Guy de Maupassant est un écrivain français (romancier et
nouvelliste) né le 5 août 1850 à Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet
1893 à Paris.
Ses œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence
importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent,
mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Guy de
Maupassant se limite à une décennie – de 1880 à 1890 – avant qu’il ne sombre peu
à peu dans la folie et ne meure à 43 ans. Reconnu de son vivant, Guy de
Maupassant conserve aujourd'hui un grand renom.
Biographie
Issu d'une vieille famille lorraine, installée en
Seine-Maritime au milieu du
XIXe siècle,
Gustave de Maupassant (père de Guy), avait épousé en 1846 Laure le Poittevin,
une demoiselle de la bonne bourgeoisie. Elle était amie avec
Gustave Flaubert, qui allait exercer une
certaine influence sur la vie de son fils Guy.
Femme d’une grande culture littéraire, aimant beaucoup les
classiques, elle appréciait particulièrement
Shakespeare. Séparée de son mari volage en
1860, elle s'installe avec ses deux fils
(Guy et Hervé né en 1856) à
Étretat.
Guy passe son enfance dans la maison « Les Verguies », où,
entre mer et campagne, il grandit dans l’amour de la nature et des sports en
plein air. Il est profondément attaché à sa mère.
A l'âge de treize ans il est pensionnaire de l'Institution
ecclésiastique d'Yvetot. De cette période, Guy de Maupassant conservera une
hostilité marquée envers la religion. Renvoyé, il est inscrit au lycée de Rouen
où il se montre bon élève. Il s’adonne volontiers à la poésie et participe
beaucoup aux pièces de théâtre. Bachelier ès lettres en 1869, il part étudier le
droit à Paris sur le conseil de sa mère et de Flaubert. Mais la guerre
interrompt le cours de ses études.
En 1870, il s’enrôle comme volontaire lors de la
Guerre franco-prussienne, affecté d’abord dans
les services d’intendance puis dans l’artillerie. Après la guerre, il paie un
remplaçant pour achever à sa place son service militaire, et quitte la Normandie
pour s'installer durablement à Paris.
A Paris, le jeune Maupassant passe dix années comme commis aux
ministères de la Marine et de l’Instruction Publique. Le soir, il se consacre à
ses travaux littéraires. Fin 1877, il est atteint de la
syphilis. Cette maladie ne cessera
d'empoisonner son existence.
Gustave Flaubert le prend sous sa protection et devient pour
lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la
littérature. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces.
En tant que journaliste, il collabore à plusieurs journaux
dont Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L’Écho de Paris.
Toujours encouragé par Flaubert, il publie en 1879 son premier
livre, un fascicule d’une centaine de pages « Histoire du vieux temps ».
S’étant lié avec
Zola, il participe en 1880 au recueil collectif
des écrivains naturalistes
Les Soirées de Médan avec sa première
nouvelle,
Boule de Suif, qui remporte d’emblée un
grand succès et que Flaubert qualifie de « chef-d’œuvre qui restera ». La
disparition de Flaubert en 1880, laisse le jeune écrivain seul face à son
destin.
La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de
la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de 300 nouvelles et quelques
récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille
méthodiquement, et produit annuellement deux et parfois quatre volumes. Le sens
des affaires joint à son talent lui apporte la richesse.
En 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le
titre de La Maison Tellier, qui rencontre un succès remarquable. En 1883,
Maupassant publie son premier roman, Une vie, dont vingt cinq mille
exemplaires sont vendus en moins d’un an. Avec ses droits d’auteur, il se fait
construire sa maison, « La Guillette », Étretat. La maison est envahie chaque
été par Maupassant et ses amis.
En 1883, naît son premier enfant, un garçon qu'il ne reconnaît
pas, fils de Joséphine Litzelmann. Une fille naît l'année suivante, puis un
troisième en 1887, non reconnus. En 1884, il vit une liaison avec la comtesse
Potocka, une mondaine riche, belle et spirituelle. En octobre de la même année,
il achève l'écriture de
Bel-Ami, son second roman. Paru en 1885, il
connaît trente-sept tirages en quatre mois.
L'aversion naturelle de Maupassant pour la société ainsi que
sa santé fragile le portent vers la retraite, la solitude et la méditation. Il
voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile,
en Auvergne, et à chaque voyage correspondent de nouveaux volumes. Cette vie
fiévreuse ne l’empêche pas de nouer des amitiés parmi les célébrités littéraires
de son temps, à l'instar d'Alexandre
Dumas fils qui lui voue une affection paternelle.
En 1887, son frère Hervé est interné une première fois, et
retombe malade en fin d'année. En 1888, il est de nouveau interné à l'asile de
Lyon-Bron. Il y meurt en novembre 1889.
Durant ses dernières années, se développent en lui un amour
exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte
constante de la mort, et une certaine paranoïa, dus à une probable
prédisposition familiale (sa mère est dépressive et son frère est mort fou en
1889), mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années.
Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et
mental ne cesse de se dégrader, et ses nombreuses consultations et cures n'y
changent rien. En août 1890, il commence L'Âme étrangère, qu'il ne finira
jamais. En 1891, il commence un roman, L'Angélus, qu'il n'achève pas non
plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d'adieu au docteur Cazalis.
Dans la nuit du 1er janvier au
2 janvier 1892, il fait une tentative de suicide au pistolet, mais son
domestique, François Tassart, avait enlevé les vraies balles ; il casse alors
une vitre et tente de s’ouvrir la gorge. On l'interne à Paris le 6 janvier, où
il meurt de paralysie générale, un mois avant son quarante-troisième
anniversaire, le 6 juillet 1893, après dix-huit mois d’inconscience presque
totale.
Il est enterré au cimetière de Montparnasse à Paris, (26e
division).
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