|
|
.
François MAURIAC
(1885 - 1970) |
|
(-) Fermer la
biographie |
François Charles Mauriac, est un écrivain français né le 11
octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1er
septembre 1970 à Paris.
Biographie
Orphelin de père dès l'âge de deux ans et demi, François
Mauriac fait ses études à l'institution Sainte-Marie Grand-Lebrun de Caudéran.
Outre les divers logements que la famille occupera à Bordeaux, son adolescence
est marquée par plusieurs lieux girondins qui tous marqueront profondément son
œuvre (Landes de Gascogne, Langon, Verdelais et Saint-Symphorien).
Il étudie la littérature à la faculté de Bordeaux. En 1907, il s'installe
à Paris pour préparer l'École
des chartes, mais il abandonne bien vite ces études pour se consacrer
entièrement à l'écriture.
Son premier volume de poèmes,
Les Mains jointes, est publié en 1909. Bien
que retenant l'attention des milieux littéraires, il ne sera connu du grand
public qu'une dizaine d'années plus tard.
En 1913, il épouse Jeanne Lafon, qui lui donne un premier
fils, Claude, en 1914, année de la publication de son roman
La Robe prétexte. Ses autres enfants, Luce,
Jean et Claire naîtront respectivement en 1919, 1924 et 1929.
Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre
mondiale, durant laquelle il sert un moment dans un hôpital de la Croix-Rouge à
Salonique. En 1921, il publie
Préséances, qui le brouille longtemps avec
la bonne société bordelaise, puis, en 1922,
Le Baiser au lépreux.
Dans une vie d'abord marquée par les mondanités littéraires,
puis par des engagements politiques guidés notamment par un idéal chrétien
socialisant, Mauriac est avant tout occupé par la composition d'une œuvre
romanesque où il se révèle un remarquable analyste des passions de l'âme et un
virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale (Genitrix,
Le Désert de l'amour,
Thérèse Desqueyroux,
Le Nœud de vipères,
Le Mystère Frontenac).
La plupart de ses romans évoquent, avec une certaine intensité
tragique, le conflit entre la foi et la chair et développent en ce sens
plusieurs images récurrentes comme le fameux "désert" spirituel que les
personnages doivent inéluctablement traverser.
La qualité de ses romans et de sa poésie lui vaut d'être
triomphalement élu à l'Académie
française le 1er juin 1933.
Tout en poursuivant son œuvre littéraire, il prend part à de
nouveaux combats politiques, notamment au moment de la
guerre d'Espagne, d'abord en faveur des
nationalistes puis aux côtés des républicains espagnols. Cet engagement
provoquera une première rupture avec sa famille politique.
Robert Brasillach lui dédicacera son ouvrage
sur la guerre d'Espagne d'un perfide "à F.M. égaré".
Sous l'Occupation, il publie
La Pharisienne en 1941, qui lui vaut d'être
désigné comme "agent de désagrégation" de la conscience française par les
thuriféraires de l'Ordre nouveau. Il participe à la presse clandestine (Les
Lettres Françaises notamment). Au moment de l'épuration, il
intervient en faveur du romancier Henri Béraud, accusé de collaboration, mais
échoue à sauver la tête de
Robert Brasillach. Il rompt peu après avec le
Comité national des écrivains en raison de leur orientation communiste et
participe à la revue des Cahiers de la La Table ronde, où de jeunes
écrivains de droite, qu'on appellera plus tard les
Hussards, feront leurs débuts.
En 1952, l'année où paraît son roman
Galigaï, François Mauriac reçoit le Prix
Nobel de Littérature. Son fameux Bloc-notes, qu'il tiendra jusqu'à la fin
de sa vie, paraît d'abord dans La Table ronde, puis dans L'Express,
que viennent de créer
Françoise Giroud et
Jean-Jacques Servan-Schreiber (en 1961, le
"Bloc-notes" émigre définitivement au Figaro littéraire).
Polémiste vigoureux, d'abord absent du débat sur la guerre
d'Indochine, il prend ensuite courageusement position pour l'indépendance du
Maroc, puis de l'Algérie, et condamne l'utilisation de la torture par l'armée
française. Le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille
au général
de Gaulle. Il préside aussi le Comité de
soutien aux chrétiens d'URSS.
Dans les années soixante, il publie ses
Nouveaux Mémoires intérieurs (1965) et ses
Mémoires politiques (1967), ainsi qu'une
hagiographie du général, De Gaulle (1964), auquel il demeurera fidèle
jusqu'au bout.
Son dernier roman,
Un adolescent d'autrefois reçoit un accueil
enthousiaste de la critique en 1969. Une suite, "Maltaverne", demeure inachevée.
François Mauriac meurt à Paris le 1er
septembre 1970 et est enterré au cimetière de Vémars (Val-d'Oise).
