Charles de Gaulle, est un militaire et homme politique français,
né le 22 novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à
Colombey-les-deux-églises (Haute-Marne).
Depuis son exil de Londres, il fut le chef de la Résistance à l'occupation
allemande et italienne de la France pendant la
Seconde Guerre mondiale, puis le fondateur de
la
Ve
République en 1958, dont il fut le premier président, de 1958 à 1969.
Biographie
Né à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille catholique
résidant à Paris,
Charles André Joseph Pierre-Marie de Gaulle était le fils
d'Henri, professeur de lettres (français, latin, grec), d'histoire et de
mathématiques, et de Jeanne Maillot. Charles a trois frères, dont deux seront
résistants, et une sœur, qui elle aussi entrera dans la Résistance.
Très tôt, son père fait découvrir à Charles les œuvres de
Barrès,
Bergson et
Péguy. La famille est alors monarchiste et
compte parmi les lecteurs de
L'Action française. Sa famille est
considérée comme « catholique libérale », sera dreyfusarde et, bien que
« monarchiste de regret », se ralliera à la République.
Charles de Gaulle fait une partie de ses études primaires à
l'école des frères de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin à Paris. Lors de la crise
politique résultant de la
séparation de l'Église et de l'État, en 1905,
de Gaulle est amené à poursuivre ses études en Belgique, chez les jésuites.
Entré 119e sur 221 à l'École
militaire de Saint-Cyr en 1908, il rejoignit l'infanterie et fut affecté au 33e
régiment d'infanterie à Arras, il est alors sous les ordres du colonel
Pétain.
Le Première Guerre Mondiale
Lieutenant
au début de la Première Guerre mondiale, il est
nommé capitaine en janvier 1915. Blessé dès son
premier combat à Dinant, le 15 août 1914, il
rejoint le 33e RI
sur le front de Champagne pour commander la 7e
compagnie. Officier tatillon, volontiers
cassant, son intelligence et son courage face au
feu le distinguent au point que le commandant du
33e RI lui offre
d'être son adjoint.
Le 2 mars 1916, son régiment est attaqué et presque détruit
par l'ennemi à Douaumont, près de
Verdun. Sa compagnie est anéantie au cours de
ce combat et les survivants sont capturés par les troupes allemandes.
De Gaulle est transféré au fort d'Ingolstadt, en
Bavière. Pour tromper l'ennui, il organise pour ses compagnons de captivité des
exposés magistraux sur l'état de la guerre en cours. Mais surtout, il tente de
s'évader à cinq reprises, sans succès. Il est libéré après l'armistice
du 11 novembre 1918 et retrouve les siens en décembre. De ces deux ans et demi
de captivité, il gardera un souvenir amer, estimant être un « revenant », un
soldat qui n'a servi à rien. Il recevra, toutefois, à l'issue de la Grande
Guerre la croix de chevalier de la Légion d'honneur, le 23 juillet 1919, et la
croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze.
Entre-deux-guerres
Charles de
Gaulle poursuit sa carrière militaire.
De 1919 à 1921, de Gaulle est envoyé en Pologne, venant de
gagner son indépendance, où il participe à la formation de la nouvelle armée
polonaise en lutte contre l'Armée
rouge.
À son retour, le capitaine de Gaulle est chargé de cours
d'histoire à l'École de Saint-Cyr, avant son admission à l'École supérieure de
guerre en 1922.
Il épouse, le 7 avril 1921, Yvonne Vendroux (1900-1979), dont
il aura trois enfants (Philippe [1921], Elisabeth [1924] et Anne [1928-1948],
née trisomique).
En 1925, il est détaché à l'état-major du
maréchal Pétain, vice-président du Conseil
supérieur de la Guerre. Il est affecté à Trèves en 1927, comme commandant du 19e
bataillon de chasseurs à pied (BCP). Il est muté au Levant en 1929 et passe deux
ans à Beyrouth avec sa famille. En 1931 il est affecté au secrétariat général de
la Défense nationale à Paris. Ce nouveau poste est pour lui important, car c'est
l'occasion de s'initier aux affaires de l'État.
C'est durant ces années que Charles de Gaulle développe ses
théories militaires : il publie La Discorde chez l'ennemi (1924), Le
Fil de l'épée (1932), Vers l'armée de métier (1934) et La France
et son armée (1938).
