Albert Einstein est un physicien né le 14 mars 1879 à Ulm
(Allemagne) et mort le 18 avril 1955 à Princeton (USA). Né Allemand, il fut
ensuite apatride (1896) puis changea plusieurs fois de nationalité. Ainsi le
connut-on Suisse (1901), Autrichien (1911), de nouveau Allemand (1914) et enfin
Américain (1940).
Il a publié la
théorie de la relativité restreinte en 1905 et
une théorie de la gravité dite relativité générale en 1915. Il a largement
contribué au développement de la
mécanique quantique et de la cosmologie. Il a
reçu le prix Nobel de physique en 1921 pour son explication de l’effet
photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l’équation
E=mc², qui établit une équivalence entre la
matière et l'énergie d'un système.
Biographie
Le 8 août 1876, Hermann Einstein (Buchau 1847 - Milan 1902)
épouse Pauline Koch. Trois ans plus tard, le 14 mars 1879, Albert, leur premier
enfant, naît dans leur appartement d'Ulm, en Allemagne.
Albert Einstein fait ses études primaires et secondaires à la Hochschule
d’Aargau en Suisse, où il obtient son diplôme le 30 septembre 1896. Il a
d’excellents résultats en mathématiques. Il considère la science comme le fruit
de la raison humaine et de la réflexion.
Il entre à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH) en 1896. Il y
rencontre Mileva Maric, sa première épouse. Il obtient son diplôme en 1900. Il
lit beaucoup. Selon plusieurs biographies, de 1900 à 1902 sera un temps de
précarité pour Einstein qui postulera à de nombreux postes sans être accepté. La
misère d’Einstein préoccupa énormément son père qui essaya en vain de l’aider à
trouver un emploi. Albert se résigna à oublier l’université pour chercher un
travail administratif. Il publie en 1901 son premier article scientifique, dans
les Annalen der Physik, sur la capillarité.
En 1902, il est embauché à l’Office des brevets de Berne, ce qui lui permet de
vivre correctement tout en travaillant ses théories.
Fin 1902 toujours, naît sa fille, Lieserl. Son existence fut longtemps inconnue
des historiens, et on ignore ce qu'elle est devenue (l'hypothèse actuellement
retenue suppose que l'enfant serait née avec un handicap mental, élevée par les
parents de Mileva et décédée en bas âge, de la scarlatine).
Albert et Mileva se marient en 1903. En 1904, naît Hans-Albert. Le deuxième
fils, Eduard, naît en 1910.
Reconnu par ses pairs, Einstein voit les offres d'emploi se multiplier. En 1911,
il est invité au premier Congrès Solvay, en Belgique, qui rassemble les
scientifiques les plus connus. Il y rencontre entre autres Marie Curie, Max
Planck et Paul Langevin. En 1913, Albert est nommé à l’Académie des sciences de
Prusse. Cela implique qu’il a la citoyenneté prussienne, en plus de la
citoyenneté suisse.
En 1914, il s'établit Berlin. Les propositions de travail allemandes lui
permettent de se consacrer tout entier à son travail de recherche. À ce moment,
Mileva et Albert se séparent, et ce dernier commence à fréquenter une cousine
berlinoise, Elsa. La ville de Berlin lui offre un terrain, à Caputh, près du lac
de Havelsee, où il fait bâtir sa maison.
Aux abord de la Première Guerre mondiale, il clame publiquement ses opinions
pacifistes.
Dans un livre de 1916, il publie sa théorie de la gravitation, connue
aujourd’hui sous le nom de la relativité générale.
En 1919, Arthur Eddington réalise la mesure de la déviation que la lumière d’une
étoile subit à proximité du Soleil. Il s'agit de la confirmation objective de la
théorie d'Einstein. L'évènement est médiatisé, et Einstein entreprend à partir
de 1920 des voyages et conférences dans le monde entier.
La situation s’assombrit en Allemagne dans les années 1920 ; il est traîné dans
la boue comme Juif et pacifiste, et voit sa sécurité menacée avec la montée des
mouvements nationalistes dont celle du parti
nazi. Peu après l’arrivée d’Hitler
au pouvoir, début 1933, il apprend que sa maison de Caputh, près de Berlin, a
été pillée par les nazis. Il décide de ne plus revenir en Allemagne. Après un
court séjour sur la côte belge, il s’installe aux États-Unis, où il travaille à
l’Institute for Advanced Study de Princeton.
Le 2 août 1939, il rédige une lettre à Roosevelt qui contribue à enclencher le
projet Manhattan
(nom de code du projet de réalisation de la bombe atomique américaine).
Einstein meurt le 18 avril 1955 d’une rupture d'anévrisme, son cerveau est
hypertrophié à gauche. On éparpillera ses cendres dans un lieu tenu secret,
conformément à son testament mais, en dépit de ses dernières volontés, son
cerveau et ses yeux sont préservés par le médecin légiste qui a fait son
autopsie.
Son fils Eduard, schizophrène, passera sa vie dans une clinique en Suisse, son
autre fils Hans-Albert fut ingénieur en Californie et eut une descendance.
Einstein et la politique
En politique, Einstein était avant tout un pacifiste. Il
répondit ainsi aux communistes que les peuples devaient s’occuper d’abord de
pacifisme afin d’avoir les conditions nécessaires pour ensuite pouvoir faire du
socialisme.
