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PLATON
(-428 à -347) |
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biographie |
Platon est un philosophe grec, né en 428 et mort en 347 av. J.C à
Athènes.
Elève de
Socrate, sa pensée s'inspire tant de ce dernier
que d'Héraclite
et du
pythagorisme. Surnommé le « divin Platon », il
est généralement considéré comme l'un des premiers et des plus grands
philosophes occidentaux, sinon comme l'inventeur de la philosophie, au point
qu'Alfred North Whitehead a pu dire que « la philosophie occidentale n'est
qu'une suite de notes en bas de page aux dialogues de Platon ».
Platon a ainsi exposé les problématiques fondamentales de la philosophie
politique, de la philosophie morale, de la théorie de la connaissance, de la
cosmologie ou encore de l’esthétique.
Ses thèses ont eu une immense postérité et sont encore discutées et défendues de
nos jours.
Biographie
Platon naquit à Athènes, deux ans après la mort de Périclès,
pendant la guerre du Péloponnèse entre Athènes et
Sparte (-431/-404). La date exacte demeure
cependant incertaine, on peut seulement situer la naissance de Platon 3 ou 4
années après le début de la guerre du Péloponnèse, vers le temps de la mort de
Périclès.
Il est en tout cas certain que Platon appartenait à une famille aristocratique.
Il avait trois frères, sans doute bien plus âgés que lui, et une sœur, Pôtonê.
La mère de Platon, devenue veuve quelque temps après sa naissance, se remaria
avec son oncle maternel, Pyrilampe, dont elle eut un fils, Antiphon.
Suivant l'usage des grandes familles de son pays, Platon aurait dû recevoir le
nom de son grand-père, Aristoclès, et il est possible que ce soit son véritable
nom, « Platon » étant un surnom ou un sobriquet.
Platon reçut l'éducation traditionnelle liée à sa situation sociale
(mathématiques, peinture, poésie, lyrisme, tragédie, grammaire, gymnastique). On
ignore l'identité de son
éraste, mais appartenant à l'élite de la
société grecque, il est presque évident qu'il connut une relation pédérastique,
relation qu'il condamne dans
Le Banquet.
Platon avait les relations les plus intimes avec le parti oligarchique, et
semble n'avoir pas été insensible à la célébrité de sa famille. Cependant,
l'éducation qui, à Sparte, négligeait l'âme et ne s'occupait que du corps, la
politique ambitieuse et avide de domination, la passion guerrière, l'immoralité
des femmes, sont sévèrement jugées par Platon, bien que lui aussi défende un
régime oligarchique, c'est-à-dire réservé à une élite.
Platon appartenait à une riche famille de propriétaires terriens. Il vécut
largement là-dessus. Il voyagea, acheta la bibliothèque de Philolaos, organisa
une chorégie, qui est une fête très coûteuse.
Il abandonna de bonne heure la vie politique, la seule digne d'un homme selon
l'Antiquité, et que lui-même considérait comme le plus grand honneur, comme le
plus grand devoir d'un bon citoyen, mais aussi comme le couronnement de la vie
philosophique. Il aurait pris quelque part au gouvernement des Trente Tyrans
(despotique et sanguinaire au point de perpétrer environ 1 500 exécutions
sommaires). Il y aurait vite renoncé, dégoûté par les excès et les fureurs des
partis.
Platon devint le disciple de
Socrate durant neuf ans (-408/-399), jusqu'à la
condamnation de Socrate, qui avait résisté aux Trente Tyrans. À la suite de
cette rencontre, Platon abandonna l'idée de concourir pour la tragédie et brûla
toutes ses œuvres. Il transmit l'enseignement de son maître en se l'appropriant
et en le transformant peu à peu. Il commença ses dialogues dès le vivant de
Socrate.
