Søren Aabye Kierkegaard est un écrivain et philosophe danois, né
le 5 mai 1813 et mort le 11 novembre 1855, à Copenhague.
Il est généralement reconnu comme le précurseur de l'existentialisme.
Il s'est opposé à la philosophie
hégélienne dont il jugeait la compréhension
nécessaire mais qui devait subir un renversement, parce que coupée de la réalité
de l'existence concrète et humaine.
La plupart de ses œuvres traitent des problématiques religieuses telles que la
nature de la foi, l'établissement de l'église chrétienne, de l'éthique ainsi que
de la théologie chrétienne.
Il a influencé
Heidegger qui le qualifiait non de philosophe
mais de « penseur chrétien, ». Plus généralement, les grands philosophes
contemporains lui ont refusé le statut de philosophe (par exemple
Sartre, lors du Colloque Kierkegaard). Pourtant
son oeuvre a une charpente conceptuelle forte, sans toutefois être un système,
qui n'a rien à envier aux plus grands.
Biographie
Søren Aabye Kierkegaard naît à Copenhague, dans une famille de
7 enfants, d’un père ayant fait fortune dans le commerce de bonnetier et
appartenant à une communauté
piétiste très fervente qui lui vaut, selon ses
propres dires, « une éducation chrétienne stricte et austère qui fut, à vues
humaines, une folie ».
En 1821, il entre à la Borgerdydsskole (en danois,
« l’école de la vertu civique »), une école privée très élitiste où il se fait
remarquer par son intelligence hors du commun et, en 1831, l’année de la mort de
Hegel, il commence ses études de théologie à
l’Université de Copenhague.
De 1819 à 1834, la tragédie du destin fait que sa mère, puis
ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour, soit de
maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui
l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge du
Christ. Plongé dans la mélancolie, qui est
accentuée par la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère
Peter, le seul survivant d’une famille qui fut nombreuse.
Lors d’un dîner chez des amis communs, un soir du mois de mai
1837, il rencontre la jeune Régine Olsen, dont il s’éprend. En 1840, il la
demande même en mariage, ce qu’elle accepte, mais il rompt brutalement avec elle
un an plus tard, après lui avoir renvoyé son anneau de fiançailles.
La même année, il soutient sa thèse de doctorat sur Le
concept d’ironie constamment rapporté à Socrate et, le cœur brisé, s’exile à
Berlin où il suit les cours de
Schelling, dont il revient déçu.
Vivant de la fortune de son père et affirmant n’avoir « pas
le temps de [se] marier », il publie en 1843 son premier grand livre, Ou
bien... Ou bien..., sous le pseudonyme de Victor Eremita et, renonçant à
être pasteur, s’engage dans une intense production philosophique, dont les
titres les plus remarquables, tous signés d’un pseudonyme différent, sont Le
concept d’angoisse (1844), Stades sur le chemin de la vie (1845) ou
Post-scriptum définitif et non-scientifique aux Miettes philosophiques
(1846).
Après avoir atteint l’âge inattendu de 34 ans, il donne à son
œuvre d’écrivain un tour nettement plus religieux, soucieux de défendre le
christianisme véritable contre l’Église officielle, avec des ouvrages comme la
longue série des Discours édifiants, La maladie à la mort, parfois
traduit sous le titre Traité du désespoir, (1849) et L’École du
christianisme (1850).
En 1855, il publie une revue, L’instant, dans laquelle
il s’engage dans de violentes polémiques contre l’Église et meurt à l’âge de 42
ans, à l’hôpital, après s’être effondré dans la rue au cours d’une promenade.
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