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Jacques Bénigne BOSSUET
(1627 - 1704) |
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biographie |
Jacques-Bénigne Bossuet (Dijon, 27
septembre 1627 - Paris, 12 avril 1704) est un homme
d'Église, prédicateur et écrivain français.
Originaire d'une
famille de magistrats, il reçut une éducation
classique puis étudia la philosophie et la
théologie.
Pourtant destiné au
sacerdoce, il fréquenta un temps les mondains :
Corneille ne lui déplaisait pas, il s'adonnait à
l'écriture de vers précieux et ne dénigrait pas l'Hôtel
de Rambouillet (salon littéraire aux
moeurs légères). En 1652, il est ordonné prêtre et
devient l'archidiacre de Sarrebourg puis, en 1654,
celui de Metz
Il est considéré comme
l'un des plus brillants orateurs que la France ait
connu. Il ne nous est parvenu
qu'environ deux cents sur les cinq ou six cents
sermons prononcés par Bossuet, car il ne les
considérait pas comme des œuvres littéraires
imprimables. Les oraisons funèbres ne sont, quant à
elles, qu'au nombre de douze.
Evêque de Condom (Gers)
en 1670, il renonce à ce poste un an plus tard et
devient le précepteur du Dauphin Louis de France,
fils de Louis XIV. En 1681, il écrit son
Discours sur l'histoire universelle. "On fut
étonné, dit
Voltaire, de cette
force majestueuse avec laquelle il a décrit les
mœurs, le gouvernement, l'accroissement et la chute
des grands empires, et de ces traits rapides d'une
vérité énergique, dont il peint et juge les nations".
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Où il n'y a point de
maître, tout le monde est maître; où tout le monde est maître,
tout le monde est esclave.
La faim
est toujours suivie de ses satellites : la rage et le
désespoir.
Une âme guerrière est
maîtresse du corps qu'elle anime.
Dieu se rit des hommes qui
se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les
causes.
Quand
Dieu efface, c'est qu'il s'apprête à écrire.
Dans les
grandes actions il faut uniquement songer à bien faire, et
laisser venir la gloire après la vertu.
(Oraison funèbre de
Louis de Bourbon, prince de Condé)
La foi est une adhérence
de coeur à la vérité éternelle.
Les
contraires se connaissent l'un par l'autre : l'injustice de
l'amour-propre se connaît par la justice de la charité.
Notre vie est toujours
emportée par le temps, qui ne cesse de nous échapper.
Le plus
grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses
parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu
qu'elles sont en effet.
Malheur à la connaissance
stérile qui ne se tourne point à aimer !
Dieu
n'est pas un tout qui se partage.
Tout flatteur, quel qu'il
soit, est toujours un animal traître et odieux.
Les pires
des ennemis, ce sont les flatteurs.
Dieu est celui en qui le
non-être n'a pas de lieu.
L'attention, en tout, c'est ce qui nous sauve.
Nos vrais ennemis sont en
nous-mêmes.
La mort
vient avant que nous puissions avoir appris à vivre.
Qu'il y ait un seul
moment où rien ne soit, éternellement rien ne sera.
La
possession des richesses a des filets invisibles où le coeur
se prend insensiblement.
Tout ce qui est né pour
finir n'est pas tout à fait sorti du néant, où il est aussitôt
replongé.
Nous
entrons dans la vie avec la loi d'en sortir ; nous venons
faire notre personnage et il nous faudra ensuite disparaître.
Il n'y a point de hasard
dans le gouvernement des choses humaines, et la fortune n'est
qu'un mot qui n'a aucun sens.
On
n'entend dans les funérailles que des paroles d'étonnement de
ce que le mortel est mort.
Le propre de l'hérétique,
c'est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de
s'attacher à ses propres pensées.
Toute la
vue de la foi semble réduite à bien voir qu'on ne voit rien.
En faisant des oeuvres de
surabondance, gardez-vous bien d'oublier celles qui sont de
nécessité.
Il faut
mener les hommes passionnés comme des enfants et des malades,
par des espérances vaines.
Nous avons bien raison de
dire que nous passons notre temps ! Nous le passons
véritablement, et nous passons avec lui.
Tout est
vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant
Dieu de nos vanités.
(Oraison funèbre
d'Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans)
Nous nous croyons bien
les plus habiles quand nous sommes les plus heureux.
Qu'est-ce
que mille ans, puisqu'un seul moment les efface ?
Le plaisir de l'homme,
c'est l'homme.
Qui ôte à
l'esprit la réflexion lui ôte toute sa force.
La réflexion est appelée
l'oeil de l'âme.
Une
étincelle d'amour de Dieu est capable de soutenir un coeur
durant l'éternité.
Un défaut qui empêche les
hommes d'agir, c'est de ne pas sentir de quoi ils sont
capables.
Il faut
laisser le passé dans l'oubli et l'avenir à la providence.
Il y a toujours quelque
chose en nous que l'âge ne mûrit pas.
On flatte
pour être flatté.
Ce qui est hasard à
l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu.
La santé
dépend plus de la précaution que des médecins.
La sagesse humaine
apprend beaucoup, si elle apprend à se taire.
Le
bonheur humain est composé de tant de pièces qu'il en manque
toujours.