Claude Mauriac et
Jean Mauriac, ses fils, et
Anne Wiazemsky, sa petite-fille, sont aussi
écrivains.
Luce Mauriac, sa fille, a publié un roman en
2008..
-
source
-
|
|
|
|
Les
êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir
les quitter.
(Thérèse Desqueyroux)
L'art
de vivre consiste à sacrifier une passion basse à une passion plus
haute.
J'ai
peine à croire à l'innocence des êtres qui voyagent seuls.
(Journal)
Je
veux bien mourir pour le peuple, mais je ne veux pas vivre avec.
L'artiste
est menteur, mais l'art est vérité.
(Bloc-Notes, I)
Dans
le doute, il faut choisir d'être fidèle.
(Bloc-Notes, III)
Pour
beaucoup de femmes, le plus court chemin vers la perfection, c'est la
tendresse.
(Asmodée)
Le
déclin de l'âge nous apporte ce bienfait : c'est que les êtres, et les
nations, ne peuvent plus nous surprendre que par leurs vertus. La
bassesse va de soi...
Il
ne sert à rien à l'homme de gagner la Lune s'il vient à perdre la Terre.
La Déception est un sentiment qui
ne déçoit jamais.
Il y a souvent un vice jugulé, dominé à la source
des vies admirables.
(Dieu et Mammon)
Là où il n'y a pas de gendarmes,
une certaine race d'"honnêtes gens" est capable de tout.
(Bloc-Notes, V)
Moins les gens ont d'idées à exprimer, plus ils
parlent fort.
L'empreinte d'un homme sur un autre
est éternelle, aucun destin n'a traversé le nôtre impunément.
Nous méritons toutes nos rencontres. Elles sont
accordées à notre destinée.
Un théologien a le droit d'affirmer
qu'il sait comment Dieu juge une hérésie, non comment il juge ceux qui
professent cette hérésie.
(Journal)
Le désir transforme l'être qui nous approche en un
monstre qui ne lui ressemble pas.
(Thérèse Desqueyroux)
Combien peu d'amours trouvent en
elles-mêmes assez de forces pour demeurer sédentaires !
(Journal)
Nous ne connaissons bien que ce dont nous sommes
dépouillés.
(Trois Grands Hommes
devant Dieu)
Chacun de nous est un désert.
(Dieu et Mammon)
Ce n'est pas toujours le pire que les hommes
cachent.
(Journal)
L'épreuve ne tourne jamais vers
nous le visage que nous attendions.
(Journal)
Une certaine qualité de gentillesse est toujours
signe de trahison.
(Le Noeud de Vipères)
Judas aurait pu devenir un saint,
le patron de nous tous qui ne cessons de trahir.
(La Vie de Jésus)
Ecrire c'est se souvenir. Mais lire, c'est aussi se
souvenir.
(Mémoires intérieurs)
N'importe qui sait proférer des
paroles menteuses ; les mensonges du corps exigent une autre science.
(Thérèse Desqueyroux)
La poussière n'est pas encore le néant : elle aussi
doit être dispersée.
(Journal)
Le meilleur que nous puissions
attendre des hommes, c'est l'oubli.
(Bloc-Notes, II)
Presque tous les hommes ressemblent à ces grands
palais déserts dont le propriétaire n'habite que quelques pièces ; et il
ne pénètre jamais dans les ailes condamnées.
(Journal)
Comme il existe une fausse
délicatesse, il existe une fausse vulgarité.
(Journal)
On n'aime plus personne quand on aime.
Une oeuvre sincère ne saurait être
plus condamnable qu'un cri. Tout drame inventé reflète un drame qui ne
s'invente pas.
(Journal)
Que les morts seraient embarrassants s'ils
revenaient !
(Le Désert de
l'amour)
Les méchants assurent qu'il
n'existe que deux espèces de socialistes : ceux qui sont trop malins et
ceux qui ne le sont pas assez.
(Bloc-Notes)
Dieu a eu besoin des hommes, et les hommes se sont
servis de Dieu, cela dit tout.
(Ce que je crois)
Nous croyons trop souvent que Dieu
n'écoute pas nos questions, c'est nous qui n'écoutons pas ses réponses.
Faut-il dire que les enfants délivrent la femme de
l'homme ? La vérité est qu'elle passe d'un joug à un autre joug.
(L'Education des
filles)
Il existe encore des familles où
une femme qui lit beaucoup inquiète et scandalise.
(L'Education des
filles)
Rien ne dérange davantage une vie que l'amour.
(Trois Grands Hommes
devant Dieu)
Notre vie vaut ce qu'elle nous a
coûté d'efforts.
(Le Jeune homme)
Quel arbre humain n'est, par quelques uns de ses
fruits, un mauvais arbre ?
(Vie de Jésus)
La peur est le commencement de la
sagesse.
(Thérèse Desqueyroux)