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Jean COCTEAU
(1889 - 1963) |
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biographie |
Jean Cocteau est un écrivain, poète, cinéaste et artiste multiple
français, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte et mort le 11 octobre 1963 à
Milly-la-Forêt. Il fut élu à l'Académie
française en 1955.
Il côtoya la plupart des artistes qui animèrent la vie artistique de son époque.
Il eut une relation durable tant amoureuse que professionnelle avec l'acteur
Jean Marais. Il était également un ami personnel de la reine Élisabeth de
Belgique, grande passionnée de culture et de musique.
Biographie
Jean Cocteau est né à Maisons-Laffitte dans une famille bourgeoise de Paris. Son
père, avocat et peintre amateur, se suicide lorsque Cocteau a neuf ans. Dès
l'âge de quinze ans, Cocteau quitte le cocon familial. Il manifeste peu
d'intérêt pour les études et n'obtient pas son baccalauréat. En dépit de ses
œuvres littéraires et de ses talents artistiques, il insiste sur le fait qu'il
est avant tout un poète et que tout travail est poétique. Il publie son premier
livre de poèmes, « La Lampe d'Aladin », à 19 ans. Il devient alors connu
dans les cercles artistiques bohémiens comme le 'prince frivole'. C'est sous ce
titre qu'il publie, à 21 ans, son second recueil de poèmes.
Dans les années 1920, Cocteau s'associe avec
Marcel Proust,
André Gide et Maurice Barrès. Il est également
fasciné par le maître des ballets russes, Serge de Diaghilev. De sa
collaboration avec l'artiste russe naît « Parade », ballet produit en
1917 avec des décors de Pablo Picasso et une musique composée par Erik Satie.
En 1919, il rencontre le poète
Raymond Radiguet. Les deux collaborateurs
entreprennent de nombreux voyages ensemble. En admiration devant le grand
travail littéraire de Radiguet, Cocteau promeut les travaux de son ami dans son
cercle artistique, et s'arrange pour faire publier par Grasset Le Diable au
corps, exerçant son influence pour recueillir le prix littéraire du "Nouveau
Monde" pour le roman.
La réaction de Cocteau à la mort soudaine de Radiguet en 1923 crée un désaccord
avec certains proches qui déclarent qu'il l'a laissé désespéré, découragé et en
proie à l'opium. Cocteau n'aurait même pas assisté à l'enterrement. Il quitte
aussitôt Paris avec Diaghilev pour une représentation des "Noces" par les
ballets russes à Monte Carlo. Cocteau lui-même qualifie beaucoup plus tard sa
réaction comme une "réaction de stupeur et de dégoût". La dépendance de
Cocteau envers l'opium et ses efforts pour s'arrêter changent profondément son
modèle littéraire. Son livre le plus notable, Les Enfants Terribles, est
écrit en une semaine lors de son laborieux sevrage.
L'amitié de Cocteau avec Radiguet aurait en fait été une liaison amoureuse,
intense et souvent orageuse, mais aucune preuve ne permet de le justifier.
Dans les années 1930, Cocteau entretient une liaison avec la princesse Nathalie
Paley, la belle-fille d'un Romanov, elle-même modiste, actrice ou modèle et
ancienne épouse du couturier Lucien Lelong. Elle tombe enceinte, mais la
grossesse ne peut être menée à son terme, ce qui plonge Cocteau et Paley dans un
profond désarroi. L'auteur vit ensuite une relation sentimentale de longue durée
avec deux acteurs français, Jean Marais et Edouard Dermit, ce dernier
officiellement adopté par Cocteau. Il aurait également eu une relation avec
Panama Al Brown, un boxeur dont il prend en charge la carrière à un moment
donné.
En 1940, Le Bel Indifférent, une pièce de Cocteau écrite pour Édith Piaf,
est un énorme succès. Il travaille également avec Picasso et Coco Chanel sur
plusieurs projets, est l'ami de la majeure partie de la communauté européenne
des artistes, et lutte contre son penchant pour l'opium durant la plus grande
partie de sa vie d'adulte. Alors qu'il est ouvertement homosexuel, il a quelques
aventures brèves et compliquées avec des femmes. Son travail recèle de
nombreuses critiques contre l'homophobie. Jean Cocteau joue un rôle ambigu
durant la Seconde Guerre mondiale, les résistants l'accusent de collaboration
avec les Allemands, une partie de son parcours (1939-1944) reste mystérieux.
Cocteau est d'ordinaire assez réservé quant à l'affirmation de son engagement
politique. Pendant l'Occupation, il fait montre d'un certain pacifisme
("L'honneur de la France, écrit-il dans son Journal du 5 mai 1942, sera
peut-être, un jour, d'avoir refusé de se battre"), mais surtout, il n'hésite pas
à accueillir Arno Breker, sculpteur officiel du Reich, lors de son exposition à
Paris en été 1942. Cocteau ne va pas sans ressentir une fascination certaine
pour la robustesse virile du
régime nazi et pour la toute-puissance de son
chef,
Hitler.
