyrand fait disparaître tous les documents se rapportant à cette affaire ; il niera par la suite avoir pris part à cette exécution.

Nommé grand chambellan le 11 juillet 1804, il assiste le 2 décembre 1804 au sacre de Napoléon Bonaparte. Il est également nommé grand cordon de la Légion d'honneur au début de 1805, dans la première promotion.

En 1805, commence la campagne d'Autriche. Talleyrand suit l'empereur dans ses trajets à travers l'Europe.

En 1806, il reçoit le titre de « prince de Bénévent », petite principauté confisquée au pape. Le 12 juillet de la même année, il signe le traité créant la Confédération du Rhin, toujours sur ordre de Napoléon. Amorçant la critique de la politique guerrière de ce dernier sans oser le défier, toujours déçu dans ses conseils de modération et étant en contact permanent avec l'Autriche dans l'espoir d'un rapprochement, il commence à communiquer des informations au tsar Alexandre Ier.

En 1807, après une série de victoires de Napoléon, il rédige et signe le traité de Tilsit. Indigné par le traitement réservé aux vaincus, en particulier la reine de Prusse, et mécontent d'être un « ministre des Relations extérieures sans emploi », il prend à cette occasion la décision de démissionner de son poste de ministre à son retour de Varsovie. Sa démission est effective le 10 août 1807.

Talleyrand se détache peu à peu de l'empereur mais reste cependant son conseiller : il travaille à son divorce et à son remariage, lui déconseille fortement d'entamer la guerre en Espagne. L'empereur ne tient pas compte de l'avertissement et capture par la ruse les infants d'Espagne ; il confie leur garde à Talleyrand, qui les loge somptueusement à Valençay durant sept ans.

En septembre 1808, à Erfurt, où Napoléon l'envoie préparer le terrain en vue d'une alliance avec la Russie, il va jusqu'à déconseiller au tsar de s'allier avec l'empereur, en lui déclarant : « Le peuple français est civilisé, son souverain ne l'est pas ; le souverain de la Russie est civilisé, son peuple ne l'est pas ». C'est la « trahison d'Erfurt », qu'il détaille longuement dans ses mémoires, affirmant avoir manœuvré l'un et l'autre empereurs pour préserver l'équilibre européen et qui lui vaudra plus tard l'inimitié des bonapartistes. Si Napoléon ne parvient pas à séduire le tsar, Talleyrand obtient de ce dernier le mariage de son neveu Edmond de Périgord avec Dorothée de Courlande, « un des meilleurs partis d'Europe ».

Alors que l'on reste sans nouvelles de l'empereur depuis l'Espagne, où la guérilla fait rage, et que la rumeur de sa mort se répand, Talleyrand intrigue au grand jour pour offrir la régence à l'impératrice. D'Espagne, Napoléon apprend la conjuration et accourt à Paris. Le 28 janvier 1809, il accuse Talleyrand de trahison et lui retire son poste de grand chambellan. Talleyrand est persuadé d'être arrêté, mais reste impassible : il aurait dit à la sortie dudit conseil : « Quel dommage, messieurs, qu'un si grand homme soit si mal élevé ».

Il n'est finalement pas inquiété, conserve ses autres postes et l'empereur le consulte toujours. En dépit de l'hostilité qu'il lui manifeste, Napoléon le nomme au conseil de régence le 23 janvier 1814.

Le 28 mars 1814, alors que les Alliés menacent Paris, le conseil de régence décide l'évacuation de la cour, qui a lieu les deux jours suivants. Le 30 mars au soir, Talleyrand négocie la capitulation du maréchal Marmont, qui dirige la défense de la ville. Le 31 mars, il organise la convocation du Sénat pour élire un gouvernement provisoire, alors que les Alliés entrent dans Paris. Ce soir-là, le roi de Prusse et le tsar arrivent à son hôtel particulier, et ce dernier y loge.
 

Restauration

Le 1er avril 1814, il est élu par le Sénat « président du gouvernement provisoire » ; le lendemain, le Sénat déchoit Napoléon Bonaparte de son trône ; Talleyrand fait saisir toute la correspondance qu'il peut trouver entre lui et ce dernier.

Talleyrand applique immédiatement ses idées libérales et fait en sorte de rétablir une vie normale pour le pays.

Sa position est difficile, surtout à Paris : les Alliés occupent la ville, les royalistes et les bonapartistes ne reconnaissent pas le gouvernement provisoire. Il use d'expédients pour financer ce dernier.

Pendant les premiers jours d'avril, lui, son gouvernement et le Sénat rédigent une nouvelle constitution, qui consacre une monarchie parlementaire bicamérale, organise l'équilibre des pouvoirs, respecte les libertés publiques et déclare la continuité des engagements contractés sous l'Empire.

Le gouvernement provisoire ne dure qu'un mois : le 1er mai, il rejoint Louis XVIII à Compiègne, qui lui accorde un entretien glacial.