S'il est attaché à l'idée de défense statique, il n'en est pas
moins sensible aux idées du général Jean-Baptiste Eugène Estienne sur la
nécessité d'un corps de blindés, alliant le feu et le mouvement, capable
d'initiatives et d'offensives hardies. Cependant, cette idée rencontre peu
d'échos favorables, à l'exception notable de
l'Action française, qui salue à plusieurs
reprises, sous la plume de
Charles Maurras et de Jacques Bainville, sa
conception moderne d'une guerre d'offensive.
En revanche il ne perçoit pas l'importance de l'aviation à
laquelle il n'attribue qu'un rôle secondaire.
Ses idées se heurtent d'une part au profond conservatisme des dirigeants
militaires, et d'autre part aux réticences des républicains face à un militaire
de réputation maurrassienne.
D'inspiration monarchiste, Charles de Gaulle, militaire soumis
au devoir de réserve, révèle dans sa correspondance privée son peu de
considération pour le parlementarisme et lui préfère un régime fort. Jusqu'à la
fin de sa vie, il marquera son admiration pour la personnalité et l'œuvre de
l'historien royaliste
Jacques Bainville.
Léon Blum manifeste sa vive hostilité pour les idées de de
Gaulle dans trois articles publiés par le Populaire, car il craint que cette
armée ne soit utilisée contre le peuple, notamment les grévistes. Et de fait,
comme le montre une lettre de 1935 envoyée à Paul Reynaud, de Gaulle n'excluait
nullement une telle possibilité.
Colonel en 1937, il est nommé à la tête du 507e
régiment de chars à Metz. Lors de la déclaration de guerre de la France à
l'Allemagne, le 3 septembre 1939, le colonel de Gaulle est nommé commandant des
chars de la Ve Armée.
La Seconde Guerre Mondiale
Lorsque la guerre éclate,
Charles de Gaulle est toujours colonel,
commandant le 507e
RCC de Metz. En janvier
1940, il envoie à quatre-vingts
personnalités, dont
Léon Blum et
Paul Reynaud,
un mémorandum fondé sur les opérations de
Pologne. Intitulé L'Avènement de la force
mécanique, le texte insiste sur la nécessité
d'allier le char et l'aviation.
Trois jours avant l'offensive allemande du 10 mai 1940, qui
conduit à une percée rapide du front français, le colonel de Gaulle est averti
de la décision du commandement de lui confier la 4e
DCR, la plus puissante des grandes unités blindées de l'armée française (364
blindés) dont il prend effectivement le commandement le 11 mai. Le 15 mai, il
reçoit la mission de retarder l'ennemi dans la région de Laon afin de gagner du
temps pour mettre en place la 6e armée chargée de
barrer la route de Paris. Avec une division blindée toujours en cours de
constitution, il dirige une contre-attaque qui repousse les troupes allemandes.
Après avoir atteint ses objectifs, la 4e DCR est
contrainte de se replier face à l'intervention de renforts ennemis.
Enrichie de renforts, la 4e DCR
tente une nouvelle attaque mais est rapidement stoppée par l'aviation d'assaut
et l'artillerie allemandes.
Le 28 mai, la 4e DCR, dont de
Gaulle est à présent général de brigade à titre temporaire, attaque à deux
reprises une poche que l'ennemi a conquise au sud de la Somme. L'opération est
un succès qui permet de faire plus de 400 prisonniers et de résorber toute la
poche à l'exception d'Abbeville.
Le 6 juin 1940, le général de Gaulle est convoqué
d'urgence à Paris par Paul Reynaud, président du Conseil, pour occuper un poste
ministériel dans son gouvernement, celui de sous-secrétaire d'État à la Guerre
et à la Défense nationale.
Charles de Gaulle a pour mission de coordonner l'action avec
le Royaume-Uni pour la poursuite du combat. Le 9, il rencontre Churchill qu'il
tente en vain de convaincre d'engager davantage de forces, y compris aériennes,
dans la bataille. Le 10 juin, de Gaulle quitte Paris pour Orléans, Briare et
Tours. De retour de mission à Londres, le 16 juin, il apprend la démission du
président du Conseil, Paul Reynaud, son remplacement par le maréchal Pétain et
la demande d'armistice. Le général de Gaulle est donc évincé du gouvernement.
