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Jacques Anatole François
Thibault,
dit
Anatole FRANCE
(1844 - 1924) |
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biographie |
Anatole France, de son nom exact Jacques Anatole François
Thibault, est un écrivain français né le 16 avril 1844 à Paris et mort le 12
octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire.
Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la
Troisième République dont il fut également l’un
des plus importants critiques littéraires.
Biographie
Son père, François-Noël Thibault, dit Noël-France, fut d’abord
sous-officier légitimiste, avant de tenir à Paris une librairie (d’abord
librairie France-Thibault, puis France) spécialisée dans les ouvrages et
documents sur la
Révolution française, fréquentée par de
nombreux écrivains et érudits. Le nom d’Anatole France lui vient ainsi de son
père. Élevé dans un tel environnement, Anatole prend très tôt goût à l'érudition
livresque et se prend d'une réelle passion pour la période révolutionnaire.
De 1853 à 1862, il fait ses études à l’institution
Sainte-Marie et au collège Stanislas. Bien qu’il soit un élève peu doué et
souffrant d’être pauvre dans un milieu riche, il est remarqué pour ses
compositions, dont La Légende de sainte Radegonde qui sera éditée par la
librairie France et publiée en revue. Il obtient son baccalauréat en 1864.
Dès 1860, il travaille pour diverses libraires et revues, mais
refuse de prendre la suite de son père. Sa carrière littéraire commence par la
poésie ; amoureux de l’actrice Élise Devoyod, il lui dédie quelques poèmes, mais
elle le repousse en 1866. Il est disciple de Leconte de lisle, avec qui il
travaille quelque temps comme bibliothécaire au Sénat.
En 1876, il publie Les Noces corinthiennes chez Lemerre,
éditeur pour lequel il devient lecteur et rédige de nombreuses préfaces à des
classiques (Molière, par exemple). La même année, il devient commis à la
Bibliothèque du Sénat, poste qu'il conserve jusqu'à sa démission, le 1er février 1890.
Anatole France se marie en 1877 avec Valérie Guérin de
Sauville dont il aura une fille, Suzanne, née en 1881 et qui mourra en 1918. Les
relations de France avec les femmes furent toujours difficiles. Ainsi avait-il,
dans les années 1860, nourri un amour vain pour Elisa Rauline puis pour Elise
Devoyod. En 1888, il engage jusqu'en 1910 une liaison avec Madame Arman de
Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire de la
Troisième République. Volage, France finit par
quitter le domicile conjugal en juin 1892. Le divorce est prononcé, à ses torts
et à ses dépens, le 2 août 1893. S'ensuivent de de nombreuses liaisons.
Anatole France s’est orienté tardivement vers le roman et
connaît son premier succès public à 37 ans, en 1881, avec Le Crime de
Sylvestre Bonnard, couronné par l’Académie française. Cette œuvre est
remarquée pour son style optimiste et parfois féerique.
Il devient critique littéraire en 1887, au prestigieux
Temps.
Il est élu à l’Académie
française le 23 janvier 1896. Il y est reçu le 24 décembre.
Ecrivain reconnu, influent et riche, Anatole France s’engage
en faveur de nombreuses causes. Il tient plusieurs discours dénonçant le
génocide arménien, rejoint
Émile Zola lors de
l'affaire Dreyfus. Au lendemain de la
publication de
J'accuse, en 1898, il signe la pétition
demandant la révision du procès. Il rend sa Légion d'honneur après qu’on l’ait
retirée à Zola et refuse longtemps de siéger sous la Coupole.
Anatole France milite encore pour la séparation de l’Église et
de l’État, pour les droits syndicaux, contre les bagnes militaires. Au début de
la Première Guerre mondiale, il écrit d'abord des textes guerriers et patriotes
mais s'engage bientôt en faveur d’une paix d’amitié entre Français et Allemands.
Une attitude qui suscite l’indignation et l’hostilité, et lui vaut des lettres
d’insultes ainsi que des menaces de mort. Il prend position, en 1919, contre le
Traité de Versailles, y voyant une "paix
injuste".
Ami de
Jaurès et de Pressensé, il collabore dès sa
création à
l'Humanité. Proche de la SFIO, il est plus
tard critique envers le PCF. À partir de décembre 1922, il est exclu de toute
collaboration aux journaux
communistes. Anatole France, tout en adhérant
aux idées socialistes, se tint ensuite à l’écart des partis politiques.
Il se marie en 1920 avec Emma Laprévotte. En 1921, il est
lauréat du prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre.
Il meurt le soir du dimanche 12 octobre 1844 à La Béchellerie,
commune de
Saint-Cyr-sur-Loire.
En contradiction avec ses dispositions testamentaires, des
obsèques nationales ont lieu à Paris le 18 octobre, après quoi il est inhumé à
Neuilly-sur-Seine, auprès de ses parents.
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source
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Il est dans la nature
humaine de penser sagement et d'agir d'une façon absurde.