Einstein fut un supporteur du
sionisme. En 1920, il accompagne le leader
sioniste Chaim Weizmann aux États-Unis dans une campagne de récolte de fonds.
Suite à une invitation à s’établir à Jérusalem, il écrit dans son carnet de
voyage que « le cœur dit oui (…) mais la raison dit non ».
Il analysa bien l’évolution de la situation entre les deux guerres en Allemagne.
Il reçut des menaces de mort dès 1922. De violentes attaques eurent lieu contre
la théorie de la relativité en Allemagne. Einstein démissionna de l’académie de
Prusse en 1933. Cette année-là, en voyage à l’étranger, il ne retourna pas en
Allemagne, où le régime nazi avait pris le pouvoir en janvier. Après un séjour
en Belgique, il déclina une proposition de la France de l’accueillir comme
professeur au Collège de France, et partit aux États-Unis à Princeton.
Le 2 août 1939, il rédigea une lettre à Roosevelt qui contribua à enclencher le
projet Manhattan.
Précisons qu’il ne participa cependant pas à la
construction de la bombe atomique. Il n’en eut pas même l’idée. Ce fut
Robert Oppenheimer qui la dirigea.
Après la guerre, Einstein milita pour un désarmement
atomique mondial, jusqu’avant sa mort en 1955 où il confessa à Linus Pauling :
« j’ai fait une grande erreur dans ma vie, quand j’ai signé cette lettre. »
Einstein s’est exprimé sur ses convictions socialistes en 1949, dans un essai
intitulé Pourquoi le Socialisme. Sa correspondance révèle qu’il
effectuait un rapprochement entre le maccarthysme et les évènements des années
1930 en Allemagne. Le FBI a ouvert un dossier sur lui, disponible sur leur site.
Joseph McCarthy lui-même attaque Einstein au
Congrès en le traitant « d’ennemi de l’Amérique ». On soupçonne sa secrétaire,
Helen Dukas, d’espionnage pour Moscou. Les médias se déchaînent. L’affaire a été
classée en 1954, aucune preuve n’ayant été trouvée.
Il est désappointé par ce qu’il peut connaître de l’Union soviétique. Il lui
paraît pourtant évident que le principe du gouvernement des peuples par
eux-mêmes, le fait de travailler pour eux-mêmes, est plus propice à
l’épanouissement individuel que celui de l’exploitation du grand nombre par une
minorité.
Ben Gourion lui proposa en 1952 la
présidence de l’État d’Israël,
qu’il refusa : « D’abord, si je connais les lois de l’univers, je ne connais
presque rien aux êtres humains. De plus, il semble qu’un président d’Israël doit
parfois signer des choses qu’il désapprouve, et personne ne peut imaginer que je
puisse faire cela. » Il légua ses archives à l’université de Jérusalem.
Einstein fut somme toute un pacifiste à la philosophie très rationnelle, un peu
contemplatif, un être un peu asocial qui aimait l’humanité. Il a constamment
méprisé l’agitation humaine et a toujours préféré le calme.
Il a toujours insisté sur la nécessité de créer un État mondial.
Vie sociale
Einstein a eu des relations avec quantité de personnalités
scientifiques, politiques et artistiques. Sa correspondance était très riche. Il
a toujours fui l’agitation humaine, refusé les effets faciles et les jugements à
l’emporte-pièce. Il n’a jamais pris au sérieux sa célébrité.
Ses liaisons avec les femmes étaient sombres. Il trompait souvent Mileva, et fut
très dur avec Elsa. Ils faisaient chambre à part et il pouvait lui interdire son
bureau, se faisant presque servir (« Je traitais ma femme comme une employée,
mais une employée que je ne pouvais pas congédier »).
Mileva Maric, atteinte de coxalgie (boiteuse) et au
physique sombre, est aussi élève du Polytechnicum. Elle tombe enceinte et
accouchera chez ses parents en Serbie d’une petite fille, Lieserl, que le père
et la mère abandonnent. Ce drame va briser la vie de Mileva et, à terme, celle
du couple.
Il vit peu son fils Hans-Albert qui travaillait en Californie et cessa toute
relation avec son cadet, Eduard, schizophrène interné en Suisse, dès 1933.
Il entretint toute sa vie une relation amicale avec la reine Élisabeth de
Belgique, avec qui il jouait du violon.
Einstein et la religion
Einstein écrivit plusieurs textes sur les rapports entre la
science et la religion. Dans un article paru en 1930, Einstein distingue trois
formes de religion : la première est due à la crainte et à une incompréhension
de la causalité des phénomènes naturels (par exemple la foudre), d’où
l’invention d’êtres surnaturels. La deuxième est sociale et morale. La troisième
qu’Einstein appelle “religiosité cosmique” est une contemplation de la structure
de l’univers. Elle est compatible avec la science et n’est associée à aucun
dogme, ni croyance. Einstein déclare être religieux, mais seulement dans le
troisième sens du mot religieux.
Lorsqu'en 1929, le Rabbin Herbert S. Goldstein lui demande “Croyez-vous en
Dieu ?”, Einstein répond "Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même
dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se soucie du
destin et des actions des êtres humains".
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