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Georges André Malraux,
dit
André MALRAUX
(1901 - 1976) |
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L'espoir
des hommes, c'est leur raison de vivre et de mourir.
Le
difficile n'est pas d'être avec ses amis quand ils ont raison, mais
quand ils ont tort.
(L'Espoir)
Un
homme qui pense, non à une femme comme au complément d'un sexe, mais au
sexe comme au complément d'une femme, est mûr pour l'amour.
Croyez-vous
que toute vie réellement religieuse ne soit pas une conversion de chaque
jour ?
(La Condition
humaine)
On
ne ressemble pas à ceux qu'on admire en imitant leurs oeuvres.
(Le Musée imaginaire)
Toute
civilisation est hantée, visiblement ou invisiblement, par ce qu'elle
pense de la mort.
(Antimémoires)
On
ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n'en fait pas
davantage sans.
(L'Espoir)
Le
mépris des hommes est fréquent chez les politiques, mais confidentiel.
(Le Temps du mépris)
L'Acropole
est le seul lieu au monde hanté à la fois par l'esprit et par le
courage.
(Oraisons Funèbres)
Il est peu d'actions que les rêves
nourrissent au lieu de les pourrir.
(Les Noyers de l'Altenburg)
Le Christ est un anarchiste qui a réussi. C'est le
seul.
(L'Espoir)
Il y a des
guerres justes, il n'y a pas d'armées justes.
(L'Espoir)
On ne peut pas faire un art qui parle aux masses
quand on n'a rien à leur dire.
(L'Espoir)
L'homme s'est plus souvent lié à
l'au-delà qu'il croit connaître qu'à celui qu'il sait ignorer.
(Les Voix du silence)
Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
(Antimémoires)
Reconnaître la liberté d'un autre,
c'est lui donner raison contre sa propre souffrance.
(La Condition
humaine)
Tout aventurier est né d'un mythomane.
(La Voie royale)
Je vois dans l'Europe une barbarie
attentivement ordonnée, où l'idée de la civilisation et celle de l'ordre
sont chaque jour confondues.
(La Tentation de
l'Occident)
Il est mauvais de penser aux hommes en fonction de
leurs bassesses.
(L'Espoir)
Le chef-d'oeuvre est garant du
génie, le génie n'est pas garant du chef-d'oeuvre.
(Antimémoires)
Le coup d'état du christianisme, c'est d'avoir
installé la fatalité dans l'homme. De l'avoir fondée sur notre nature.
(Les Noyers de l'Altenburg)
L'individu s'oppose à la
collectivité, mais il s'en nourrit.
(Le Temps du mépris)
On ne connaît jamais un être, mais on cesse parfois
de sentir qu'on l'ignore.
(La Condition
humaine)
La culture ne s'hérite pas, elle se
conquiert.
(Oraisons Funèbres)
Une culture ne meurt que de sa propre faiblesse.
(La Tentation de
l'Occident)
J'ai vu des démocraties intervenir
contre à peu près tout, sauf contre les fascismes.
(L'Espoir)
La tragédie de la mort est en ceci qu'elle
transforme la vie en destin.
(L'Espoir)
Toute douleur qui n'aide personne
est absurde.
(La Condition
humaine)
La mort n'est pas une chose si sérieuse ; la
douleur, oui.
(L'Espoir)
L'érotisme, c'est l'humiliation en
soi ou chez l'autre, peut-être chez tous les deux.
(La Condition
humaine)
Quel jour étonnant, que le jour où l'homme s'est
mis à se croire éternel.
(Antimémoires)
Celui qui se tue court après une
image qu'il s'est formée de lui-même : on ne se tue jamais que pour
exister.
(La Voie royale)
La culture... ce qui a fait de l'homme autre chose
qu'un accident de l'univers.
Que la victoire demeure avec ceux
qui auront fait la guerre sans l'aimer !
(Les Noyers de l'Altenburg)
Vivre, c'est transformer en conscience une
expérience aussi large que possible.
Le génie du vitrail commence quand
le sourire commence.
(Les Voix du silence)
Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs
du monde, ils en sont les rivaux.
Etre aimé sans séduire est un des
beaux destins de l'homme.
Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie.
(Les Conquérants)
S'il existe une solitude où le
solitaire est abandonné, il en existe une où il n'est solitaire que
parce que les hommes ne l'ont pas encore rejoint.
(Le Triangle noir)
La pire souffrance est dans la solitude qui
l'accompagne.
La vérité d'un homme, c'est d'abord
ce qu'il cache.
(Antimémoires)
Il y a une fraternité qui ne se trouve que de
l'autre côté de la mort.
(L'Espoir)
Il n'y a pas de héros sans
auditoire.
(L'Espoir)
Le tombeau des héros est le coeur des vivants.
(Oraisons Funèbres)
Que m'importe ce qui n'importe qu'à
moi ?
(Antimémoires)
On n'enseigne pas à tendre l'autre joue à des gens
qui, depuis deux mille ans, n'ont jamais reçu que des gifles.
(L'Espoir)
Les millénaires n'ont pas suffi à
l'homme pour apprendre à voir mourir.
(Antimémoires)
Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en
abuser.
(La Voie royale)
On ne voit vieillir que les autres.
(Les Chênes qu'on
abat...)
Mourir est passivité, mais se tuer est acte.
(La Condition
humaine)
La mort est là comme la preuve
irréfutable de l'absurdité de la vie.
(La Voie Royale)
L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le
dépasse.
Les hommes sont la vermine de la
terre.
(La Condition
humaine)
La souffrance, j'aime mieux la diminuer que d'en
rendre compte.
(La Condition
humaine)
Les idées ne sont pas faites pour
être pensées mais vécues.
Réussite. Accession au dernier poste, c'est-à-dire
au niveau d'incompétence.
Nous ne savons pas ressusciter les
corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves.
Un homme est la somme de ses actes, de ce qu'il
fait, de ce qu'il peut faire. Rien d'autre.
(La Condition
humaine)
L'avenir est un présent que nous
fait le passé.
Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas.
Juger, c'est de toute évidence ne
pas comprendre puisque, si on comprenait, on ne pourrait pas juger.
(Les Conquérants)
Les hommes ne meurent que pour ce qui n'existe pas.
(L'Espoir)
La Joconde sourit parce que tous
ceux qui lui ont dessiné des moustaches sont morts.
(La Tête
d'obsidienne)
Ce que l'esprit voit, le coeur le ressent.
(La Condition
humaine)
L'homme est né lorsque pour la
première fois, devant un cadavre, il a chuchoté : Pourquoi ?
Le musée transforme l'oeuvre en objet.
(La Métamorphose des
Dieux)
La liberté
appartient à ceux qui l'ont conquise.
Ceux qui croient que le pouvoir est amusant
confondent "pouvoir" et "abus de pouvoir".
Ce n'est pas par obéissance qu'on
se fait tuer. Ni qu'on tue. Sauf les lâches.
(La Condition
humaine)