A la mort de Socrate, inquiet quant au sort de ses disciples, il se réfugie chez
Euclide de Mégare, autre disciple de Socrate. Par la suite, Platon a participé,
comme cavalier, à la bataille de Corinthe, qui vit la victoire de Sparte sur
Athènes en -394. À Cyrène, il aurait rencontré des philosophes défenseurs d'une
philosophie de la jouissance (dont
Annicéris de Cyrène), et le
mathématicien Théodore. En Italie du Sud, à Tarente, il rencontra le grand
pythagoricien Philolaos de Crotone, qui lui ouvrit un premier accès approfondi
au pythagorisme : opposition âme/corps, nombres, idéal oligarchique du
philosophe-roi.
Il gagna à la philosophie
Dion de Syracuse. Mais il connut rapidement la
disgrâce, peut-être à cause de son penchant à faire la leçon. Embarqué de force
sur un bateau spartiate, il aurait été capturé, vendu comme esclave à l'île
d'Égine, alors en guerre contre Athènes, mais aurait été sauvé par Annicéris de
Cyrène, qui l'aurait reconnu, acheté "pour 20 mines d'argent", puis libéré. Cet
épisode semble néanmoins plus fictif qu'historique.
Après un échec politique à Syracuse, Platon fonda, à Athènes, en -387, une
école, l'Académie,
sur le modèle des pythagoriciens. Il y enseigna pendant quarante ans.
C'est le premier institut d'enseignement supérieur que nous connaissions. On y
poursuivait des recherches scientifiques ; l'enseignement des sciences exactes y
préparait à l'étude de la philosophie considérée en elle-même et dans ses
applications à la politique. Il s'y forma des philosophes - comme Aristote qui y
passa vingt ans - et de nombreux hommes d'État. L'école devait subsister pendant
neuf siècles, jusqu'au règne de Justinien, en 529.
Vers -370, Platon traversa une longue crise intellectuelle, où il s'interrogea
sur sa théorie des Idées (Parménide, Sophiste). Il admet la
difficulté, non seulement de la participation des Idées avec les choses
sensibles, mais encore du mélange des Idées entre elles. En même temps, il
semble admettre un ordre dans le sensible, et s'orienter vers un certain
dualisme de type oriental : « Cet univers, tantôt la Divinité guide l'ensemble
de sa marche, tantôt elle l'abandonne à lui-même. »
Aristote entra alors dans l'Académie, en -366, à l'âge de 17 ans, pour vingt ans
d'études.
Platon, âgé de 80-81 ans, mourut à Athènes en -347 ou -346, « au cours d'un
repas de noce ». Il rédigeait alors Les Lois, dont on a pu penser que le
livre XII était inachevé, mais ce jugement est sujet à discussion. Il avait un
fils, Adamante.
La philosophie de Platon
Ce que l'on appelle la
philosophie de Platon se présente moins sous la
forme d'un système que d'un ensemble de thèmes
qui apparaissent dispersés dans des dialogues
dont les qualités littéraires font parfois
oublier qu'ils possèdent aussi des qualités
philosophiques.
Certains de ces thèmes sont devenus célèbres en
dehors même du cercle des philosophes, c'est le
cas de l'amour
platonique. Parmi les autres thèmes,
les plus connus et étudiés sont la séparation de
la réalité en deux mondes (le sensible et
l'intelligible, le premier étant l'image, le
reflet, la copie du second, qui est paradigme,
modèle, vraie réalité), appelée
rétrospectivement
dualisme,
la séparation de l'âme d'avec le corps et
l'ascétisme
mortifiant, les
formes (Égal,
Beau, Bon, Juste), la
réminiscence.
Cette grande richesse de l'œuvre de Platon,
ainsi que la variété des interprétations,
rendent difficile, sinon impossible, toute
exposition générale.
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source
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Qu'est-ce
que craindre la mort sinon s'attribuer un savoir qu'on n'a point ?
(Apologie de Socrate)
L'opinion
est quelque chose d'intermédiaire entre la connaissance et l'ignorance.
(La République)
Comme
les loups aiment les agneaux.
(Phèdre)
L'incorrection
du langage n'est pas seulement une faute contre le langage même : elle
fait encore du mal aux âmes.
(Phédon)
La
connaissance des mots conduit à la connaissance des choses.