J'ai
toujours préféré la folie des passions à la sagesse de
l'indifférence.
La justice est
l'administration de la force.
Ce que
les hommes appellent civilisation, c'est l'état actuel des
moeurs et ce qu'ils appellent barbarie, ce sont les états
antérieurs.
Comme je n'étudiais rien,
j'apprenais beaucoup.
L'avenir
est un lieu commode pour y mettre des songes.
Le christianisme a
beaucoup fait pour l'amour en en faisant un péché.
A mesure
qu'on s'avance dans la vie, on s'aperçoit que le courage le
plus rare est celui de penser.
(La Vie littéraire)
La gaieté est la forme la
plus aimable du courage.
Sans le
mensonge, la vérité périrait de désespoir et d'ennui.
Seuls le désir et
l'oisiveté nous rendent tristes.
La
curiosité excite le désir plus encore que le souvenir du
plaisir.
Le pauvre sans désir
possède le plus grand des trésors ; il se possède lui-même. Le
riche qui convoite n'est qu'un esclave misérable.
Ce qui
fait qu'on désire et qu'on aime, c'est une force douce et
terrible, plus puissante que la beauté.
Il n'y
a rien que les démocraties estiment plus que la noblesse de
naissance.
La
jeunesse a cela de beau qu'elle peut admirer sans comprendre.
(La Vie littéraire)
Le goût étant le sens de
l'agréable, il s'affine dans la souffrance.
Je tiens
la connaissance de soi comme une source de soucis,
d'inquiétudes et de tourments. Je me suis fréquenté le moins
possible. (Le
petit Pierre)
Les perceptions des sens
et les jugements de l'esprit sont des sources d'illusion et
des causes d'incertitude.
Celui qui
se contredit a plus de chances qu'un autre d'exprimer
quelquefois du vrai.
N'est-ce donc rien qu'une
exigence imaginaire ? Et les personnages mythiques ne sont-ils
donc pas capables d'agir sur les hommes ?
Sans
l'ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux.
Dieu vaincu deviendra
Satan, Satan vainqueur deviendra Dieu.
Les fils
croient à la vertu de leur mère - les filles aussi, mais
moins. (L'anneau
d'améthyste)
Les idées de la veille
font les moeurs du lendemain.
En
histoire, il faut se résoudre à beaucoup ignorer.
Toutes les idées sur
lesquelles repose aujourd'hui la société ont été subversives
avant d'être tutélaires.
La vie
enseigne qu'on n'est jamais heureux qu'au prix de quelque
ignorance.
(La Vie littéraire)
Je tiens à mon
imperfection comme à ma raison d'être.
Ceux-là
seuls vous font de belles confessions qui aiment encore leurs
fautes.
J'ai rarement ouvert une
porte par mégarde sans découvrir un spectacle qui me fît
prendre l'humanité en pitié, en dégoût ou en horreur.
L'homme
ne croit pas ce qui est, il croit ce qu'il désire qui soit.
En tout temps et dans
tous les pays, la pensée des âmes méditatives fut un sujet de
scandale.
(Les Opinions de
Jérôme Coignard)
Le livre
est l'opium de l'Occident.
Quand l'homme qui
témoigne est armé d'un sabre, c'est le sabre qu'il faut
entendre et non l'homme.
Le mal
n'est pas de vivre mais de savoir qu'on vit.
Il n'est pas d'amour qui
résiste à l'absence.
Les
modérés s'opposent toujours modérément à la violence.
Nous appelons dangereux
ceux qui ont l'esprit fait autrement que nous et immoraux ceux
qui n'ont pas notre morale.
Les
grandes oeuvres de ce monde ont toujours été accomplies par
des fous.
Vivre sans illusions,
c'est le secret du bonheur.
(Monsieur Bergeret à
Paris)
La
jalousie n'est pour une femme que la blessure de
l'amour-propre.
J'aime la vérité. Je
crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand
besoin encore du mensonge.
(La Vie en fleur)
C'est la
certitude qu'ils tiennent la vérité qui rend les hommes
cruels.
Ce qu'on aime dans la
bonté, ce n'est pas le prix qu'elle coûte, c'est le bien
qu'elle fait.
La
justice est la sanction des injustices établies.
Les politiques sont comme
les chevaux, ils ne peuvent marcher droit sans oeillères.
La
science ne se soucie ni de plaire, ni de déplaire, elle est
inhumaine.
De toutes les aberrations
sexuelles, la pire est la chasteté.
Il faut,
dans la vie, faire la part du hasard. Le hasard, en
définitive, c'est Dieu.
(Le jardin d'Epicure)
Le passé, c'est la seule
réalité humaine. Tout ce qui est, est passé.
On croit
mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.
La vertu, comme le
corbeau, niche dans les ruines. Elle habite les creux et les
rides du corps.
(La Rôtisserie de la
reine Pédauque)