Socrate est un philosophe grec né en 470 av. J.C. et
mort en 399 av. J.C,
à Athènes
.
Il est considéré comme le père de la philosophie occidentale et l'un des
inventeurs de la philosophie morale. Il n'a laissé aucune œuvre écrite ; sa
philosophie s'est transmise par l'intermédiaire de témoignages indirects (en
particulier par les écrits de son disciple
Platon).
Biographie
Socrate est né en -470, sans doute au mois de mai. Son père,
Sophronisque, était sculpteur ou tailleur de pierres, et sa mère, Phénarète,
sage-femme. Socrate avait un frère, Patroclès, fils du premier mari de sa mère.
Peu de choses de sa jeunesse sont connues. Il reçut sans doute une éducation
classique, que la loi athénienne obligeait un père à donner à son fils :
gymnastique, musique (art du chant, de la danse, apprentissage de la lyre et
grammaire, ce qui implique l’étude d'Homère,
d’Hésiode
et d’autres poètes).
Socrate semble ne pas s’être contenté de cette éducation.
D’après Maxime de Tyr, il s’adressa à toutes sortes de maîtres, dès sa jeunesse.
Socrate se serait instruit tout au long de sa vie : il dit être le disciple de
Prodicos de Céos, et il fréquenta les sophistes. Selon plusieurs témoignages, il
est possible que Socrate ait exercé d’abord le métier de sculpteur. D’après
d’autres témoignages, il aurait été banquier.
Selon Démétrius de Byzance, c’est
Criton qui lui permit de vivre dans un certain
loisir pour se consacrer à la philosophie. Il semble avoir disposé ainsi d’une
fortune plutôt confortable. En revanche, d’après
Platon, Socrate aurait vécu dans une grande
pauvreté, et cette affirmation est confirmée par
Xénophon. Ce point est également confirmé par
les surnoms dont l’affublent les comiques ("le gueux", "le mendiant", "le
va-nu-pieds", etc.) Il a également été présenté comme un clochard, sale, se
faisant battre par des individus exaspérés par sa manie de la discussion.
Vers -435 il commença à enseigner, dans la rue, dans les
gymnases, les stades, les échoppes, au gré des rencontres. Vivant pauvrement,
n’exerçant aucun métier, il parcourait les rues d’Athènes vêtu plus que
simplement et sans chaussures, dialoguant avec tous, en cherchant à les rendre
plus sages par la connaissance de leur ignorance :
« Je sais que je ne sais rien ». Il prétend avoir reçu pour mission
d’éduquer ses contemporains : c’est Apollon « qui lui
avait assigné pour tâche de vivre en philosophant, en se scrutant lui-même et
les autres ».
Il eut de nombreux disciples. Il enseignait par le
questionnement, gratuitement. Cette mission faisait de lui, à ses yeux, le seul
citoyen véritable, c’est-à-dire le seul qui s’interroge sérieusement sur la vie
politique. Il s’opposait en cela au caractère démagogique de la démocratie
athénienne qu’il voulait secouer par son action.
En -430 il fut hoplite (fantassin) à Samos. En -429 il sauva
la vie d'Alcibiade, lors de la bataille de Potidée. Il intervint à la bataille
d'Amphipoli en -422.
Vers -416, à 54 ans, il se maria avec
Xanthippe dont il eut un fils, Lamproclès. Il
fit peut-être un second mariage, avec Myrtho, la fille d’Aristide, qui lui
aurait donné deux autres fils.
C'est vers -407 que Platon devint son disciple. En -406,
Socrate était président du Conseil des Cinq-Cents. Sous la
tyrannie des Trente, qui dura huit mois, il lui
fut interdit d’enseigner.
Les dix dernières années de la vie de Socrate sont presque
totalement inconnues.
Le procès de Socrate
Plusieurs
membres de la classe dirigeante athénienne
affirmèrent voir en lui un esprit pervertissant
les valeurs morales traditionnelles et donc un
danger pour l’ordre social. En avril 399 av.
J.-C., Socrate se vit accuser par
Mélétos des
deux crimes suivants, découpés en trois chefs
d'accusation :
- "ne pas reconnaître les dieux que reconnaît la cité" :
Socrate ne nie pas les dieux mais il en donne une nouvelle représentation ;
- introduire "des divinités nouvelles" : Socrate croyait en
un démon personnel, une voix ou un signe qui le prévenait ;
- "corrompre les jeunes gens" : il enseigne les deux faits
antérieurs.
Dans un premier temps, 501 jurés furent réunis pour son
jugement. Socrate refusa de lire un discours de défense qui avait été écrit à
son attention par Lysias et préféra raconter sa vie aux jurés. Cette attitude
lui valut d'être jugé coupable avec 281 voix contre lui.
Dans un second temps, il est question de choisir la peine
encourue par Socrate reconnu coupable : la mort ou une forte amende. Pour
inciter les parties à une plus grande modération, les juges devaient choisir
parmi les propositions des deux parties du procès (l'accusateur Mélétos et
l'accusé Socrate) celle qui leur paraissait la plus raisonnable. Socrate
avait donc la possibilité de proposer une peine qui pût être acceptée par les
juges. Moqueur, il proposa de payer une amende de 25 drachmes (autrement dit,
presque rien), et il poussa l'insolence jusqu'à réclamer d'être hébergé et
nourri au
Prytanée pour le reste de ses jours, par égard
pour ce qu'il avait fait au bénéfice de la cité.
Cette attitude exaspéra les juges et Socrate fut condamné à
mort avec 60 voix de plus. Il fut alors contraint de boire un poison mortel, la
ciguë. Ayant eu, pendant son emprisonnement,
l’occasion de s’enfuir, il refusa de le faire au motif que le respect des lois
de la cité était plus important que sa propre personne.
La mort de Socrate
Socrate
mourut en mai ou juin 399 av. J.-C. Il passa les
jours qui précédèrent sa mort à dialoguer avec
ses amis.
Le reste
d’Athènes, par la suite, prit très mal la
condamnation de Socrate. Les Athéniens qui
avaient participé à sa condamnation furent
bannis de la cité et une statue fut érigée pour
perpétuer son souvenir.
La mort de Socrate reste un fondement de la philosophie
moderne, des attitudes et comportements face à la mort elle-même ; les héros
homériques laissent place aux héros pensants, mourir pour ce que l'on croit
devient, à l'époque, aussi prestigieux que de mourir par les armes. C'est par sa
mort que Socrate influença le monde.
Les Grands socratiques fonderont leur école plus tard :
ce sera l'Académie de
Platon et le Lycée d'Aristote
(qui ne connut pas Socrate).
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source
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