L'Appel du 18 juin 1940
Le 18 juin 1940, de Gaulle
parle au peuple français via
Radio Londres
de la BBC. Ce jour-là, il appelle les Français à
la résistance depuis sa retraite en Angleterre.
Le cabinet britannique a tenté de s'y opposer,
mais
Winston Churchill
l'a soutenu. Depuis ce jour, ce texte demeure
l'une des plus célèbres allocutions de
l’Histoire de France.
Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au
ministre français de l'Intérieur
Georges Mandel de passer au Royaume-Uni et de
lancer lui-même un appel. Mais il avait refusé de quitter la France pour ne pas
prêter le flanc à une critique de désertion qui aurait aussitôt été exploitée
(il était juif).
La France libre
Désormais à Londres, de Gaulle
forme et dirige les
Forces françaises libres.
Il s'agit de former une armée et un contre-État,
doté de souveraineté et de légitimité, qui se
donne les territoires français de l'Empire
colonial pour base de la reconquête.
Dès le début de l'été 1940, il jette les bases d'une marine (FNFL),
d'une aviation (FAFL), de forces terrestres (FFL), d'un service de
renseignements (le BCRA du colonel Passy, vite actif en métropole). La
Croix de Lorraine devient son emblème. La
France libre a bientôt sa banque, son journal officiel, ses décorations. Des
comités français libres actifs dans le monde entier se constituent et tentent de
rallier à de Gaulle les Français de l'étranger, les opinions et les
gouvernements.
En France, de Gaulle est condamné par contumace à quatre ans
de prison et à la perte de la nationalité française, puis, le 2 août 1940, à
"mort, dégradation militaire et confiscation de ses biens meubles et immeubles"
pour "Trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat, Désertion à
l'étranger en temps de guerre sur un territoire en état de guerre et de siège".
En Grande-Bretagne, il trouve en revanche le soutien de
Winston Churchill, mais aussi celui du Parlement, de la presse et de l'opinion
publique. Cet appui, comme celui de l'opinion américaine, se révélera un atout
très précieux lors des tensions avec Londres et Washington.
Dès 1940, de Gaulle se pense comme l'incarnation de la France,
en opposition au Maréchal Pétain. Il n'aura de cesse que soient protégés les
intérêts de la France, dans la guerre et après le conflit. Il obtient ainsi de
Churchill la signature, le 7 août 1940, de l'accord des Chequers, par lequel le
Royaume-Uni s'engage à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions
françaises et à la « restauration intégrale de l'indépendance et de la grandeur
de la France ». Le gouvernement britannique s'engage de plus à financer toutes
les dépenses de la France libre.
Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales
françaises, de Gaulle se place à la tête du Comité national français à partir du
24 septembre 1941. Mais il fait surtout en sorte que la France reste présente
dans le camp allié, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le
combat sur les différents fronts. En outre, à partir de 1941-1942, il stimule et
obtient le ralliement de la
résistance intérieure, grâce au colonel Passy,
à Pierre Brossolette et à
Jean Moulin, ce qui le conduit à transformer la
France libre en
France combattante.
Malgré les relations de confiance scellées par traités entre
Churchill et de Gaulle, les deux géants ont des relations parfois tendues,
gênées par l'anglophobie que manifestait le Général dans les années 1920 et
1930.
Les relations avec
Franklin Delano Roosevelt sont plus
problématiques. Le président américain, personnellement francophile, a été déçu
par l'effondrement de la France en 1940. Les antigaullistes français sont
nombreux à Washington, par exemple l'ancien secrétaire général du Quai d'Orsay
Alexis Léger (Saint-John
Perse) qui décrit ce général comme un apprenti dictateur. De
surcroît, au contraire du Général qui mise beaucoup sur l'Empire français, le
président américain est profondément hostile au système colonial et envisage de
confier après la guerre les colonies françaises à une institution internationale
qui préparerait leur évolution vers l'indépendance.
La Libération
Malgré son exclusion par
Roosevelt du débarquement américano-britannique
en Afrique du Nord (opération
Torch), de Gaulle réussit à prendre
pied à Alger en mai 1943.
Après le
débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, le
CFLN prit alors le nom de Gouvernement provisoire de la République française
(GPRF) Les Français découvrirent alors l'imposante silhouette de de Gaulle (il
mesurait 1,93 m).