A la Libération, il est cependant rapidement acquitté par le Comité national du
cinéma et le Comité national des écrivains, comités d'épuration
devant lesquels il comparaît pour collaboration.
Par ses films, Cocteau prend une place à part dans le cinéma français, dans la
mesure où il y introduit le surréalisme.
Quelques immenses succès firent passer pour Cocteau à la postérité : Les
Enfants terribles (roman), Les Parents terribles (pièce de théâtre de
1929), La Belle et la Bête (film de 1946).
Apprenant le décès de son amie Édith Piaf, Cocteau est pris d'une crise
d'étouffement. Il succombe quelques heures plus tard d’une crise cardiaque dans
sa demeure de Milly-la-Forêt le 11 octobre 1963, à 74 ans.
Il est enterré dans la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples à Milly-la-Forêt dans
l'Essonne. Sur sa tombe, on peut lire l'épitaphe suivante : "Je reste avec
vous".
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source
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La superstition est l'art
de se mettre en règle avec les coïncidences.
A force
de plaisirs notre bonheur s'abîme.
Un enfant prodige est un
enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination.
De la
bourse ou de la vie, le voleur vous laisse le choix. La femme
exige les deux.
Comme le coeur et comme
le sexe, le rire procède par érection. Rien ne l'enfle qui ne
l'excite. Il ne se dresse pas à volonté.
Le corps
est un parasite de l'âme.
La vérité est trop nue,
elle n'excite pas les hommes.
Le poète
se souvient de l'avenir.
Le vrai tombeau des
morts, c'est le coeur des vivants.
De la
naissance à la mort, nous sommes un cortège d'autres reliés
par un fil ténu.
L'art consacre le meurtre
d'une habitude. L'artiste se charge de lui tordre le cou.
Il faut
être un homme vivant et un artiste posthume.
Je voudrais que
l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu.
(Lettre, à
Jacques Maritain)
Les dieux
existent : c'est le diable.
Dieu
nous pense. Il ne pense pas à nous.
Nous
abritons un ange que nous choquons sans cesse. Nous devons
être les gardiens de cet ange.
Beaucoup d'hommes
naissent aveugles, et ils ne s'en aperçoivent que le jour où
une bonne vérité leur crève les yeux.
Le tact
dans l'audace c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop
loin.
Tout ce qu'on fait dans
la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui
roule vers la mort.
L'avenir
n'appartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'y a
que des retardataires.
A force de ne jamais
réfléchir, on a un bonheur stupide.
Le plus
grand chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un
dictionnaire en désordre.
Si le feu brûlait ma
maison, qu'emporterais-je ? J'aimerais emporter le feu...
Un homme
pur doit être libre et suspect.
On ferme les yeux des
morts avec douceur ; c'est aussi avec douceur qu'il faut
ouvrir les yeux des vivants.
La
jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce
qu'elle veut.
(La Difficulté
d'être)
Tout ce qui se prouve est
vulgaire, agir sans preuve exige un acte de foi.
Le
virtuose ne sert pas la musique ; il s'en sert.
La grande tactique des
femmes est de faire croire qu'elles aiment quand elles
n'aiment pas, et lorsqu'elles aiment, de le dissimuler.
Puisque
ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.
A force d'aller au fond
des choses, on y reste.
Un secret
a toujours la forme d'une oreille.
Le libre arbitre est
l'alibi de Dieu.
Ce que le
public te reproche, cultive-le, c'est toi.
Il faut faire aujourd'hui
ce que tout le monde fera demain.
La lune
est le soleil des statues.
La source désapprouve
presque toujours l'itinéraire du fleuve.
La
sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la
peine.
Plus je vieillis, plus je
vois que ce qui ne s'évanouit pas, ce sont les rêves.
Si je
préfère les chats aux chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de
chat policier.
Les rêves sont la
littérature du sommeil.
La
science ne sert qu'à vérifier les découvertes de l'instinct.
Le verbe aimer n'est pas
facile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent
n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.
Un beau
livre, c'est celui qui sème à foison les points
d'interrogations.
On peut naître vieux
comme on peut mourir jeune.
Mieux
vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un
vrai.
Un général ne se rend
jamais, même à l'évidence.
Ce que le
lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il
pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au
livre de prendre sa place.
Dans la vie on ne
regrette que ce qu'on n'a pas fait.
L'extrême
limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise la folie.
(Le Rappel à l'ordre)
Une trop grande liberté
met la jeunesse dans l'impossibilité de désobéir, alors que
rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles.
(Poésie critique)