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Romain ROLLAND
(1866 - 1944) |
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biographie |
Romain Rolland est un écrivain français, né le 29 janvier 1866 à
Clamecy (Nièvre) et mort le 30 décembre 1944 à Vézelay (Yonne). Il reçut le
Prix Nobel de littérature en 1915.
Biographie
Romain Rolland naît dans une famille de notaires, issue de
paysans et de bourgeois aisés. Ces ancêtres, il les mettra en scène dans un
truculent récit bourguignon, Colas Breugnon, paru en 1919.
Reçu à l'École normale supérieure en 1886, où il se lie avec
André Suarès ou
Paul Claudel, il se destine au concours
d'agrégation de philosophie, auquel il renonce pour ne pas avoir à se soumettre
à l'idéologie dominante, attitude déjà conforme à son exigence d'indépendance
d'esprit. Il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1889.
Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre
de l'École française de Rome, où sa rencontre avec Malwida von Meysenbug, qui
avait été l'amie de
Nietzsche et Wagner, et la découverte des
chefs-d'œuvre de l'art italien, seront décisives pour la construction de sa
pensée. À son retour en 1895, il passe son doctorat de lettres en présentant une
thèse sur Les origines du théâtre lyrique moderne.
Ce jeune homme exigeant mais timide n'aime pas l'enseignement.
Avec les gens, Rolland n'entretient guère que des rapports distants. Il est
surtout un homme d'écriture. Dès que la littérature lui assure de modestes
revenus, il donne sa démission de l'Université, en 1912.
Romain Rolland correspond avec
Sigmund Freud de mars 1923 jusqu'à février 1936
et entretient également des rapports épistolaires et amicaux avec Richard
Strauss, André Suarès, Stefan Zweig,
Alain et
Jean Guéhenno.
Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première
Guerre mondiale. Bouleversé à l´idée du déclin de l´Europe qu'il voit
s'annoncer, il décide alors de ne pas quitter le pays qui lui permet de
s'engager au sein de la Croix-Rouge et de diffuser librement ses œuvres. C´est
ainsi que la série de pamphlets à l´encontre des pays belligérants, Au-dessus
de la mêlée, parut au Journal de Genève : Rolland y dénonçait avec véhémence
leur quête d´une victoire totale, au lieu de vouloir négocier une paix
équitable.
La publication de ses articles, à Paris, eut un large écho
dans la seconde moitié de la guerre : ils furent traduits en plusieurs langues
et ont largement contribué, avec son roman
Jean-Christophe, à ce qu´on lui décerne le
Prix Nobel de littérature en 1915.
Rolland devient une figure du mouvement pacifiste
international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale
communiste. En avril 1917,
Lénine lui proposa de rentrer avec lui dans une
Russie en pleine révolution. Rolland déclina l'invitation et regrettera plus
tard sa décision.
Son voyage à Moscou, en 1935, à l'invitation de
Gorki, lui permet de rencontrer
Staline et de se camper comme un ambassadeur
des intellectuels français amis l'Union soviétique.
En 1937, il quitte la Suisse et rentre en France
pour s'établir à Vézelay. Durant l'Occupation, il reste blotti dans une solitude
totale et silencieuse, sans pour autant cesser de travailler.
Il termine ainsi ses Mémoires en 1940, et écrit
Péguy, paru en 1944, dans lequel ses
souvenirs personnels éclairent la réflexion d'une vie sur la religion et le
socialisme.
Il meurt le 30 décembre 1944, à près de 79 ans.
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source
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L'ennemi
mortel de l'âme c'est l'usure des jours.
(Jean-Christophe)
L'esprit
qui s'élève sur les siècles s'élève pour les siècles.
(Le Théâtre du
peuple)
Je
trouve la guerre haïssable mais bien plus ceux qui la chantent sans la
faire.
(Au-dessus de la
mêlée)
Quand
l'ordre est l'injustice, le désordre est déjà un commencement de
justice.
(Le Quatorze juillet)
Le
hasard sait toujours trouver ceux qui savent s'en servir.
(Jean-Christophe)
Le
chagrin aiguise les sens ; il semble que tout se grave mieux dans les
regards, après que les pleurs ont lavé les traces fanées des souvenirs.
(Jean-Christophe)
La
violence n'est le credo d'aucune religion.
(Mahatma Gandhi)
Les
hommes ont inventé le destin afin de lui attribuer les désordres de
l'univers, qu'ils ont pour devoir de gouverner.
Même
sans espoir, la lutte est encore un espoir.
Penser sincèrement, même contre
tous, c'est encore pour tous.
(Clérambault)
La vie ne se prend pas avec des gants.
(Jean-Christophe)
La mesure de la vie, c'est l'amour.
(Jean-Christophe)
Ne jamais formuler un mot de plus ou de moins que
ce que l'on croit vrai.
(Le Voyage intérieur)
La fatalité, c'est ce que nous
voulons.
(Au-dessus de la
mêlée)
Un héros, c'est celui qui fait ce qu'il peut. Les
autres ne le font pas.
(Jean-Christophe)
Les mots nous trompent comme des
filles.
(Quinze Ans de
combat)
La vérité, c'est de chercher toujours la vérité.
(Clérambault)
L'homme cultive les vices qui lui
sont profitables ; mais il a besoin de les légitimer ; il ne veut pas
les sacrifier : il faut qu'il les idéalise.
(Au-dessus de la
mêlée)
Celui qu'on aime a tout droit contre vous, même de
ne plus vous aimer.
(Jean-Christophe)
Toutes les déceptions de pensée et
d'espérance, tout cela est secondaire. Le seul malheur irréparable,
c'est la mort de ceux qu'on aime.
(Correspondance,
à Pierre-Jean Jouvre, 7 juillet 1919)
Il faut aimer la vérité plus que soi-même et les
autres plus que la vérité.
Quand l'homme se reconnaît trop
faible pour réaliser ses désirs et satisfaire son orgueil, il les
reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses
enfants à son tour.
(Jean-Christophe)
Lorsque la volonté se tait, l'instinct parle.
(Jean-Christophe)
En voulant, on se trompe souvent.
mais, en ne voulant pas, on se trompe toujours.
(L'Âme enchantée)
La vie n'est pas triste. Elle a des heures tristes.
(Jean-Christophe)
Le métier des intellectuels est de
chercher la vérité au milieu de l'erreur.
(Au-dessus de la
mêlée)
On n'a pas tort de dire que la femme est la moitié
de l'homme. Car un homme marié n'est plus qu'une moitié d'homme.
(Jean-Christophe)
Quand un Français a des idées, il
veut les imposer aux autres. Quand il n'en a pas, il le veut tout de
même.
Il n'y a qu'un héroïsme au monde : c'est de voir le
monde tel qu'il est, et de l'aimer.
(Vie de Michel-Ange)
C'est à l'intelligence d'achever
l'oeuvre de l'intuition.
(Jean-Christophe)
Le bonheur est de connaître ses limites et de les
aimer.
(Jean-Christophe)
Agir, c'est croire.
(L'Âme enchantée)
Rien n'est fait tant qu'il reste quelque chose à
faire.
(Musiciens
d'aujourd'hui)
Nous ne choisissons point. Notre
destin choisit. Et la sagesse est de nous montrer dignes de son choix,
quel qu'il soit.
(Le Voyage intérieur)
Chacun porte au fond de lui comme un petit
cimetière de ceux qu'il a aimés.
(Jean-Christophe)