Il insista avec vigueur auprès du
général Eisenhower, commandant en chef des
armées alliées, pour que Paris fût libérée rapidement, alors que sa stratégie
prévoyait d'aller directement vers l'est sans passer par la capitale.
Alors que les Américains sont aux portes de Paris, de Gaulle
exige qu'ils attendent, pour libérer la capitale, que des troupes françaises
soient présentes. Ils s'exécutent d'assez mauvaise grâce et c'est finalement la
2e division blindée du général Leclerc qui libère
Paris le 25 août et reçoit la reddition de Von Choltitz.
Ce même jour, le général de Gaulle se réinstalle au ministère
de la Guerre, dans le bureau qu'il occupait jusqu'au 10 juin 1940, signifiant
ainsi que Vichy était une parenthèse et que la République n'a jamais cessé
d'exister. Puis il se rend à l'Hôtel de ville, où il prononce un discours dans
lequel il insiste sur le rôle essentiel joué par les Français pour leur propre
libération.
Le lendemain, 26 août, il descend triomphalement les
Champs-Élysées. Le 9 septembre, un gouvernement d'unanimité nationale est
constitué, sous sa présidence.
Une assemblée constituante fut ensuite élue en octobre 1945,
six mois après la fin de la guerre.
L'après guerre
De Gaulle attribue le droit de
vote aux femmes de France à la Libération. Les
femmes purent ainsi voter pour la première fois
aux élections municipales de 1945. D'autres
réformes sont entreprises à la Libération, des
nationalisations à la mise en place du monopole
de l'assurance maladie obligatoire qu'est la
sécurité sociale.
Après la condamnation à mort de Philippe Pétain en 1945, il le
gracie en transformant sa peine en travaux forcés à perpétuité en raison de son
grand âge.
Président du Gouvernement provisoire, mais en désaccord avec
l'Assemblée constituante sur la conception de l'État (qu'il imagine fort et
autoritaire) et le rôle des partis, de Gaulle remet sa démission le 20 janvier
1946. Il a rempli la mission qu'il s'était donnée le 18 juin 1940 : libérer le
territoire, restaurer la République, organiser des élections libres et
démocratiques, entreprendre la modernisation économique et sociale. Mais de
Gaulle espère qu'on fera très vite appel à lui de nouveau.
En 1947, il fonde un mouvement politique, le
Rassemblement du peuple français (RPF),
afin de transformer la scène politique française, de lutter contre le régime
« exclusif » des partis, de s'opposer à l'avancée du communisme et de promouvoir
une nouvelle réforme constitutionnelle privilégiant le pouvoir exécutif. Il
propose également une troisième voie économique (l'association capital-travail).
Le RPF reprend également les thèmes de la droite la plus traditionnelle :
ultra-conservatisme colonial et anticommunisme virulent.
Le parti rallie des résistants (dont
Jacques Chaban-Delmas), des notables, mais
aussi d'anciens pétainistes. Certains historiens rapprochent le RPF de la lignée
du
bonapartisme et du boulangisme, tout en
observant que le RPF est, dans l'histoire du gaullisme, l'épisode le moins
éloigné de ce « qu'en France on a l'habitude de qualifier de fascisme »,
c'est-à-dire une droite musclée mais républicaine.
Après un grand succès en 1947-1948 (35% des suffrages aux
municipales de 1947, 42% des sénateurs élus en 1948), le RPF décline de 1949 à
1951. Dans l'opposition, le RPF est frappé d'un véritable ostracisme de la part
des autres partis politiques, entretenu par le refus du général de Gaulle de se
compromettre avec les autres partis. En 1951, le RPF obtient encore plus de 4
millions de voix (22,3 % des suffrages et 16,8 % des inscrits) et 117 députés,
mais les députés RPF ne sont pas assez nombreux pour infléchir la politique
sociale, ni pour pousser à une réforme des institutions.
Le RPF est irrémédiablement affaibli par la défection de
vingt-sept députés. En juillet 1952, quarante-cinq autres font défection. Les
gaullistes se divisent.
Aux élections locales de 1953, le RPF perd la moitié de ses
suffrages. Suite à la défaite électorale de son parti, le général de Gaulle se
retire à Colombey-les-Deux-Églises et rédige ses
Mémoires de guerre.