Louis XVIII n'accepte pas la Constitution sénatoriale : il préfère accorder à ses sujets la Charte constitutionnelle qui reprend les idées libérales proposées mais rejette l'équilibre des pouvoirs, le roi en accordant aux deux chambres. Le 13 mai, Talleyrand est nommé président du Conseil des ministres (il n'a pas l'autorité d'un Premier ministre) et secrétaire aux Affaires étrangères. La principauté de Bénévent est rendue au pape : le roi le fait « prince de Talleyrand » et pair de France.
 

Le Congrès de Vienne

Louis XVIII le charge logiquement de représenter la France au congrès de Vienne, qui débute le 16 septembre 1814.

Talleyrand y arrive le 23 septembre, l'ouverture étant prévue pour le 1er octobre. Tenu à l'écart des principales réunions qui ont lieu entre les quatre (Royaume-Uni, Autriche, Prusse, Russie), il est cependant invité à une discussion le 30 septembre où Metternich et Hardenberg emploient les mots « puissances alliées ». Il conteste aux quatre le droit d'imposer leur diktat à la France :

« Alliées…, et contre qui ? Ce n'est plus contre Napoléon : il est à l'île d'Elbe… ; ce ne n'est plus contre la France : la paix est faite… ; ce n'est sûrement pas contre le roi de France : il est garant de la durée de cette paix. Messieurs, parlons franchement, s'il y a encore des puissances alliées, je suis de trop ici. […] Et cependant, si je n'étais pas ici, je vous manquerais essentiellement. Messieurs, je suis peut-être le seul qui ne demande rien. De grands égards, c'est là tout ce que je veux pour la France. [...] Je ne veux rien, je vous le répète, et je vous apporte immensément. La présence d'un ministre de Louis XVIII consacre ici le principe sur lequel repose tout l'ordre social. […] »
    — Mémoires de Talleyrand

Les quatre s'irritent. Le 3 octobre, Talleyrand menace de ne plus assister à aucune conférence. Il se pose en défenseur des petites nations qui assistent à partir de ce moment aux délibérations et exploite les divisions qui se font jours entre les quatre. Jouant les uns contre les autres, il obtient que les procès-verbaux des précédentes réunions soient annulés et retarde l'ouverture du Congrès au 1er novembre. Les petites nations se lassent et finissent par ne plus assister aux réunions, tandis que Talleyrand y reste et prend du poids. « C'est ainsi que le comité des Quatre devint le comité des Cinq ».
 

Seconde Restauration

Au terme du congrès, la France conserve ses conquêtes de 1792, mais Napoléon Bonaparte revient de l'île d'Elbe. Talleyrand, désormais le représentant d'un roi en exil et discrédité, attendant la défaite de Napoléon (« c'est une question de semaines, il sera vite usé », il tarde à rejoindre le roi à Gand.

Après la bataille de Waterloo, il se rend à Gand et presse le roi, au cours d'une réunion orageuse le 23 juin, d'accepter une constitution plus libérale et de se distinguer des Alliés. Il est disgracié dès le lendemain. Les Anglais contraignent le roi à rappeler Talleyrand à la tête du conseil des ministres : à l'issue de la séance, marquée par des affrontements verbaux, le 27 juin, le ministre l'emporte et une proclamation libérale est adoptée.

Fouché, président du gouvernement provisoire, tient Paris, appuyé par les républicains. Talleyrand négocie avec Fouché qui livre Paris au roi, et il organise une rencontre.

Le 9 juillet 1815, il est nommé de surcroît président du Conseil des ministres. Il réussit à constituer un gouvernement qu'il dirige et entame une révision de la Charte par une ordonnance du 13 juillet pour organiser le partage du pouvoir entre le roi et les chambres, une libéralisation des élections (baisse du cens, de l'âge minimal), une libéralisation de la presse, etc.

Le gouvernement tente aussi en vain d'empêcher les armées alliées, qui occupent toujours le pays, de reprendre les œuvres d'art pillées dans toute l'Europe par Napoléon.

Après les élections, Talleyrand présente le 19 septembre sa démission afin d'obtenir un refus et le soutien du roi. Ce dernier, sous la pression des ultras et du tsar Alexandre, l'accepte pourtant et change de ministère.

Talleyrand est nommé grand chambellan de France le 24 septembre 1815. Pour la première fois depuis son retour des États-Unis, il n'est pas au pouvoir, se répandant contre son successeur, le duc de Richelieu, certain d'être bientôt rappelé au pouvoir. Il subit pourtant la disgrâce et se sépare de sa femme. Son opposition au gouvernement lui attire même la sympathie et le soutien des ultras. En 1818 et 1820, son retour aux affaires est avorté quand le roi lui préfère Jean Dessolle, Decazes, puis à nouveau Richelieu. Il est désormais convaincu que le roi ne veut plus de lui.

Alors que les ultras sont de plus en plus influents, il se place pour le reste de la restauration dans l'opposition libérale : il prononce le 24 juillet 1821, puis en février 1822 des discours à la chambre des pairs pour défendre notamment la liberté de la presse.

