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Georges BATAILLE
(1897 - 1962) |
Georges Bataille, né le 10 septembre
1897 à Billom (Puy-de-Dôme), mort le 8 juillet 1962,
est un écrivain français.
En 1922, il obtient son diplôme de l'École
des Chartes et entame une longue carrière de
bibliothécaire. Au début des années 1930, Bataille
est membre du Cercle communiste démocratique fondé
et dirigé par Boris Souvarine.
Fondateur de plusieurs revues (dont en 1946,
la revue Critique) et groupes d'écrivains, il
est l'auteur d'une œuvre abondante et très diverse,
publiée en partie sous pseudonyme : récits, poèmes,
essais sur d'innombrables sujets (de la mystique à
l'économie, en passant par la poésie, la
philosophie, l'art, l'érotisme...).
Bataille était également un philosophe mais
pour beaucoup, comme pour
Sartre, ses
prétentions philosophiques se bornent à un
mysticisme athée. Pendant la deuxième guerre
mondiale, influencé par Heidegger, Hegel, et
Nietzsche, il écrit
La Somme athéologique qui comporte
L'Expérience intérieure, Le Coupable et
Sur Nietzsche.
André Breton montre l'exaspération qu'il
éprouve à son égard dans le Second manifeste du
surréalisme. Bataille y est présenté comme un
malade atteint de « déficit conscient à forme
généralisatrice », un « psychasténique »
qui se meut avec délectation dans un univers
« souillé, sénile, rance, sordide, égrillard,
gâteux ».
Sartre le prendra pour cible ans un article
au titre ironique, « Un nouveau mystique »,
qui fait suite à la parution du premier ouvrage
signé du nom de Georges Bataille, L'Expérience
intérieure. Bataille est successivement qualifié
de « passionné », de « paranoïaque »
et de « fou ». Il lui suggère un traitement à
la fin de l'article : « Le reste est affaire de
la psychanalyse ».
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source
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Aimer
sans doute est le possible le plus lointain.
(L'Alleluiah)
L'amusement
est le besoin le plus criant et, bien entendu, le plus terrifiant de la
nature humaine.
(Documents)
Le
coeur est humain dans la mesure où il se révolte.
(L'Orestie)
L'érotisme
est l'approbation de la vie jusque dans la mort.
(La littérature et le
mal)
Ce
qui, le plus violemment, nous révolte, est en nous.
(L'Erotisme)
L'angoisse
suppose le désir de communiquer.
(L'Expérience
intérieure)
Le
rire est le saut du possible dans l'impossible.
(Ma Mère)
Une
conscience sans scandale est une conscience aliénée.
(La littérature et le
mal)
L'homme
ne peut se trouver qu'à la condition, sans relâche, de se dérober
lui-même à l'avarice qui l'étreint.
(L'Expérience
intérieure)
Du savoir extrême à la connaissance
vulgaire, la différence est nulle.
(Méthode de
méditation)
La vérité je crois n'a qu'un visage : celui d'un
démenti violent.
(Le Mort)
Qui ne "meurt" pas de n'être qu'un
homme ne sera jamais qu'un homme.
(L'Expérience
intérieure)
L'orgueil est la même chose que l'humilité : c'est
toujours le mensonge.
(Le Coupable)
Ce qui n'est pas servile est
inavouable.
(Méthode de la
méditation)
Qu'il est beau, qu'il est sale de savoir !
(L'Abbé C.)
L'espoir est le désir mais ouvert à
la peur.
(L'au-delà du sérieux)
Ce qui m'oblige d'écrire, j'imagine, est la crainte
de devenir fou.
(Somme athéologique)
Chaque livre est aussi la somme des
malentendus dont il est l'occasion.
(Somme athéologique)
Je cherche une fêlure, une fêlure pour être brisé.
(L'Expérience
intérieure)
Les animaux et les hommes font
tourner la terre en coïtant.
(L'anus solaire)
Je désignerai par le mot mystère ce que d'ordinaire
on appelle Dieu.
(L'Expérience
intérieure)
La volupté excessive agrandit le
coeur, le dévaste et l'oblige à la dureté.
(L'Alleluiah)
Une femme qu'on n'aime guère est plus supportable si
l'on fait l'amour avec elle.
(Le bleu du ciel)
De même que l'horreur est la mesure
de l'amour, la soif du mal est la mesure du bien.
(La littérature et le
mal)