Le retour au pouvoir
L'instabilité ministérielle et
l'impuissance de la IVe
République face à la question algérienne
conduisent le régime à une crise grave. Bon
nombre de responsables politiques de tous bords
en viennent à souhaiter le retour du Général.
Le 13 mai 1958, un comité de vigilance appelle à manifester
contre le FLN à Alger. Un comité de salut public est créé, à la tête duquel se
trouve le général Salan. Il lance un appel au général de Gaulle le 15 mai.
L'insurrection prend de l'ampleur et risque de dégénérer en guerre civile. Le
19, le Général se dit "prêt à assumer les pouvoirs de la République". Certains
voient dans cette déclaration un soutien à l'armée et s'inquiètent.
Le 29 mai, le président de la République, René Coty, fait
appel "au plus illustre des Français". Charles de Gaulle accepte de former un
gouvernement. Sous pression, l'Assemblée nationale l'investit le 1er juin.
Le général de Gaulle devient ainsi le dernier président du Conseil de la IVe
République. Les députés lui accordent la possibilité de gouverner par ordonnance
pour une durée de six mois, et l'autorisent à mener à bien la réforme
constitutionnelle du pays.
La nouvelle Constitution est adoptée par référendum, le 28
septembre 1958, avec 79,2 % de « oui ». Charles de Gaulle est élu par un large
collège électoral, président de la République française, le 21 décembre. Il
prend ses fonctions le 8 janvier 1959.
Entre le moment de son entrée en fonctions comme président du
Conseil et son élection à la présidence de la République, Charles de Gaulle a
largement amorcé la politique qui marquera son passage au pouvoir : outre la
volonté de doter la France d'une nouvelle Constitution, le Général se soucie de
la politique européenne de la France, de l'indépendance du pays face aux
États-Unis, de l'assainissement des finances publiques et du sort de l'Algérie.
Le 19 décembre 1965, il est réélu président de la République
pour un nouveau mandat de 7 ans avec 55,20 % des suffrages, sans avoir mené de
campagne électorale. De Gaulle n'est cependant élu qu'au second tour de scrutin,
puisqu'il est mis en ballottage par François Mitterrand et Jean Lecanuet.
Le désaveu et le retrait
Le 27 avril 1969, dans un
référendum portant sur le transfert de
certains pouvoirs aux régions et la
transformation du Sénat, de Gaulle proposait
d'introduire des représentants des organisations
professionnelles et syndicales au sein des
conseils régionaux. Mettant tout son poids dans
le référendum, il annonça à l'avance son
intention de démissionner en cas de victoire du
« non ». Celui-ci l'emporta par 52,41 %.
Quelques minutes après minuit, le 28 avril 1969,
un communiqué laconique tombe de Colombey :
« Je cesse d'exercer mes fonctions de président
de la République. Cette décision prend effet
aujourd'hui à midi ».
Ce communiqué est le dernier acte public de « l'homme du 18
juin » : pour éviter d'être impliqué dans sa propre succession, il passe le
temps de la campagne en Irlande où il vote par procuration. Ensuite il s'enferme
à
La Boisserie , sa propriété de Colombey, pour y
écrire ses Mémoires d'espoir qui prendront la suite des Mémoires de
guerre; il y mènera une existence retirée voire recluse, n'y recevant que
quelques anciens collaborateurs ou anciens ministres auxquels il conserve estime
et confiance.
Il voyagea aussi en Espagne, où il rendit une visite de
courtoisie au
général Franco, déclarant regretter ne pas
avoir pu le rencontrer plus tôt du fait des circonstances internationales.
Proche du général et néanmoins troublé,
André Malraux ne cacha pas que, si la rencontre
s'était tenue du temps où il était au gouvernement, il aurait démissionné.
Charles de Gaulle meurt le 9 novembre 1970, à 19h30, d'une
rupture d'anévrisme.
Sa mort, qui selon l'expression de son successeur, laisse « la
France veuve », est l'occasion de prendre la mesure du rôle joué par de Gaulle
dans l'histoire de France. Le soir de ses obsèques à Colombey et alors que de
nombreux chefs d'État étrangers sont rassemblés pour honorer sa mémoire à
Notre-Dame de Paris, plusieurs centaines de milliers de Parisiens remontent
l'avenue des Champs-Élysées dans la nuit, par une pluie battante, pour rendre
hommage à de Gaulle..
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