L'avènement de Charles X, chef du parti ultra, lui enlève ses derniers espoirs de retour au pouvoir. Il se rapproche des orléanistes, et reste la bête noire des ultras. C'est à cette époque que le jeune Adolphe Thiers obtient son appui pour monter son journal, le National, qui se retrouvera au cœur de la contestation et de la chute de Charles X.
 

Monarchie de Juillet

En juillet 1830, Talleyrand conseille à Louis-Philippe d'Orléans de se rendre à Paris. Louis-Philippe revient à Paris le lendemain, se rend pour entretien chez Talleyrand et prend son parti.

Louis-Philippe, une fois roi, nomme rapidement, à sa demande, Talleyrand ambassadeur extraordinaire à Londres, où il est accueilli le 22 septembre de manière grandiose. Sa nomination rassure les cours d'Europe, effrayées par cette nouvelle révolution française, alors qu'éclate la révolution belge.

Talleyrand argumente auprès des Britanniques pour un concept qu'il forge de « non-intervention » en Belgique alors que l'armée hollandaise est repoussée. Des conférences entre les cinq grands s'ouvrent le 4 novembre 1830. Il signe les protocoles de juin 1831, puis le traité du 15 novembre 1831, qui officialisent l'indépendance de la Belgique. Il va jusqu'à accepter la préservation des frontières du pays (et non un partage, comme le souhaite Paris) et le choix de Léopold de Saxe-Cobourg comme souverain du nouveau pays neutre qui sera militairement soutenu par la France, à l'encontre de ses propres principes de "non-intervention".

Talleyrand travaille sur le projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : le rapprochement du Royaume-Uni et de la France. Les deux pays interviennent conjointement pour obliger le roi de Hollande à respecter la nouvelle indépendance de la Belgique. Il reçoit régulièrement Alphonse de Lamartine, et entretient de bons rapports avec son ami Wellington et l'ensemble du cabinet. Son nom est applaudi au Parlement britannique, son raffinement et son habileté deviennent fameux à Londres.

Pendant ce temps, en France, si Talleyrand est très haut dans l'estime du roi et celle de l'élite politique, sa réputation est au plus bas. Il devient le « diable boiteux », celui qui a trahi tout le monde.

Fatigué, Talleyrand reste en poste jusqu'en août 1834, date à laquelle il se retire dans son château de Valençay. Il conseille toujours Louis-Philippe, mais son activité et son influence politiques décroissent néanmoins.

Il reçoit Honoré de Balzac et met la dernière main à ses mémoires. En 1837, il quitte Valençay et retourne s'installer dans son hôtel à Paris.

À l'approche de la mort, il doit négocier un retour à la religion pour éviter à sa famille le scandale d'un refus de sacrements et de sépulture. Il ne signe sa rétractation que quatre heures avant sa mort, ce qui lui permet de recevoir l'extrême-onction. Au moment où le prêtre doit, conformément au rite, oindre ses mains avec le saint-chrême, il déclare : « N'oubliez pas que je suis évêque » (car on devait en pareil cas l'oindre sur le revers des mains et non sur les paumes), reconnaissant ainsi sa réintégration dans l'Église. L'événement, suivi par le tout-Paris, fait dire à Ernest Renan qu'il réussit « à tromper le monde et le Ciel ».

Il meurt le 17 mai 1838.

Des funérailles officielles et religieuses sont célébrées le 22 mai. Il est enterré dans une chapelle proche du château de Valençay, où son corps est ramené le 5 septembre, puis enseveli dans la crypte familiale. - source -
 

Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque.

Il y a quelqu'un qui a plus d'esprit que Voltaire, c'est tout le monde.  (Discours à la Chambre des pairs, 24 juillet 1821)

Tout ce qui est exagéré est insignifiant.

Méfiez-vous du premier mouvement, il est toujours généreux.

Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.

La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée.

Ne dites jamais du mal de vous, vos amis en diront toujours assez.

Agiter le peuple avant de s'en servir, sage maxime.

Qui n'a pas les moyens de ses ambitions a tous les soucis.

Les mécontents, ce sont des pauvres qui réfléchissent.

En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai.

L'esprit sert à tout, mais il ne mène à rien.

Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c'est la vérité.

Soyez à leurs pieds. A leurs genoux... Mais jamais dans leurs mains.

La vie serait supportable s'il n'y avait pas les plaisirs.

Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat les fait mal.

L'Angleterre a deux sauces et trois cents religions ; la France au contraire, a deux religions, mais plus de trois cents sauces.

Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite.

Le mariage est une si belle chose qu'il faut y penser pendant toute sa vie.

Le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c'est d'en faire partie.

Les hommes sont comme les statues, il faut les voir en place.

Il croit qu'il devient sourd parce qu'il n'entend plus parler de lui.

Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant.  (Congrès de Vienne - 1814)

Il y a trois sortes de savoir : le savoir proprement dit, le savoir-faire et le savoir-vivre ; les deux derniers dispensent assez bien du premier.

On ne croit qu'en ceux qui croient en eux.

On peut violer les lois sans qu'elles crient.

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