C'est
cette force qui maintient en tout temps l'opinion juste et légitime sur
ce qu'il faut craindre et ne pas craindre que j'appelle et définis
courage.
(La République)
Le
beau seul a cette destination d'être parfaitement manifeste et
parfaitement digne d'amour.
(Phèdre)
Ce
n'est pas de vivre selon la science qui procure le bonheur ; ni même de
réunir toutes les sciences à la fois, mais de posséder la seule science
du bien et du mal.
Il
n'y a rien de bien ou de mauvais sauf ces deux choses : la sagesse qui
est un bien et l'ignorance qui est un mal.
(Euthydème)
Si tu veux contrôler le peuple,
commence par contrôler sa musique.
(La République)
Il y a en chacun de nous des calculs que nous
nommons espérance.
Si l'on interroge bien les hommes,
en posant bien les questions, ils découvrent d'eux-mêmes la vérité sur
chaque chose.
Les vrais philosophes s'exercent à mourir, et ils
sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort.
Chacun, parce qu'il pense, est seul
responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa
destinée.
L'essentiel n'est pas de vivre, mais de bien vivre.
(Criton)
La dialectique est pour ainsi dire
le faîte et le couronnement des sciences.
(La République)
La vertu n'est pas un don de nature.
(Ménon)
Il est tout à fait d'un philosophe
ce sentiment : s'étonner.
(Théétète)
Celui-là est le plus savant, qui sait, comme
Socrate, qu'en fin de compte, son savoir est nul.
(Apologie de Socrate)
Jamais aucun homme ne fait aucune
loi ; les vicissitudes et les calamités de toute nature décident de
toutes nos législations.
(Les Lois)
Rien, selon moi, n'est plus funeste à l'homme
qu'une opinion fausse.
(Gorgias)
Il faut appeler philosophes ceux
qui s'attachent en tout à l'essence, et non amis de l'opinion.
(La République)
Les maux ne cesseront pas pour les humains avant
que la race des purs et authentiques philosophes n'arrive au pouvoir.
(La République)
La vie est, en quelque sorte, un
pèlerinage.
(Axiochus)
Le sage n'est pas celui qui sait beaucoup de
choses, mais celui qui voit leur juste mesure.
La perversion de la cité commence
par la fraude des mots.
On ne comprend pas ce qu'est la science de la
chaussure quand on ne comprend pas ce qu'est la science.
(Théétète)
Le sage parle perce qu'il a quelque
chose à dire, le fou parce qu'il a à dire quelque chose.
Le corps est le tombeau de l'âme.
(Cratyle)
La vie est un court exil.
L'excès de liberté ne peut tourner qu'en excès de
servitude pour un particulier aussi bien que pour un Etat.
(La République)
Touché par l'amour, tout homme
devient poète.
Le premier bien est la santé, le deuxième la
beauté, le troisième la richesse.
(Les Lois)
La musique donne une âme à nos
coeurs et des ailes à la pensée.
(La Musique)
Les malicieux ont l'âme petite, mais la vue
perçante.
(La République)
A pratiquer plusieurs métiers, on
ne réussit dans aucun.
(La République)
La simplicité véritable allie la bonté à la beauté.
(La République)
La plupart des hommes au pouvoir
deviennent des méchants.
(Gorgias)
La victoire sur soi est la plus grande des
victoires.
Le plus grand mal, à part
l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de
sa faute.
(Gorgias)
Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants
que quand ceux du corps commencent à baisser.
(Le Banquet)
En toutes choses les extrêmes sont
rares, les choses moyennes très communes.
Les hommes ne veulent pas ce qu'ils font mais ce en
vue de quoi il font ce qu'ils font.
(Gorgias)
L'homme est la mesure de toute
chose.
(Théétète)
Donne et tu recevras.
La nécessité est la mère de
l'invention.
(La République)
L'homme n'est qu'un jouet inventé par Dieu.
L'amour est aveugle.
Ce n'est pas parce qu'on craint de la commettre,
mais c'est parce qu'on craint de la subir que l'on blâme l'injustice.